‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 413 sur 542 · RUBINSTEIN · texte numérisé non relu

RUBINSTEIN

et passionnés, une certaine liberté de mouvement (tempo rubato). Le r. n'est qu'une sorte d'exagération du stringendo-calando, ordinairement imperceptible, de toute phrase musicale expressive. Cf. agogique.

Rubeba, Rubella, v. rebec. Rubini, Giovanni -Battista, célèbre ténor, né à Romano, près de Bergame, le 7 avr. 1795, m. dans son château, près de Romano, le 2 mars 1854; fut obligé de gagner d'abord péniblement sa vie, comme choriste et chanteur de rôles secondaires, dans différentes troupes italiennes itinérantes. Mais il se lit remarquer à Pavie, en 1814, et dès lors sa réputation s'accrut rapidement. Rarbaja lui offrit, en 1816, à Naples, un traitement déjà fort élevé. Il chanta ensuite aux Italiens, à Paris, avec un éclatant succès, durant l'hiver 1825-1826, mais fut obligé de rejoindre Barbaga, qui le retint jusqu'en 1831 et finit par lui assurer un traitement annuel de soixante mille francs, De 1832 à 1843, R. chanta alternativement à Paris et à Londres. En 1843, il se rendit à Berlin avec Liszt, puis à St-Pétersbourg où il retourna encore en 1844. Enfin, rentré millionnaire en Italie, en 1845, il s'y fit acquéreur d'un petit duché.

Rubinstein, 1. Anton, un des virtuoses du piano les plus éminents, en même temps que compositeur des plus féconds, né à Wechwotinez, près Balta (Podolie), le 28 nov. 1830, m. en sa villa de Peterhof le 20 nov. 1894. Ses parents se fixèrent à Moscou, où son père fonda une fabrique de crayons. Sa mère, qui avait un sens musical fort développé, lui donna ses premières leçons de piano; mais, dés l'âge de sept ans, ce fut Villoing qui fut et resta son seul maître. En 1840, R. accompagna son maître Villoing à Paris, où il se fit entendre des hautes sommités musicales (entre autres Liszt) et conquit tous les suffrages. Liszt lui conseilla de perfectionner son éducation musicale en Allemagne. Villoing et R. traversèrent alors la Hollande, l'Angleterre, la Suède et l'Allemagne, en donnant des concerts, et rentrèrent à Moscou en 1843. Pendant ce temps, le frère de R., Nicolas (v. plus loin), qui avait, huit ans, montrait des dispositions comme compositeur. Cette raison détermina les parents à envoyer leurs fils, en 1844, à Berlin, où ils firent, sur le conseil de Meyerbeer, de solides études théoriques sous la direction deDehn. Us y étaient en compagnie de leur mère qui reshi jusqu'en 1846, époque à laquelle la maladie du père la força de rentrer à Moscou avec Nicolas, tandis qu'Antoine restait à Berlin. Celui-ci séjourna ensuite quelque temps à Vienne, puis fit une tournée en Hongrie, ru compagnie du flûtiste Heindl. Les troubles de 1848 le ramenèrent dans sa patrie; il se fixa à St-Pétersbourg et trouva en la grande-duchesse Hélène une protectrice des plus généreuses. 11 écrivit alors plusieurs opéras russes, parmi lesquels Bimitri Donskoi (1852) et Toms, le fou (1853) furent représentés, tandis que La Vengeance et Les chasseurs sibériens restèrenl manus-

