PANSERON — PAQUE
rement violoniste, avait écrit dans sa jeunesse une série de thèmes variés pour violon, des rondos, des morceaux de genre et des duos concertants pour violon et piano, des études et une sonate pour violon, etc. Il a aussi traduit en allemand la « Méthode de violon » de Baillot et collaboré à la « Neue Zeitschrift fur Musik » et à d'autres journaux.
Panseron, Auguste-Mathieu, célèbre professeur de chant, né à Paris le 26 avril 1796, m. dans la même ville le 29 juil. 1859; fils d'un musicien qui l'instruisit suffisamment pour qu'il put être admis au Conservatoire. En 1813, titulaire du Prix de Rome, il alla en Italie et étudia, à Bologne, le contrepoint sous la direction de Mattei et spécialement, sous celle des meilleurs maîtres, l'art d'enseigner le chant. Revenu à Paris, il fut d'abord accompagnateur à l'Opéra-Gomique qui a représenté de lui trois pièces en un acte, sans importance; puis il fut nommé, en 1826, professeur de solfège au Conservatoire et avança en 1831 jusqu'à la classe de vocalisation et en 1836 à celle de chant. Ses œuvres didactiques pour le chant sont : A B C musical (solfèges pour une voix, composés pour sa fille âgée de huit ans), solfèges pour mezzo soprano, baryton, alto ; Solfège d'artiste, 50 solfèges avec changement de clefs, puis 36 d'une difficulté plus sérieuse; Solfège du pianiste; Solfège du violoniste, solfèges de deux à quatre voix de difficultés diverses (trois cahiers); Méthode de vocalisation, pour soprano ou ténor, puis la même pour voix plus graves; exercices de vocalisations pour deux voix, les mêmes avec changements de clefs; Méthode complète de vocalisation (trois parties); et enfin, pour un degré artistique plus élevé, une série de cahiers d'études spéciales et d'exercices pour les divers registres de la voix et de difficultés différentes. Dans le domaine de l'harmonie, P. a aussi développé quelque activité, il a publié un Traité de l'harmonie pratique et de la modulation. Il a enfin fait paraître aussi : Mois de Marie (motets et hymnes de une à trois voix, et deux Messes pour trois voix de soprano).
Pansymphonikon, sorte d'orchestrion; v.
Singer 2.
Pantaleon (Pantalon), nom que Louis XIV donna au tympanon perfectionné (1690) de Pantaleon Ilebenstreit (v. ce nom), qui fit un certain temps grande sensation et a, sans aucun doute, donné une vigoureuse impulsion à la construction du piano à marteaux. Lorsque le p. passa de mode, le nom en fut transféré aux pianos dans lesquels le marteau frappait la corde d'eD haut et aux pianos à queue dits « pianos-girafes ».
Pantomime, nom que l'on donne à une représentation théâtrale sans dialogue, dans laquelle L'action n'esl rendue compréhensible que par des gestes, surtout lorsque cette action est accompagnée de musique (v. ballet).
Paolucci, Giuseppe, moine franciscain, né à Sienne en 1727, élève du P. Martini, m. comme maître de chapelle du couvent d'Assises, en 1777; il a publié «'H 176*3 : J'reces piae, pour
huit voix (double chœur), mais il s'est surtout rendu célèbre par son Arte pralica di contrapunto dimonstrala con esempj di vari autori (1765-1772, 3 vol.; les exemples en sont empruntés aux maîtres des xvie au xviil» siècles et prêtent une attention spéciale au style concertant, pour un grand nombre de voix).
Pape, Johann-Heinrich, facteur de pianos, né à Sarstedt, près Hanovre, le 1er juil. 1789, m. à Paris, le 2 févr. 1875 ; arriva en 1811 à Paris, où il travailla un certain temps chez Pleyel, mais depuis 1815 pour son propre compte. P. était infatigable dans ses innovations ; il introduisit de nouveau le marteau frappant d'en haut, essayé déjà à diverses reprises (par Marius,Hildebrand, Streicher), construisit des pianos à queue d'une étendue de huit octaves, etc., et s'acquit tous les droits à la considération, pour ses efforts, sans cependant conserver, avec la plupart de ses idées, une influence durable sur les progrès de la facture du piano. Le feutre des marteaux et le croisement des cordes furent bientôt imités partout, d'après les modèles de P.
