‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 376 sur 542 · PUTEANUS · texte numérisé non relu

PUTEANUS

à Londres). En 1686 seulement, P. se tourna de nouveau vers le théâtre et écrivit la musique pour la tragédie de Dryden : Tyrannie love, en 1688 celle pour la comédie d'Urfey : A fools perferment, en 1690 celle pour Tempest de Shadwell, et enfin son premier véritable opéra: Diocletian (imprimé en partition en 1690). P. a donné pendant quelque temps à l'Angleterre un opéra national (après sa mort, les Italiens prirent sa place). L'année 1691 vit paraître sa plus remarquable création musico-dramatique: King Arthur, texte de Dryden (des airs en ont paru dans YOrpheus Britannicus , mais la partition n'en a été imprimée qu'en 1843, dans les publications de la « Musical Antiquarian Society »). En 1692, parut un opéra : The fairy queen (le texte est un arrangement du « Songe d'une nuit d'été »), puis vinrent la musique pour The 7nassacre in Paris de Lee (1690), pour Amphitrion de Dryden (1690), pour Elkanah Settles, Bistressed innocence et Ihe Gordian Knot untyed, celle pour Sir Anton Love de Southerne, pour lndian queen de Howard et Dryden, pour lndian emperor et Cleomenes de Dryden, The wife's excuse de Southerne, The marriage hâter matclCd d'Urfey, Oedipus de Lee et Dryden, Old Bachelor de Gongreve, Richmond heiress d'Urfey, The maid's last prayer de Southerne, Henry II de Bancroft, pour la lre et la2me partie de Don Quixole d'Urfey (1694), pour The double dealer de Gongreve, The married beau de Growne, The fatal marriage de Southerne, Love triumphant de Dryden, Bonduca de Beaumont et Fletcher, Mock marriage de Scott, Rival sisters de Gould, Oroonoko de Southerne, The Canterbury guests de Ravenscroft, Knight of Malla de Beaumont et Fletcher, et enfin pour la 3me partie de Don Quixote d'Urfey. Un grand choix d'airs, extraits des pièces de théâtre de P., et d'odes a été publié, en 1687, par sa veuve, sous le titre ; A. collection of ayres composed for the théâtre andupon otJter occasions ; de même YOrpheus Britannicus, dont elle a publié la première partie en 1698 (2me éd. 1706 ; la 2me partie suivit en 1702 [1711] ; 8me éd. des deux parties, 1721), a donné, à côté de quelques romances détachées, des chants de une à trois voix tirés des pièces de théâtre et des odes. Bien qu'ayant moins fait époque, les compositions de musique d'église de P. occupent un rang plus élevé, au point de vue musical pur ; elles ont eu sur l'activité de Hsendel, comme compositeur, une influence décisive, dès l'arrivée de ce dernier à Londres. P. a écrit dans ce domaine : Te Deum et Jubilate pour le jour de sainte Gécile, trois services, vingt anthems avec orchestre et trente-deux avec orgue, dixneuf chants (quelques-uns avec chœur), deux duos, un trio, onze hymnes de trois à quatre voix, deux psaumes en latin et cinq canons ; puis à ces œuvres, qui sont toutes comprises dans la nouvelle édition de PurcelVs sacred music, de Vincent Novello (1829 à 1832), il faut ajouter trois anthems, un hymne et deux motetsnon encore gravés. Beaucoup de chants reli-

