PAESIELLO
violoniste et fit aussi représenter deux opéras (Karls XII. Jagd, 1854, et Loreley, 1857 ; tous deux à Helsingfors).
Paderewski, J.-J., né en Podolie le 6 nov. 1859; pianiste très remarquable, élève du Conservatoire de Varsovie puis de Wuest et d'Urban, à Berlin, et enfin de Leschetizky, à Vienne, P. fut professeur au Conservatoire de Varsovie (1870-1888), puis entreprit de nombreuses tournées de concerts en Europe et en Amérique, avec un succès toujours grandissant. C'est surtout comme interprète de Chopin qu'il mérite d'être cité. En tant que compositeur, P. s'est fait connaître par des mélodies et des œuvres pour piano (Thème varié, Menuet, Krakoioiak, Album de mai, Mélodie, puis un concerto et une Fantaisie polonaise avec orchestre); il travaille en ce moment à un opéra.
Padilla y Ramos, excellent chanteur scénique (baryton), né à Murcie, en Espagne, en 1842 ; élève de Mabellini, à Florence, débuta à JVIessine, puis chanta à Turin, Florence, Milan, Naples, Madrid, St-Pétersbourg, Vienne, Berlin, etc.; il a épousé, en 1869, la cantatrice Désirée Artôt.
Padovana (Paduana), v. Pavane.
Paër, Ferdixando, compositeur d'opéras, né à Parme, le lor juin 1771, m. à Paris, le 3 mai 1839; son éducation musicale fut confiée aux soins de Ghiretti, violoniste au théâtre de la Cour de Parme, mais il fit représenter, déjà à l'âge de seize ans, un opéra-comique : La locanda de vagabondi, à Parme (1789), et peu après (1790) I pretendenti burlati, l'une des meilleures œuvres qu'il ait écrites. Sa renommée fut, de la sorte, rapidement établie. Nommé chef d'orchestre d'un théâtre de Venise (1791), il écrivit alors opéras sur opéras, un peu dans le style de Cimarosa et de Paesiello, léger, agréable et toujours mélodieux. Un réel changement dans sa manière d'écrire se fait remarquer dans les opéras qu'il a écrit après son installation à Vienne (1797), où sa femme, une cantatrice scénique, signora Riccardi, avait été engagée ; ce fut sans doute l'influence des opéras de Mozart qui l'amena à attacher plus d'importance à l'harmonie et à l'instrumentation de ses œuvres. L'opéra Camilla (1799) est sa meilleure œuvre. P. fut engagé, en 1802, pour succéder, comme maître de chapelle de la Cour, à Naumann, à Dresde, où il écrivit, entre autres : Eleonora, ossia Varnore conjugale (1805, sur le même sujet que le « Fidelio » de Beethoven). Napoléon, dans sa marche triomphale de 1806, entraîna aussi P. à sa suite à Varsovie, et plus tard à Paris, après qu'il eut été nommé chef d'orchestre impérial. En 1812, P. succéda à Spontini comme chef d'orchestre de l'Opéra italien et conserva ce poste aussi sous la direction de la Catalani (v. ce nom): mais, en 1823, Rossini lui fut préposé et bien que ce dernier, qui n'avait aucun talent de chef d'orchestre, se fut retiré en 1826 déjà, P. dut prendre sa retraite en 1827, car on lui imputait la déchéance de ce théâtre. Au reste, P. fut élu membre de l'Académie en 1831, directeur de musique de la
chambre royale en 1832, et jouit jusqu'à sa mort d'une haute considération. Ses succès furent, il est vrai, anéantis lorsque les opéras de Rossini arrivèrent sur la scène parisienne, ce qu'il chercha longtemps du reste à empêcher. Des quarante-trois opéras de P., aucun ne s'est maintenu d'une manière durable ; comme tant, d'autres, P. est devenu un nom purement historique. Outre ses opéras, il a encore écrit ; deux oratorios, une Passion en musique, beaucoup de cantates, des airs, des duos et d'autres morceaux de chant, une Symphonie bacchante, des variations d'orchestre sur Vive Henri 1V% des marches et des danses pour musique militaire, des sonates pour violon avec violoncelle ad lib., des variations pour piano et une fantaisie pour piano, deux flûtes, deux cors et basson.
Paesiello, Giovanni, éminent compositeur d'opéras, né à Tarente, le 9 mai 1741, m. à Naples, le 5 juin 1816 ; suivit l'école des jésuites, à Tarente, puis fut, pendant cinq ans, élève de Durante, Cotumacci et Abos, au « Conservatorio Sant'Onofrio», de Naples (1754-59), où il fut ensuite engagé comme maître suppléant (« maestrino primario » ). Après avoir écrit d'abord un certain nombre de Messes, de psaumes, d'oratorios, etc., il s'essaya dans la composition scénique avec un intermezzo qui, réprésenté au théâtre d'études du Conservatoire (1763), dévoila son talent pour Yopera buffa et lui procura aussitôt une commande ; il écrivit pour Bologne l'opéra-comique : La pupilla (Il mondo a rovescio). Dès lors, toute, une série d'autres opéras se succédèrent rapidement à Modène, Parme, Venise et Rome, et l'un d'eux: // marchese di Tulipano(llmatrimonioinaspettato) acquit bientôt une renommée européenne ; cependant, P. ne fut compté parmi les compositeurs d'Italie que lorsqu'il eut percé (avec Uldolo cinese) à Naples, où Piccini était alors à l'apogée de sa gloire. Bientôt après, Piccini partit pour Paris, mais un rival non moins dangereux s'éleva, au bout de peu de temps, contre P., en la personne de Cimarosa ; P. ne se servit du reste pas toujours, contre celui-ci, ni contre Guglielmi, qui revenait, âgé, d'Angleterre, des armes honorables de la lutte artistique, mais chercha plutôt son salut dans les intrigues. En 1776, il était appelé par l'impératrice Catherine, à St-Pétersbourg, où il resta jusqu'en 1784 et où il a écrit entre autres le Barbier de Sêville. Cet ouvrage s'est plus tard acclimaté sur toutes les scènes italiennes, à tel point que l'on considéra comme une entreprise téméraire celle de Rossini de vouloir mettre en musique de nouveau le même libretto. A son retour en Italie, P. fut nommé maître de chapelle de la Cour par Ferdinand IV de Naples, et c'est dans les années qui ont suivi cette nomination qu'il a écrit ses ouvrages les plus connus: Lamolinara(*~L3L)o\ie meunière»), Nina et / zingari in fiera. Lorsqu'éclata la révolution de 1799, P. sut se faire bien voir du gouvernement républicain et conserva son poste de maître de chapelle, sous le titre de directeur de la musique nationale ; mais il tomba natu-