ORTIGUE
Eussie; d'après l'album de l'Académie de Wittemberg, il serait né à Memmingen et aurait reçu le titre de Magister artium. en 1516, à Tubingue. Le seul de ses ouvrages qui nous ait été conservé est : Musicœ activa? micrologies (1517; nouv. éd. en 1519, 1521, 1533,1535, 1540: Irad.angl. de Dowland.1609), l'un des meilleurs ouvrages théoriques du xvie s. (cf. le commentaire de J.-W. Lyra, dans les « Monatshefte fur Musik-Geschichte », vol. X, p. 105).
Orphée, le chanteur légendaire de la Grèce préhistorique, doit avoir vécu au temps de l'expédition des Argonautes (1350 av. J.-C), à laquelle il aurait pris part. 0. était non-seulement un chanteur de premier ordre, s'accompagnant sur la cithare à sept cordes, mais le fondateur d'une sorte de secte mystique, dite des « Orphiques », qui adorait Bacchus Zagreus et se perpétua pendant un grand nombre de siècles. Les « Orphiques » ont toute une littérature. Cf. Gottfr. Hermann, Orphica (1805).
Orphéon, nom que l'on donne en général aux sociétés chorales d'hommes, mais qui a pris avec le temps, dans la bouche des musiciens, un sens légèrement méprisant. C'est à Bocquillon-Wilhem que revient le mérite de l'introduction de l'enseignement du chant dans les écoles municipales de Paris (1818). En 1835, cet enseignement devint obligatoire et l'on créa, en même temps, des associations chorales poulies classes ouvrières ; ces innovations furent chaleureusement accueillies. Gounod ne trouva point au-dessous de sa dignité d'accepter, en 1852, les fonctions de directeur général de tous les o. de Paris ; il eut, en 1860, deux successeurs : Bazin pour les o. de la rive gauche, Pasdeloup pour ceux de la rive droite. Bazin devint plus tard seul directeur (1873) et Dannhauser lui succéda en 1878. On comptait en France, en 1881 déjà, environ quinze cents o. comprenant en tout plus de soixante mille membres (orphéonistes) ; plusieurs journaux musicaux représentent spécialement les intérêts de ces associations. En Allemagne, les associations chorales analogues à nos o. portent le nom de Liedertafel. La première de ces sociétés fut créée par Zelter, en 1809, à Berlin ; elle se composait de membres de la « Singakademie ». Vinrent ensuite les Liedertafel de Leipzig et de Francfort, en 1815, puis une nouvelle association à Berlin, en 1819. Actuellement ces sociétés chorales existent en nombre considérable et leur union, qui compte plus de cinquante mille chanteurs, porte le nom de Deutscher Sàngerbund. Quant à l'Angleterre, elle possédait au siècle dernier déjà des clubs de même genre (cf. catch, glee, madrigal).
Orthographe. L'o. musicale est assez compliquée et réside souvent dans des distinctions fort délicates. Un grand nombre de compositeurs écrivent orthographiquetnent par pur instinct, d'autres se laissent induire en erreur par l'observation maladroite de règles superfi-
Icielles. On fait, entre autres, des fautes d'o. : 1. au point de vue des durées rythmiques, sur-
une note une valeur trop longue, qui la fait durer pendant un accord ultérieur, dans lequel elle ne doit point entrer comme dissonance ou qui, parfois même, contient un son formant évidemment la suite du son précédent, — 2. au point de vue des rapports harmoniques. Les fautes de cette dernière catégorie sont aussi fréquentes dans le style libre que dans le style sévère ; elles consistent dans la substitution d'un son à un autre qui lui est enharmoniquement identique, par ex. : ut dièse pour ré bémol, mi pour fa bémol, etc. Seule une compréhension réelle des rapports harmoniques permet d'éviter les fautes d'o. de ce. genre ; il faut absolument que le musicien s'habitue à avoir une conscience très nette de l'harmonie majeure ou mineure, dans le sens de laquelle tel passage ou tel accord dissonant doit être interprété, et de l'enchaînement harmonique qui en est à la base; c'est ainsi seulement qu'il est possible d'écrire vraiment orthographiquement. La plupart des fautes se commettent dans l'écriture de l'échelle chromatique (v. ce mot) ou, d'une manière générale, de tout passage chromatique. La règle principale peut, dans ce cas, se formuler de la manière suivante : un son appartenant à l'harmonie (majeure ou mineure) sur laquelle repose le passage en question, ne doit jamais être remplacé, dans la notation, par son enharmonique.
Ortigue, Joseph-Louis d', musicographe, né à Gavai lion (Vaucluse) le 22 mai 1802, m. à Paris le 20 nov. 1866; s'occupa surtout de l'histoire de la musique d'église et fut, à diverses reprises, chargé par le gouvernement français de travaux ayant trait à ce sujet. Ses écrits les plus importants sont : De la guerre des dilettanti, ou de la révolution opérée par M. Rossmi dans l'opéra français (1829) ; Le balcon de l'Opéra (1833 ; collection de feuilletons de sa plume, ayant paru auparavant dans divers journaux) ; De V école italienne et de l'administration de V Académie royale de musique à l'occasion de l'opéra de M. Berlioz (1839, sur le « Benvenuto Gellini » de Berlioz), paru aussi sous le titre : Du théâtre italien et de son influence sur le goût musical français (1840) ; Abécédaire du plain-chant (1841); Palingénesie musicale, et De la mémoire chez les musiciens (tirage à part d'articles de la « Revue et Gazette musicale ») ; Dictionnaire liturgique, historique et théorique de plain-chaht (1854, en partie en collaboration avec Nisard) ; Introduction à l'étude comparée des tonalités et principalement du chant grégorien et de la musique moderne (1853); La musique à l'église (1861); Traité théorique et pratique de l'accompagnement du plain-chant (1856, en collaboration avec Niedermeyer; 2e éd. 1876). O. fonda en 1857, avec Niedermeyer, le journal musical La Maîtrise (pour la musique d'église) et le rédigea seul de 1858 à 1860 ; en 1862, il le reprit sous le titre de Journal des Maîtrises, revue du chant liturgique et de la musique religieuse (il n'en a paru qu'une année). O. était en outre collaborateur de la « Gazette mu-