PYROPHONE

gieux de P. avaient déjà paru dans YHarmonia sacra et d'autres recueils de son époque (v, Boyge, Arnold, Page). Le nombre des odes et des Welcome songs de P. est de vingt-huit. En fait de musique de chambre et de -musique instrumentale, il a, outre les douze sonates-trios déjà indiquées, écrit encore dix sonates a 4 pour deux violons, violoncelle et continuo [piano] (gravées en 1697 ; la neuvième, la Sonate d'or, a paru, en nouv. éd., chez Augener) elLessons for the harpsichord or spinnet (1696). On peut trouver des catches de P. dans The CatcJt- Glub, or merry companions. Il paraît depuis 1879, chez Breitkopf et Hsertel, une édition complète des œuvres de P. Le seul de ses fils qui lui ait survécu, Edward (né le 6 sept 1689, m. au commencement d'aoùtl740) était un excellent pianiste (organiste à St-Glément, Eastcheap). — 2. Daniel, frère d'Henry P., né en 1660, m. le 12 déc. 1717; était, il est vrai, loin d'être aussi bien doué que son frère, mais compte toutefois parmi les musiciens notables de son époque. Il fut engagé, en 1688, comme organiste de l'église de la Madeleine, à Oxford ; mais, après la mort de son frère, il alla à Londres et prit sa place comme compositeur de musique de comédies. Il devint, en 1713, organiste de St-Andrew, à Holborn. Il a publié : The psahn tunes full 'for the or g an or harpsichord ; six anthems ont été conservés dans les livres de chœurs de la Madeleine, et des chants dans différents recueils de l'époque. P. a composé une ode funèbre sur la mort d'Henry Purcell.

Puteanus, Ericius (van de Putïe, Dupuy,), savant philosophe, né à Venloo (Hollande) le 4 nov. 1574, m. à Louvain le 17 sept. 1646; vécut de nombreuses années en Italie et fut même professeur d'éloquence à Padoue (1601), mais, après la mort de Juste Lipse (1606), il fut appelé à Louvain comme professeur de littérature. P. fut aussi un connaisseur en musique et l'un des premiers adversaires de la solmisation. Il a écrit : Modulata Pallas sive septem discrimina vocum (1599; 2me éd. sous le titre Musathena sive notarum heptas, 1602 : aussi dans le 2me vol. de ses Amœnilatum humanarum, 1615) ; puis il publié, sur ce même thème, un plus petit ouvrage : Pleias musica (1600 ; 2me éd. sous le titre : Iter Nonianum seu dialogue qui Musathenae epilomen comprehendit etc., 1602). Cf. BOBISATIONS.

Pycna (gr. 7rvxvoc), succession de demi-tons et de quarts de ton, dans les genres chromatique et enharmonique des Grecs. Gf. (musioi je) grecque, Y.

Pyramidon, jeu abouches de l'orgue,analogue à la « flûte pyramidale », dont les tuyaux vont en se rétrécissant vers le haut.

Pyrophone (ail. Flammenorgel), instrument original, inventé par Fr. Kastner (v. ce nom), en 1875. Le p. consiste en une série de flammes de gaz qui, brûlant dans des tubes de longueurs diverses, produisent des sons déterminés. Les flammes, allumées et réglées au moyen d'un courant électrique, sont régies par un clavier. L'étendue sonore de L'instrumenl

PYTHAGORE — QUAGLIATI

comprend l'échelle chromatique deutA à ut*. Pythagore, le célèbre philosophe (celui-là même qui imagina la dénomination de philosophos [ami de la sagesse], à la place de celle de sophos [sage] jusqu'alors en usage), né vers l'an 582 av. J.-C., fonda en 529, à Crotone (Italie), une sorte de congrégation morale et politique, connue sous le nom d' « Ecole italique » et dont les dogmes offraient certains rapports avec ceux des prêtres égyptiens, au milieu desquels P. passe pour avoir vécu quelque temps. P. n'a rien écrit lui-même, et ses doctrines ne vivent, comme celles de Socrate, que dans les écrits de ses disciples. La conception des rapports musicaux est, chez les Pythagoriciens, de nature exclusivement mathématique; autrement dit, les disciples de P. voient l'essence de la consonnance dans lesrapports mathématiques des sons, dans les rapports de longueur des cordes ou dans le nombre de vibrations des sons (du moins Euclide parlet-il déjà de ces vibrations). Au point de vue de la théorie musicale, les Pythagoriciens (Archytas, Eratosthène, Didyme, Ptolémée, Euclide, etc.) sont, en tant que canonistes, directement opposés aux harmonistes (Aristoxène et ses disciples) qui nient l'importance des chiffres. Leur théorie mathématique des rapports des sons diffère de la nôtre en un point surtout, celui de l'interprétation de la tierce; pour les Grecs, la tierce avait été et était toujours un intervalle dissonant, soit que l'on n'admit pas pour elle le rapport 4 : 5, soit que ce rapport ne parût pas assez simple, pour être placé au même rang que 1 : 2, 2 : 3, 3:4, comme consonnance. On déterminait alors tous lesrap-

