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ORCHESTRE

dans l'orchestre abaissé selon les principes de Wagner. Mais la sonorité des instruments était de la sorte par trop atténuée et nous pouvons admettre que, dés l'inauguration du premier théâtre public (Venise, 1637), l'usage s'introduisit de placer les musiciens entre la scène et le public. Le terme d'o. qui, primitivement, servait à désigner tout groupe nombreux d'instrumentistes, a pris aujourd'hui le sens restreint de groupe d'instruments à archet, à vent et à percussion ; il est dit tantôt grand o., tantôt petit o. Le petit o. se compose, en plus du quintette dïnstr. à archet (premiers et seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses), de 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes (qui font même parfois défaut, ex. : symphonie en sol min. de Mozart), 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes et 2 timbales (qui font aussi parfois défaut); les symphonies d'un Haydn, d'un Mozart, d'un Beethoven prouvent surabondamment combien le nombre de combinaisons de timbres est déjà grand, avec ces modestes ressources. Si l'on adjoint aux instruments qui précèdent deux autres cors et deux ou trois trombones, on a déjà un grand o. qui (avec ou sans petite flûte) est le véritable orchestre symphonique, tel que l'ont employé non seulement Beethoven, dans ses grandes symphonies, niais aussi les symphonistes de la période suivante ( Schubert , Mendelssohn , Schumann, Gade, Rubinstein, Volkmann, Raff, Brahms) jusqu'à nos jours. Mais ce grand o. est encore notablement augmenté dans l'opéra et la musique religieuse modernes, dans les grandes œuvres chorales avec accompagnement d'o. et dans la musique symphonique descriptive. La recherche d'une caractéristique toujours plus exacte, d'effets toujours nouveaux, de réalisme absolu, etc., a conduit les compositeurs à exiger des fadeurs d'instruments des timbres nouveaux; c'est pourquoi nous trouvons aujourd'hui, pour tous ces genres de musique illustrative, en plus des instruments précités : le cor anglais, la clarinette basse, le contrebasson, le tuba basse, la harpe, la grosse caisse, le tambour, les cymbales, le triangle, le jeu de timbres, voire même l'orgue, le piano, etc. Berlioz exige pour le Juba mi-. rumde son monumental « Requiem » : 4 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes en ut, 8 bassons, \ cors en mi bémol, 4 cors en fa, 4 cors en sol, 4 cornets à pistons en si bémol, 2 trompettes en fa, 6 trompettes en mi bémol, 4 trompettes en si bémol, 16 trombones-ténors, 2 ophicléides en ut, 2 ophicléides en sibémol,l ophicléide monstre (contrebasse) à pistons, 8 paires de timbales, 2 grosses caisses et un orchestre d'archets très nourri (18 contrebasses). Ilàtons-nous d'ajouter «pie ce formidable agencement instrumental est unique en son génie. L'o. de théâtre le plus considérable est celui (pie Wagner emploie pour la « Tétralogie » : orchestre d'archets très nourri, 6 harpes, 3 grandes tintes, 1 petite flûte, 3 hautbois, 1 cor anglais, 3 clarinettes, 1 clarinette basse, 3 bassons. 8 cors, 4 tubas (1 tuba-ténor, 2 t. -basses. i [.-contre-

basse), 3 trompettes, 1 trompette-basse, 2 trombones-ténor, 1 trombone-basse, 1 trombonecontrebasse, 2 paires de timbales, cymbales, triangle, grosse caisse, tambour. L'orchestre des ouvrages antérieurs de Wagner ne diffère de lo. symphonique que par la présence de trois représentants pour chaque partie des instr. à vent en bois et de trompette, et par l'introduction du cor anglais, de la clarinette basse, du tuba-basse, de la harpe et de quelques instr. à percussion. Quant aux autres compositeurs d'opéras, ils renoncent généralement à tripler les bois et les trompettes. Mais la richesse de timbres est si bien une nécessité pour ce genre de musique, que Monteverde déjà établit pour son Orfeo (1607) la liste suivante d'instruments : 2 gravicembali (clavecins), 2 conlrabassi cla viola, 10 viole da braccio,

1 arpa doppia (harpe-basse, grande harpe),

2 violini piccioli alla francese (violons accordés à l'octave supérieure de l'alto), 2 chitarroni, 2 organi di legno (positifs), 1 régale,.