Papier, 1. Louis, organiste distingué, né à Leipzig le 26 févr. 1829, m. dans la même ville le 13 févr. 1878 ; occupa différents postes d'organiste et, en dernier lieu (1869), celui de l'église St-Thomas. Son successeur a été W. Rust. P. a publié quelques morceaux pour piano et pour orgue, ainsi que des chœurs. — 2. Rosa (Paumgartner -P.), excellente cantatrice de théâtre et de concert (mezzo-soprano d'une grande sonorité), née à Raden, près de Vienne, en 1843, mariée depuis 1881 au critique musical Dr Hans Paumgartner ; fut cantatrice de l'Opéra impérial, à Vienne, où elle mourut le 23 mai 1896
Papillon de la Ferté, intendant, en 1777, des menus plaisirs de Louis XVI, inspecteur de l'E cole royale de chant fondée par Rreteuil (le futur Conservatoire), et chef d'administration de l'Opéra; perdit ces postes dans les troubles de la Révolution et fut finalement guillotiné, en 1793. Après la restauration des Rourbons (1814), son fils, portant le même nom que lui, prit les fonctions d'intendant supérieur de musique.
Papperitz, Renjamin-Robert, professeur de théorie fort considéré, né à Pirna (Saxe) le 4| déc. 1826 ; étudia la philologie, prit le grade de DT phil. et fut, pendant deux ans, instituteur ; mais il abandonna la carrière pédagogique pour s'adonner, à Leipzig, à des études plus étendues, spécialement sur la musique ; entra comme élève au Conservatoire (1848 ; Hauptmann, Richter, Moscheles) et devint, déjà ni 1851,maître d'harmonie et de contrepoint, dans cet institut. En 1868, P. était nommé organiste] de l'église St-Nicolas. Il occupe encore aujour d'hui ces deux postes, d'une manière très dis tinguée. -Comme compositeur, il a publié des lieder, des morceaux pour chœurs à quatre et à huit voix, des œuvres pour orgue et d'autre destinées à l'enseignement. Il a reçu du roi d Saxe, en 1882, le titre de « professeur ». Paque, Guillaume, violoncelliste distingué,
PARADIES — PARALLÈLE
né à Bruxelles le 24 juil. 1825, m. à Londres le 2 mars 1876 ; élève de Demunck, fut d'abord maître au Conservatoire de Barcelone, puis violoncelle-solo du Théâtre royal de Madrid. Il vivait, depuis 1863, à Londres, comme membre de l'orchestre royal et professeur de violoncelle à la « Wyldes London Academy s,
Paradies, (Paradisi), Pietro-Domenigo, né à Naples, en 1710, m. à Venise, en 1792; fut élève de Porpora, et écrivit plusieurs opéras pour des scènes italiennes, puis, en dernier lieu, Fetonte pour Londres, en 1747. Mais il eut, paraît-il, peu de succès avec cet opéra et vécut dès lors à Londres, comme maître de piano, jusqu'à ce que, arrivé à un grand âge, il revint en Italie. Ses douze Sonate di gravicembalo (sonates pour clavecin impr. en 17o4 ; 2e éd. en 1770) sont de bonne musique. La bibliothèque « Fitzwilliam » conserve de nombreuses compositions de P. en manuscrits, peut-être même sont-elles autographes.
Paradis, Maria-Theresia von, pianiste et compositeur, née à Vienne le 15 mai 1759, m. dans la même ville le 1er févr. 1824 ; fille d'un conseiller impérial et filleule de l'impératrice Marie-Thérèse, fut aveugle dès l'âge de cinq ans, mais trouva une consolation dans l'exercice de la musique. Elle eut successivement pour maîtres Richter, Léo p. Kozeluch (piano), Salieri, Righini (chant), Fribert et l'abbé Vogler (composition), puis, -en 1784, dans une grande tournée de concerts, elle joua devant les Cours de Paris, Londres, Bruxelles, Hanovre, Berlin, etc. Pour composer, elle se servait d'une sorte de notation inventée à son intention par un ami. Elle a écrit un mélodrame : Ariadne und Bacchus ; une opérette : Der Schulkandidat ; une ode funèbre pour Louis XIV: Deutsches Monument ; un opéra féerique : Rinaldo und Alcina, tous exécutés. Il a paru d'elle des sonates pour piano, des variations, un trio et des lieder. Elle a aussi enseigné, avec succès, le piano et le chant.
