‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 335 sur 542 · OUVERT — PACCHIAROTTI · texte numérisé non relu

OUVERT — PACCHIAROTTI

huit tins, il avait composé un opéra : L'isola disabitata. Gomme théoricien, O. a fourni des dissertations sur l'harmonie, le contrepoint et la fugue, sur les formes et la composition en général, dans les Oxford Clarendon Press Séries. 11 a aussi collaboré au « Dictionary of music» de Grove. O. était millionnaire et a laissé une très riche bibliothèque.

Ouvert, se dit : 1. d'un tuyau d'orgue dont l'extrémité supérieure n'est pas bouchée; 2. d'un accord (accord a l'o.) donné exclusivement par les cordes à vides d'instr. à archet.

Ouverture (ital. overtura; angl. overlure; ail. Ouverture), morceau de musique servant d'introduction à une œuvre de grandes dimensions et plus particulièrement d'un opéra (v. ce mot). Les premiers essais de musique dramatique n'avaient pas trace d'o. et, commençaient, dans la règle, par un prologue chanté ou directement par l'action elle-même; mais ceux qui, plus tard, accordèrent la parole en premier lieu aux instruments (chargés de concentrer les idées de l'auditeur et de le préparer à l'œuvre) choisirent dans ce but un madrigal qu'ils firent exécuter par des instruments au lieu de voix, ou un petit morceau en style de madrigal (YOrfeo de Monteverde débute par une Toccata de neuf mesures, trois fois répétée). La forme primitive de l'o. proprement dite, connue sous le nom d' « o. française » ou « o. de Lully » (v. ce nom), trahit encore sensiblement son origine vocale, surtout dans la première et la troisième parties d'un mouvement lent et sans aucun caractère instrumental, tandis que la partie intermédiaire, plus rapide, est déjà mieux écrite pour des instruments. Quant aux introductions d'opéras d'Alessandro Scarlatti, elles revêtent un tout autre caractère : 1' « o. italienne » ou, comme on l'appelait autrefois, la sinf'onia (terme qui ne signifie rien autre que « musique polyphonique •>), commençait par un

allegro, suivi par contraste d'un grave auquel succédait de nouveau un allegro ou un presto; elle a un caractère purement instrumental. En tant que précurseur de la symphonie, l'o. n'a guère d'importance que comme étant l'une des plus anciennes formes de musique instrumentale polyphonique. C'est bien plutôt dans le concerto (concerto grosso) qu'il faut chercher le véritable ancêtre de la symphonie en plusieurs parties. Les ouvertures modernes peuvent se répartir en trois catégories distinctes: 1. l'o. en forme de sonate, construite sur deux (ou trois) thèmes principaux, exposés à la suite d'une courte introduction lente et d'un caractère généralement pathétique, puis réapparaissant après une partie de développements plus ou moins prolongée (il ne manque donc que la « reprise », pour que la forme de la sonate y soit strictement observée). Cette forme, plus ou moins exactement suivie, est celle de la plupart des o. dites « o. de concert » et des o. d'opéras qui ne sont pas écrites sur des thèmes de l'ouvrage lui-même. — 2. L'o.-potpourri, n'ayant d'autre forme que celle qui résulte de l'ordonnance des thèmes (empruntés aux <• numéros » les plus attrayants de l'opéra) en une gradation et une série de contrastes calculés uniquement en vue de l'effet. La valeur de ce genre dépend de l'habileté avec laquelle les thèmes sont soudés les uns aux autres (Rossini, etc.). — 3. L'o. ayant des rapports thématiques avec l'opéra lui-même, mais formant un tout musical bien établi (prologue symphonique); tantôt le compositeur expose en raccourci les idées fondamentales de l'ouvrage, tantôt il se contente d'introduire les premières scènes de son opéra. Les ouvertures ou préludes de Wagner et de ses disciples appartiennent à cette troisième catégorie, dans laquelle on peut même classer déjà les o. de Schumann, Weber, voire même Mozart et Beethoven.