RUBIXSTEIN

crits et inédits. En 1854, R. entreprit, sur les conseils et avec l'aide de la grande-duchesse et du comte Wielhorski, un nouveau voyage d'études; il se rendit d'abord en Allemagne, où il trouva des éditeurs pour bon nombre de ses ouvrages, puis lit entendre, entre autres , ses propres œuvres, à Paris et à Londres. Ce n'est qu'en 1858 qu'il revint à St-Pétersbourg, où il fut nommé, en premier lieu, pianiste de la Cour, puis directeur des concerts. En 1859, il prit la direction de la « Société de musique russe », à St-Pétersbourg, fonda, en 1862, le Conservatoire de cette ville et en devint le directeur. De 1867 à 1870, il entreprit une nouvelle tournée de concerts, véritable course triomphale à travers l'Europe. Il se rendit aussi en Amérique, de 1872 à 1873. Dès 1867, R. n'occupa plus de poste officiel, mais disposa librement de son temps,- il en consacra la majeure partie à la composition, après avoir remporté les plus éclatants- succès, comme pianiste. En 1887, R. reprit, après le départ de Davidoff, la direction du Conservatoire de St-Pétersbourg, mais il l'abandonna de nouveau à la fin de 1890 et, en 1892, nous le trouvons fixé à Dresde, R. fut créé conseiller impérial russe (anobli) et chevalier de l'ordre prussien « pour le mérite » (1891). En tant que pianiste, R. appartenait aux virtuoses de grand style, à ceux qui ne recherchent pas avant tout la netteté et la correction absolues, mais bien une interprétation à la fois intelligente et profondément intense. Son jeu était imposant, entraînant, fascinant. Comme compositeur, il a fait preuve de qualités analogues; ses intentions sont toujours grandioses, son idéal l'entraîne moins vers les belles sonorités que vers l'expression empoignante des passions, il vise moins à la perfection de la forme qu'à la plénitude du contenu. On remarque parfois une certaine prédilection pour le baroque. Cependant on ne peut nier que plusieurs de ses œuvres ne renferment des passages de tendresse intime et de grâce délicate. A l'exception de celui de la musique d'église proprement dite, R. a effleuré tous les domaines et, dans tous, il a créé des œuvres notables, parfois même de réelle valeur. Schumann est bien le maître avec lequel il a le plus d'affinité, tout en étant d'une nature bien plus violente que le grand maître du romantisme. En outre des petits opéras déjà mentionnés, R. écrivit les ouvrages scéniques suivants : Die Kinder der Heide (Vienne, 1861), Feramors (Lalla Rookh; exécuté pour la première fois à Dresde, en 1863, et depuis lors assez répandu en Allemagne, charmant opéra lyrique), Der Dàmon (St-Pétersbourg, 1875). Die Makhabàer (Rerlin. 1870), yero (Hambourg, 1879 ; Berlin, 1880), Kalaschnikov: der Kaufmann von Moskau (St-Pétersbourg. 1880), Sulamith (pièce biblique; Hambourg, 1889: idylle exquise, de couleur orientale fortement accentuée), Unter den Ràubern (1883, opéra-comique en un acte), Gorjusclika (1889), un ballet: Die Rebe (1SS2). Puis viennent des oratorios (opéras bibliques): Der Turm von Babel (Dusseldorf, 1872), Das

