PHRYGIEN — PIANO
(1885). L'ouvrage de 0, Tiersch, Rhylhmik, T)ynamik und Phrasierungslehre (1886), est éclectique et développé d'une manière peu conséquente, en sorte qu'il n'est possible d'en tirer ni indications claires pour la délimitation des phrases, ni lois absolues pour l'exécution. Quant aux écrits de Rud. Westphal (v. ce nom), ils représentent un tout autre point de vue, en cherchant à démontrer par les ouvrages des anciens Grecs sur la rythmique, les lois de la subdivision des phrases musicales. Le Traité de l 'expression musicale (1873), de Mathis Lussy, contient nombre de détails intéressants, mais est manqué dans son ensemble, par le fait qu'au lieu d'un système, l'auteur y établit une longue série de règles se contredisant même parfois.
Le phrasé d'une idée musicale ne correspond nullement à l'ensemble des liaisons et des sé-
3arations (legato et staccato) des sons au moyen
e l'articulation (v. ce mot) ; il est même en absolue contradiction avec le groupement des sons, en durées d'ordre supérieur, soit par les
jarres de mesure, soit par les traits horizontaux communs à plusieurs notes. Divers projets, divers essais d'iNDiGATiON conséquente du p. ont été présentés, au siècle passé déjà par
T.-A.-P. Schulz, D.-G. Turk, etc.; plus récemment, Eschmann a tenté un nouvel essai, mais
i. Riemann a le premier réalisé pratiquement un système logique de p., dans les <' éditions
mrasées » (ail. Phrasierungsausgaben) qui comprennent maintenant la plupart des œuvres classiques de la littérature du piano (éditions parues chez Simrock, Litolff, Steingrâber. Schubert et Ge, Augener etCe). Les éléments du système de notation que Piiemann emploie pour le sont : 1. I'arg de cercle, indiquant l'étendue de la phrase et exigeant un jeu lié, pour autant que d'autres signes d'articulation ne se trou-
rent pas sous l'arc de cercle; 2. le signe de
ecture :
ou redoublé
narquant les subdivisions de la phrase en moifs; 3. les chiffres qui, placés sous les bares de mesure, révèlent la structure des périoles (2, pour la partie accentuée du premier groupe de deux mesures; 4, pour la partie acentuée de la première demi-période; 8, pour la artie accentuée de la période entière) et, par eurs nombreux changements, les élisions, les îxtensions, les contractions, cf. Riemann, Kaechismus der Kompositionslehre (1889); 4. les rcs de cercle soudés ,-~-■^.^-"",■ comme signe le jeu lié au-delà des limites de la phrase;
'. les ARCS DE CERCLE CROISÉS """"^C"""* > désignant le double sens de certains sons, au
oint de vue du p. (la tin d'une phrase se conondant avec le commencement de la phrase
uivante); (3. le signe ^— ""^pour la phrase terrompue, restant sans terminaison; 7. la
irgule (dite « de Stuttgart ») placée dans un
rc de cercle — ~ ~"?-*--^, indiquant la néces-
sité de détacher une note, alors même que la phrase n'est pas terminée.
Phrygien, nom d'un mode : 1. chez les Grecs, v. grecque (musique) II et III. — 2, au moyen âge, mode ecclésiastique dont l'échelle était : mi - — fa sol la si - — ut rè mi (v. ecclésiastiques [MODES]). La CADENCE PHRYGIENNE fut Une
cause de soucis perpétuels pendant les derniers siècles de l'existence des modes ecclésiastiques, car on avait cherché à introduire dans ces derniers des conceptions harmoniques qui, à l'époque de la musique homophone (à laquelle appartiennent les mélodies grégoriennes), leur étaient totalement étrangères. On sait que le mode p. correspond au dorien des Grecs, autrement dit, en l'état actuel de nos connaissances, à l'échelle du mode mineur pur (v. mineur) qui se présente comme l'image renversée de celle du mode majeur. L'accord tonique de cette échelle est par conséquent non pas l'accord de mi mineur, ainsi qu'on l'admettait au xvi-xvn6 s., mais de la mineur dont la fondamentale est, d'après la théorie actuelle du mode mineur, non pas la, mais mi. La terminaison fa-mi correspond donc exactement à si-ut du ton d'ut majeur, et de même que l'on harmonise celle-ci avec les accords de sol ma').-ut maj., de même il faut se servir pour fa-mi des accords de ré min. -la min. (1); au lieu de cela, on chercha en vain une cadence satisfaisante se terminant par l'accord de mi min., cadence impossible sans l'élévation préalable de fa et de ré, mais comme on considérait à juste titre le fa comme invariable, on en arriva finalement à la succession suivante : ré mm.-mi maj. (2). Gette cadence n'est du reste point en contradiction avec l'esprit du mode p., mais au lieu d'être cadence parfaite, elle n'est que demi-cadence :
Physharmonica, v. harmonium*
Piacere (ital.), volonté, plaisir ; a piacere (a piacimento, a bene placito), à volonté.
Piacevole (ital.), charmant, gracieux.
Piangendo , piangevole , piangevolmente (ital.), plaintif.
Pianino, nom que les Allemands donnent au piano droit, par opposition à Flûgel, piano à queue.
Piano (ital.), abrégé p, doux, faible; pianissimo (pp), très doucement ; mezzopiano {mp), assez doucement.
Piano (pianoforte; ail. Klavier; angl., ital., etc., pianoforte). Cet instrument, actuellement répandu plus que tout autre, dans le monde entier, n'a qu'une histoire relativement courte. Sous la forme qu'il revêt aujourd'hui, c.-à-d. en tant que p. à marteaux, il ne remonte guère à plus d'un siècle et trois quarts; mais son origine première d'instr. a cordes pourvu d'un clavier ne date que du moyen âge. Si nous faisons abstraction du clavier, bien que ce dernier soit précisément une caractéristique du p.