STRAUSS
directeur de musique à Temesvar, passa ensuite à Hermannstadt, puis à BrfLnn et fut engagea Strasbourg, en 1822, pour y organiser un Opéra allemand. En 1828, S. devint directeur de musique au théâtre de Mannheim; enfin, en 1824. maître de chapelle à Carlsruhe. Il prit sa retraite en 1863. S. a écrit plusieurs- opéras : Berthold der Zàhringer, Armiodan, Die Scldiltenfahrt nach Nowgorod ; delà musique de scène pour des drames ; un oratorio : Judith, etc. On a publié de lui un quatuor pour instr. à archet; plusieurs thèmes et variations pour violon et des lieder. — 2. Johann (père), l'un des compositeurs allemands de danses les plus aimés, mais que son fils, de même nom, a supplanté dans la faveur du public, né à Vienne le 14 mars 1804, m. dans la même ville le 25 sept. 1849 ; fils du tenancier d'une brasserie avec local de danse, il fut d'abord livré complètement à lui-même pour la musique, mais parvint, en 1819, à entrer comme alto dans le quatuor de Lanner. Lorsque celui-ci augmenta son orchestre, il en devint second chef et se créa, enfin, une situation indépendante en fondant, à son tour, en 1825, un orchestre. C'est alors qu'il écrivit ses premières valses, et il devint bientôt le héros du jour; il ne tarda pas à être en mesure d'entretenir un orchestre parfaitement stylé et très nombreux, avec lequel il fit, à partir de 1833, des tournées de concerts, d'abord en Autriche, puis, en 1837, jusqu'à Paris et à Londres, En 1834 déjà, on lui avait confié la direction d'une musique de régiment civique, puis, en 1835, celle de la musique des bals de la Cour. Parmi ses valses, nous noterons seulement celles qui sont le plus en vogue: Gabrielenvalzer , Taglioni - Walzer , Yictoria-Walzer, Càcilien-Walzer, Electrisclie Funken, Mephystos Hollenrufe, Bayaderenwalzer. Le nombre total de ses publications est de deux cent cinquante environ, parmi lesquelles beaucoup de marches, de pots-pourris, etc. Son fils, Johann, a publié une édition complète de ses œuvres , en sept volumes (1829, chez Breitkopf & Hœrtel). — 3. Johann (fils), né à Vienne le 25 oct. 1825; fonda, en 1844, un nouvel orchestre, à côté de celui de son père, mais, après la mort de celui-ci, prit la direction de l'ancien orchestre, qu'il perfectionna encore. 11 voyagea beaucoup avec ses musiciens et devint un hôte assidu et toujours bienvenu à St-Pétersbourg, Berlin, Paris, Londres, voire même en Amérique. S. épousa, en 1863,1a cantatrice Jetty Trefl'z et abandonna l'orchestre à ses frères Joseph et Edouard. Comme compositeur aussi, S. suivit les traces de son père. Parmi ses valses, celle du « Bleu Danube: An der schônen blauen Donau devint une mélodie populaire particulièrement chère aux Autrichiens et surtout aux Viennois; d'autres aussi : Kilnstler leben , Geschichten aus dem Wiener Wald, Wiener Blut, Bei uns z'Haus, etc. obtinrent une immense popularité. Dernièrement, S. s'est fait compositeur d'opérettes et il est entré en lice, comme rival des Offenbach, des Lecocq, etc., mais il est
STRAVAGANTE — STRINASAGCHI
resté, au fond, compositeur de valses et de quadrilles, car ses opérettes contiennent nombre de motifs de danse, très entraînants, que l'on trouve, sous forme d'arrangements, dans le répertoire de tous les orchestres populaires. Les opérettes de S. sont : Indigo (1871): Der Karneval in Rom (1873); Die Fledermaus (1874 ; remaniée sous le titre : La tzigane, Paris, 1877) ; Cagliostro (1875) ; Methusalem (1877) ; Blindekuh (1878) ; Das Spizentuch der Kœnigin (1880): Der lustige Krieg (1881); Eine Nacht in Venedig (1883) ; Der Zigeunerbaron ( 1885) ; Simplicius ( 1887 ) ; Ritter Pasman (1892); Die Gœttin der Vernunft (1897). S. a ouvert, en 1898, un concours pour la composition d'un scénario de ballet, qu'il désire mettre en musique. Les valses de S. sont au nombre des œuvres destinées à gagner la faveur du gros public; ses opérettes non plus n'ont pas la prétention de s'élever à un degré supérieur de l'art. Mais le rythme et la mélodie abondante des danses, et surtout leur instrumentation délicate, méritent d'attirer l'attention des musiciens. — 4. Joseph, frère du précédent, né en 1827, m. à Varsovie le 22 ju.il. 1870; directeur de l'orchestre de son frère, écrivit aussi des danses, mais sans y réussir avec autant d'habileté et de délicatesse que son frère. Le directeur actuel de l'orchestre est le frère cadet. — 5. Eduard, qui compose également des danses. — 6. Richard, compositeur de grand talent, né à Munich le 