BERLIOZ
nève (1863), dont il devint peu après directeur ; mais il n'y resta que peu d'années et se rendit à Londres. C'est dans la capitale anglaise qu'il a élu définitivement domicile, il s'y voue aujourd'hui encore à l'enseignement. B. a écrit une quantité d'études, un cahier d'exercices, des morceaux de genre, un concerto pour piano, etc.
Bergt, GHRisTiAN-GoTTLOB-AuGusT,né àOederan près Freiberg le 17 juin 1772, m. à Bautzen le 10 févr. 1837 ; fut organiste (à partir de 1802), maître de musique au séminaire et directeur de la Société de chant à Œ>autzen. Il a écrit une quantité d'œuvres, publiées en grande partie : un oratorio de la Passion, un Te Deum, des cantates et diverses œuvres de musique religieuse, des symphonies, des quatuors, des trios, des variations pour piano, plusieurs opéras, des duos, des ballades et des lieder de moindres dimensions.
Bériot. 1. Charles-Auguste de, violoniste virtuose de grand talent, né à Louvain le 20 févr. 11802, m. à Bruxelles le 8 avr. 1870; n'eut à vrai jdire aucun professeur de renom et ne dut sa virtuosité qu'à un don spécial, à un zèle infatigable et aux solides notions élémentaires que !lui inculqua son tuteur, Tiby, maître de musique à Louvain. Lorsque Viotti entendit le jeune B., en 1821, celui-ci était déjà en possession d'un talent personnel et fort développé ; il entra bien au Conservatoire de Paris dans la classe de Baillot, mais ne tarda pas à s'apercevoir que l'enseignement de ce maître ne faisait que reretarder la parfaite éclosion de son individualité. Son premier concert à Paris réussit à merveille, ce qui permit à B. d'entreprendre aussitôt en Angleterre une tournée de concerts, également couronnée de succès. De retour dans sa 'patrie, il fut nommé premier violon-solo du roi |des Pays-Bas, avec un traitement annuel de 2000 florins. Mais la révolution de 1830 le priva (brusquement de cette source de revenus et il 'dut entreprendre de nouveaux voyages, cette fois en compagnie de Mme Garcia-Malibran [dont la méthode de chant ne fut peut-être pas [sans influence sur son jeu. Il épousa enfin |Mme Garcia-Malibran, mais celle-ci mourut, en ,1836, peu après la naissance d'un fils (v. B. 2). [B. vécut un certain temps dans la retraite, puis entreprit, en 1840, une nouvelle tournée en Allemagne. Trois ans plus tard il fut nommé professeur de violon au Conservatoire de Bruxelles, mais, devenu aveugle et atteint de paralysie du bras gauche, il dut se retirer définitivement en 1852. Ses oeuvres principales sont : sept concertos de violon, une Méthode de violon en trois parties (1858), plusieurs sonates, des thèmes variés, un grand nombre d'études pour violon, quelques trios et d'innombrables arrangements (en partie en collaboration avec Osborne) et fantaisies sur des airs d'opéras. — 2 Charles- Wilfried de, fils du précédent, né à Paris le 12 févr. 1833, pianiste et compositeur de talent. Professeur à l'Ecole de musique classique, fondée' par Niedermeyer, à Paris (1886) puis titulaire d'une classe supérieure de piano au Conservatoire de Paris (1887). B. a publié des Opé-
ras sans paroles pour piano et violon, une Méthode a" accompagnement pour piano et violon et L'art de V accompagnement appliqué au piano (les deux derniers ouvrages en collaboration avec son père). B. est chevalier de l'ordre de Léopold (1855) et officier d'Académie (1886).
Berlijn, Anton, né à Amsterdam le 2 mai 1817, m. le 16 janv. 1870; élève de L. Erk, fut directeur de musique à Amsterdam, composa 9 opéras, 7 ballets, un oratorio (Moïse), des symphonies et un grand nombre d'œuvres moins importantes. Son nom ne se répandit point hors des frontières de la Hollande.
