PERCE — PERFECTION
réputation, tant comme pianiste que comme professeur. P. a aussi publié lui-même quelques morceaux de piano bien écrits et intéressants.
Perce, largeur d'un tuyau d'orgue par rapport à sa longueur; on distingue les tuyaux à p. large (ex.: flûte creuse), à p. moyenne (montre), à p. étroite (gambes). Le p. varie de 1 : 10 à 1 : 24 environ ; la p large fournit une sonorité douce, la p. étroite une sonorité mordante. On emploie dans le môme sens le terme de diapason (v. ce mot 2).
Perdendosi (ital.), en se perdant (pianissimo).
Pereira, nom de plusieurs musiciens portugais très remarquables, notamment 1. Marcos- SoARÈs,né à Garni nha, vers la fin du xvie s., m. àLisbonne le 7 janv. 1655, en qualité de maître de chapelle de la Cour du roi Jean IV; l'un des meilleurs maîtres de son temps, a composé une Messe à douze voix, des psaumes de vêpres à douze voix, des motets, etc., un TeJ)eum à douze voix, ainsi qu'un grand nombre de psaumes à douze voix, de motets, de répons, etc. — 2. Thomas, né à San Martinho do Valle, près de Barcellos, en 1645, m. à Pékin en 1692 ; était jésuite et alla, comme missionnaire, d'a-v bord dans les Indes et, plus tard (1680), en Chine. P. a écrit, en langue chinoise, un traité de musique théorique et pratique que l'empereur de Chine a aussi fait traduire en langue tartare. — 3. Domingo-Nunes, né à Lisbonne vers le milieu du xvir9 s., m. dans sa campagne de Camarate, près Lisbonne, le 29 mars 1729 ; fut pendant de longues années maître de chapelle de la cathédrale de Lisbonne. Il est l'auteur de répons à huit voix pour la semaine sainte, de Messes des morts, de Villancicos, etc.
Perepelitzin, Polycarpe de, musicographe russe, né près d'Odessa le 14 déc. 1818, élève pour le violon de K. Lipinski, fut de longues années officier (colonel de hussards) dans l'armée russe, et s'occupe, depuis sa mise à la retraite, de travaux d'histoire musicale : Dictionnaire musical (1884) ; Histoire illustrée de la musique en Russie (1885-1886); Album historico - musical illustré (monographies et dessins d'instruments de musique de tous les temps et de tous les peuples, etc.) ; il a aussi lui-même composé diverses œuvres instrumentales.
Perez, Davide, remarquable compositeur, né à Xaples, en 1711, de parents espagnols, m. à Lisbonne en 1778 ; élève deFrancesco Mancini, au « Conservatorio di Loreto », devint, en 1739, maître de chapelle d'église, à Palerme, et débuta, comme compositeur d'opéras, avec Siroë, au théâtre « San Carlo », à Naples. A la suite du succès que remporta son Demofoonte, à Lisbonne, il fut engagé, en 1752, comme maître de chapelle de la Cour royale de Portugal. P. a écrit près de trente opéras pour des scènes italiennes et pour Lisbonne; on le place souvent à côté, voire même au-dessus de Jomelli. En outre, il esl ;iu>si remarquable comme compositeur de musique d'église (Responsor j demorti
[1774J, Messes de cinq à huit voix, motets psaumes, etc.).
Perfall, Karl, baron de, né à Munich le 29 janv. 1824, étudia le droit et entra au service de l'Etat ; mais il fit des études de musique, de 1848 à 1849, à Leipzig, sous la direction de M. Hauptmann, quitta, en 1850, le service de l'Etat et prit la direction de la « Liedertafel » de Munich. Jl fonda, en 1854, l'« Oratorienverein », qui florit encore aujourd'hui et qu'il dirigea jusqu'en 1864, alors qu'il fut nommé intendant de la musique de la Cour. En 1867, l'intendance du Théâtre de la Cour royale lui fut aussi confiée (jusqu'en 1893). P. est lui-même compositeur, il a publié des lieder et fait représenter, avec succès, à Munich, des opéras : Sakuntala (1853), Bas Konterfei (1863). Raimondin (1881, aussi sous le titre de Melusine) et Junker Heinz (1886), ainsi que les poèmes féeriques (œuvres chorales) : Dornroschen, Undine et Rubezahl et des pièces de circonstances : Barbarossa, Prinz Karneval et Der Friede (1871).
