STADE
ravant, S. avait accepté l'offre du roi Frédéric- Guillaume III de le mettre à la tête des institutions musicales de Berlin ; au printemps 1820, il entra dans ses nouvelles fonctions, comme compositeur de la Cour et directeur général de musique. S. était déjà connu comme compositeur à Berlin ; Julie, Milton, La Vestale et Ferdinand Cortez y avaient été représentés. Il donna la preuve la plus éclatante de son talent de chef lors des répétitions et de la représentation de Cortez, avec lequel il fit son entrée. Ensuite vinrent: Lalla Rookh (1821, pour une fête de la Cour), transformée peu après en Nurmahal oder das Rosenfest von Kaschmir (on y trouve une « Bacchanale » composée pour les «Danaïdes »), puis après un long voyage en Italie : Alcindor (1823) et Agnes von Hohenstaufen (1829). Sur ces entrefaites, S. laissa trop percer les mauvais côtés de son caractère; un autoritarisme sans frein et une immense vanité le firent souvent abuser de ses fonctions et lui créèrent toujours plus d'ennemis. Il entra en conflit avec l'intendance générale et, grâce à sa violence et à son imprudence, il fut sur le point d'être puni d'arrêts dans une forteresse. Son activité finit, à Berlin, d'une triste façon ; en effet, le public de cette ville, qui le détestait, le força pendant une représentation de « Don Juan » à quitter son pupitre et à se retirer. S. fut mis à la retraite, en perdant à la fois titres et traitement (1841). En 1842, il quitta Berlin et vécut dès lors surtout à Paris ; mais il ne composa plus, et le souvenir de son humiliation ne l'abandonnait pas. Dans les dernières années de sa vie, S. fut atteint de surdité et d'une grande faiblesse de mémoire. Dans l'espoir de rafermir sa santé chancelante, il se rendit en Italie et, en dernier lieu, dans son village natal, Majolati, où il mourut dans les bras de son épouse. S. avait été créé I)T hon. c. par l'Université de Halle ; il avait été nommé, en 1833, membre de l'Académie de Berlin et, en 1835, de celle de Paris; il fut chevalier de l'ordre prussien « pour le mérite » et de plusieurs autres ordres. Des notices biographiques sur S. ont été écrites par Loménie ( Un homme de rien, 1841), Œttinger (1843), Montanari (1851) et Raoul Pochette (1852).
Square piano (angl.), piano carré (ail. Tafelhlavier).
Ssaffieddin Abdolmumin , Ben Fachir el Ormewi el Bagdadi, le plus grand des théoriciens perso-arabes de la musique, du xme au xive s., le « Zarlino » des Orientaux. Arabe de naissance, mais fondateur de l'école persane, il écrivit pour Scherefeddin Harun, le fils du vizir mongol Schemseddin, un grand ouvrage théorique : Schereffîje, qui est cité comme une autorité par tous les théoriciens perso-arabes (Mahmoud Schirasi, Abdolkadir, etc).
Stabat Mater, l'une des rares séquences (v. ce mot) qui soient encore en usage de nos jours, dans l'Eglise catholique. Le texte, qui a pour auteur Jacoponus (m. en 1306),a été mis en musique des façons les plus diverses, par un très grand nombre d'auteurs des quatre derniers
siècles. Les S. M. les plus célèbres sont ceux dl Josquin, Palestrina, Astorga, Pergolèse et Rosi sini.
Stabile, Annibale, compositeur de l'école roi maine, élève de Palestrina, fut nommé succès! sivement maître de chapelle, en 1575, de Saint! Jean-de-Latran, en 1576 de Saint-Apollinairei en 1593 de Ste-Marie-Majeure, et mourut verl 1595 ; il a publié trois livres de motets de cinq I huit voix (1584, 1585, 1589) ; trois livres de madrij gauxà cinq voix (1572 et dès lors souvent, 15841 1585) ; neuf livres de Sacrœ modulationes (d| cinq à huit voix; 2e livre, 1586); des litanies I quatre voix (1592). On trouve encore de ses coml positions dans les recueils du temps : « Dolci ail fetti » (1568) et « Trionfo di Dori » (1596), de Garl dane; « Harmonia céleste» (1593), «Laurel verde » (1591) et « Paradiso musicale » (1596j de Phalèse.
Staccato (ital.), abr. stac, c.-à-d. détaché, inl dication exigeant que les tons ne soient pal liés directement les uns aux autres,mais au conl traire qu'ils soient nettement séparés les uni des autres par un silence, si petit soit-il. Cil pour ce qui concerne les différentes sortel de s., dans le jeu du piano, le mot toucher. LJ 5. des instr. à archet s'exécute de diverse! manières : ou bien l'archet, alternativemenl tiré et poussé, frotte la corde par à coup! (l'espèce la plus fréquente de s., celle qui est surtout en usage dans le jeu d'orchestre! ou bien l'archet saute sur la corde (« sautillé I saltato), ou, enfin, l'archet est employé danl toute sa longueur et le s. obtenu au moyen d j petits mouvements brusques du poignet (véril table s., celui des virtuoses, « piqué » ou spicl cato). Le s. consiste, dans le chant, à fermer il glotte après chaque son ; son exécution virtuosl est extrêmement difficile.
Stade, 1. Heinrich-Bernhard, excellent orgal niste, né à Ettischleben, près Arnstadt,le2 mal 1816, m. à Arnstadt le 29 mai 1882; organiste I Arnstadt, a contribué à la restauration complet! de l'orgue de l'église de St-Boniface, à Arrl stadt, orgue qu'avait tenu autrefois J.-S. Bacbl S. a publié : Der tcohlbereitete Organist, ei\ Prâludien, Choral-und Postludienbuch (deul parties), et d'autres compositions pour l'orguJ — 2. Friedrich-Wilhelm, également organistl de mérite, né à Halle le 25 août 1817; il suivil les classes du collège de l'Orphelinat, dans si ville natale, passa bientôt à la musique et del vint l'élève de Fr. Schneider, à Dessau. Il fu I pendant quelque temps, chef d'orchestre de 1 troupe de théâtre de Beethmann, et obtint en] suite la place de directeur de musique de l'Uni versité d'Iéna,mais l'échangea contre celle d'oïl ganiste et de maître de chapelle de la Cour, j Altenbourg, place qu'il occupe encore aujourl d'hui. L'Université d'Iéna lui a conféré le titrl de Dr phil. hon. causa. S. a publié quelque! chants d'église (psaumes), des morceaux d'orffl gue et de piano; il a réédité plusieurs composij tions de Bach et de Hsendel, ainsi que des lie! dier des xive, xv° et xvie s. Il a fait exécuter, il premier en Allemagne, le Requiem, la « symB