‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 324 sur 542 · NICCOLO — NICOLAI · texte numérisé non relu

NICCOLO — NICOLAI

opéras pour les scènes de Naples, Rome, Milan, Turin, Vienne, Venise, Gênes, etc. En 1819, il devint maître de chapelle du dôme de Plaisance et n'a plus guère écrit depuis lors que des œuvres religieuses (trente Messes, deux Requiem, cent psaumes, etc.), trois oratorios, des cantates, des sonates pour piano, etc. Aucune de ces œuvres n'a survécu.

Niccolo, v. Isouard.

Nichelmann, Christoph, né à Treuenbrietzen (Brandebourg) le 13 août 1717, m. à Berlin le 20 juil. 1762 ; suivit les cours de l'école St- Thomas, à Leipzig, et reçut l'enseignement de J.-S. Bach. Il vécut ensuite longtemps à Hambourg, où Mattheson et Telemann étaient au faîte de leur renommée, puis à Berlin où il eut encore des leçons de Quanz. En 1744, il fut engagé, probablement sur la recommandation de Ph.-E. Bach, comme second claveciniste de Frédéric-le-Grand. Il reçut son congé en 1756. N. est connu surtout comme auteur d'un ouvrage : Die Mélodie, nach ihrem Wesen sowohl als nach ihren Eigenschaften (1755), qu'il défendit avec succès contre les atlaques d'un pseudonyme, « Dûnkelfeind » («Gedanken eines Liebhabers der Tonkunst ùber, etc. »). Dans une réplique : Die Vortrefflichkeit des Herrn C. Dunkelfeind..., ins rechte Licht gesetzt von einem Musihfreund. N. a aussi composé une sérénade : II sogno di Scipione, une pastorale : Galatea (en collaboration avec Graun et Quanz), de jolis lieder et des morceaux de piano pour des recueils de Marpurg, de Voss, etc.

Nicodé, Jean-Louis, compositeur, né à Jerczik, près Posen, le 12 août 1853 ; fils d'un propriétaire rural qui, après avoir perdu son bien, se retira à Berlin où il subvint aux besoins de sa famille en donnant des leçons de$violon, appris autrefois pour son plaisir, et devint le premier maître de son fils. Celui-ci eut plus tard des leçons de l'organiste Hartkâs, devint, en 1869, à la « Neue Akademie fur Tonkunst», élève de Kullak (piano) et de Wûerst (théorie), et travailla auprès de Kiel le contrepoint et la composition libre. Après avoir vécu quelques années comme maître à Berlin et s'être produit plusieurs fois comme pianiste, dans les concerts du lundi dits « Concerts Nicodé », il fit, en 1878, en compagnie de Mmo Artôt, une tournée de concerts en Galicie et en Roumanie. Cette même année encore, il fut appelé à Dresde comme professeur de piano au Conservatoire, poste qu'il quitta cependant en 1885, après le départ de Wûllner, pour prendre la direction des «Concerts philharmoniques ». Il se retira cependant au bout de trois ans déjà, pour se consacrer entièrement à la composition, et entreprit plus tard seulement de nouveaux concerts sym phoniques (Concerts N.).N. est, comme compositeur, une personnalité remarquable, vigoureuse, saine, et en possession d'une solide technique ; il faut noter surtout, parmi ses œuvres : le poème symphonique Maria Stuart ; les Variations symphoniques ; deux suites d'orchestre; une grande symphonie avec chœur et orgue : Das Meer (op. 31, 1888) ; une sonate

pour violoncelle, op. 25, et une pour piano, op. 19 ; des études (op. 20 et 21) ; des lieder (op. 15 et 30), etc.