P, p, abréviation pour piano, plus rarement poux pédale (v. ce mot) : pp, ppp, peur pianissimo; mp, pour mezzopiano; fp, pour fortepiano (mi forte aussitôt suivi d'un ]rio:no); par contre pf signifie non pas pianoforte, mais poco forte (peu fort) ce qui était interprété autrefois, par ex., (par J.-W. Hàssler), comme plus faible que mezzo forte, mais veut dire à présent généralement « assez fort », ou bien encore piu forte, plus fort (mais généralement pas abrégé dans ce sens).

Pabst, Aucust, né à Elberfeld le 30 mai 1811. m. comme directeur du Conservatoire <!<• Riga le 21 juil. 1885; fui auparavant cantor et

organiste à Kœnigsberg et reçut, en 1857, le titre de «.directeur royal de musique ». Il a écrit plusieurs opéras : l)er Kastellan von Krakau (Kœnigsberg, 1846), Unser Johann (ibid, 1848), Die letzten Tage von Pompeji (Dresde, 1851) et Die Longobarden (non représenté).

Pacchiarotti , Gasparo, célèbre chanteur (castrat), né à Fabriano (Ancône) en 1744, m. à Padoue le 28 oct. 1821 ; reçut son éducation d'un sopraniste de l'église St-Marc, à Venise, et fut célèbre en Italie, vers 1770 environ. Il chanta sur les théâtres les plus importants, visita Londres en 1778, 1785 et 1790, et y ren-

PACHELBEL

Ira un accueil enthousiaste, puis se retira tout à fait de la scène, en 1792, et vécut à Padoue en se consacrant tout entier à des œuvres pies. P. était laid et maigre; mais sa voix magnifique, son goût délicat et son intelligence musicale faisaient oublier son extérieur.

Pachelbel, 1. Johann. l*un des plus éminents promoteurs du style d'orgue, avant J.-S. Bach, né à Nuremberg, le 1er sept. 1653. m. dans la même ville le 3 mars 1706 ; fit son éducation musicale à Nuremberg, Altdorf et Ratisbonne, puis devint successivement, en 1674 organiste suppléant à l'église St-Etienne, à Vienne, en 1675 organiste de la Cour à Eisenach, en 1678 organiste de la « Predigerkirche » à Erfurt, en 1690 organiste de la Cour à Stuttgart, en 1692 à Gotha et, en 1695, organiste de l'église St-Sébald, à Nuremberg. Au cours de ces déplacements réitérés, P. eut l'occasion d'apprendre à connaître les particularités de style des organistes de l'Allemagne du sud et l'Allemagne centrale, particularités dont son style à lui établit la fusion définitive; ses toccatas, ses chaconnes et ses chorals variés se rapprochent déjà beaucoup de ceux de Bach et marquent un réel progrès sur ceux d'un Jean- Christophe Bach, car ils sont écrits d'une manière plus libre et plus naturelle. On a conservé un certain nombre de ses œuvres, en édition originale : Musikalische Sterbensgedanken (1683, quatre chorals variés), 78 Chorale zum Prâambulieren (1693), Hexachordum Apollinis (1699, six thèmes [airs] avec variations) et Musikalische Ergotzung (1691, six partitas à quatre voix, pour deux violons et basse chiffrée). Un manuscrit de la bibliothèque grand-ducale de Weirnar : Tabulaturbucli geistliclter Gesdnge 1). Martini LutJteri und andrer gottseliger Mànner sambt beigefùgten Choralfugen... von Johann Pachelbeln, organist zu St-Sebald in Nuremberg, 1704 (160 mélodies de chorals avec basse chiffrée, la moitié d'entre elles avec de courts préludes fugues) n'est, selon A.-G. Ritter, qu'un assemblage de travaux abrégés de P. Franz Gommer a publié, dans la « Musica sacra » i, nos 48 à 144, un nombre respectable de morceaux d'orgue de Pachelbel, d'après les anciens imprimés et des manuscrits de l'Institut royal de musique d'église, à Berlin: G.-W. Kôrner en donne quelques autres dans le cahier 340 de 1' « Orgelvirtuose » et dans le premier (et unique) cahier d'une édition complète des œuvres pour orgue de P., édition qui ne fut pas continuée. 11 est par conséquent facile de se rendre compte personnellement de l'œuvre de Pachelbel.