11 juin 1864; son père, Franz S., était musicien de la chambre royale (corniste) et le confia aux soins du maître de chapelle de la Cour, W. Meyer. S. attira d'abord l'attention sur lui par une symphonie en fa mineur, exécutée en 1881, sous la direction de Levy, puis par une Sérénade pour treize instr. à vent (op. 7), que H. de Bùlow fit entendre un peu partout avec l'orchestre de Meiningen. En 1885, H. de Bulow le fit appeler à Meiningen , comme directeur royal de musique ; mais il fut nommé, en 1886 déjà, troisième chef d'orchestre à Munich. En 1889, il accepta un poste analogue à Weimar, aux côtés de Lassen ; il retourna plus tard à Munich, comme chef d'orchestre de la Cour et succéda enfin, en 1898, à Weingartner, en qualité de chef d'orchestre de l'Opéra de la Cour, à Berlin. Les principales œuvres de S. sont : une sonate de piano (op. 5) ; des morceaux de piano (op. 9); une sonate de violoncelle (op. 6) ; un concerto de violon (op. 8) ; un concerto de cor (op. 11) ; Wanderers Sturmlied, pour chœur mixte à six voix, avec orchestre ; un quatuor avec piano, en ut mineur (op. 13); une symphonie en fa mineur (op. 12),- des poèmes symphoniques : Aus Italien (op. 16), Don Juan (1889), Macbeth (1891), Tod und Verklârung (1890), Till Eulenspiegels lustige Streiche (1895), Alsosprach Zarathustra(lS91), Don Quixote (1898); un drame lyrique : Gunlram (Weimar, 1894) ; deux chœurs a cappella, à seize voix : Der Abend et Hymne ; enfin , des lieder d'une grande intensité de coloris. Dans ses dernières œuvres, S. suit la voie tracée par Berlioz,
Wagner et Liszt ; il manie l'instrumentatio avec une maîtrise absolue.
Stravagante (ital.), extravagant, en dehors
Streabbog, v. Gobbaerts.
Streich... (ail.), préfixe qui signifie « àarchet » ex. : Streichinstrument, instr. à archet ; Streich orchester, orchestre d'archets ; Streichquartett quatuor pour instr. à archet ; StreichzitherJi cithare à archet.
Streicher, Johann-Andreas, pianiste et fa bricant de pianos, né à Stuttgart le 13 déc 1761, m. à Vienne le 25 mai 1833; fut condisci pie de Schiller à la « Karlsschule » et s'enfui en même temps que lui. En 1793, S. épousa Nanette Stein (née à Augsbourg le 2 janv. l'f' 1760, m. à Vienne le 16 janv. 1833), la fille de * Georg- Andréas Stein (v. ce nom) et transporta I™ la fabrique de pianos de celui-ci à Vienne, se »s. vouant lui-même de plus en plus à l'étude de la # fabrication des instruments de musique. La jk découverte qui fit connaître le nom de S. con- tei siste en un mécanisme dans lequel le marteau ffi frappe la corde d'en haut, mécanisme qui fut ï s imité par Pape, à Paris. ta
Strepitoso (ital.), bruyamment.
Stretto (ital., serré), dénomination de la partie finale d'une fugue, dans laquelle le sujetJ|iiJi' et la réponse se succèdent à intervalles très rapprochés. On donne aussi le nom de S| (strette) à certains passages assez longs, d'allure plus rapide que le reste du morceau, m que l'on rencontre fréquemment à la fin dé! morceaux de concert, d'airs, etc.
Striggio, Alessandro, l'un des premiers compositeurs d'intermèdes, né à Mantouevers 1535, vécut d'abord à la Cour de Cosme de Médicis, puis devint, plus tard, maître de chapelle à Mantoue. S. était un joueur de luth el un organiste renommé. Ses intermèdes sont : Lîamico fido (1565), Psyché (pour les cérémoJ nies du mariage de François de Médicis avec Jeanne d'Autriche); en outre, il composa de la musique de fête, sous une forme analogue, pour la Cour de Florence, en 1569 (à l'occasion de la présence d'un archiduc d'Au triche ; œuvre imprimée); et, en 1579 (pour il mariage de François Ier de Médicis avec Bianca Cappello; en collaboration avec Strozzi, Cac*. cini et Merulo). Parmi ses compositions, on$ publia encore : trois livres de madrigaux à six voix (1566-1568); un livre de madrigaux à cinq voix (1560 et, depuis lors, souvent); Il cicalamento délie donne al buccato, e la caccia, etc. (1567 et 1584 ; S. était aussi partisan de la musique descriptive) ; Di Hettore Vidue e d1 Alessandro S. e oValtri... madrigali a 5 e 6 voci (1566). Quelques autres madrigaux sont disses minés dans diverses anthologies.
Strinasacchi , Regina, excellente violoniste, née à Ostiglia, près de Mantoue, en 1764, m. à Dresde en 1839. Après une brillante tournée de concerts, elle avait épousé à Dresde le violoncelliste J.-C. Schlick. S. était élève du Conservatoire « délia Pieta », à Venise (Mozart écrivit pour elle sa sonate en si bémol majeur, avec violon ad lib.).
