PARTITION
très (ce que nous prouvent, du reste, plusieurs exemples, parmi lesquels un, entre autres, dont les voix, notées sur un seul système de lignes parallèles, sont différenciées par la forme des têtes des notes et par la couleur); toutefois, les compositeurs considéraient sans doute ces esquisses comme des secrets professionnels et les détruisaient. Les deux formes sous lesquelles parurent les œuvres vocales polyphoniques de la grande école néerlandaise : le livre de chœur et les parties séparées, ne permettaient ni l'une, ni l'autre, de se rendre un compte exact de l'ensemble, 'par la lecture simultanée des différentes voix. On n'en arriva à noter les compositions musicales d'une façon immédiatement lisible que le jour où les artifices de l'imitation et toutes les notations énigmatiques furent tombés en discrédit.
La p. moderne consiste dans la notation superposée ligne par ligne de toutes les parties d'un ensemble instrumental ou vocal, ou à Ta fois instrumental et vocal, de telle façon que les sons qui doivent résonner simultanément se trouvent exactement les uns au-dessus des autres. L'arrangement d'une p. n'est pas tout à fait arbitraire; il est soumis à certaines lois conventionnelles qui facilitent au directeur la lecture de la p. Et tout d'abord, on a coutume de grouper les instruments de même famille et de même timbre, puis, à l'intérieur de chaque groupe, de disposer les instruments de haut en bas, du plus aigu au plus grave. Ainsi, par ex., la p. d'une symphonie revêt généralement aujourd'hui l'aspect suivant :
en haut : instr. à vent en bois,
au milieu : instr. à vent en cuivre et instr.
à percussion, en bas : instr. à archet.
Les parties vocales (dans une Messe, un opéra, un oratorio, une cantate, etc.) se placent, dans la règle, au bas de la page, les basses instrumentales (violoncelle, contrebasse et, éventuellement, orgue) conservant seules leur place tout au bas de la partition, en tant que solide fondement de l'harmonie. Le groupe des instr. à vent en bois est disposé comme suit :
(Petite flûte) Grandes flûtes Hautbois (Cor anglais) Clarinettes (Clarinette basse) Bassons (Contrebasson).
Dans le groupe des instr. de cuivre, les cors qui (à quatre) forment souvent un groupe spécial ou s'unissent aux bassons, se placent en haut, immédiatement au-dessous des bassons; les instr. à percussion sont notés au-dessous des cuivres :
Cors Trompettes
Trombones
(Tubas)
Timbales
(Triangle, cymbales, tamtam)
(Tambour et grosse caisse).
Enfin, l'orchestre d'archets, entourant les par-i ties vocales, se note dans l'ordre suivant :
Premiers
violons
Seconds
Altos
/ soprano
\ alto Soli vocaux ^ ténor
\ basse Chœur, disposé de la même \ 1er chœur façon, éventuellement : ( 2e chœur Violoncelles Contrebasses (Orgue).
Lorsqu'il y a une partie d'orgue, on la place au-dessous de celle de contrebasse, là où était autrefois le continuo (basse chiffrée); c'est à cette même place que l'on peut ajouter, si on le désire, une réduction au piano. La partie de harpe s'intercale habituellement entre le groupe des instr. à percussion et les premiers violons. Il n'est pas rare que l'on s'écarte de cet arrangement normal qui, du reste, n'a été adopté qu'à partir de Weber à peu près. Une autre disposition, recommandable à plus d'un poin de vue, consiste, dans les p. vocales et instrumentales, à placer les violons et les altos au dessus des instr. à vent en bois, de telle sort* que l'orchestre d'archets encadre tout l'ensem ble. D'autre part, le groupe des cuivres qui, er général, est le moins occupé, peut fort bier être placé à l'opposé des instr. à archets, ains que le pratiquaient la plupart des premien symphonistes classiques :
Timbales
Trompettes (et trombones)
Cors
Instr. à vent en bois
Instr. à archet.
L'ordre inverse serait peu pratique, car 1( lecteur de la p. dirige toujours ses regards eij premier lieu sur la basse. On ne saurait enfn rien invoquer contre la disposition des partie: vocales entre les premiers violons et les instr à percussion, de manière à laisser le group* des archets normalement coordonné.
Dans les p. de concertos de violon, de violon celle, etc., la partie de l'instrument-solo pren< place immédiatement au-dessus du groupe de instr. à archet; dans les p. de concertos d piano ou d'orgue, immédiatement au-dessou de ce même groupe.
Les mêmes principes régissent l'ordre de parties, dans les p. d'œuvres de musique d chambre :
Instr. à vent ou à archet Piano.
PART-MUSIC — PASQUALï
Lorsqu'il y a à la fois instr. à archet et instr. à vent, ces derniers sont placés tantôt en groupe au-dessus des instr. à archet, tantôt isolément à la place que leur étendue leur assigne entre les instr. à archet :
Flûte (hautbois, clarinette)
Instr. à archet
(Piano).
Violon
Alto
Cor (basson)
Violoncelle
(Piano).
etc., etc., selon la composition de l'ensemble instrumental.