3 bassi da gamba, 4 tromboni, 2 cornetti, 1 flautino alla 22da (d'un pied, c.-à-d. flageolet), 1 clarino (trompette-soprano) et 3 trombe sordine (trompettes avec sourdines). Les successeurs de Monteverde ne tardèrent pas, il est vrai, à réduire le nombre des instr. à vent, principalement par égard pour les chanteurs; ainsi, l'o. de Bach se compose de quatre groupes : orchestre d'archets, hautbois et. basson, cornetti et trombones, trompettes (cors) et timbales. Les instr. à cordes pincées (luths, théorbes, etc.) disparurent de plus en plus de l'o., si bien que la harpe y est aujourd'hui leur seul représentant ; le pizzicato des instr. à archet, ne remplace qu'imparfaitement cet ancien groupe d'instruments. Nous travaillons actuellement à compléter la famille des divers instr. à vent, de façon à ce que chaque timbre soit représenté par une série d'instruments embrassant toute l'échelle sonore, comme c'était le cas au xvie s. (v. accord). Nous avons des flûtes de deux grandeurs (la flûte-alto ne se fera pas attendre longtemps), des hautbois fournissant les registres de soprano et d'alto, tandis que les bassons donnent ceux de basse et de contrebasse, des clarinettes soprano, alto, basse et contrebasse (clarinette-pédale), à côté de la trompette ordinaire la trompette basse, à côté du tuba basse le tuba ténor, etc. Toutefois l'usage de ces instruments diffère totalement de celui qu'on en faisait au xvie s., .en ce sens que nous les réunissons tous en un, puissant orchestre, tandis qu'autrefois le musicien se bornait à écrire à quatre parties pour un groupe d'instruments de la môme famille.

La disposition de l'orchestre doit tendre avant tout à remplir les deux conditions suivantes : 1. groupement des instruments qui, appartenant à une même famille, reçoivent fréquemment des indications communes du chef d'orchestre; 2. homogénéité aussi grande que possible de la masse sonore. Si l'on se place à ce dernier point de vue, on devra donner la préférence à l'arrangement dans lequel chaque

ORCHESTRER — ORGENI

espèce d'instrument est répartie sur toute la largeur de l'orchestre (a); si, au contraire, on dispose les instr. à vent en bois dans un angle et ceux en cuivre dans l'autre (b), ils apparaissent comme des cori spezzati (chœurs divisés) ce qui souvent est désirable, surtout lorsque les différents groupes se répondent. Mais la disposition de l'o. en rayons (c) a aussi ses avantages, en ce sens que tous les groupes instrumentaux sont à égale distance du chef d'orchestre. Ces trois dispositions sont les suivantes :

a) L'orchestre devant le chef ( |Xj) :

Instr. à vent en cuivre et instr. à percussion

iustr. à vent en bois

violoncelles et contrebasses

altos

2d9 violons

b) L'orchestre derrière le chef (orchestre de théâtre) :

violoncelles

et contrebasses

vent en bois

£ers

violons

altos

violons

violoncelles

et contrebasses

instr. de cuivre

(c) L'orchestre devant le chef

De plus, l'homogénéité la plus complète résulte évidemment du système pratiqué d'abord par Wagner, à Bayreuth, et qui consiste à abaisser l'orchestre en le rendant invisible aux auditeurs.

Orchestrer, syn. d'iNSTRUMENTER.

Orchestrion, nom que l'abbé Vogler (v. ce nom) décerna en premier lieu à l'orgue portatif qu'il emportait dans ses voyages. On comprend aujourd'hui sous le nom d'o. une sorte de boîte à musique (inventée par Fr.-Th. Kaufmann) composée de jeux d'anches fortement inlonés et qui, grâce à l'emploi de pavillons métalliques de formes diverses, imitent assez fidèlement e timbre des instruments à vent de l'orchestre. ^i'o. tient assez souvent lieu d'orchestre, dans les baraques de foire, etc. Cf. appollonicon et

l 'ANSYMPIIONICON.

Ordenstein, Heinrich, né à Worms le 7 janv.

1866; fut, de 1871 à 1875, élève du Conserva-

oire de Leipzig (Wenzel, Coccius, Eeinecke,

adassohn, Richter, Paul). Après une tournée

e concerts avec Mme Peschka-Leutner et

éop. Grùtzmacher, il fit un long séjour à Pais pour y continuer ses études; en 1878, il

uait avec un grand succès, à Leipzig, le con-

certo en ré min., pour piano, de Rubinstein. Il fut ensuite, de 1879 à 1881, maître de musique au pensionnat de la comtesse Rehbinder, à Carlsruhe, et, de 1881 à 1882, à l'Académie Kullak à Berlin, donnant toujours entre temps des concerts. Enfin, en 1884 O. fonda, sous le protectorat de la grande-duchesse de Bade, le Conservatoire de Carlsruhe qui s'est rapidement développé. Les rapports annuels de ce Conservatoire contiennent des articles de valeur, dus à la plume d'Ordenstein.

