PLEIN-JEU
thez (Basses-Pyrénées) le 2 mars 1839 ; entra, à la fin de 1849, dans la classe de piano de Marmontel, au Conservatoire de Paris, où il remportait, déjà au bout de sept mois, le premier prix et fut aussitôt choisi par Alard et Franchomme, comme pianiste de leurs soirées de trios. Plus tard (1853), il suivit encore un cours d'harmonie et de réalisation de la basse chiffrée, dans la classe de Bazin. P. se retira complètement, pendant dix ans, du monde musical ; il reparut enfin, pianiste de premier rang, après avoir entièrement développé sa technique et son style, dans la retraite qu'il s'était imposée dans sa patrie. En tant que compositeur, P. ne s'est fait connaître que par des oeuvrettes pour piano et des arrangements adroits pour le même instrument.
Platania, Pietro, directeur du Conservatoire de Palerme (depuis 1863), né à Catane le 5 avr. 1828 ; auteur de plusieurs opéras (Spartaco, 1891), d'une symphonie funèbre à la mémoire de Pacini, d'une symphonie de fête avec chœurs, à l'occasion du voyage solennel du roi Humbert (1878) et d'un traité du canon et de la fugue (1872).
Platel, Nicolas-Joseph, violoncelliste remarquable, pédagogue et compositeur pour son instrument, né à Versailles en 1777, mort à Bruxelles le 25 avr. 1835 : élève de L. Duport et de Lamare, entra, en 1796, à l'orchestre du Théâtre Feydeau, mais suivit, en 1797, une cantatrice à Lyon. En 1801, il rentrait à Paris dont il passait pour le meilleur violoncelliste, mais ne fit aucune démarche pour trouver une place. En 1805, P. entreprit une tournée de concerts et resta à diverses reprises, pendant des années, dans des villes de second ordre, jusqu'à ce qu'enfin, en 1813, la place de premier violoncelle à l'Opéra d'Anvers lui fut offerte. En 1824, il alla remplir le même poste à Bruxelles, où il devint en même temps maître de violoncelle à l'Ecole royale de musique (portant le titre de Conservatoire, depuis 1831). Servais, Batta, Demunck et d'autres sont sortis de ses classes. P. a publié : cinq concertos, trois sonates, huit thèmes avec variations, des romances, des caprices, etc. pour violoncelle, trois trios pour instr. à archet et six duos pour violoncelle et violon.
Platon, le grand philosophe grec, élève de Socrate et maître d'Aristote, né en 429, m. en 347 av. J.-C, accordait une haute valeur à la musique, ainsi qu'il ressort, par ex., d'un passage du « Timée » | 47, où il dit que les mouvements (Qopxi) musicaux sont analogues aux mouvements de l'âme humaine (%vyy£vs7ç}, en sorte que la musique n'est pas un simple divertissement sans esprit (i^ov/i xXoyoç], mais est plutôt destinée à l'éducation harmonieuse de l'âme et à l'apaisement de ses douleurs [im rr,v yzyovvixv sv w.iv xvxpM.c<rrov il>v%yiç 7r£ptooov
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%oç). Les passages les plus importants de Platon, sur la musique, ont été rassemblés par Deyk, dans un article plein d'intérêt de la
« Cœcilia » VIII, 69 et suiv. (1828) de Gottfried Weber. Pour ce qui concerne les célèbres nombres harmoniques, dans le « Timée », cf. Th. H.-Martin, Etudes sur le « Timée » de P. (1841, 2 vol. ), ainsi que R. Westphal, Barmonik, p. 135 et suiv., et K. von Jan, Die Harmonie der Sphàren ( « Philologus » , vol. 52). P. est, en réalité, le fondateur d'une philosophie logique et coordonnée des arts (esthétique), mais il en a reçu les idées, ainsi que la méthode, de son grand maître Socrate.
Playford, John, musicien anglais et, depuis 1648, éditeur de musique, né en 1623, m. à Londres en 1693 ; a publié : de Hilton, Catch that catch can, Select musicall ayres and dialogues et Musicks récréation on the lyra-violl (tous en 1652) ; Breefe introduction tho the skill of musick (1654; extrait des ouvrages théoriques de Morley, Buttler et d'autres ; 8e éd. 1679, avec adjonction de The art of discant or composing music in parts, par Campion ; la 12e éd., corrigée par H. Purcell, qui remplaça l'essai de Campion par une propre dissertation); puis une collection de psaumes à trois voix : Whole book of psalms, with the usual liymns and spiritual songs (1673), etc. ; des psaumes à quatre voix : Psalms and hymns in solemn musick (1671) ; 6 hymns for 1 voice to the organ (1671); The musical companion (1673) et Choice ayres and dialogues (5e vol., 1685). — Ce fut son fils Henry P. (né le 5 mai 1657, m. vers 1710), qui continua le commerce de musique ; il publia entre autres (en collaboration avec Robert Carr): The theater of music (1685) ; Orpheus Britannicus (1698-1702); Amphion Anglicus (1700); puis dix sonates de Purcell et le Te Beum and Jubilate, pour le jour de la Ste-Cécile (1797), ainsi que YOde de Blow sur la mort de Purcell.
Plectre (gr. plectron ; lat. plectrum), petite lamelle d'écaillé, d'ivoire, de bois ou de métal dont on se servait pour pincer les cordes de la cithare et que les mandolinistes emploient encore de nos jours, sous le nom de médiateur. On donne aussi parfois ce nom à l'anneau de la cithare actuelle, et il servait à désigner, au siècle passé, les petits marteaux du tympanon (pantaléon) et les baguettes des instr. à percussion.
Plein-jeu (fourniture, ou mixture ; lat. mixtura, régula mixta ; ital. ripieno, accordo; esp. lleno; âll. Mixtur ; angl. mixture ou fourniture; holl. mixtuur), le plus usuel de tous les jeux mixtes de l'orgue, composé dans la règle seulement d'octaves et de quintes, mais comprenant parfois aussi une tierce ou même une septième (le grand orgue du couvent Oliva, par ex., a un p.-j.àsix rangs, comprenant une tierce et une septième). Les p.-j. portaient autrefois un grand nombre de tuyaux sur marche : on en trouve de huit, douze, vingt et vingt et un rangs au couvent Weingarten, voire même de vingt-quatre rangs à l'église Ste-Marie (1585) de Dantzig ; il va sans dire qu'alors le même son était représenté par plusieurs tuyaux. On a adopté actuellement le chiffre de trois tuyaux sur marche comme minimum, celui de six com-