La lecture et le jeu (au piano) de la p. sont des facultés nécessaires à tout bon musicien et absolument indispensables au chef d'orchestre ou au directeur de chœurs. Il va de soi qu'elles ne peuvent s'acquérir que par un exercice consciencieux et ininterrompu; le moyen le plus rapide et le plus sur consiste à faire un choix de lectures progressives et méthodiquement ordonnées. On commencera, par ex., par des chœurs a cappella à quatre voix notées en p. avec le ténor en clef de sol (une octave plus haut qu'il ne sonne), puis on passera à des fragments faciles de quatuors pour instr. à archet; comme transition, avant les p. d'orchestre faciles, on choisira des divertissements dans lesquels quelques instruments transpositeurs sont employés (cors, clarinettes). Les simples exercices de transposition (à vue, au piano) sont aussi de la plus grande utilité. On peut, en outre, recommander le système qui consiste à répartir le jeu d'une p. entre plusieurs instrumentistes occupant chacun un piano (un pour les instr. à archet, un pour les instr. à vent en bois, un enfin pour les instr. à vent en cuivre et les instr. à percussion). Les deux traités d'harmonie de H. Riemann, Handbuch der Harrnonielehre et Vereinfachte Harmonielehre, cherchent à développer méthodiquement, au moyen de travaux écrits, la faculté de lire la p. —
2. Nom que les accordeurs de pianos et d'orgues donnent à l'ordre dans lequel ils accordent les sons de l'instrument, d'où l'expression de i « faire sa partition » qu'ils emploient fréquemment.
Part-music, — songs (angl.), musique chojrale, chœurs.
Pasch, Oskar, né à Francfort s/O. le 28 mars jl844 ; élève de l'Institut royal de musique d'église et de l'Académie de composition, à Berlin, remporta, en 1874, le prix Michel-Beer (psaume CXXX pour soli, chœur et orchestre), devint, en 1884, directeur royal de musique, et vit comme prganiste et maître de chant dans les écoles, à 'Berlin. P. a composé une symphonie, des moitets, des psaumes, des oratorios, ainsi que plusieurs opérettes.
Pascucci, Giovanni-Cesare, né à Rome le 28
févr. 1841 ; se fit d'abord connaître par quelques opéras-comiques (Il pronosticante fanatico, Rome, 1877; Lavedovascaltra, 1880: elErsilia, 1882), et depuis lors, surtout par un grand nombre d'opérettes en dialecte romain- (quinze jusqu'en 1890).
Pasdeloup, Jules-Etienne, éminent chef d'orchestre parisien, né à Paris le 15 sept. 1819; fils d'un artiste musicien, m. à Fontainebleau, près Paris, le 13 août 1887 ; entra, en 1829, comme élève au Conservatoire, traversa surtout avec distinction les classes de piano de Laurent et de Zimmermann et devint, en 1841, répétiteur d'une classe de solfège. En 1847, il fut nommé titulaire d'une classe de piano, mais quitta ce poste au bout de trois ans à peine. En 1855, P. devint professeur agrégé d'une classe d'ensemble vocal, qu'il dirigea jusqu'en 1868. Ce fut pourtant dans un autre domaine qu'il récolta le plus de lauriers. La première création due à son talent de chef d'orchestre fut la « Société des jeunes artistes du Conservatoire » (1851), qui donna des concerts symphoniques classiques dans la Salle Herz ; de cette société naquirent les « Concerts populaires de musique classique », lorsque P. eut loué, en 1861, le Cirque d'hiver et put donner ainsi, pour la première fois, au public parisien l'occasion d'entendre de bonne musique moyennant une modeste finance d'entrée. L'entreprise prospéra aussitôt et atteignit une très haute renommée. Les concerts Pasdeloup ne furent cependant pas exclusivement consacrés aux classiques, mais encouragèrent au contraire, en même temps, la jeune école française (Saint-Saëns, Massenet, Bizet, Lalo, etc.) et furent les premiers à présenter aux Parisiens les meilleures nouveautés de l'étranger. P. fut temporairement directeur d'une partie des sociétés chorales parisiennes d'hommes (v. Orphéon) et fut, de 1868 à 1869, directeur du Théâtre lyrique où il fit de mauvaises affaires: l'entreprise de concerts qu'il tenta avec des chœurs permanents, dans la nouvelle salle de l'Athénée (1866), échoua aussi. P. concentra alors ses efforts sur les « Concerts populaires » qui, cependant, furent peu à peu refoulés au second plan par les entreprises concurrentes de Colonne et de Lamoureux et prirent fin en 1884 (un festival de musique donné au Trocadéro, en l'honneur de P., rapporta à celui-ci environ 125.000 fr.). Après que Godard .eut vainement essayé de faire revivre les « Concerts populaires », P. fit lui-même, en 1886, encore un effort qui resta sans résultat, mais il ne survécut pas longtemps à cet insuccès.
Pashaloff, Victor -Nikandrowitch, né à Saratoff le 18 avr. 1841, m. à Kasan (Russie) le 28 févr. 1885 ; auteur de mélodies qui ont acquis, en Russie, une très grande popularité.
Pasquali, Nicolo, compositeur italien ; s'établit, en 1740, à Edimbourg et y publia, outre un opéra et des airs, un Birge on Romeo and Juliet, puis deux recueils de sonates de violon avec basse, une série de morceaux pour deux violons, ténor (viola) et continuo, douze Ouver-