verlorene Paradies (op. 54) et Moses (1887); six symphonies : op. 40, 42 (Ozeansymplwhie, en sept parties), 56, 95 (symphonie dramatique), 107 (à la mémoire de la grande-duchesse Hélène) et en la mineur op. 111 ; une Fantaisie (Eroica) pour orchestre ; des tableaux symphoniques : Faust (op. 68), Iwan IV (op. 79) e\ Don Quichoie (op. 87); trois ouvertures de concert {Ouverture triomphale, op. 43; op. 60; Antonius und Oleopatra, op. 116); trois sonates pour violon (op. 13, 19, 98) ; une romance et un caprice pour piano et violon (op. 86) ; une sonate pour alto (op. 49 ; arrangée par David pour violon) ; deux concertos pour violoncelle (op. 18,39); cinq trios avec piano (op. 15 [1-2]» 52, 85, 108) ; un quatuor avec piano (op. 66) ; un quintette avec piano (op. 99) ; dix quatuors pour instr. à archet : op. 17 (1-3), 47 (1-3), 90 (1-2) et 106 (1-2,) ; un quintette pour piano et instr. à vent (op. 55) ; un quintette pour instr. à archet (op. 59); un sextuor pour instr. à archet (op. 97); un octette (op. 9) ; quatre sonates pour piano (op. 12, 20, 41 et 100); un thème avec variations (op. 88) ; six préludes (op. 24); des études (op. 23, 81); cinqbarcaroles: la première en la mineur, la quatrième en sol majeur, parurent séparément; les autres sont en fa min. (op. 30, I), sol min. (op. 50, III) et la min. (op. 93 ; 4me cahier) ; Soirées de St-Pétersbourg, op. 44 (trois cahiers): Miscellanées, op. 93 (neuf cahiers) ; Le bal (op. 14) ; Tarentella (op. 6); Caprices (op. 21) ; Sérénades (op. 22) et d'autres morceaux divers (op. 2, 3, 4,5, 7,10 [Ka menoï Ostrow], 16, 29, 38 [SuiteJ, 37, 69,71, 104, 114 (Akrosticlton), etc. ; puis, à quatre mains : op. 50,89 et 103 (Bal costumé); une fantaisie pour deux pianos (op. 73); cinq concertos pour piano (op. 25 : mi min. ; 35 : fa maj. ; 45 : sol maj. ; 70 : ré min. ; 94 : mi bémol maj.) ; un morceau de concert (op. 113); un concerto pour violon (op. 46); deux concertos pour violoncelle (op. 65, 96). Quelques-uns des nombreux lieder de R. jouissent d'une popularité particulière, ce sont : op. 1, 8, 27, 32 (N« 6, Asra), 33, 34 (Lieder des Mirza ScJiaff)/, et parmi ceux-ci : « Gelb rolltmirzuFiissen der brausende Kur»), 36, 57, 64 (cinq Fables), 72 (entre autres : « Es blinktder Tau »),76, 78, 83, 91 (Wilhelm Meislers Lehrjahre), 101, 105 et 115),- des duos (op. 48, 67) ; des chœurs pour voix d'hommes : op. 31, 61 et74(ces derniers avec orchestre); six chœurs pour voix mixtes (op. 62) ; des scènes vocales avec orchestre : Hekuba et Hagar in der Wiiste (op. 92, nos 1 et 2). R. s'est aussi révélé écrivain vigoureux et mordant dans: La musique et ses représentants (1892). Sa biographie a été écrite par Mac Arthur (Londres, 1889). — 2. Nicolas, frère du précédent, né à Moscou en 1835, m. à Paris le 23 mars 1881 ; fut, pendant son séjour de deux ans à Berlin, élève de Kullak et de Dehn, pour le piano et la composition. En 1859, il fonda la « Société de musique russe », à Moscou, et, en 1864, le Conservatoire de cette ville, qu'il dirigea avec beaucoup de zèlejusqu'à sa mort. Ses compatriotes le regardent comme un pianiste démérite égal à AntoineR.il donna

RUBNER — RUGGI

chaque année une série de concerts très courus, à St-Pétersbourg. Quoi qu'il fût, à l'origine, celui des deux frères qui s'occupa le plus de composition, ses œuvres sont restées peu connues. — 3. Joseph, pianiste, né à Staro Constantinow (Russie), se suicida à Lucerne le 15 sept. 1884 ; sans aucune parenté avec les précédents, il fut élève de Hellmesberger et de Dachs, à Vienne , vécut dans l'intimité de Wagner, à partir de 1872, et contribua à la diffusion des œuvres du maître par de nombreuses transcriptions pour le piano.

Rùbner, Kornelius, né à Copenhague le 26 oct. 1853; pianiste de talent, élève de Gade et de Reinecke, vécut à Baden-Baden jusqu'au moment où, en 1892, il fut appelé à la direction de la « Société philharmonique » de Garlsruhe. R. a écrit un trio avec piano, des lieder, des pièces pour piano, une ouverture de fête, un poème symphonique, etc.

Ruckers, célèbre famille de facteurs de pianos, à Anvers du xvie au xvne s., et dont les représentants les plus connus sont : Hans (l'aîné), appartenant depuis 1579 à la confrérie de St-Luc, m. en 1640. Ses quatre fils sont : Franz, né en 1576; Hans (le cadet), né en 1578; Andréas (l'aîné), né en 1579; et Anton, né en 1581. Citons encore un fils d'André R., s'appelant également Andréas (le cadet) et qui pratiqua de 1636 à 1667 environ.

Rudersdorff , Hermine (Kuchenmeister), cantatrice de renom (soprano), née à Iwanowsky (Ukraine) le 12 déc.1822, m. à Boston le 26 févr. 882. Fille du violoniste Joseph R.(né en 1788, m. en mars 1866, fut concertmeister à Kônigsberg), élève de Bordogni, à Paris, et de Michekout, à Milan, elle débuta dans le Lobgesang de Mendelssohn (1840), au « Gewandhaus » de eipzig. Ensuite, elle accepta des engagements ur les scènes de Garlsruhe, de Francfort s/M. \oi\ elle épousa [1844] le Dr Kuchenmeister), de erlin, (1852, au théâtre de Friedrich-Willhelmstadt), de Londres (1854-1865). Elle finit par se lixer à Boston (1871), où elle fut très appréciée pomme professeur de chant (Emma Thursby ut son élève). Mme R. brilla surtout comme cantatrice scénique.

