MU ANGES
Soldat, Marie, violoniste éminente, née à Gratz le 25 mars 1864 ; élève de Pleiner et de Pott, à Gratz, puis de Joachim, à Berlin. Elle a épousé, en 1889, le notaire Bôger, à Vienne, et continue, depuis lors, ses tournées de concerts, sous le nom de Mme Soldat-Roger.
Solfa, V. SOLMISATION, et TONIG SOLFA ASSO- CIATION.
Solfège (ital. solfeggio), exercice vocal destiné à développer chez le musicien la faculté d'appréciation et d'intonation des intervalles, ou encore exercice de lecture musicale. Les conservatoires de France, de Belgique, de Suisse considèrent le s. comme un cours élémentaire, indispensable à tous les élèves des classes instrumentales, aussi bien que des classes vocales; malheureusement, cet enseignement est très négligé dans beaucoup d'autres pays. Les exercices de chant qui portent le nom de s. s'exécutent généralement sur les syllabes : do (ou ut), ré, mi, fa, sol, la, si (ce qu'on appelle « solfier »), ce qui en fait, en même temps, des exercices de vocalisation. Cf. vocalise.
Solié, Jean-Pierre (proprement: Soulier), chanteur scénique et compositeur, né à Nîmes en 1755, m. à Paris le 6 août 1812 ; fut d'abord ténor et chanta àXîmes,puis à l'Opéra-Comique (Comédie italienne) de Paris, sans grand succès. Mais sa voix se transforma peu à peu en un baryton bien sonore, genre de voix jusqu'alors inconnu dans l'opéra-comique. Les compositeurs écrivirent des rôles pour lui ; il devint le héros du jour. En 1790, S. se révéla luimême compositeur et écrivit, jusqu'en 1811, environ trente-quatre opéras comiques en un acte, qui n'eurent pas tous le même succès. Quelques-uns ont été gravés : Le Jockey, Le Secret, Le Chapitre second, Le Diable à quatre
et Mademoiselle de Guise. Son fils, Emile écrivit des brochures historiques sur les théâtres lyriques de Paris.
Solle, Friedrich, né à Zeulenroda (Thuringe en 1806, m. dans la même localité, où il avait été cantor, le 5 déc. 1884. Parmi ses nombreu ses compositions, S. fit paraître une méthode de violon, qui a eu huit éditions consécutives.
Solmisation, méthode étrange dont l'usage se perpétua à travers plusieurs siècles, pour inculquer aux jeunes musiciens la connaissance des intervalles et des gammes ; on l'attribue à Guy d'Arezzo (vers 1030), en tout cas elle était, chose certaine, déjà très répandue en 1100. Il y a évidemment corrélation étroite entre la s. et la musica ficta qui fit son apparition au même moment, autrement dit entre la s. et l'usage de sons chromatiques, étrangers à l'échelle fondamentale. La s. suppose chez ceux qui la mirent en vigueur une intuition certaine de l'essence vraie de la modulation, c.-à-d. du passage dans des tons transposés, correspondant à notre sol maj., fa maj., etc., qui ne sont rien autre que des imitations de l'échelle d'ut maj. à partir d'autres degrés. Les six sons de l'hexacorde naturel (c, d, e, f, g, a) reçurent, dans le système de s., les noms : ut, ré, mi, fa, sol, la (sylla bes empruntées au début de chacun des vers de l'hymne àSt-Jean : Ut queant Iaxis Resonare* fibris, Mira gestorum Yamidi tuorum, Solue polluti Labii reatum, Sancte Johannes) ; mais cette même série de syllabes pouvait très bien s'adapter aussi à l'hexacorde commençant par / ou g, de telle sorte que / ou g devenait ut, g ou a la, etc. On s'aperçut alors que, lorsque a devenait mi, la marche suivante (mi fa) faisait atteindre un autre son que le mi de l'hexacorde commençant par g z=z.ut, et ce fut ainsi que l'on arriva à faire comprendre la distinction en1^ b et h (B rotundum ou molle [j?] et B quadra-l tum ou durum [jj|] ; cf. altération). Chaque fois que l'on dépassait le son a à l'aigu (en prenant soit &,soit h), il fallait passer de Yhexa cordum naturale, soit dans celui qui commence par /'(avec B molle [{?], d'où son nom de hexa cordum molle), soit dans celui qui commence! par g (avec B durum [fr], d'où son nom m hexacordum durum); dans le premier cas, le passage de g à a apparaissait comme sol-mi dans l'autre comme sol-ré. C'est du premier que vient le terme même de s. Chaque changement d'hexacorde portait le nom de muanck (v. ce mot). On faisait usage de la « main harmonique » (v. ce mot et Guy d'Arezzo) pour faciliter la démonstration de la s. La s. ne fut jamais très répandue en Allemagne, par contre les syllabes de s. refoulèrent complètement, en France et en Italie, les dénominations alphabétiques des sons, surtout lorsque les muances purent être supprimées, grâce à l'adoption d'une septième syllabe (si, initiales de Sancte Johannes) pour le son )i qui n'avait pas de nom spécial dans le système de s. Cf. bobisations. On se servit aussi fort longtemps, ett France et en Italie, des noms composés C solfaut, C soir eut, etc., pour cette raison bien sim-