ORGUE
grands instruments ont même une montre de 32'. Les jeux de mutation, de même que les fonds de 2' et de 1' ne servent qu'à donner plus de puissance et plus de brillant à la sonorité ; ils font entendre les harmoniques supérieurs des jeux de fond ; on différencie encore les jeux
DE MUTATION SIMPLES des JEUX DE MUTATION
composés. Tous les jeux de mutation sont des jeux d'anche à taille de montre. Les demi- jeux sont ceux qui ne répondent qu'à l'une des moitiés aiguë ou grave du clavier, ainsi le hautbois à l'aigu, complété par le basson au grave. Certains jeux encore n'ont point de tuyaux pour le registre grave, mais les « empruntent » à un autre jeu, sans que l'exécutant ait à régler lui-même ce passage d'un jeu à un autre. Un o. sans pédalier et pourvu exclusivement de tuyaux à bouche porte le nom de positif ; un o. sans pédalier et pourvu exclusivement de tuyaux à anche celui de régale. La majeure partie de l'o. est contenue dans un buffet, dont la façade, ornée des plus beaux tuyaux d'étain de l'instrument, est dite montre et divisée ellemême en plate-face et en tourelles. Dans la plupart des instruments modernes, les claviers et les registres sont disposés, non plus clans une sorte de niche pratiquée dans le buffet, mais à quelque distance de ce dernier, dans une console spéciale. Cf. pour de plus amples renseignements la plupart des noms soulignés dans cet article, ainsi que tous les noms de jeux d'orgue.
Malgré des tentatives intéressantes (Bedos, Hamel, Bimbault, Sponsel, Antony, ^et plus récemment Wangemann, Ritter, etc.), il manque encore une histoire satisfaisante de l'orgue. L'origine de l'o. remonte à la plus haute antiquité : ses ancêtres sont la musette et la flûte de Pan. Toutefois, nous rencontrons, au ne s. avant J.-C. déjà, de véritables o., pourvues de pompes à air (soufflets), d'un système de compression (par l'eau) et d'une sorte de clavier ; Ctébisius (170 av. J.-C.) passe pour être l'inventeur de cet orgue, dit hydraulique (organum hydraulicum), dont la description nous a été donnée par son élève, Héron d'Alexandrie (parue en grec et en allemand, dans la trad. ail. de l'ouvrage de Bedos de Celles, par Vollbeding). Il ne faudrait point s'imaginer cependant que l'eau fût un élément essentiel de cette sorte d'o.; il paraît même que l'on construisit, peu après, en Grèce et en Italie, des o. avec et sans pression hydraulique. Différentes descriptions d'instruments nous fournissent de précieux renseignements sur l'orgue primitif, ainsi : celle, en grec, d'un o. de l'empereur Julien l'Apostat (ive s.), une autre de Cassiodore (dans l'exégèse du psaume CL), une enfin de St-Augustin (poulie psaume LVI, 16); en outre, plusieurs basreliefs antiques nous prouvent que l'o. était déjà connu, en Occident, bien avant que l'empereur Constantin Copronyme en eût fait cadeau d'un exemplaire, en 755, au roi Pépin-le-Bref. Ces anciens instrumeuts étaient de très petites dimensions et n'avaient, dans la règle, que huit, ou au plus quinze tuyaux (une à deux
octaves diatoniques ) construits exactement comme ceux du jeu de montre actuel, mais, au début du moins, en cuivre ou en bronze. Dans le courant du ixe s., ce furent les moines qui, en France, et en Allemagne surtout, s'occupèrent avec le plus de zèle de la construction de ces petits instruments ; on faisait usage de ces derniers pour l'enseignement du chant, et leur étendue comprenait l'octave à' ut- à ut3 (le plus long tuyau mesurant quatre pieds). Quant au clavier, il se composait de planchettes verticales, sur lesquelles étaient inscrites les notes, dans le système alphabétique ( A B G D E F G A); l'exécutant ouvrait la soupape en enfonçant l'extrémité inférieure de cette planchette, et le tuyau parlait