PHILIPPS
morne, la trompette marine et le basson. Il a composé des marches, etc. pour l'armée, mais aussi des ballets d'opéras {Le canal de Versailles, La princesse de Crète), un divertissement et plusieurs mascarades pour la Cour de Versailles. Une tâche dont P. s'est acquitté avec un mérite tout spécial, c'est l'administration de la Bibliothèque royale de musique, à Versailles, dont il s'occupait avec zèle, comme aide-bibliothécaire, à côté du violoniste Fossard, homme trop occupé pour bien remplir ses fonctions. P. rassembla surtout une riche collection d'anciens morceaux instrumentaux joués à la Cour depuis François Ier (1515; danses, musique pour carrousel, musique de chasse, fanfares de fêtes, ballets, etc.), et dont malheureusement une partie a été dispersée plus tard, tandis que le reste est un document d'un prix inestimable (E. Thoinan en a promis la publication, dans le supplément de Pougin à la « Biographie universelle » de Fétis). Diverses œuvres d'André P. luimême, on été imprimées : Mascarade des Savoyards (1700); Mascarade du roi de Chine (1700) : Suite de danses pour les violons et hautbois qui se jouent chez le roi (1699); Pièces
à deux basses de viole, basse de violon et basson, etc. (1780); Pièces de trompettes et timballes (1685); Partition de plusieurs marches et
batteries de tambour avec les airs des fifres
et des hautbois, etc. André P. a été nommé P. l'aîné, pour le distinguer de son frère cadet, Jacques Danican (1657 à 1708), qui était, de même que lui, engagé dans la musique du roi pour les parties d'instr. à vent. — 3. Anne Danigan-P., fils aîné d'André P., né à Paris le 11 avr. 1681, m. le 8. oct. 1728; excellent flûtiste (ila publié des morceaux pour flûtes, violons et hautbois, 1712), compositeur de plusieurs opéras-pastorales (L'Amour vainqueur, 1697; Diane et Endymion, 1698; Danaè, 1701) et fondateur des «Concerts spirituels». — 4. Pierre Danigan-P., fils de Jacques P., né le 22 août 1681, m. le 1er sept. 1731 ; excellent flûtiste, a publié trois recueils de suites pour deux flûtes traversières (1717, 1718) et des trios de flûtes. Mais le plus remarquable de tous fut — 5. François- André Danican-P., le plus jeune des fils de second lit d'André Philidor, aussi célèbre comme joueur d'échecs que comme compositeur, né à Dreux le 7 sept. 1726, ville où son père s'était retiré en 1722 avec une pension, m. à Londres le 31 août 1795. Déjà comme enfant, il montrait un talent extraordinaire pour le jeu d'échecs, et lorsqu'il fit des études musicales régulières, sous la direction de Campra, il était déjà le premier joueur d'échecs du monde avant que personne parlât de ses productions musicales. En 1745, P. fit un voyage à Amsterdam où il lutta, avec le joueur d'échecs Stamma, puis en Allemagne, où il écrivit, en 1748, à Aix-la-Chapelle, une Analyse du jeu des échecs, publiée à Londres, en 1749 (2e éd. 1777). Depuis cette époque, il alla presque chaque année à Londres où il remportait des victoires au club d'échecs ; il reçut plus tard une pension régulière de ce club, et finalement mourut aussi à Lon-
dres. Quant à son zèle pour la composition, il s'éveilla assez soudainement. En 1754, P. écrivit un Lauda Jérusalem, dans l'espoir d'obtenir ainsi la place de premier intendant de musique, mais il n'en fut rien, car la reine ne trouva aucun plaisir à sa musique. Puis, tout d'un coup, il changea (1759) et devint compositeur scénique avec un succès absolu qui fit de lui, pour une dizaine d'années, le principal représentant de l'opéra-comique. Ses premières pièces furent toutes en un acte : Biaise le savetier (1759); L'huître et les plaideurs (1759); Le quiproquo ou Le volage fixé (1760): Le soldai magicien (1760); Le jardinier et son seigneur (1761); puis vint l'une de ses meilleures œuvres : Le maréchal ferrant (1761, deux actes), et encore quelques pièces en un acte (Sancho Panza, 1762; Le bûcheron ou Les trois souhaits, 1763; Le sorcier, 1764, la première pièce où le compositeur, à Paris, fut appelé sur la scène par le public; Tom Jones, 1765, avec l'innovation d'un quatuor a cappella); puis vint un opéra, Ernelinde, princesse de Norvège (1767, l'œuvre la plus remarquable de P.; remaniée en 1769 sous le titre de Sandomir, prince de Danemark, et remise à la scène). Citons enfin : Le jardinier de Sidon (1768); L'amant déguisé ou le jardinier supposé ( 1769) ; La nouvelle école des femmes (1770): Ije bon fils (1773); Zemire et Mélide (1773); Berthe (Bruxelles, 1775, avec Gossec et Botson); Les femmes vengées (1775); Le puits d'amour ou Les amours de Pierre le Long et Blanche Bazu (HW); Persèe (Opéra, 1780); L'amitié au village (1785); Thèmistocle (Opéra, 1786); La belle esclave (1787),- Le mari comme il les faudrait tous (1788). Un opéra, Bèlisaire, qu'il avait laissé inachevé, a été, après que Berton en eût composé le troisième acte, représenté en 1796. Les intervalles de 1770 à 1773, et de 1775 à 1779 s'expliquent par de longs séjours de P. en Angleterre. En 1776, on exécuta un Requiem de P., dans une solennité en commémoration de Bameau.
Philippe de Caserta, v. Caserta ; P. de Monte, v. Monte; P. de Vitry, v. Vitry.
Philipps, 1. Peter (Petrus Philippus, Pietro Filippo), contrapontiste du xvie au xvn° s. d'origine anglaise, devint chanoine de Béthune (Flandre), puis organiste de la Chapelle du vice-roi, à Anvers, et enfin chanoine de Soignies ; auteur de : Melodia olympica di diversi (1591 [1594, 1611], de quatre à huit voix); deux livres de madrigaux à six voix (1596, 1603 [1604]); un de madrigaux à huit voix (1598 [1599]); des motets à cinq voix (1612); des motets à huit voix (1613) ; Gemmulœ sacrœ (à deux et à trois voix avec continuo, 1613 [1621]); des litanies de quatre à six voix (1623) ; Paradisus sacris cantionibus conditus (1628). Selon l'affirmation de Burney, P. aurait écrit la première fugue régulière (contenue dans le « Virginalbook » de la reine Elisabeth). — 2. Adélaïde, cantatrice scénique, née à Stretford, sur l'Avon, en 1833, m. à Carlsbad le 3 oct. 1882; fit son éducation à Boston où ses parents avaient émigré, et débuta d'abord comme danseuse et comédienne,