Nicolai, 1. Otto, l'auteur des Joyeuses Commères de Windsor, né à Kœnigsberg le 9 juin 1818, m. à Berlin le 11 mai 1849. Son père était maître de chant, vivait séparé de sa femme, et se comportait comme un véritable tyran ; il n'enseigna le piano au jeune garçon que dans un but purement égoïste ; aussi lorsque celui-ci eut atteint l'âge de seize ans, il quitta secrètement le toit paternel et chercha fortune dans le monde. Il rencontra à Stargard un protecteur bienveillant en la personne du conseiller de justice Adler, qui confia son éducation à Klein et à Zelter (1827), à Berlin ; N. était déjà devenu lui-même un excellent maître, lorsqu'en 1833, l'ambassadeur de Prusse à Rome (von Bunsen) lui offrit la place d'organiste de la chapelle de l'ambassade. A Rome, N. suivit encore les leçons de Baini, en sorte qu'il fut vraiment à excellente école. Il fut ensuite momentanément, en 1838, chef d'orchestre du théâtre de «Kârntnerthor », à Vienne, mais revint déjà en 1838 à Rome où il se mit avec ardeur à la composition d'opéras, attiré par les succès faciles des Italiens. C'est ainsi que parurent ses opéras : Enrico i7(1839), Rosmonda d' Inghilterr u (1839), Il templario (1840 et représenté du reste souvent, sous le titre : Der Templer, à Vienne, aussi), Odoarda e Gildippe (1841) et II proscritto (1841; à Vienne en 1844, sous le titre: Die Heimkehr des Verbannten). Le succès répondit à l'attente de N. ; les Italiens, le tenant pour un de leurs compatriotes (à cause de l'« i » final), le fêtèrent comme l'un de leurs meilleurs « maestri ». En 1841, N. fut appelé comme maître de chapelle de la Cour (successeur de Kreutzer), à Vienne, où il fonda les « Concerts philharmoniques », si goûtés aujourd'hui encore. Une Messe, qu'il dédia, en 1843, à Frédéric- Guillaume IV et une ouverture de fête pour le juBilé de l'Université de Kœnigsberg en 1844, furent la cause directe de sa nomination comme directeur du chœur du dôme et maître de chapelle de l'Opéra de la Cour, à Berlin, fonctions qu'il prit en 1847. Dans son concert d'adieux à Vienne (1er avr. 1847), on joua quelques numéros symphoniques de l'opéra : Die lustigen Weiber von Windsor (« Les joyeuses commères de Windsor »), auquel N. travaillait déjà à ce moment (texte de Mosenthal);il l'acheva seulement au commencement de 1849 et la première représentation eut lieu deux mois environ avant sa mort. Ce charmant opéra, d'une fraîcheur d'inspiration exquise, et tout pétillant de franche gaîté, sera encore longtemps le véritable titre de gloire de N. Outre les œuvres susnommées, N. a publié des lieder et des chœurs, des morceaux de piano et quelques œuvres pour orchestre. Une symphonie, un Requiem et un le Deum sont restés manuscrits, mais ont été exécutés à Berlin. Une biographie de N. est due à la plume de H. Mendel. — 2. Willem-Frederik-Gerard, compositeur hollandais et musicographe de mérite, né à Leyde le 20 nov. 1829,

NIGOLINI — NIEMANN

m. à La Haye le 25 avr. 1896 ; entra en 1849 au Conservatoire de Leipzig (Moscheles, Rietz, Ilauptmann et Richter) et devint plus tard encore élève de Johann Schneider, à Dresde (orgue). Il fut nommé, en 1852, maître d'orgue, de piano et d'harmonie à l'Ecole royale de musique de La Haye, puis, après la mort de Lûbeck,en 1865, directeur du même établissement. X. a aussi fréquemment dirigé des exécutions musicales, et il a exercé, dans les dernières années de sa vie surtout, une grande influence sur le goût musical de ses compatriotes, en tant que rédacteur du journal musical Cœcilia; c'était un homme sans préventions, qui, selon ses forces, chercha à contribuer à la compréhension des œuvres d'un Wagner, d'un Liszt, etc. Gomme compositeur, il eut d'abord quelque succès avec ses lieder allemands ; plus tard, il s'est voué à de plus grandes tâches. Il a écrit : de nombreuses cantates sur des thèmes hollandais ; la musique du Lied von der Glocke, de Schiller, pour chœur, soli et orchestre ; un oratorio -.Bonifacius (texte de Lina Schneider). Le 1er décembre 1880, une cantate de sa composition : Le rossignol suédois (texte de J. de Geyter, en mémoire deJenny Lind,la fondatrice du fonds de retraite des musiciens « De tœkomst », à La Haye, au capital actuel de 100.000 il.), fut exécutée à l'occasion du vingtcinquième anniversaire de fondation de cette institution. Une autre cantate : Jahveh's Wraak (« La vengeance de Jéhova •») fut exécutée, en 1892, à Utrecht ; N. a reçu, la même année, les palmes d'officier de l'«Académie française».

Nicolini, v. Nigcolini.

Nicolo, 1. nom propre, v. Isouard. — 2. nom commun, instrument, v. bombarde.