Paradisi, v. Paradies.
Parallèle. On considère d'une manière générale comme fautives, dans la composition musicale, les successions de quintes et d'ocTAVES p.; autrement dit, il est interdit de placer deux voix réelles (dont l'une n'est pas un simple renforcement de l'autre), dans deux accords se succédant immédiatement, dans des rapports de quinte juste ou d'octave juste, ex. :
Dans le premier de ces exemples (a), l'alto marche dew^4 à la 3, la basse de ut 3 à la 2 ce qui donne, par conséquent, une suite d'octaves parallèles ; dans le second (b)s le ténor marche de si 3 à la3, la basse de mi 3 à ré 3, d'où il ré-
sulte une suite de quintes parallèles. Ces deux marches p. sont toutes deux fautives. Cinq cents ans déjà avant que l'on eut constaté que le principe de toute conception harmonique réside en de purs phénomènes physiques, les anciens contrapontistes avaient formulé pratiquement (probablement en Angleterre, du xme au xive s. ; cf. faux-bourdon) l'interdiction des p. de quintes et d'octaves, à peu près sous la forme en usage actuellement ; le mouvement p. en octaves et en quintes était interdit, celui en tierces et en sixtes restait admis. Toutefois, les anciens théoriciens repoussaient aussi la succession de deux tierces majeures, tandis que les modernes la tolèrent sans aucun scrupule ; les premiers invoquaient à l'appui de l'interdiction la présence du triton (mi contra fa) formé par le son supérieur de la seconde
la si tierce et le son inférieur de la première: y^
fa sol (relatio non harmonica). Au fond, les successions de tierces majeures et plus encore celles de dixièmes et dix-septièmes majeures parallèles sont plutôt condamnables et pour les mêmes raisons que les octaves et les quintes (douzièmes) parallèles. Les sons de nos instruments de musique étant complexes et se composant d'une série de sons partiels (sons harmoniques ; v. son), le redoublement d'un son à l'octave n'a d'autre résultat que de renforcer les sons pairs de la série harmonique (2, 4, 6, etc.) ; de même, la douzième renforce les harmoniques dont le numéro d'ordre est divisible par 3 (3, 6, 9, etc.), la dix-septième ceux dont le numéro d'ordre est divisible par 5 (5, 10, 15, etc.). La résonance de la quinte produit, comme son résultant, l'octave inférieure du son le plus grave, de même celle de la dixième; l'intervalle est par conséquent absorbé par l'unité de cette octave inférieure. Enfin la résonance de la tierce produit, comme son résultant (v. ce mot), l'octave inférieure redoublée. La partie supérieure est donc absorbée tantôt entièrement (octave, douzième et dix-septième), tantôt partiellement mais d'une façon fort appréciable (quinte, dixième et tierce) par la partie inférieure ; elle perd son indépendance et n'agit que comme renforcement de l'intensité sonore de l'autre. La faute est d'autant plus apparente que l'intervalle est plus aisément saisissable (octave) ; aussi devons-nous formuler la règle suivante : deux voix réelles doivent renoncer aux marches d'octaves, de douzièmes et de dix-septièmes parallèles, car leur indépendance et leur différenciation en seraient amoindries ; pour ces mêmes raisons, les p. de quintes et de dixièmes majeures doivent être évités entre voix réelles. Par contre, ces mêmes successions p. sont non point fausses, mais tout à fait admissibles et du meilleur effet, lorsque la voix qui donne naissance au p., au lieu d'être elle-même réelle, ne sert qu'à renforcer une voix réelle ; ainsi se justifient amplement les perpétuelles octaves, quintes, douzièmes, dixièmes, dix-septièmes, etc, p. des