jusqu'au moment où la planchette était ramenée à sa position normale (cf. la description plus détaillée que le Dr Riemann donne de cet instrument dans l'« Allgemeine musikalische Zeitung », 1879, nos 4 à 6 : Orgelbau ira friihen Mittelatter). La ville de Winchester possédait, en 980 déjà, un o. de quatre cents tuyaux et deux claviers joués par deux instrumentistes (chaque clavier avait vingt touches [l'étendue du monocorde de Guy d'Arezzo], agissant chacune sur dix tuyaux renforçant le son à l'octave et à la double octave. Mais les jeux de mutation sont à cette époque encore totalement inconnus. La répartition des tuyaux en « jeux » paraît dater du xir3 s. environ. Les o. construites du ive au xie s. avaient un jeu très facile; par contre, l'emploi de tout un mécanisme compliqué, nécessité par les dimensions de plus en plus grandes que prit l'instrument, rendit, du xme au xive s., le jeu des claviers si dur que les touches ne pouvaient en être enfoncées qu'avec les poings ou les coudes. Ce fut au xve s. qu'apparurent les jeux d'anches, tandis que l'invention du pédalier, en Allemagne, remonte à l'an 1325. Cf. au sujet de la notation spéciale qui, pendant des siècles, fut seule en usage pour l'orgue, l'art, tablature, et, au sujet des inventions récentes et des perfectionnements apportés à la facture de l'orgue, les divers articles spéciaux. Les organiers (facteurs d'o.) les plus connus, anciens et modernes, sont : Esajas Compenius , Arp. Schnitzker, Zacharias Hildebrand, les Trampeli, les Silbermann , Hering, Gasparini, Daublaine- Collinet, Cavaillé-Coll, Schulze, Buchholz, Merklin et Schùt/e, Ladegast, Walcker, Reubke, Sauer, Goll, etc. Les maîtres les plus remarquables du jeu d'o. et de la composition pour o. : Paumann , Schlick , Buus, Paix, Merulo, Frescobaldi, Froberger, Buxtehude, Sweelinck, Pachelbel, Reinken, Schein, Scheidt, Scheidemann, la famille Couperin, la famille Bach, Marchand, Schrœter , Tûrck, Kittel, Knecht, Rinck, Vogler, Vierling, Séjan, Sérassi, Bastiaans, Adams, J.-G. Schneider, Tôpfer, Engel, Ritter, Merkel, Best, Thiele, Faisst, Haupt, Volkmar, Ad. Hesse, César Franck, Saint- Saëns, Guilmant, Widor, Gigout, etc. Citons, comme les plus importants, les ouvrages suivants sur la structure et l'entretien des o. : M. Prœtorius, Syntagma musicum (3e et 'ie
ORGUE EXPRESSIF — ORNITHOPARGHUS
pari, du vol. II, 1619J : Adlung, Musica mechanica organoedi ( 1768 ) : Bedos de Celles, L'arl du facteur d'orgues (1766-1778, trois vol.); Tôpfer, Lehrbuch der Orgelbauhunst (1855, deux vol. ; 2e éd., par Max Allihn, 1888), et quelques ouvrages de moindre importance du même auteur : J. Hopkins, The organ, its hisiory and construction (1855) ; cf. aussi Schlimrach, J.-J.Seidel, A.-G. Ritter,E.-F.-E. Rttter etc. B. Kothe a publié, en collaboration avec Th. Forchhammer, un Filhrer durch die Orgellitteratur (1890).
Orgue expressif, v. harmonium.
Oriana, nom sous lequel la reine Elisabeth d'Angleterre fut glorifiée, dans un recueil de madrigaux de compositeurs anglais: The Triumphs of 0. (1601), publié par Morley.
Orlandi, Fernando, compositeur d'opéras et maître de chant, né à Parme en 1777, m. dans la même ville le 5 janv. 1848; écrivit vingt-six opéras pour les scènes italiennes, puis se .détourna de la scène lorsque l'astre grandissant de Rossiili refoula tout le reste dans l'ombre. O. a été maître de chant, d'abord à l'école des pages de Milan, puis, en 1809, au Conservatoire de cette ville et, dès 1828, à l'Ecole de musique de Munich.
Orlandini, Giov. -Maria, compositeur italien «Toperas , né à Bologne vers 1690 ; écrivit vingt-neuf opéras, principalement pour Venise (aussi pour Bologne, Florence, etc., de 1708 à 1745), ainsi que des oratorios {Judith, Esther, Joas).