Winterfeld aussi donne quelques échantillons de P. dans « Evangelischer Kirchengesang » : une chaconne avec treize variantes, une fugue en mi mineur et un « fugetta » en ut majeur ont paru, en 1860, chez Trautwein, à Berlin. — Un fils de P. — 2. Wilh.-Hieronvmus, né à Erfurt en 1685, devint en 1706, organiste de l'église St-Jacob, à Nuremberg et, en 1725, de celle de St-Sébald, dans la même ville: il a publié : Musikalisches Vergniigen (prélude,

PAC m s

fugue et fantaisie pour orgue ou clavecin) et une fugue en fa maj., pour clavecin.

Pachmann, Waldemar von, pianiste, né à Odessa le 27 juil. 1848, élève de son père (qui fut professeur à l'Université de Vienne et violoniste distingué) et plus tard de Dachs, au Conservatoire de Vienne, se produisit dès 1869, en Russie, comme soliste, joua plus tard aussi avec succès à Vienne. Paris, Londres, etc. et épousa, en 1884. la pianiste Maggie Oakey, son élève.

Pachymeres, Georgios, écrivain byzantin, biographe de l'empereur Michel Paléologue, né à Nicée en 1242, m. à Constantinople vers 1310: auteur d'un ouvrage : Tltçi oîptJLoviKÎi; (« Sur la musique »), dont une copie est conservée à la Bibliothèque nationale, à Paris.

Pacini, Antonio - Frangesco - Gaetano-Saverto, né à Naples le 7 juil. 1778, m. à Paris le 10 mars 1866; élève au « Conservatorio délia Pietà », à Naples, fut un certain temps chef d'orchestre de théâtre à Nîmes, puis alla, en 1804, à Paris, où il fit représenter quelques opéras-comiques et fut un maître de chant en faveur dans les cercles de la Cour impériale. Il fonda plus tard une maison d'éditions musicales qui donnait la préférence surtout aux compositeurs d'opéras italiens. — 2. Giovanni, compositeur d'opéras, né à Catane, le 17 févr. 1796, m. à Pescia, le 6 déc. 1867 ; élève de Marchesi. à Bologne, et de Furlanetto, à Venise, débuta comme compositeur scénique, en 1813, avec Annetta e Lucinda, au théâtre « Santa Redegonda », à Milan, puis écrivit, dans les vingt années suivantes, quarante-deux opéras pour les meilleures scènes italiennes. Mais, après un insuccès au théâtre Fenice, à Venise, il abandonna pour un temps la composition scénique, fonda à Viareggio une école de musique qui atteignit bientôt une grande prospérité et pour laquelle il construisit même un théâtre particulier (il le transporta plus tard à Lucca). Ses meilleures œuvres ont été écrites après 1840: Saffo (Naples/. Medea (Palerme, 1843), La regina di Cipro (Turin, 1846) et Niccolo dé Lapi (Rio de Janeiro, 1855). P. a écrit en tout environ quatre-vingt-dix opéras, ainsi que beaucoup d'oratorios, de cantates, de Messes, etc. Il déploya, en outre, quelque activité comme écrivain et, en plus de nombreux articles poulies journaux musicaux : « Gazetta musicale di Napoli », « Gazetta musicale di Firenzé», «Boccherini », « La Scena », « L'Arpa » et « Il Pirate », il a publié une quantité de petits écrits. en partie d'ordre didactique (pour son école de musique): Corso teorelico-pratico di lezioni d'armonia. Principe elementarj col metodo del meloplaslo, Cenni storici sulla musica e Irattato di conlrappunto (1864), Memoria sid migliore indirizzo degli studi musicali (1863), etc., ainsi que sa biographie : Le mie memorie artisliche (1865; achevé par Cicconetti. 1872).

Pacius, Friedrich, né à Hambourg, le 19 mars 1809, m. à Helsingfors, le 9 janv. 1891 : élève de Spohr, puis nommé directeur de musique de l'Université d'Helsingfors. en 1834. fut excellent

PADEREWSKI

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