Ordre, dans les œuvres de Couperin, syn. de « suite ».

Organ (angl.), orgue.

Organicen, c.-à-cl. organiste (du lat. organum, orgue, et canere, chanter ou faire de la musique.

Organista (lat.), organiste; dans les écrits du moyen âge sur la musique, syn. de compositeur, car Y organum était la forme la plus ancienne de l'écriture polyphonique et son nom servit même plus tard (jusque dans le xine ou le xive s.) à désigner un procédé spécial de facture (cf. organum 2).

Organistrum, v. vielle.

Organoedus (gr.), organiste.

Organographie (gr.), s'emploie dans le sens de : description d'instr. de musique.

Organum, 1. (gr. 'opyotvov), signifie, en principe, tout simplement un outil, mais plus spécialement un instr. de musique et, en tin de compte, 1' «instrument des instruments », l'orgue (v. ce mot). — La façon la plus ancienne et la plus primitive d'écrire de la musique à plusieurs parties, consistait en un mouvement parallèle continu des voix, à distance de quintes supérieures ou de quartes inférieures (dit aussi diaphonie). Quelque épouvantable (pie puisse nous paraître aujourd'hui ce genre de musique, il n'en est pas moins un fait historique , en même temps que le lien tout naturel qui rattache la vraie musique polyphonique à l'antique monophonie. L'o. n'était pas encore un genre polyphonique proprement dit, mais le redoublement de la mélodie à la quinte fut, logiquement, le premier pas que les musiciens risquèrerent après le redoublement à l'octave, connu et pratiqué dès la plus haute antiquité ; ce procédé ne tarda pas, du reste, à amener la création du déchant, (v. ce mot), lorsque l'on commença à « diminuer » la partie d'organum (cf. pédale 1). La dénomination d'o. resta longtemps en usage, même après l'apparition des ensembles à trois et à quatre voix, alors que l'ancien principe de l'o. avait été considérablement modifié. Ph. Spitta a donné dans la « Vierteljahresschrift fur Musikwissenschaft » (1890) une solution heureuse du problème, jusqu'alors très embrouillé, de l'élimination des quartes (augmentées) et des quintes (diminuées) fausses, dans l'o., tel que le décrit le pseudo-Hucbald.

Orgel (ail.), orgue.

Orgelpunkt (ail.), pédale (v. ce mot 1).

Orgeni, Aglajà (nom de théâtre, en anagramme, de Anna-Maria-Aglaja von Gôrger St-Jorgen), excellente chanteuse légère, née à Tismc-

ORUTE

nice, dans le district de Sambor (Galicie;; le 17 déc. 1843: élève de Mme Viardot-Garcia) à Baden-Baden, fut engagée, de 1865 à 1866. an théâtre de la Cour, à Berlin, et a beaucoup chanté, depuis lors, en représentations. Elle enseigne le chant, depuis 1886, au Conservatoire de Dresde.

Orgue, lat. organum: ail. Orgel; angl. organ), instr. à vent de dimensions considérables, tant au point de vue de l'espace qu'il occupe qu'à celui de l'étendue de son échelle sonore. On peut, ou bien le définir comme un groupement d'un grand nombre d'instr. à vent divers, ou bien le comparer à l'orchestre, dont il diffère toutefois, entre autres, par le fait que deux hommes suffisent à son maniement : l'exécutant proprement dit (organiste) et le souffleur, ce dernier étant même remplacé, dans les instruments modernes, par un moteur hydraulique ou électrique. Malgré les dimensions parfois monumentales et toujours respectables de l'o., on est parvenu, au moyen d'un mécanisme assez complexe, à mettre les quelques centaines ou milliers de petites soupapes déterminant le son (élévation et timbre) à la portée d'un seul exécutant, qui les ouvre ou les ferme à volonté; par contre, aucun homme ne pourrait fournir, au moyen de ses poumons, assez d'air comprimé pour faire résonner cet instrument colossal, c'est pourquoi des pompes à air ont été établies et accompagnées de certains mécanismes au moyen desquels l'air aspiré est d'abord comprimé, puis conduit aux tuyaux qui doivent parler. Les trois parties principales de l'o. sont par conséquent : le matériel sonore (tuyaux), la soufflerie ( soufflet, porte-vent, sommier), et le mécanisme (clavier et tout ce qui en dépend, registres). Les tuyaux sont répartis en un certain nombre de groupes appelés jeux (ou improprement « registres »), chacun de ces derniers comprenant des tuyaux de dimensions diverses, mais de construction et de timbre identiques, chaque jeu, autrement dit, représentant un seul instr. à vent ; un mécanisme mort ne pouvant pas, comme les lèvres de l'instrumentiste, varier l'attaque dans le but d'obtenir d'un seul tuyau des sons de hauteur différente, chaque tuyau de l'o. ne fournit qu'un seul son et l'o. qui n'aurait même qu'un seul jeu doit avoir au moins autant de tuyaux que son clavier a de touches. lies tuyaux appartenant à un même jeu sont groupés de telle façon qu'ils peuvent être tous appelés ou exclus simultanément de la combinaison sonore, au moyen des registres proprement dits; en tirant les registres, placés à sa droite et à sa gauche, l'exécutant ouvre un passage à l'air comprimé qui df la laye (partie inférieure du sommier) se précipite à travers le barrage à portée des tuyaux du jeu en question; il suffira dès lors de l'abaissement d'une touche du clavier, pour qu'une petite soupape ouvre le tuyau qui doit fournir Le son correspondant à la touche. 11 va de soi que l'exécutant peut également supprimer, dès qu'il le veut, le jeu qu'il a fait parler (cf. sommier). On trouve, en outre, dans les ins-

