PERI
fera vivre le nom de l'auteur, même au cas où la « Serva padrona » serait oubliée ; c'est une composition pleine de sentiment et d'un haut intérêt, aussi au point de vue de la facture. P. était faible de constitution ; ses médiocres succès théâtraux, surtout en dernier lieu à Rome, l'ébranlèrent beaucoup, et il fut forcé d'aller combattre, aux bains de mer de Pozzuoli, une déperdition toujours plus sensible de forces; mais il mourut peu de jours après l'achèvement du Stabat qui lui avait été commandé, moyennant des honoraires de dix ducats (44 fr.),payés d'avance par les religieux du couvent de « San Luigi di Palazzo ».
Le catalogue des opéras connus de P. a été donné en entier plus haut. Pour l'église, il a écrit, outre les deux Messes à double chœur (dont une seule est conservée) et le Stabat :une Messe à deux voix avec orgue, un Miserere à quatre voix avec orchestre, un Dixit à double chœur avec double orchestre, un Dixit à quatre voix avec quatuor d'instr. à archet et orgue, un Kyrie et Gloria à quatre voix avec orchestre, un Dies irœ pour soprano, alto et quatuor d'instr. à archet, un Laudate à cinq voix avec orchestre, un Confitebor à quatre voix, un Domine à quatre voix, un Domine et un Lœtatus sum à cinq voix (a cappella), un Lœtatus sum pour deux soprani et deux basses, un Laudate pour une voix seule avec ace instrumental, un Salve Regina pour une voix seule, quatuor d'instr. à archet et orgue ; à quoi il faut encore ajouter quelques pièces conservées en manuscrits. Enfin, P. a écrit : Or feo, cantate pour une voix seule et orchestre), Giasone (cantate à cinq voix), six cantates avec orchestre d'instr. à archet et trente trios pour deux violons et basse chiffrée. Nous citerons, enfin, quelques monographies sur P. : C. Blasi, Biografïa di P. (1817), et surtout Lettera biografica intorno alla patria ed alla vita, etc. (1831) et Memorie di compositori di musica del regno di Naj)oli (1840)', du marquis Villarosa; une intéressante esquisse biographique a aussi été écrite par H. -M. Schletterer (« Musik. Vortrâge », de Waldersee, n° 17). En éditions récentes, c'est surtout le Stabat mater qui est largement représenté (ainsi que dans différentes transcriptions, la plus ancienne par Paesiello, avec addition d'instruments à vent ; dernièrement par Lwoff, avec grand orchestre, etc.).
Péri, 1. Jaoopo, l'un des fondateurs du « Stilo rappresentativo » (v. opéra), appelé parles Florentins il zazzerino (de zazza, longs cheveux, cheveux touffus), était originaire de Florence et devint, après avoir terminé son éducation musicale (sous la direction de Cristoforo Malvezzi, à Lucca), maître de chapelle à la Cour de Florence (Ferdinand Ier, Cosime II de Médicis;. Plus tard (1601), il alla remplir les mêmes fonctions à la Cour de Ferrare. Les dates de sa naissance et de sa mort nous sont inconnues. P. faisait partie du cercle qui se réunissait chez Bardi et, plus tard, chez Corsi et qui, en suivant la voie de raisonnements esthétiques, trouva le style monodique (chant pour une voix