Orlandus Lassus, v. Lassus.
Orlow, Gregor-Wladimir, comte, né en 1777, m. à St-Pétersbourg le 4 juil. 1826; auteur de : Essai sur V histoire de la musique en Italie (1822, 2 vol. ; trad. en allemand par Ad. Wagner, sous le titre Entwurf einer Geschichte der italienischen Musik, 1824), compilation sans valeur.
Ornements (ou agréments, broderies; ail.
Verzierungen , Manieren, Ornamente ; angl. grâces; ital. forette, fioriture), nom collectif pour tous les petits groupes de notes ou notes isolées qui , indiquées au moyen de signes spéciaux ou en « petites notes », contribuent à orner, à parer la mélodie. Autrefois (dans les œuvres de Corelli, par ex.), il était sous-entendu que l'exécutant, instrumentiste ou chanteur, ornai I une simple mélodie selon son caprice et son goûl musical, aussi le compositeur n'indiquait-il qu'an très petit nombre d'o. ; mais les maîtres français du style de clavecin (d'Anglebert, ( Sôuperin) introduisirent l'usage des signes abréviatifs pour l'indication des o., dont ils surchargèrent dès lors leurs œuvres d'une façon excessive. J.-S. Bach préféra noter, en valeurs exactement mesurées, un grand nombre d'o. et pul de la sorte varier considérablement leurs formes; mais il encourut de ce fait le blâme de ses contemporains, qui l'accusaient de donner ainsi à La notation un aspect trop compliqué. De nos jours, l'exécution des o. notés en abrégé, au moyen de signes spéciaux, est encore, pour une bonne part, affaire de goût et
de compréhension musicale ; le même signe prête, suivant le mouvement, la mesure et la figuration générale du morceau, à des interprétations diverses que l'on ne saurait guère régler au moyen de préceptes nettement déterminés. C'est pourquoi les compositeurs modernes sont allés plus loin encore que J.-S. Bach, dans la voie de la notation « en toutes notes » des o. ; le nombre des signes abréviatifs a, par conséquent, diminué de beaucoup. Les o. les plus importants, indiqués par des signes en usage encore de nos jours, sont les suivants : trille, pincé ( ou mordant), pincé renversé, mordant long, doublé (ou gruppelto), doublé renversé ; d'autres sont tout à fait tombés en désuétude : balancement, chute ou port de voix, coulé, martellement, aspiration. Parmi les o. indiqués au moyen de « petites notes » n'entrant pas en ligne de compte dans la division de la mesure, notons ici : appogialure, double appogi-ature, coulé, battement, acciaccatura. Cf. pour tous ces termes, les art. spéciaux. Il va sans dire qu'une quantité innombrable d'autres o. peuvent être indiqués au moyen de petites notes, sans que pour cette raison chacun d'eux porte un nom spécial. Leur exécution se règle selon les mêmes principes que ceux qui régissent les autres o. Ce sont surtout les terminaisons (ail. Nachschlâge) qui ont acquis une grande importance dans notre musique moderne, autrement dit des o. qui suivent la note principale et par là même abrègent sa durée, tandis que la note suivante ne perd rien de sa valeur. Dans des passages comme le suivant (Chopin op. 62, 2) :
teSSi^M
les petites notes ne doivent pas être considérées comme faisant partie du second temps; c'est au contraire le ré dièse initial qui perd de sa durée la fraction nécessaire à l'exécution rapide des petites notes avant l'accord suivant de l'accompagnement ; seul, le sol dièse barré est une appogialure et, comme tel, doit être attaqué sur le second temps. On peut logiquement diviser les o. en trois catégories : a) o. sur Y attaque de la note (pincé, pincé renversé, double appogiature , coulé, battement, appogiature, doublé placé sur la note même); b) o. sur la terminaison de la note (terminaison, doublé placé après la note) ; c) o. de remplissage, absorbant toute la durée de la note (trille, battement). On pourrait même, à certains points de vue, classer Yarpeggio (o. d'attaque ou de remplissage) et le trémolo (o. de remplissage) parmi les o.
Ornithoparchus (nom hellénisé de Vogelsang), Andréas, paraît avoir eu une vie assez instable, car il parle beaucoup de ses voyages en Allemagne, en Autriche, en Hongrie et en
ORPHEE