Berlioz, Louis-Hector, né à la Côte-Saint- André (Isère) le 11 décembre 1803, mort à Paris le 8 mars 1869 ; fils de médecin, devait se vouer lui-même à la carrière médicale, mais passa vite, malgré l'opposition de ses parents, de l'université au conservatoire. Son père lui refusa alors la pension mensuelle qu'il lui avait toujours servie, et le jeune musicien dut gagner péniblement sa vie, comme choriste au théâtre du Gymnase dramatique. Il quitta cependant le Conservatoire au bout de peu de temps ; les lois d'une forte éducation musicale ne convenaient point à son imagination surchauffée, à laquelle il entendait du reste donner libre carrière. B. avait déjà composé une Messe avec orchestre, exécutée pour la première fois à l'église Saint-Roch, les ouvertures de Waverley et des Francs-Juges, les Huit scènes de Faust et la Symphonie fantastique (Épisode de la vie d'un artiste), lorsque, en 1830, sa cantate Sardanapale lui valut le premier grand prix de Rome. Il était rentré auparavant au Conservatoire, dans la classe de Lesueur, afin de pouvoir se présenter au concours et concourait alors pour la quatrième fois. L'ouverture du Roi Lear et le poème symphonique avec chant, Lélio ou le Retour à la vie, sorte de pendant à la « Symphonie fantastique », datent du séjour de l'auteur -à Rome, ainsi que l'ouverture de Rob-Roy (détruite), une Messe dans le Resurrexit de laquelle M. J. Tiersot a retrouvé (1895) les premières esquisses du célèbre « Tuba mirum » du Requiem. B. se faisait en même temps une réputation d'écrivain à la plume facile, spirituelle et mordante, par des feuilletons musicaux du Correspondant, de la Revue européenne, du Courrier de l Europe, du Journal des Débats et, à partir de 1834, de la Gazette musicale de Paris, qui venait d'être fondée. Il cherchait ainsi, par la parole et par les actes, à introduire un nouveau genre auquel s'adaptait par conséquent un nouveau style, genre très discuté de nos jours encore mais dont les principes sont en majeure partie admis : la musique dite descriptive, ou plus exactement programmatique. A l'étranger, ce fut Franz Liszt qui le premier embrassa les idées du novateur français, se les appropriant et leur imprimant à son tour un cachet personnel. En 1843, B. se décida à voyager, il parcourut l'Allemagne puis l'Autriche (1845) et la Russie (1847), faisant entendre ses œuvres dans les principales villes ; et si parfois l'opposition fut vive, toujours du
BERMUDO — BERNARD
moins l'intérêt se manifesta réel et profond. C'est en vain que B. avait espéré obtenir une place de professeur de composition au Conservatoire de Paris ; il dut se contenter du poste de conservateur (1839), puis de celui de bibliothécaire (1852) qu'il conserva jusqu'à sa mort. La consécration de la gloire devait être refusée à B. durant toute sa vie, à Paris du moins, et c'est tout récemment que l'on commença à comprendre, à exagérer même l'importance de son œuvre. Ce vaillant lutteur contribua certes à l'anéantissement .de maint préjugé ; mais son plus grand mérite est d'avoir enrichi la palette orchestrale de nouveaux effets, d'avoir insufflé une vie nouvelle à l'art de l'orchestration. Son Traité d'instrumentation et d'orchestration modernes (1844 ; éd. allemande par Dorffel, 1864, et par Grùnbaum, s. date) était resté, en dépit de diverses tentatives plus récentes, le meilleur du genre (cf. Gev.ert). Il faut encore mentionner, outre les œuvres déjà citées : le grandiose Requiem (écrit pour les funérailles du général Damrémont en 1837. au dôme des Invalides) ; Harold en Italie (symphonie, 1834) ; Roméo et Juliette (symphonie avec chœurs et solos, 1839); le Te Deum à triple chœur avec orchestre et orgue ; les opéras Benvenuto Cellini (1838), Béatrice et Benedict (Bade, 1862) ; les Troyens, tragédie lyrique en deux parties : La prise de Troie (Karlsruhe, 1890) et Les Troyens à Carthage (Paris, 1863) ; une légende dramatique, la Damnation de Faust ( 1846)," une Trilogie biblique, L'enfance du Christ (l.Le songe d'Hérode, 2. La fuite en Egypte, 3. L'arrivée à Sais, 1854) ; Symphonie funèbre et triomphale, pour musique d'harmonie, orchestre à cordes et chœur ad libitum, (écrite en 1840, pour l'inauguration de la colonne de Juillet) ; Le cinq Mai, pour solo de basse, chœurs et orchestre (pour l'anniversaire de la mort de Napoléon; (Carnaval romain (seconde ouverture pour « Benvenuto Cellini »); un certain nombre de mélodies avec piano ou orchestre, entre autres les Nuits d'été (six mélodies), La Captive, etc. Il faut ajouter à cette longue liste d'œuvres, les écrits suivants : Voyage musical en Allemagne et en Italie (1844, 2 vol.), les Soirées de l'orchestre (1853), les Grotesques de la musique (1862), A travers chants (1862), et d'autres encore ; tous furent traduits en allemand par R. Pohl et parurent réunis en quatre volumes en 1864. Les Mémoires (1870, 2me éd. 1878 : 2 vol.) qui contiennent un certain nombre de lettres écrites par B. au cours de ses voyages, et la Corresponda nce inédite (1878) sont des ouvrages posthumes. Cf. Ad. Jullien, Hector B. (1882. un ouvrage de valeur); Edm. Hippeau, B. l'homme et l'artiste (1883-1885 ; 3 vol.) ; id., B. et son temps (1KVI2): Krnsl, L'œuvre dramatique d'Hector B. (1884) ; Ehlert, Lettres sur la musique à une amie (trad. par Grenier, 1878); Pohl, Hector B. Studien und Erinnervmg&n (1887i). Deux monuments furent élevés ù lu mémoire de B., l'un à Paris en 1886, L'autre dans sa ville natale en 1890.
