SONATE
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Les numéros d'ordre des harmoniques inférieurs représentent la longueur relative des cordes qui produisent ces sons; les rapports des vibrations seraient exprimées par la série de fractions simples : 1, 1/2 1/3, etc. Dans le sens inverse, les rapports de longueur des cordes seraient exprimés pour les sons de la série supérieure, par la même série de fractions simules ; ainsi, par ex., l'octave ut1 : ut'2, dans le sens de la série harmonique supérieure ut1 étant égal à 1), sera désignée au point de vue du nombre relatif des vibrations par 1 : 2, à celui de la longueur des cordes par 1: 1/2 ; cette même octave, dans le sens de la série harmonique inférieure (ut'2 étant égal à 1) le sera au point de vue du nombre relatif des vibrations par 1 r1/^ à celui de la longueur des cordes par 1 : 2. Les sons 1, 2, 3, 4, 5, 6. 8, 10, 12, 16, etc. et, d'une manière générale, tous les sons de la série larmonique intérieure qui correspondent à des octaves graves des sons 1, 3 et 5 de cette série, sont des éléments de I'accord mineur construit sous ut, de I'harmonie naturelle inférieure d'ut; ces chiffres sont, au-dessous de la fondamentale, les mêmes que ceux qui, au-dessus d'elle, nous fournissaient l'harmonie supérieure (l'accord d'ut majeur, dans l'exemple donné plus haut). Les harmoniques inférieurs 7, 11, 13 et, d'une manière générale, tous ceux qui, à partir du son 7, correspondent à des nombres premiers sont aussi peu utilisables pour les formations harmoniques que ceux qui se trouvent dans les mêmes conditions, dans la série harmonique supérieure. Les harmoniques correspondant à des produits (9 — 3.3; 15 = 3.5; etc.) sont, en tant que sons harmoniques inférieurs secondaires, tout aussi dissonants, par rapport à la fondamentale de l'harmonie inférieure, que les harmoniques supérieures secondaires par rapport à la fondamentale de l'harmonie supérieure. Ces harmoniques secondaires sont considérés comme se rapportant au sonfondamenlal non point directement, mais par 'intermédiaire de sons partiels d'ordre primaire dont ils sont à leur tour les harmoniques primaires, autrement dit, la présence simultanée dans l'accord d'harmoniques inférieurs primaires et secondaires produit une dissonance, par le fait de la représentation simultanée de deux harmonies naturelles. Cf. succession, dissonance, intervalle, accord.
Sonate (ital. sonata, suonata, morceau sonore), primitivement, c.à-d. lors des premiers développements d'une musique instrumentale indépendante (v. musique instrumentale), dénomination générale pour tout morceau instrumental (le terme de toccata s'adaptait particulièrement aux morceaux pour instr. à clavier), par opposition à cantate (cantata, mor-
ceau vocal). Le premier compositeur qui fit usage du terme de s. fut Andréa Gabrieli, dont les Sonate a 5 istromenti (1568) sont malheureusement perdues ou, tout au moins, égarées. Par contre, quelques s. de son neveu, Giovanni Gabrieli, nous ont été conservées (1597 et 1615). Ces anciennes s. sont des morceaux pour plusieurs instruments (violons, violes, cornetti et trombones), dont la facture repose non pas sur l'emploi des imitations libres, comme dans la & canzone », mais sur le déploiement d'harmonies pleines et sonores ; elles avaient pour but pratique de servir d'introduction à une œuvre vocale religieuse. Plus tard, la s. (synonyme alors de symphonia) apparaît aussi comme introduction de la cantate. Vers le milieu du xvne s. (Biagio Marini, 1655), les musiciens commencèrent à établir une distinction entre la sonata da chiesa (s. d'église) et la sonata da caméra (s. de chambre) ; la première resta fidèle aux principes de son origine, conserva des rapports assez intimes avec la musique vocale religieuse et exclut, en apparence du moins, les formes de danses. Celles-ci, par contre, adoptées déjà par la « suite » dont la forme se développa d'abord sur le luth et sur le clavecin, servirent de base à la s. de chambre. Une autre distinction s'établit encore entre ces deux sortes de s., la première faisant usage de l'orgue, l'autre du clavecin pour la réalisation de la basse chiffrée. L'emploi des instr. à vent fut bien vite abandonné et la s. de une à trois parties, avec « continuo », cultivée avec zèle, devint une sorte de prérogative des instr. à archet (Vitali,Torelli, Corelli). Toutefois la s. à un grand nombre de parties instrumentales (surtout d'instr. à vent) se perpétua quelque temps encore pour les cortèges, la musique de table et diverses circonstances mondaines analogues (cf. Pezel). Vitali écrivait déjà ses sonates à trois parties (1667) en quatre et cinq mouvements, alternant entre Allegro {presto, vivace) et Grave (largo, adagio). La facture de la s. d'église brisa de plus en plus les liens qui l'enchaînaient au style vocal ; la figuration en devint plus variée et plus mobile, caractéristique essentielle du style instrumental. Cette transformation ne fit qu'accélérer l'introduction dans la s. des éléments de la suite (balletto). Enfin Johann Kuhnau (v. ce nom) transporta la dénomination de s. à des œuvres pour clavecin, dont la forme offrait de grandes analogies avec la sonata da chiesa, tell»1 qu'elle était sortie de l'évolution que nous venons d'jndiquer. La fusion des deux sortes de sonates s'opéra graduellement,soit dans le domaine de la musique de piano: Domenico Scarlatti, J.-S. Bach et ses fils Friedemann, Philipp-Emanuel, Johann-Christian et Joseph Haydn, soit dans celui
SONATINE — SOPHANO
de la musique de violon : Locatelli, Veracini, Tarlini. Ces maîtres introduisirent petit à petit, dans le premier mouvement (devenu caractéristique de la s.), le « second thème », contrastant avec le thème principal, puis ils utilisèrent une nouvelle méthode de développement des thèmes (divisés, réduits à leurs éléments primitifs, plutôt que simplement répétés dans d'autres tonalités). Cf. formes, musique instrumentale, style galant, etc. Après avoir été fixée définitivement par Haydn, Mozart et Beethoven, la forme de la s. est devenue la forme type de toute œuvre de musique de chambre instrumentale (violon et piano ; piano, violon et violoncelle [trio avec piano] ; quatuor pour instr. à archet, etc.) et de musique orchestrale (symphonie); le premier allegro de chacune de ces œuvres cycliques, tout particulièrement, revêt toujours la forme absolue de la sonate. Cf. J.-S. Shedlock, Die Klavier-Sonate (éd. angl. 1896 ; éd. ail. 1897; chez Augener et Ce, à Londres).
Sonatine, c.-à-d. petite sonate, de compréhension et d'exécution faciles. Le premier mouvement de la s. n'a généralement point de partie de développement, ou, s'il en a une, cette partie est réduite à des proportions minimes. La s. comporte rarement quatre mouvements (généralement deux ou trois).
Sonnleithner, 1. Christoph, Dt jur. et écrivain juridique, doyen de la Faculté de droit à l'Université de Vienne ; né à Szegedin (Hongrie) le 28 mai 1734, m. à Vienne le 25déc. 1786. S. fut un amateur zélé de musique et lui-même compositeur ; parmi ses nombreuses œuvres de musique de chambre et d'orchestre, on n'a publié que quatre quatuors pour instr. à archet. — 2. Joseph, fils du précédent, né à Vienne en 1765, m. dans la même ville le 25 déc. 1835 ; fut d'abord commissaire de district et secrétaire du théâtre de la Cour, puis, plus tard, conseiller du gouvernement. Il fut l'un des membres fondateurs de la « Société des Amis de la musique » et du Conservatoire, et remplit les fonctions de secrétaire de ces deux sociétés jusqu'à sa mort. S. légua à la « Société des Amis de la musique » sa collection d'instruments et sa bibliothèque. Il a publié, en 1794, 1795 et 1796, un « Wiener Theateralmanach », qui contient des notices intéressantes. Son plan d'une grandiose publication des œuvres de compositeurs anciens et modernes, qui devait réunir soixante volumes, ne put être mis à exécution. S. découvrit, en 1827, l'antiphonaire de St-Gall, noté en neumes, dont on a tant parlé et qui, datant du ixes., doit être une copie de l'antiphonaire qu'y avait apporté Romanus, en 790, sur le'désir de Charlemagne. Cf. Lambillute. — 3. Leopold von, Dr fur., né à Vienne le 15 nov. 1797, m. dans la même ville le 4 mars 1873; petit-fils de Christoph de S. et neveu de Joseph de S., doit être mentionné dans chaque dictionnaire de musique à la place d'honneur, car c'est à lui que revient le mérite d'avoir provoqué la publication de la première œuvre. de Schubert (Erlkonù/), en engageant, en 1821, quelques amis de l'art (parmi lesquels son père, le Dr jur. Ignaz von
S.) à en payer les frais d'impression. S. était lié| avec Schubert ; c'est dans la maison de soi père que furent exécutées pour la première fois! plusieurs œuvres encore manuscrites du maî-l tre : Prometheus, Gesang der Geister ûber den\ Wassern, Der 23. Psalm, etc.