Nicomaque [Nikomachos] (Gerasenus, d'après son lieu de naissance, Gerasa, en Syrie), écrivain musical grec du ne s. de notre ère, dont le traité Harmonices Enchiridion a été reproduit par Meursius (1616) et Meibom (1652).

Niecks, Friedrich, musicographe, né à Dusseldorf le 3 mars 1845 ; fit d'abord des études de violon sous la direction de Langhans, F. Grunewald et Auer, se produisit en public à l'âge de douze ans déjà, mais, sans fortune, il dut gagner sa vie dans des fonctions subalternes jusqu'à ce qu'en 1868, il trouva, à Dumfries (Ecosse), une place de maître de musique et organiste, en même temps que d'altiste, dans un quatuor d'archets dont Mackenzie faisait aussi partie. Ce fut alors qu'il combla les vides de son éducation par son travail personnel; puis il étudia encore, en 1877, pendant deux semestres à l'Université de Leipzig. Il fit peu après un voyage d'études en Italie, et devint dans la suit»' L'un des critiques musicaux 1rs plus considérés de Londres, écrivant spécialement dans le « Musical Times ». En 1891, N. fut appelé comme « licid-Professor » de musique à l'Université d'Edimbourg (séance inaugurale : Musical éducation and culture, imprimée) ; il commença sa nouvelle carrière par une série de conférences sur h; développement de la musique instrumentale, conférences illus-

trées d'exécutions musicales. Il donna en outre quelques concerts historiques, en sorte qu'on peut dire que, dès le début de son séjour, N. donna un nouvel élan à la vie musicale d'Edimbourg. L'œuvre la plus importante de N. est une biographie de Chopin : Fr. Ch. as a man and a musïcian (1888 ; trad. allem. de W. Langhans, 1889). Il a aussi publié un petit Dictionary of musical terms (2e éd. 1884), et fait paraître en 1890, dans les « Proceedings » delà « Musical Association », une monographie sur l'histoire des «ignés d'altération (Iheflat, Sharp and Natural), etc.

Niedermeyer, Louis, compositeur et fondateur de l'Institut de musique d'église qui porte encore son nom à Paris, né à Nyon, sur les bords du lac Léman, le 27 avr. 1802, m. à Paris le 18 mars 1861 ; élève de Moscheles (piano) et de Fôrster (composition) à Vienne, de Fioravanti à Rome et de Zingarelli à Naples, où il donna son premier opéra : Il reo per amore. Il «'établit, en 1821, à Genève et s'y fit avantageusement connaître par toute une série de romances; en 1823 il partit pour Paris, où il resta jusqu'à sa mort, à l'exception d'un séjour de deux années à Bruxelles, comme maître de piano à l'institut Gaggia (vers 1830). Ses tentatives pour obtenir des succès sur la scène furent toutes infructueuses (La casa nel bosco, 1828, Théâtre italien ; Stradella, 1837, Maria Stuart, 1844, et La Fronde, 1853, tous trois à l'Opéra). Après l'insuccès de La Fronde, il consacra toutes ses forces à la musique d'église et rappela à l'existence l'école de musique religieuse (« Ecole Niedermeyer ») fondée autrefois par Choron ; il réussit, avec l'aide d'une subvention de l'Etat, à faire rapidement prospérer cette institution. Les meilleures compositions de N. sont ses œuvres de musique d'église (des Messes, des motets, etc.; il est probable que F « Air d'église » que l'on attribue à Stradella est en réalité de N.), puis viennent ses morceaux pour orgue, une quantité de romances [Le Lac, de Lamartine) et quelques morceaux pour piano.

Niedt, Friedrich -Erhardt, musicographe, notaire à Iéna, remplit plus tard un poste à Copenhague où il mourut, en 1717 ; auteur d'un traité de composition : Musikalische Handleitunq (trois parties, dont la première traite de la basse chiffrée [1700, 2e éd. 1710], la deuxième des variations delabasse chiffrée [1706 : 2e éd. par Mattheson, avec un appendice contenant soixante dispositions d'orgue, 1721], et la troisième sur le contrepoint, le canon et les formes vocales : motet, choral, etc. [publié en 1717, après la mort de N., par Mattheson]), ainsi qu'un Musihalisches ABC zum NiUzen der Leltrer und Lernenden (1708). Outre quelques airs avec hautbois obligé et basse chiffrée, contenus dans ce dernier ouvrage, on n'a con-J serve de lui que six suites pour trois hautbois avec basse chiffrée (1708).