Bermudo, Juan, né prés d'Astorga (Espagne)
vers 1510, rédigea une encyclopédie descriptive des instruments de musique, Declaracion de instruments, dont un volume seulement parut (1545) ; le reste du manuscrit se trouve à la Bibliothèque nationale, à Madrid.
Bernabeï. 1. GiusEPPE-ERCOLE,né à Gaprarola (Etats de l'Eglise) en 1620 env., m. à Munich en 1687; élève de'Benevoli, maître de chapelle de St-Jean-de-Latran (1662-1667), de St-Louis-des- Français, du Vatican où il succédait à Benevoli (1672), puis successeur de Kerl, à Munich (1674), en qualité de maître de chapelle et déconseiller du prince électeur de Bavière. B., comme compositeur, se rattache à l'école de Rome. A part cinq opéras, tous représentés à Munich, il écrivit surtout de la musique d'église : des Messes, des psaumes, des offertoires de 4 à 16 voix sont | conservés dans les archives du Vatican; des! motets (1660) et des madrigaux (1669 ; 2 livres à I 3 et à 5 et 6 voix) furent seuls publiés. — 2. Giu- 1 seppe- Antonio, fils du précédent, né à Rome en j 1659, m. à Munich le 9 mars 1732 ; second maître j de chapelle à Munich (1677), puis successeur dej son père comme maître de chapelle de la courl de Bavière (1688). Il a écrit quinze opéras pour! le théâtre de Munich, et un certain nombre dej Messes. «
Bernacchi, Antonio, né à Bologne en 1690,| m. en mars 1756; célèbre sopraniste, élève del Pistocchi, chanta de 1716 à 1717 déjà à LondreM puis à Munich, à Vienne et de nouveau à Londres i où Haendel le présenta en 1729 à la place del Senesino, comme le chanteur italien le plus re-j nommé. Il acquit une certaine célébrité par lai manière toute spéciale dont il ornait son chant.1 En 1736, il rentra à Bologne pour y fonder unel école de chant. Le Conservatoire de Paris pos-l sède de lui quelques compositions manuscritesl pour chant. La méthode publiée en 1834 pari Manstein, sous le titre : Grosse GesangschuleË des B. von Bologna, n'est pas de B. lui-nième,| mais a pour but de remettre en honneur sa mé-l thode, pour autant du moins que la tradition enl avait été conservée.
Bernard. 1. Emery, né à Orléans, publia uneB méthode de chant (1541, 1561, 1570). —2, Moritz. j né en Courlande en 1794, m. à St-Pétersbourglel 9 mai 1871; élève de J. Field et de Hasslerà Moscou, maître de la chapelle du comte Potockil en 1816, puis maître de musique à St-Péters-I bourg en 1822, fonda dans cette dernière ville! un commerce de musique (1829) qui acquit unel grande réputation. 11 a publié des morceaux del piano et composé un opéra russe, Olga. — I 3. Paul, né à Poitiers le 4 oct. 1827, m. à Paris i où il était maître de musique, le 24 févr. 1879 I élève du Conservatoire de Paris, publia un«B quantité de morceaux de piano, de mélodies, etcl Il se fit connaître aussi comme critique musicaB du Ménestrel et de la Revue et Gazette musim cale. — 4. Daniel, né en 1841, musicographe etj comme le précédent, collaborateur du Ménestrel mourut à Paris en juin 1883. — 5. Emile. oyM niste et compositeur distingué, né à Marseille en 1845. fit toutes ses études musicales au Cop servatoire <!<• Paris, où il remporta successive