Rudorff, Ernst-Fr. -K., né à Berlin le 18 anv. 1840, fils du conseiller privé de justice et Drofesseur à l'Université, A.-F. R., fut élève de 3argiel, de 1852 à 1857, pour le piano, passa ses examens de bachelier (1859), se fit inscrire l'Université, mais entra la même année au Conservatoire de Leipzig, où Moscheles et Dlaidy lui enseignèrent le piano et Rietz la 'composition. Plus tard, il prit des leçons particulières de Moritz Hauptmann (composition) et le Karl Reinecke (piano). En 1865, il fut nompé professeur de piano au Conservatoire de Pologne, mais passa quatre ans plus tard à 'Académie royale de Berlin, où il est actuellenent à la tète delà division de piano. En 1880, i prit la place de Max Bruch comme directeur

I-^fe la société de chant « Stern », mais abandonna es fonctions en 1890. R. s'est aussi révélé ompositeur de talent par une symphonie (op.

31, si bémol majeur), deux ouvertures (Màrchenvom blonden Eckberi et Otto der Schiitz, de Tieck), une ballade en trois parties, une sérénade et des variations pour orchestre, des chœurs avec orchestre (Gesang an die Sterne), des chœurs sans accompagnement, des pièces pour piano, des lieder, etc.

Rùfer, Philippe - Bartholomé , pianiste et compositeur, né à Liège le 7 juin 1844; fils d'un musicien allemand originaire d'Aix-la-Chapelle (Philipp R., organiste, né à Rumpenheim [Hesse] le 30 mai 1810, m. à Liège le 30 janv. 1891), élève du Conservatoire de Liège, devint, en 1869, directeur de musique à Essen, mais vit à Berlin depuis 1871. Il y enseigna d'abord le piano au Conservatoire Stern (1871-1872), puis à celui de Kullak (jusqu'en 1875). Depuis le mois d'oct. 1881, il est professeur de piano et de jeu des partitions au Conservatoire Scharwenka. R. s'est fait connaître par une symphonie (fa majeur, op. 23) ; trois ouvertures ; des quatuors pour instr. à archet (op. 20 et 31. [mi bémol majeur]); une sonate pour violon (op. 1); un trio ; deux suites pour piano et violoncelle (op. 8, 13) ; une sonate pour orgue (op. 16) ; des lieder ; des morceaux pour piano, etc. Comme compositeur d'opéras, R. débuta non sans succès à Berlin, en 1887, avec Merlin (texte d'Hoffmann).

Ruff, Heinrigh, né en 1818, m. à Vienne le 20 févr. 1888; professeur de chant estimé, avait été auparavant chanteur scénique.

Ruff o, Vingenzo, maître de chapelle du Dôme de Milan, et plus tard du Dôme de Vérone, sa ville natale ; il a publié : des mottets à cinq voix (1551 ; deuxième édit. 1558), des Messes à cinq voix (1557, rééditées en 1565, 1580) ; des motets à six voix (1555 ; deuxième édit. 1583) ; quatre livres de madrigaux à cinq voix (1550 à 1560 ; édités plusieurs fois) ; Madrigali cromatici a 6,7 e 8 voci con la gionta di cinque canzoni (1554) ; quatre livres de madrigaux chromatiques à cinq voix (1555-1560; cf. Rore), des psaumes à cinq voix (1555, nouv. éd. 1579 et 1588), des Magnificat à cinq voix (1578).

Rufinatscha, Johann, né dans le Tyrol en 1812, m. à Vienne le 25 mai 1893; professeur des plus distingués (I. Brûll est son élève), a composé, entre autres, cinq symphonies, quatre ouvertures, un concerto de piano et des chants pour une et plusieurs voix.

Ruggeri, Giovanni-Martino, compositeur, de Venise, a écrit, de 1696 à 1712, dix opéras et publié : Scherzi geniali ridolti a regola armonica in 10 sonate da caméra a 3 cioè 2 violinie violone ocembalo (1690); Suonate da chiesn a 2 violini e violone o tiorbo con il suo basso continuoper Vorgano (1693) ; un livre d'autres sonates avec un violoncelle au lieu de « violone » (1697), et douze Cantate con e smza violini (1706).