Niemann, 1. Albert, chanteur scénique (ténor) distingué, né à Erxleben, près Magdebourg, le 15 janv. 1831; fils d'un aubergiste

NIETZSCHE — NIKISCH

devait devenir constructeur-mécanicien, mais se vit forcé, à la suite de revers financiers de sa famille, de chercher fortune sur la scène, d'abord à Dessau, en 1849, comme comédien dans les rôles secondaires, plus tard comme choriste. F. Schneider rendu attentif à la belle voix de N., entreprit avec le baryton Nusch, son éducation ; plus tard, de Hanovre, N. se rendit encore à Paris, pour y travailler sous la direction de Duprez. Après avoir fait de brillants débuts à Halle et ailleurs, il fut engagé en 1854, comme fort ténor, à Hanovre ; les événements politiques de 1866 le placèrent sous la direction de von Hùlsen qui l'emmena à Berlin. Il fut depuis lors l'un des membres les plus remarquables du personnel de l'Opéra de la Cour, à Berlin; il y a quelques années encore les rôles de Tannhâuser, du Prophète, de Siegmund, etc., avaient en lui un vaillant interprète, plus admirable encore comme acteur que comme chanteur. Marié une première fois avec l'actrice Marie Seebagh (1859), il obtint, au bout de peu de temps, son divorce et épousa, en 1870, une autre actrice : Hedwig Raabe. — 2. Rudolf-Friedrich, pianiste et compositeur, né à Wesselburen (Holstein) le 4 déc. 1838 ; son père étant musicien de ville et organiste, il reçut de lui les premières notions de musique. Il étudia ensuite, de 1853 à 1856, au Conservatoire de Leipzig (Moscheles, Plaidy, Rietz), puis au Conservatoire de Paris, sous la direction de Marmontel (piano) et de Halévy (composition), enfin à Berlin, sous celle de H. de Bùlow et de Fr. Kiel. N. se fit d'abord connaître comme pianiste, en accompagnant A. Wilhelmj dans diverses tournées de concerts en Allemagne, en Russie et en Angleterre (1873 à 1877). Comme compositeur, il a une prédilection spéciale poulies petits morceaux de genre pour piano et les lieder. Citons de lui surtout une Gavotte, op. 16 ; puis une sonate pour violon, op. 18, et les Variations, op. 22. N. vécut de nombreuses années à Hambourg, mais il est établi à Wiesbaden depuis 1883; c'est de là qu'il continua à accompagner Wilhelmj dans ses tournées, et qu'il enseigna dans 1' « Ecole de violoniste », (qui n'eut qu'une courte existence) que celui-ci avait créée dans une localité voisine, Biebrich. Nietzsche, Friedrich, philosophe génial, né à Rœcken, près Lûtzen, le 15 oct. 1844 ; fut, de 1869 à 1879, professeur de philologie classique à l'Université de Bâle, poste qu'il abandonna à cause d'une maladie des yeux. N. fut d'abord zélé partisan de Richard Wagner et publia, entre autres : Die Geburt der Tragédie aus dem Geiste der Musik (1872) et Richard Wagner in Bayreuth (1876). Le premier de ces ouvrages est une combinaison plutôt mystico-philosophique qu'historique et critique de l'importance de Wagner, dans l'histoire de la musique avec le culte de Bacchus et d'Apollon, et la tragédie classique grecque; il enveloppe l'artiste de nuées fantaisistes qui le font apparaître comme un dieu. L'enthousiasme de N. se transforma plus tard en un sentiment tout opposé (Der Fait Wagner, 1888 ; trad. franc.