ports des sons au moyen de marches de quintes, tandis qu'aujourd'hui nous ajoutons à ces dernières les marches de tierces (nous tendons même insensiblement vers l'emploi des septièmes aussi, pour la détermination des rapports des sons). C'est pour cette raison que nous nommons aujourd'hui « pythagoriciens » tous les intervalles dont la valeur ne correspond pas aux déterminations modernes des rapports des sons et repose exclusivement sur une marche de quintes, ainsi la « tierce pythagoricienne » (quatrième quinte), la « tierce mineure pythagoricienne » (troisième quinte descendante), le « demi-ton pythagoricien » (256 : 243 ; cinquième quinte), etc. On donne aussi le nom de « comma pythagoricien » à l'excédent des deux sons extrêmes d'une série de douze quintes, comparés avec l'octave (cf. rapports). La détermination fondamentale des intervalles au moyen des quintes ( cf. cependant Didyme) resta à la base de tous les calculs de l'antiquité et du moyen âge; seuls, les Arabes reconnurent auparavant déjà la consonnance de la tierce (4 : 5), de la tierce mineure (5 : 6), voire même de la sixte (5 : 8 et 3 : 5) ; cf. messel.

Pythiques. On appelle «jeux pythiques », les jeux que les Grecs célébraient à Delphes, en l'honneur d'Apollon (vainqueur du serpent Python). Les joutes musicales (citharodique, citharistique et aulétique) prirent dès le début un rôle important dans les jeux p. et c'est en second lieu seulement que les courses y furent introduites. Le vainqueur de ces jeux était couronné de lauriers cueillis dans les bois sacrés de la vallée du Tempe. Cf. (musique) grecque.

Quadrat (ail. ; lat. B quadratum , quadrum) , c.-à-d. bécarre, H.

Quadri, Domenico, théoricien musical, né à Vicence à la fin de 1801, m. à Milan le 29 avr. 1843 • a publié : La ragione armonica (1830, dont deux livraisons seulement ont paru) et Lezioni d'armom'a (1832 ; 3e éd. 1841). Q., qui était partisan du système de la construction des accords par tierces, rencontra à Naples (où il chercha d'abord à fonder une école de théorie), puis à Milan, une violente contradiction de la part des maîtres de contrepoint du Conservatoire, et il mourut dans une situation très précaire.

Quadrille, sorte de contredanse (q = danse en carré) qui fit son apparition au début de notre siècle, à Paris. Il y a deux espèces de q., le

« q. ordinaire » et le « q. des lanciers », différant du premier surtout en ceci, qu'il s'exécute par petits groupes de quatre paires, formant vis-àvis deux à deux. Tout q. se compose de cinq mouvements dont la mesure alterne entre 3/8 (6/8) et a/4.

Quadrio, Francesco-Saverio, écrivain, né à Ponte (Valteline) le 1er déc. 1695 m., à Milan dans un couvent de Barnabites, le 11 nov. 1756; il a écrit entre autres : Délia storia e délia ragione d'ogni poesia (1739-1759; sept vol.), ouvrage qui traite en détails, dans les volumes II et III, la cantate, l'opéra et l'oratorio.

Quagliati, Paolo, compositeur, auteur de: Carro di fedeltà d'amore (1611), l'un des plus anciens drames musicaux qui contienne non

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