Ruggi, Frangesco, coni|x.sil<Mir el théoricien, né à Naples le 21 oct. 1767, m. dans la même ville le 23 janv. 1845: élèv.- de Fenaroli, au Conservatoire de «San Loreto », fut nommé directeur extraordinaire de la chapelle munici-

HÙHL — RUST

pale de Naples. En 1825, il devint le successeur de Tritto, comme professeur de contrepoint et de composition, au Conservatoire royal. Il eut comme élèves, entre autres, Bellini et Carafa. R. a écrit trois opéras et un grand nombre d'œuvres de musique religieuse très appréciées.

Rûhl, Friedrich- Wilhelm, né à Hanau le 7 fév. 1817, m. à Francfort-s/M. le 6 nov, 1874 ; élève de Sclielble et d'André, fondateur d'une société de chant qui porte son nom («Rùhlscher Gesangverein »), à Francfort-s/M.

Rùhlmann. Adolf-Julius, né à Dresde le 28 févr. 1816, m. dans la même ville le 27 oct. 1877; devint, en 1841, tromboniste de la Chapelle royale et, dès 1873, inspecteur royal des instruments de musique. Membre fondateur (1844) et, depuis 1855, président de la Société des musiciens de Dresde, il fut nommé, en 1856, professeur de piano et d'histoire de la musique au Conservatoire de Dresde. Il a écrit, dans la « Neue Zeitschrifl fur Musik »,-une série d'articles historiques. C'est son fils, le Dr Richard R., qui a publié, en 1882, l'histoire (avec planches d'illustrations) des instruments à archet (Geschichte der Bogeninstrumente), qu'il avait terminée avant sa mort, mais dont l'édition est malheureusement défigurée par un grand nombre de fautes d'impression.

Rummel, Christian, né à Brichsenstadt (Bavière) le 27 nov. 1787, m. à Wiesbaden le 13 fév. 1849 ; chef d'orchestre à Wiesbaden, de 1815 à 1841, fut excellent pianiste, violoniste et clarinettiste. Il a composé différents morceaux pour instr. à vent (un concerto pour clarinette, deux quintettes, etc.). — 2. Joseph, fils du précédent, né à Wiesbaden en 1818, m. à Londres le 25 mars 1880 ; pianiste de la Cour ducale de Nassau, virtuose distingué, a composé de nombreuses œuvres pour piano. — 3. August, frère du précédent, né à Wiesbaden le 14 janv. 1824, m. à Londres le 14 déc. 1886 ; fut un bon pianiste également. — 4. Franz, fils de Joseph R., né à Londres le 11 janv. 1853 ; pianiste distingué, fut professeur au Conservatoire Stern, à Berlin, et entreprend de Dessau, où il est fixé depuis plusieurs années, de nombreuses tournées de concerts.

Rundnagel, Karl, né à Hersfeld le 4 avr.. 1835 ; élève de Spohr, membre de l'orchestre du Théâtre et, depuis 1866, organiste de la Cour, à Cassel. Il est connu par ses nombreux arrangements des œuvres de Spohr et par quelques compositions originales pour orgue.

Rung, Henrik, compositeur danois, né à Copenhague le 3 mars 1807, m. dans la même ville le 13 déc. 1871 ; fut directeur des chœurs de l'Opéra et directeur de la société de Sainte- Cécile, fondée par lui pour l'étude de la musique sacrée ancienne. Auteur de romances qui devinrent populaires et de musique de scène pour un grand nombre de drames.

Runge, Paul, né à Heinrichsfeld (Posen) le 2 janv. 1848 ; élève de l'Institut royal de musique d'église, à Berlin, ainsi que de Julius Schneider, est actuellement (depuis 1873) pro-

fesseur de musique à Colmar, où il dirige différentes sociétés de musique. Il a composé diverses œuvres vocales plus ou moins étendues, avec ou sans accompagnement. En outre, R. a publié, en 1896, un volumineux recueil de mélodies des « Minnesânger» : Die Sangweisen der Colmarer Handschrift und die Liederhandschrif't Donaueschingen (Breitkopf et Hœrtel), intéressant au plus haut degré pour l'histoire de la musique, comme pour celle de la littérature.