Perfection (lat. perfectio), terme désignant dans la musique proportionnelle (v. ce mot): 1. du 'xiie au xiire s., la valeur d'une « longue » parfaite qui était alors l'équivalent de ce que nous nommons aujourd'hui une mesure (les théoriciens de cette époque ne connaissent que la mesure ternaire; — 2. à partir du xive s., d'une manière générale, la valeur ternaire d'une note (mensura perfecta) ; cette valeur n'était pas rigoureusement observée toutes les fois qu'une mesure ternaire était indiquée, autrement dit la brève ne valait pas toujours, dans le tempus perfectum, trois semi-brèves, mais il était entendu par là que la brève ter-« naire correspondait à l'unité de temps, que par conséquent une brève binaire (imparfaite) ne; remplissait pas la mesure et devait être accompagnée d'une semi-brève ou de son équivalent (la brève correspond à cette époque déjà à notre « mesure » ; au xvne s., ce fut lai semi-brève qui prit la valeur d'une « mesure »). Les règles de l'imperfection (v. ce mot) indiquaient les cas dans lesquels la note, malgré l'indication ternaire que l'armure fixait à son espèce, devenait seulement binaire. La note était « parfaite » lorsqu'elle était suivie d'une autre note de même espèce (ainsi la brève d'une brève dans le tempus perfectum, la longue d'une longue dans le modus perfectus), ou qu'elle portait le punctum perfeclionis (v. point), ou enfin qu'elle était suivie de deux notes non séparées par le punctum divisionis, ou de trois (mais pas davantage) de la valeur immédiatement inférieure à la sienne propre; — 3. dans les ligatures (v. ce mot), la valeur de la note finale (ullima) équivalente à la « longue » ; cette valeur lui était attribuée, lorsque l'avant-dernière note était plus élevée et que la « figure oblique » n'était pas employée, ou lorsque l'avant-dernière note était plus grave et que la dernière portait un trait descendant à droite (du xne au xive s., ce trait désignait la | plique [v. ce mot] et l'on plaçait la dernière
PERGER
note, lorsqu'elle devait être parfaite, verticalement sur l'avant-dernière). Cf. ligature.
Perger, Richard von, né à Vienne le 10 janv. 1854, élève de Joh. Brahms, compositeur de talent; succéda, en 1890, à Gernsheim comme directeur de la section de Rotterdam de la «Maatschappij totBevordering van Toonkunst», •et fut nommé, quelques années plus tard, directeur des Concerts de la « Société des Amis de la musique », à Vienne. Il a composé : quatuor pour instr. à archet en la maj.; triosérénade en sol maj ; sérénade en si bémol maj., pour violoncelle et orchestre d'instr. à archet; l'opérette Die 12 NotJtelfer, Vienne, 1891 ; un opéra - comique : Der Richter von Granada, Cologne, 1889.
Pergolesi (Pergolèse), Giovanni-Battista, I l'un des plus remarquables compositeurs de l'école napolitaine, né àNaples le 4 janv. 1710, m. à Pozzuoli, près de Naples (à l'âge de vingtsix ans), le 17 avr. 1736 (selon d'autres il serait né le 3 janv. et m. le 6 mars ; les dates d'années sont absolument certaines) ; élève, en 1726, de <5reco, Durante et Feo au « Conservatorio dei Poveri », à Naples. Son dernier travail d'élève, un drame biblique : La conversione di San Guglielmo di Aquitania , fut représenté en 1731, au couvent Sant'Agnello, avec des intermèdes comiques. Mais cette oeuvre ne fit guère sensation, pas davantage que les premiers opéras du même auteur (La Sallustia, Amor fa l'uomo cieco, Ricimero), qui furent représentés la même année; bien qu'ils eussent peut-être -déjà été écrits antérieurement. Ce ne fut que lorsque P., probablement par l'entremise du prince Stegliano, qui reconnaissait ses capacités et auquel il a dédié ses sonates-trios, eut reçu de Naples la commande d'une Messe solennelle en l'honneur du patron de la ville et à l'occasion d'un récent tremblement de terre, ■que P. devint, d'un seul coup, un « maestro» ■en vogue, au moins à Naples. P. écrivit une Messe pour deux chœurs de cinq voix chacun ■et double orchestre, Messe qui fut suivie d'une seconde du même genre, dans un court laps de temps. C'est en 1733 que P. a écrit son plus ■célèbre opéra : La serva padrona, un véritable joyau qui, aujourd'hui encore, ne manque pas son effet et a servi de modèle à tous les opéras bouffes, dans la suite, bien que l'action en soit réduite à deux personnages seulement, et l'orchestre aux instruments à archet. Les succès à sensation n'ont du reste jamais été l'apanage de P. Sa brève existence s'est passée sans autre événement. Il a écrit encore quelques ouvrages, pour Naples (Il maestro di musica, Il geloso schernito, Lo f'ratonnamorato [en dialecte napolitain], H prigioniere superbo, Adriano in Stria, avec 1' « intermezzo » Livietta e Tracolo [ = La contadina astuta] , Flaminio [ce dernier représenté seulement après sa mort]), et un seul pour Rome (Olimpiade, 1735, malheureusement sans succès). Sa dernière •œuvre est un Stabat mater pour soprano et alto, avec quatuor d'archets et orgue qui, grâce à la sincérité et à la puissance de l'expression,