par Dan. Halévy et Rob. Dreyfus, sous le titre: Le cas Wagner, 1893), peu avant que la folie eut obscurci son esprit jusqu'alors si puissant. Les autres écrits de N., qui, dans leur ensemble, occupent une place unique .dans la littérature, contiennent aussi beaucoup de choses intéressantes ayant trait à la musique. Une traduction française des œuvres complètes est en cours de publication (Paris, Albert Schulz). Niggli, Arnold, né à Aarbourg (canton d'Argovie, Suisse), le 20 déc. 1843 ; fréquenta les écoles d'Aarau, où son père remplissait, depuis 1851, les fonctions de recteur de l'Ecole des jeunes filles, puis étudia le droit aux universités d'Heidelberg, de Zurich et de Berlin. Depuis 1875, N. est secrétaire du Conseil d'Etat, à Aarau. Pianiste zélé dès sa jeunesse, il s'occupe pendant ses heures de loisirs surtout d'études sur l'histoire de la musique et fournit de nombreux articles à divers journaux musicaux : Schweizerische Musik zeitung (dont il fut le rédacteur, de 1891 à 1898), « Allgemeine Musikalische Zeitung », « Deutsche Kunst-und Musikzeitung » et « Musikalische Rundschau » de Vienne. Parmi les écrits les plus importants de N., il convient de mentionner, dans la collection de conférences musicales de Breitkopf et Haertel : des essais sur Frédéric Chopin, Franz Schubert, Faustina Bordoni-Hasse, Gertrud- Elisabeth Mara, Nicolo Paganini, Giacomo Meyerbeer ; dans la collection de conférences publiques données en Suisse (Schweighauser, libraire-éditeur, Bâle) : deux conférences sur Robert Schumann et sur Jos. Haydn; dans le « Musikalisches Zentralblatt » (1881) : une étude d'histoire littéraire et musicale sur le Freischiitz; dans la collection d'analyses musicales (« Musikfùhrer ») de Bechhold, à Francfort, des analyses des symphonies de Schubert et de Schumann ; puis : Die scJtweizerisclie MusikgesellscJtaft; eine musik-und hulturgeschichtliche Studie (1886) ; Geschichte des Eidgenôssischen Sângervereins 1842-1892 (publication officielle du cinquantenaire) et enfin une biographie d'Adolf Jensen (parue comme «Neujahrsblatt der Allg. Musikgesellschaft », 1895). Nikisch, Arthur, remarquable chef d'orchestre, né à Szent Miklos (Hongrie), le 12 oct. 1855 ; son père était premier comptable du prince de Liechtenstein et l'envoya au Conservatoire de Vienne, où il fut spécialement élève de Dessoff (composition) et de Hellmesberger (violon) et dont il sortit en 1874, avec un prix de composition (sextuor pour instr. à archet) et un de violon. Il entra d'abord comme violoniste à l'orchestre de la Cour et fut engagé en 1878, par Angelo Neumann. comme deuxième chef d'orchestre au Théâtre municipal de Leipzig, fonctions dont il s'acquitta si excellemment qu'il fut bientôt coordonné à Sucher et à Seidl. Lorsque M. Stâgemann prit la direction du théâtre (1882), N. devint premier chef d'orchestre, mais il partit en 1889 pour Boston, comme successeur de Gerike, à la tète de 1' « Orchestre symphonique ». En 1893, N. accepta le poste de premier chef d'orchestre et de directeur de

NILSSON — XISSEN

l'Opéra de Budapest : mais au bout de deux ans déjà, il rentra en Allemagne avec un double engagement comme chef d'orchestre des concerts de la « Société philharmonique» de Berlin et du « Gewandhaus » de Leipzig (1895). Il a dirigé des concerts à Paris, entre autres, avec un succès sans précédent.

Nilsson, Christine, illustre cantatrice, née dans le petit domaine de Sjôabel, près Wexio, en Suède, le 20 août 1843; reçut les premières leçons de chant d'une baronne Leuhausen (née Valerius) et de F. Berwald à Stockholm, suivit ensuite ce dernier à Paris où elle continua ses études. Elle débuta en 1864, au Théâtre lyrique, et y fut engagée pour trois ans, puis elle chanta, en représentations, à Londres avec un succès toujours croissant et entra, en 1868, dans le personnel de l'Opéra de Paris. Elle abandonna toutefois ce glorieux engagement, pour aller amasser des richesses, soit dans de fatigantes tournées (de 1870 à 1872, avec Strakosch, en Amérique), soit en chantant en représentations, sur les principales scènes de l'Europe. N. épousa, en 1872, un jeune Français, Auguste liouzaud, qui mourut dix ans plus tard ; elle contracta alors, en 1887, une nouvelle alliance avec un comte Casa di Miranda. La voix de Mme N. qui, après son mariage, chanta encore avec le même succès à Londres, à St-Pétersbourg, à Vienne, etc. n'est pas très puissante, mais d'une charmante douceur et d'un timbre très moelleux, en même temps que d'une grande étendue ; à la scène surtout, dans les rôles qui n'exigent pas une grande dépense de forces, elle produisait un effet délicieux.

Nini, Alessandro, compositeur d'opéras italien, né à Fano, dans la Romagne, le 1er nov. 1805, m. comme maître de chapelle de la cathédrale de Bergame le 27 déc. 1880 ; fut, de 1830 à 1837, directeur de l'Ecole de chant de St-Pétersbourg. N. a écrit des opéras : Ida delta Torre (1837), La marescialla d'Ancre (1839), Cristina di Suezia (1840), Margherita di York (1841), Odalisa (1842), Virginia (1843), Il corsaro (1847) et deux autres qui sont restés manuscrits. Il a laissé, en outre, beaucoup de musique d'église, entre autres un Miserere [« a cappella »].