Rungenhagen, Karl-Friedrich, né à Berlin le 27 sept. 1778, m. dans la même ville le 21 déc. 1851 ; l'un des nombreux musiciens de « talent » qui ont écrit de bonne musique. Il se fit le soutien de sa famille, privée de son chef, en donnant des leçons de musique. En 1815, il devint sous-directeur de la « Singakademie » ; en 1833, il succéda à Zeller comme directeur, et bientôt après devint membre de l'Académie des Beaux-Arts et maître à l'Institut royal de musique ; il reçut le titre de professeur, en 1843. R. a écrit quatre opéras, trois oratorios, une Messe, des cantates, un grand nombre de motets et d'autres chants sacrés, environ mille lieder des symphonies, des quatuors, etc., etc.

Rust, 1. Friedrich- Wilhelm, né à Wœrlitz, près Dessau, le 6 juil. 1739, m. à Dessau le 28 févr. 1796 ; étudia le droit, à Leipzig, jusqu'en 1762, mais se voua ensuite complètement à la musique. Le prince Léopold III d'Anhalt-Dessau le confia aux soins d'un violoniste alors renommé, K. Hœckh, à Zerbst, puis de Franz Benda, à Berlin (1763). De 1765 à 1766, il l'emmena avec lui en Italie et le fit, en 1775, directeur de musique de sa Cour. R. fut un violoniste remarquable et écrivit pour son instrutrument des œuvres de valeur; une de ses sonates pour violon et piano a été publiée par Ferd. David, une autre pour violon seul (si bémol majeur) par Singer. Plus récemment encore, W. Rust publia une nouvelle édition de quatre sonates pour piano (si bémol min., fa dièse min., ré min., ré bémol maj.) et d'une sonate pour violon (si min.). Les Italiens admiraient beaucoup l'habileté avec laquelle R. jouait du luth. Wilhelm Hosâus a publié, en 1882, une monographie sur R. et sur la vie musicale à Dessau, de 1766 à 1799 (avec un catalogue des œuvres de R.). — 2. Giacomo (Rusti), né à Rome en 1741, m. à Barcelone en 1786; élève du Conservatoire « délia Pietà », à Naples, remplit, dès 1767, les fonctions de maître de chapelle du Dôme, à Barcelone. Il fit représenter une douzaine d'opéras italiens, soit avant son séjour en Espagne, soit pendant un voyage qu'il fit de là à Venise, Milan, etc. On ne connaît aucune de ses œuvres de musique d'église. — 3. Wilhelm-Carl, fils de Fr.-W. R., né le 29 avr. 1787, fut organiste à Vienne, de 1819 à 1827, vécut ensuite à Dessau, comme maître de musique, y publia des pièces pour orgue et pour piano, et mourut le 18 avril 1855.— 4. Wilhelm. petit-fils de Fr.-W. R. (1), né à Dessau le 15 août 1822, m. à Leipzig le 2 mai 1892; élève de son oncle, W.-C R. (3), et plus tard (1843-1846),

RUTHARDT — RYTHME

de Fr. Schneider, vécut d'abord plusieurs années, en qualité de maître de musique, dans la maison d'un magnat hongrois et lit, par hasard, d'importantes trouvailles historiques (la « méthode de piano » de Ph.-E. Bach et la liste des ouvrages que comprenait sa succession). Les troubles de 1848 l'obligèrent à quitter la Hongrie, pour rentrer à Dessau. Mais, l'année suivante, il alla se fixer à Berlin comme maître de musique et devint successivement : membre de la « Singakademie » (1849), membre de la « Bach- Gesellschaft » de Leipzig (1850), organiste de l'église St-Luc (1861), directeur du « Bach-Verein » de Berlin (1862), directeur royal de musique (1864), Dr iihil. hon. c. de l'Université de Marburg (1868) , professeur de théorie et de composition au Conservatoire Stern (1870). En 1878, B. fut appelé à Leipzig, comme organiste de l'église St-Thomas et professeur au Conservatoire, puis, en 1880, il succéda enfin à E.-Fr. Bichter, en qualité de cantor de l'école St-Thomas. B. doit sa renommée et l'honneur qui lui fut dévolu' de continuer la série des hommes remarquables ayant occupé le cantorat de St- Thomas, aux services qu'il rendit à la « Bach- Gesellschaft » ; pendant une dizaine d'années, il rédigea seul la publication des œuvres de Bach, avec un soin exemplaire et un tact admirable dans l'interprétation des passages douteux des manuscrits. Comme compositeur, R. s'est fait connaître spécialement, par des œuvres destinées à l'église.

