PALESTRINA
(1874), Suzanne (1878) et Diana (1885) ; un grand opéra: Patrie (1886), de plus une symphonie, deux Messes, etc. Mais c'est sans doute à sa Mandolinata que P. doit le plus clair de sa gloire populaire.
Palestrina, Giovanni Pierluigi (nommé da P., aussi Gianetto P., ou seulement Gianetto, son père portait le prénom de Santé), le plus grand compositeur de l'église catholique, né à Palestrina (l'ancienne Préneste), probablement en 1514 ou 1515' (les indications varient même jusqu'à 1529 ; Haberl soutient la date de 1526), m. à Rome le 2 févr. 1594 ; il est généralement appelé P., d'après son lieu de naissance (latin Petraloisius Prœnestinus). On ne sait rien de sa première jeunesse; mais on peut admettre, sans garantie spéciale, qu'il fit preuve de bonne heure de facultés musicales remarquables. Sa première place fut celle d'organiste et maître de chapelle de l'église principale de sa ville natale, Palestrina (1544 à 1551). Le jeune maître jouissait déjà alors d'une telle réputation qu'il fut appelé à Rome en qualité de « Magister puerorum » (chantre et directeur du chœur de jeunes garçons) de l'église St-Pierre et qu'il avança encore la même année au poste de maître de chapelle. Le pape Jules III, auquel P. a dédié, en 1554, un livre de Messes à quatre voix, sa première oeuvre imprimée, reconnut la haute importance de ce maître et ordonna son acceptation dans le corps des chantres de la Chapelle Sixtine, avec dispensation de l'examen d'usage, et sans égard pour le fait que P. n'était point prêtre et même marié et, père de plusieurs fils. Il voulait évidemment lui procurer les loisirs nécessaires pour composer, loisirs que ne pouvait guère s'aecorder le maître de chapelle de l'église de St-Pierre. P. quitta, le 13 janv. 1555, son poste de maître de chapelle et entra à la Chapelle pontificale. Le successeur de Jules III, qui ne régna malheureusement que trois semaines, le pape Marcel II, avait compté déjà comme cardinal parmi les protecteurs de Palestrina, aussi approuva-t-il cette mesure ; par contre Paul IV éloigna P. (30 juil. 1555), ainsi que deux autres chantres mariés de la chapelle, en leur laissant une maigre pension. Ces revers de fortune, ainsi peut-être que les intrigues des autres chantres de la chapelle , ébranlèrent fortement la santé de P. Mais, après sa guérison, celui-ci reçut la place de chanoine de St-Jean-de-Latran et, peu après, celle de maître de chapelle de la même église (1er oct. 1555). Ce fut l'année la plus fertile en changements dans la vie de Palestrina. Dans sa nouvelle situation, il composa les Impropenœ, qui furent exécutées pour la première fois
1 II est incompréhensible qu'on ait pu conclure de a note de Hyginus Palestrina, dans la dédicace du "c livre des Messes de son père (1594) : 10 fere vitse uœ annosin dei laudibus componendis consumens, pie P. ne soit parvenu qu'à l'âge de soixante-dix ans Haini, et d'après lui Fétis et d'autres). Elle dit suffi- ■amment clairement qu'il a composé pendant près le soixante-dix ans, l'une des preuves les plus cérames de l'exactitude de la date 1514.
en 1560, et tirent une telle impression que le pape Pie IV les exigea tout de suite comme propriété exclusive de la Chapelle pontifical.'. Depuis lors, celle-ci les exécute, chaque année , le jour du Vendredi-saint. Le poste de maître de chapelle de St-Jean-de-Latran était mal doté, en sorte que P. dut demander, en 1561, et pour subvenir aux besoins de sa famille, une augmentation de traitement ; mais cette augmentation lui fut refusée, et il demanda son congé, pour accepter le poste de maître de chapelle à la cathédrale libérienne de Ste-Marie-Majeure, où il resta jusqu'en 1571. La revision de la musique d'église, due à l'instigation du concile de Trente (1545 à 1563), marque un tournant décisif dans la vie de P. Le concile n'avait, il est vrai, rien décidé de positif, mais il avait au moins exigé l'élimination de tous les éléments mondains (et avant tout de l'emploi, pour le ténor, fait si souvent par les meilleurs maîtres, des mélodies lascives de chants populaires ) et réclamé le maintien de la dignité et de la solennité dans les chants d'église. Un congrès de cardinaux, réuni en 1564 par Pie IV, devait entrer plus avant dans les détails; la musique ligurée se trouva aiors en danger d'être complètement bannie de l'église. (Je fut à P. qu'incomba, grâce aux succès de ses « Improprise », la tâche de prouver que la musique contrapontique pouvait être compatible avec les exigences les plus sévères de la compréhension du texte et une disposition d'esprit digne et vraiment religieuse. Au Lieu d'une seule Messe qui lui avait été demandée, P. en présenta trois; la troisième, qu'en témoignage de gratitude envers son protecteur, le pape Marcel II, il nomma Missa papœ Marcellï, satisfit si complètement le collège des cardinaux, que la pensée d'une mesure bannissant de l'église toute musique polyphonique, fut aussitôt abandonnée. P. a ainsi non seulement sauvé la musique d'église, mais il l'a réformée, en faisant de l'art du contrepoint un moyen, tandis qu'il avait été trop souvent auparavant un but unique (v. néerlandais). La récompense de Palestrina fut sa nomination comme compositeur (« Maestro compositore ») de la Chapelle pontificale, position honorifique, que seul Felice Anerio a remplie après P. Lorsqu'en 1571 Animuccia,le successeur de Palestrina comme maître de chapelle de l'église de St-Pierre, mourut, P. reprit ce poste, qu'il avait quitté en 1755, et le conserva jusqu'à sa mort. Le désir de Sixte-Quint (1585) de confier à P. le poste de maître de chapelle de la Chapelle Sixtine échoua devant la résistance des chantres de la chapelle, qui refusèrent de se laisser diriger par un laïque; car, qui n'avait pas le droit d'être chantre de la chapelle , devait encore moins devenir maître de chapelle. Dans sa situation de compositeur de la Chapelle pontificale aussi, P. a eu beaucoup à souffrir de la jalousie des membres de la chapelle. Comme fonctions secondaires, P. a encore eu celles de compositeur pour l'Oratoire de St-Filippo Neri (v. ce nom)etdedirecteurdes concerts du prince Buoncompagni (1581); P. a aussi enseigné un certain