OCTAVE
Regnart (Regnard), famille de compositeurs néerlandais, comprenant quatre frères : Franz, Jakob, Pascasius et Karl, dont Jakob (né en 1540) fut le plus remarquable, tandis que nous ne connaissons que quelques pièces vocales des trois autres, pièces conservées dans une anthologie de 1590. Quant à Jakob, nous lej voyons tout jeune garçon déjà dans la Chapelle impériale, à Vienne, d'abord comme « alumnus »i et enfant de chœur, puis, dès 1564, comme té-J nor. Vers 1579, il devint second maître de chapelle de la Cour, à Prague ; mais l'année sui-J vante déjà, il fut nommé second et, en 1588,1 premier maître de chapelle de l'archiduc Ferdinand, à Innsbruck. A la mort de l' archiduc,! R. rentra au service de la Cour impériale, comme vice-maître de chapelle, et conserva ces fonctions jusqu'à sa mort, probablement survenue en 1600. Sa veuve se retira à Munich et publia toute une série d'œuvres vocales reli gieuses posthumes. Les nombreuses compositions de R. (cf. leur liste détaillée dans les « Monatshefte fur M.-G. », XII, 97) ont paru de 1574 à 1611 ; elles comprennent des Messes, des motets, des « canzone », des villanelles et une foule de lieder allemands qui furent sar doute très répandus autrefois, car on en coii naît jusqu'à sept éditions d'un même volume.
Régulateur, v. réservoir.
Rehbaum, Théobald, né à Berlin le 7 aoû 1835; violoniste, compositeur et auteur d'où vrages de littérature musicale. Jeune garçon, il fit partie du chœur du Dôme, à Berlin, et devint plus tard élève de Hubert Ries (violon) et de Fr. Kiel (composition). Il a publié une se' rie d'ouvrages destinés à l'enseignement du violon, de même que d'autres œuvres pour cet instrument, des lieder, des chœurs pour voix mixtes et plusieurs opéras qui furent exécutés sur différentes scènes : Don Pablo (Dresde 1880) ; Das steinerne Herz (Magdebourg, 1885); Turandot (Berlin, 1888); Oberst Lumpus (Wiesbaden, 1892) ; Die Konscriebierten (non représenté) ; Der Goldsclimied von Paris (id.) ; etc. Il composa le livret non seulement de ses
REHBERG — REIGHARDT
opéras, mais d'un certain nombre d'autres encore. R. vit actuellement à Wiesbaden.
Rehberg, Willy, pianiste, chef d'orchestre >et compositeur, né à Morges (Suisse) le 2 septembre 1863 ; reçut les premières leçons de musique de son père (Friedrich R., originaire ■de la Thuringe, élève de Moscheles et professeur de piano estimé à Morges), fréquenta l'Ecole de musique de Zurich (Fr. Hegar, R. Freund, Gust. Weber) et plus tard le Conservatoire de Leipzig, où il enseigna à son tour le piano jusqu'en 1890. Il fut alors appelé à Genève, comme professeur de piano au Conservatoire et prit à la mort de H. de Senger, en 1892, la direction des concerts d'abonnements, au Théâtre de la ville. De Leipzig, R. avait déjà dirigé (1888-1890), avec succès, les concerts de 1' « Académie de chant » d'Altenbourg. Son activité comme pianiste est hautement appré- -ciée, aussi bien dans son cercle d'activité antérieur que dans son milieu actuel (R. est pianiste de la Cour ducale de Saxe). Comme compositeur, il a débuté par une sonate pour violon, -et donné depuis lors plusieurs œuvres pour piano et des lieder. R. est le gendre de E.-W. -Fritzsch.
Rehearsal (angl.), répétition [c.-à-d. étude •d'une œuvre musicale].
Rehfeld, Farian, né à ïuchel (Prusse occidentale) le 23 janv. 1842 ; élève de Zimmermann •et de Grùnwald, à Berlin, fut. nommé, en 1868, musicien de la Chambre royale ; en 1873, con- •certmeister. R. est un excellent violoniste et il •compose pour son instrument.