Nisard, Théodore, pseudonyme de l'abbé Théodule-Eléazar-Xavier Tore, dit Normand, né à Quaregnon, prés Mons, dans le Hainaut, le 27 janv. 1812, m. à Paris en 1887 ; fils d'un institeur français qui fut transféré à Lille, où N. reçut les premières notions de musique. Il devint ensuite enfant de choeur à Cambrai, et y lit ainsi qu'à Douai, de solides études de violoncelle; mais, après avoir terminé son lycée, il entra au séminaire de prêtres, à Tournay, et devint, en 1839. directeur du lycée d'Enghien. Son penchant pour la musique, réprimé un certain temps, reprit le dessus, et N. se mit surtout à l'étude de la théorie et de l'histoire de la musique d'église. Il échangea sa place, en 1842, contre celle de maître de chapelle et second organiste de l'église St-Gerinain, à Paris; mais il abandonna, quelques an-

nées après, ces fonctions et se borna à son activité littéraire. Ses publications les plus importantes sont : Manuel des organistes de la campagne (1840; explication de l'orgue, du plain-chant et de son accompagnement, morceaux d'orgues, etc.) ; Le bon Ménestrel (1840, chants pour maisons d'éducation religieuses : ces deux ouvrages ont encore paru sous son premier pseudonyme : Normand) ; Le plainchant parisien (1846) ; une nouvelle édition de La science et la pratique du plain-chant, que Jumilhac avait publiée en 1672 (1847, avec Le Clercq, premier maître de chapelle à St-Germain et libraire; tous deux ont ajouté beaucoup d'annotations); De la notation proportionnelle au moyen âge (1847, tirage à part d'une annotation du précédent ouvrage) ; Etudes sur les anciennes notations musicales de V Europe (1847) ; Dictionnaire liturgique, historique et pratique du plain-chant et de la, musique d'église au moyen âge et dans les temps modernes (1854, avec d'Ortigue); Méthode de plain-chant pour les écoles primaires (1855),- Etudes sur la restauration du chant grégorien au XIX' siècle (1856); Du rythme dans le plain-chant ^1856) ; Revue de musique ancienne et moderne (périodique mensuel, seulement en 1856, contient un excellent article sur Francon de Cologne) ; Méthode populaire de plain-chant romain et petit traité de psalmodie (1857) ; L'accompagnement du plainchant sur l'orgue, enseigné en quelques lignes de musique (1860) ; Les vrais principes de l'accompagnement du plain-chant sur l'orgue, d'après les maîtres du XVe et du XVIe siècles (1860). Il faut ajouter à cela des monographies sur Odon de Clugny, Palestrina, Lully, Rameau, l'abbé Vogler, Pergolèse, etc. Lors de la discussion sur l'authenticité de l'antiphonaire de St-Gall, N. s'était placé (dans la « Revue de musique ancienne et moderne ») du côté de Kiesewetter, qui répondait affirmativement à la question; mais les recherches de Schubiger le convertirent à l'opinion contraire, qu'il soutînt dans une publication : Le P. Lambillotle et Dom A. Schubiger (1857). N. fut. le copiste officiel du célèbre antiphonaire digrapte (neumes et lettres latines [a-p]) découvert par Danjou, à Montpellier. N. a publié, en outre, sous le titre : Monographie littéraire et musicale de Th. Nisard, par Th. Normand (1864), son propre panégyrique. Cf. J. Combarieu, La Critique musicale au XIXe s. et le problème de l'origine des neumes (1896).

Nissen, 1. Georg-Nikolas von, Conseiller d'Etat danois, né à Hadersleben, en Danemark, le 27 janv. 1765, m. le 24 mars 1826 ; épousa la veuve de Mozart et rassembla des matériaux pour une biographie de Mozart, mais il mourut avant sa publication qui n'eut lieu qu'en 1828, par les soins de sa veuve : Biographie W.-A. Mozarls ; nach Originalbriefen, etc. Un supplément (catalogue des œuvres de Mozart) a paru en 1829. — 2. Henriette (N.-Saloman), née à Gotenburg, en Suède, le 12 mars 1819, m. aux bains de Harzburg, dans le Harz, le

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