Sontag , Henriette - Gertrude - WalpurgisJ célèbre cantatrice, née à Coblence le 3 jailv. 1804,[ m. à Mexico le 17 juin 1854 ; fut destinée, dès] son enfance, au théâtre, et ses parents, qui étaient acteurs, la firent jouer plusieurs rôlesl d'enfant. Lorsque, en 1814, son père mourut/ sa mère partit pour Prague, où S. fut admise au Conservatoire à l'âge de onze ans déjàl (l'âge réglementaire était douze ans), et eut pour! maîtres Friebensee,Pixis, Bayer et Mme CzezkaJ Elle se fit entendre en 1820, sans attirer parti-| culièrement l'attention, alternativement à l'Opéra italien et à l'Opéra allemand de Vienne. Sî réputation date de son engagement à LeipzigJ (1824), où elle cueillit ses premiers lauriers dans les grands rôles de * Freischûtz » ejJ d' « Euryanthe » ; mais elle n'y resta que peuj de temps et passa au théâtre de « Konigsstadt»J à Berlin (1824). En 1826, elle reçut un congé etf se rendit pour la première fois à Paris, où ellej fit sensation dans le rôle de Rosine du « Barbier de Séville ». Elle s'y montra même supérieure à la Catalani, surtout dans les variations! que Rode avait écrites pour la « leçon de chant» \ En 1827, elle résilia son contrat de Berlin, pourj prendre un engagement à l'Opéra italien del Paris, puis, l'année suivante, elle épousa se-| crètement, à Londres, l'ambassadeur de Sardaigne à La Haye, le comte Rossi, qu'elle connaissait déjà depuis Berlin, où il avait été secrétaire d'ambassade. En 1830, enfin, elle quittaj le théâtre. Elle avait été auparavant déjà anoblie par le roi de Prusse (Mlle de KlarensteinU Elle se fit entendre encore pendant longtemps! dans les concerts et, toujours, fut accueillie avec enthousiasme. De 1837 à 1848, elle habita St-Pétersbourg, où son mari était ambassadeur.; Des revers de fortune l'obligèrent à embrasser de nouveau sa carrière d'artiste ; elle chanta alors dans divers concerts, à Bruxelles, Paris et Londres, puis se rendit en Amérique, en 1852. En 1854, elle accepta un engagement splendide à l'Opéra italien de Mexico, mais fut enlevée bientôt après par le choléra. L'ouvrage de Gundling : Henriette S. (1861, 2 vol.) est un roman, qui décrit librement la jeunesse de la cantatrice. Cf. aussi Rellstab. L'acteur Karl S était son frère.
Sontheim, Heinrich, chanteur scénique (fort ténor) né à Bebenhausen, près de Stuttgart, en 1820; fut engagé successivement à Zurich (1840-1843), à Carlsruhe et, dès 1856, au Théâtre de la Cour, à Stuttgart. Il se fit connaître avantageusement aussi par des tournées de représentations (Vienne, Munich, Berlin) et se relira en 1872, à la suite d'une affection de la gorge.
Sopra (ital.), en haut ; corne s., comme plus haut (dans un passage noté déjà une fois).
Soprano (ital. et franc, [aussi dessus] ; lat.