truments modernes, des dispositifs spéciaux qui permettent de faire parler simultanément, et au moyen d'une seule pédale ou d'un seul bouton,un certain nombre de jeux (v. pédales d'appel, de combinaison, d'accouplement). Mais le matériel sonore de l'o. n'est pas régi tout entier par un seul clavier; bien au contraire, le plus petit o. a deux claviers manuels (joués avec les mains) et un clavier de pédales ou pédalier (joué avec les pieds); les instruments les plus grands ont jusqu'à cinq claviers et deux pédaliers. Chaque clavier comporte un certain nombre de jeux spéciaux, mais l'usage simultané de plusieurs jeux appartenant à des claviers différents est possible grâce au système d'accouplement des claviers les uns aux autres ou du pédalier aux divers claviers manuels. L'o. ne se prête pas au jeu expressif, ou du moins l'expression se borne-t-elle, même sur les grands instruments, au crescendo et au decrescendo qui, obtenus au moyen d'une pédale, ont toujours un caractère rigide et impersonnel; l'intensité du son ne peut même, en principe, varier à l'o. que par degrés, au moyen de l'adjonction ou du retranchement de certains jeux, ou du passage d'un clavier à un autre ; le calme et l'impersonnalité sont par conséquent les caractères fondamentaux de la sonorité de l'orgue.

L'espace mesuré nous empêche d'entrer icij dans clés détails sur la construction de l'o. : nous renvoyons le lecteur que cela intéresse aux nombreux petits ouvrages des L. Bony (Une excursion dans l'orgue, 1892), Tcepfer, Schlimbach, Seidel, Sattler, Heinrich, Ritter, Wilke, Kuntze, ou encore Riemann (Katechismus der Orgel), et nous nous bornerons ici à quelques notes sur les différents jeux de l'o| On distingue d'abord, d'après le mode de production du son, deux grandes catégories de jeux: les jeux a bouches (ou flûtes) et les jeux a anches ; cf. à ce sujet : jeu, instr. a vent, bouche. D'après l'élévation des sons que fournissent les tuyaux d'un jeu (v. pied), on établit une différence entre les jeux de fond et les jeux de mutation; dans les premiers, la toucb ut correspond toujours au son ut, tantôt de lai même octave (jeux de 8 pieds), tantôt d'une autre octave supérieure (jeux de 4, 2 el 1 pieds) ou inférieure (jeux de 16 pieds). Ce sont les jeux de fond de 8' qui, comme l'indique leur nom, forment le solide fondement de la sonorité de l'orgue, aussi doivent-ils être représentés en plus grand nombre que ceux de 16', 4', 2' ou I Ces jeux de fond de 8' se groupent de nouveau autour du jeu fondamental par excellence : lai montre de 8' (appelée aussi, comme en alle-< mand. Principal), le plus ancien jeu d'orgue construit, il y a un millier d'années environ, exactement comme de nos jours. Quant à ht] pédale, dont la partie est toujours notée l'octave aiguë de la sonorité réelle, son vérita ble jeu fondamental est la montre de 16' ; i arrive cependant fréquemment, que de petites orgues n'ont à la place de la montre de 16 qu'un bourdon de i6\ tandis que les plu»'

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