Ruthardt, 1. Friedrich, hautboïste de l'orchestre de la Cour, à Stuttgart, né en 1800, m. en 1862 ; auteur de diverses pièces pour hautbois, pour cithare et d'un recueil de chorals en deux volumes. Ses fils sont : — 2. Julius, né à Stuttgart le 13 déc. 1841 ; entra, en 1855, comme violoniste dans l'orchestre de la Cour, à Stuttgart, puis devint chef d'orchestre successivement au Théâtre municipal de Biga (1871), à celui de Leipzig (1882) et finalement à celui de Brème (1885). Il a conduit pendant plusieurs saisons (été) l'orchestre du Théâtre Kroll, de Berlin. B. a publié des lieder et écrit la musique pour Hulda, de Bjôrnson. — 3. Adolf, né à Stuttgart le 9 févr. 1849; élève du Conservatoire de Stuttgart, se rendit en 1868 à Genève et y occupa une situation en vue, comme professeur de piano. En 1885, B. rentra en Allemagne où il fut nommé, l'année suivante, maître de piano au Conservatoire de Leipzig. B. a écrit : BasKlavier, ein geschichtlidier Abriss et Chormeisterbiichlein (courtes biographies) ; il a publié la 3e et la 4e éd. du Wegweiser , etc., de Johann-Cari Eschmann. Il s'est révélé compositeur de talent, par des morceaux pour piano (une sonate pour deux pianos, op. 31), un Trio pastoral pour piano, hautbois et alto (op. 34), etc.; de plus, il s'est chargé du travail de révision d'un grand nombre d'œuvres, pour l'Edition Peters.

Ryba, Jacob- Johann, né à Przesstiez, en Bohême, le 26 oct. 1765, m. à Boczmittal, où il était directeur du gymnase, en 1815; compositeur très fécond, mais dont aucune œuvre n'a laissé

de trace durable. On connaît de lui des Messes, des motets, d'autres morceaux de musique d'église, des opéras, des mélodrames, des sérénades, des symphonies, des concertos, de la musique de chambre pour toutes sortes d'instruments, etc.

Rythme (ail. Rhylhmus ; ital. rilmo). La théorie du r., ou rythmique, a pour objet l'étude des effets artistiques résultant des relations de durées des sons (longues et brèves); la rythmique ne doit, par conséquent, point être confondue avec la métrique , qui s'occupe des relations des sons au point de vue de leur accentuation. Toutefois, il va de soi que l'étude du r. et celle du mètre sont aussi inséparables que celle de l'harmonie et de la mélodie. De même qu'une théorie de la mélodie ne peut être logiquement développée, si l'on fait abstration de la valeur harmonique des sons ; de même, une théorie du r. reste impraticable ou tout au moins stérile, si l'on ne considère pas également la position métrique des durées. En effet, l'esthétique est bien vite au bout de ses recherches, soit sur les effets de l'élément mélodique pur, c.-à-d. du changement continu, non gradué, d'élévation du son, soit sur ceux du r. pur, consistant en l'alternance de longues et de brèves, sans ordonnance symétrique. Nous résumerons ici, en quelques mots, les points principaux de la théorie du r. La longue, par opposition à la brève, produit un effet d'apaisement ; la brève, par opposition à la* longue, produit un effet d'excitation. La succession d'un grand nombre de brèves a quelque chose d'instable, d'agité; celle d'un certain nombre de longues, quelque chose de noble, de solennel, voire même de déprimant, d'écrasant. L'antiquité ne séparait pas la théorie des temps forts et des temps faibles, telle que nous l'avons exposée au mot « métrique », de celle des longues et des brèves ; elle prenait comme éléments de la théorie simultanée du mètre et du r. des « pieds » poétiques que nous devrions considérer comme autant de schèmes de mesures (formations métriques remplissant une mesure), mais de mesures qui renferment déjà un r. précis :

Trochée h (longue, brève)

ïambe S J (brève, longue)

Dactvle

J~ (longue, brève, brève)

Amphibraque ,^J ," (b., 1., b.)

Anapeste

Spondée

Pyrrhique

Ionique

Choriambe

J JJJ

jr/J

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