Reicha, Anton, théoricien et compositeur •distingué, né à Prague le 27 fév. 1770, m. à Paris le 28 mai 1836 ; neveu et élève de l'ancien con- ■certmeister et plus tard maître de chapelle, Joseph R. (proprement Rejcha, né à Prague •en 1746, m. à Rome en 1795), qui fut un compositeur de musique instrumentale de beaucoup de talent, et écrivit trois concertos pour violoncelle, beaucoup de duos et de morceaux concertants pour violoncelle et violon, etc. R. entra, lorsque son oncle obtint la place de concertmeister à Bonn, comme flûtiste dans l'orchestre ■du prince électeur et noua des relations avec le jeune Beethoven, qui jouait de l'alto à l'or- •chestre. Après la dissolution de l'orchestre (en 1794), R. se rendit d'abord à Hambourg, où il -écrivit son premier opéra : Oubaldi ou les Français en Egypte, et partit de là pour Paris, •dans l'espoir d'y faire jouer sa pièce. Ce plan •échoua, mais le jeune auteur y trouva comme compositeur de musique instrumentale un accueil favorable. De 1802 à 1808, il vécut à Vienne, où il se lia de nouveau avec Beethoven, puis avec Haydn, Albrechtsberger et Salieri. En 1808, il accourut de nouveau à Paris, où il réussit à faire jouer, sans beaucoup de succès, à la vérité, plusieurs opéras-comiques : Cagliostro (1810), Nathalie (1816) et Sapho (1822). Son opéra italien : Argina, regina di Granata n'avait eu guère plus de succès auparavant, à Vienne. En 1818, R. fut nommé processeur de composition au Conservatoire et, en
1835, il fut élu à l'Académie, en remplacement de Boiëldieu. On compte parmi ses élèves, entre autres : Jelensperger, Ehvart et Dancla. C'est par ses compositions instrumentales et ses œuvres théoriques que R. se fit surtout remarquer. Parmi les premières, on trouve : deux symphonies, une ouverture, un morceau pour cinq instr. à archet et cinq instr. à vent, un double quatuor pour quatre instr. à archet et quatre instr. à vent, six quintettes et vingt quatuors pour instr. à archet, un quintette pour clarinette et quatuor d'archets, un quatuor pour piano, flûte, violoncelle et basson, vingt-quatre quintettes pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson, six quatuors pour flûte, violon, alto et violoncelle, un quatuor pour quatre flûtes, six trios pour instr. à archet, un trio pour trois violoncelles, vingt-quatre trios pour cors, six duos pour violons, vingt-deux duos pour flûtes, douze sonates pour violon, enfin des sonates, études et fugues, variations, etc., pour piano, ainsi que L'art de varier (57 variations). Les œuvres théoriques de R. sont : Etudes ou théories pour le pianof or le, dirigées d'une manière nouvelle (1800); Traité de mélodie, abstraction faite de ses rapports avec l'harmonie (1814 ; 2me éd., 1832) ; Cours de composition musicale, ou traité complet et raisonné d'harmonie (1818) ; Traité de haute composition musicale (1824-1826 ; 2 vol. ; éd. ail. par Czerny, sous le titre -..Vollstàndiges Lehrbuch, e/c.,1834, 4 vol.); L'art du compositeur dramatique, ou cours complet de composition vocale (1833) et Petit traité d'harmonie pratique (s. date). R. ne fut pas un innovateur, mais ses ouvrages théoriques ont une valeur pratique réelle et sont estimés encore aujourd'hui.
Reichardt, 1. Johann-Friedrich, compositeur, chef d'orchestre et musicographe, né à Kônigsberg, en Prusse, le 25 nov. 1752, m. à Giebichenstein, près Halle, le 27 juin 1814 ; reçut une bonne éducation et étudia la philosophie à Kônigsberg et à Leipzig, bien que la musique fût son occupation favorite. Il jouait du violon et du piano, et apprit déjà la théorie à Kônigsberg. Il employa les- années 1771 à 1774 à voyager en Allemagne, étudiant les gens et les choses, et consigna ses observations dans ses lettres de voyage (v. ci-dessous rémunération de ses ouvrages). Entin, en 1775, il réussit à obtenir la place de maître de chapelle à la Cour de Frédéric-le-Grand, place devenue vacante par la mort d'Agricola. R, était à la fois un esprit avisé et ouvert ; il créa plus d'une entreprise, ainsi, en 1783, les concerts spirituels pour l'exécution des œuvres nouvelles qu'il accompagnait d'un court programme analytique. En 1782, il traversa l'Italie à la hâte ; en 1785, il proiita d'un congé pour se rendre à Londres et à Paris, où il fit exécuter sa musique de la Passion (d'après Metastasio), quelques psaumes et des scènes italiennes. L'Opéra de Paris lui commanda alors deux opéras : Tamerlan et Pantliée ; le premier était déjà terminé en 1786, mais, au moment où il se trouvait à Paris, avec sa partition, l'auteur fut rappelé à Berlin par la mort de Fré-
D1CTIONNAIRE DE MUSIQUE.