STRINGENDO — STUMPFF
Stringendo (ital., en serrant), de plus en plus apide. V. au mot agogique les lois naturelles ui régissent le s., en petit, comme moyen 'expression.
Strings fangl.), instr. à archet.
Strohfiedel (ail.), xylophone (v. ce mot).
Strophe (gr., de <ttçq$uv, tourner), étymoloiquement identique au mot « vers » (latin ersus, de ver ter e, tourner), mais en différant ionsidérablement dans la terminologie de l'art oétique. On comprend, sous le nom de vers, ne ligne d'un poème ; sous celui de strophe, ne série de lignes qui forment une unité 'ordre supérieur, grâce à leur mètre, à leur ontenu et (dans la poésie moderne) à leurs imes. Chez les Grecs, dont la métrique avait tteint un très haut degré de développement,
s. se subdivisait en kola (membres) et en tetra (vers): d'autre part, les chœurs des traédies, les odes de Pindare, etc., rassemblent lusieurs s. en une unité d'ordre supérieur (s., ntistrophe, épode). Ce dernier groupement e s. se retrouve exactement dans la poésie llemande de la fin du moyen âge, sous la 3rme des deux Stollen suivies de 1' Abgesang,
tout réuni formant un Bar. La subdivision ar s. est d'une importance caractéristique our la forme musicale aussi. R. Westphal a onné, dans son ouvrage célèbre : Théorie er musihalischen Rhythmik (1881), une desription détaillée de la métrique grecque.
Stromento (ital.), instrument. S. da fiato, istr. à vent ; S. da penna, piano (l'ancien iano à plumes de corbeau, clavecin, épinette).
Strozzi, 1. Pietro, l'un des musiciens florenns, dans le cercle desquels le « Stile rappreentativo » fit son apparition (v. Florentin). , composa, avec Striggio, Gaccini et Merulo, s œuvres de circonstance pour le mariage e Franz de Médicis avec Bianca Gapello; il lit aussi en musique, en 1595, la Mascarada egli accecati, de Rinuccini. — 2. Bernardo, îoine franciscain, à Rome, publia, de 1618 à 30, des motets à cinq voix, des Messes , des saumes, des concerti, des Magnificat, etc. — . Barbara, noble vénitienne, fit paraître, de 344 à 1658, des madrigaux, des cantates, des irs et des duos. — 4. Gregorio, abbé, protootaire apostolique à Naples, auteur de : Elelentorum musicœ praxis (1683, exercices de hant canoniques, à deux voix) et de Capricci a sonare sopra cembali e organi (1687). Struck , Batistin ( appelé habituellement atistin tout court), né à Florence vers 1680,
à Paris le 9 déc. 1755- l'un des premiers msiciens qui firent adopter le violoncelle dans orchestre de l'Opéra, à Paris. Il écrivit trois péras pour Paris : Méleagre (1705), Manto la k (1711) et Polydore (1720), puis un grand ombre de ballets pour les fêtes de la Cour, à ersailles, ainsi que plusieurs cantates et des irs détachés.
Strungk (Strunck), Nikolaus-Adam, distinué violoniste et compositeur fécond d'opéras, é à Celle en 1640, m. à Dresde le 23 sept. 700 ; suppléait déjà son père à l'âge de douze
ans, comme organiste à Celle. En 1660, S. devint premier violon de la chapelle de Brunswick ; il passa plus tard à Celle et ensuite à Hanovre. En 1678, il prit la place de directeur de musique d'une église de Hambourg. Lorsque le prince-électeur Frédéric-Guillaume de Brandebourg voulut l'engager comme maître de chapelle, le duc Ernest-Auguste de Hanovre fit valoir ses droits sur lui, en tant que son seigneur, le nomma organiste de sa Cour, en lui accordant une chanoinie, et le prit avec lui dans un voyage en Italie où S. attira l'attention de Corelli. S. joua plusieurs fois devant l'empereur, à Vienne, et y reçut de flatteuses distinctions. Vers 1685, il fut appelé comme second maître de chapelle, à Dresde, et succéda, en 1694, à Bernhardt, comme premier maître de chapelle. De Dresde, il dirigeait, pendant la foire, l'Opéra de Leipzig ; enfin, en 1796, il abandonna ses fonctions et partit pour Leipzig, afin de s'y vouer complètement à la direction de l'Opéra. S. a composé plusieurs pièces pour le premier Opéra de Hambourg (Sejanus [2 part. 1678], Doris, Esther, Die drei Tœclder des Kehrops, Theseus, Semiramis, Floretto [1683]), puis seize autres opéras pour Leipzig (1693- 1700 ; cf. Riemann, Opernhandbuch). On n'a gravé de S. que : Musikalische Uebung, auf der Yioline oder Viola da Gamba in etlichen Sonaten ûber die Festgesànge,ingleichen etlichen Ciaconen mit 2 Violinen bestehend (1691).
Struss, Fritz, célèbre violoniste, né à Hambourg le 28 nov. 1847 ; élève de Unruh, Auer (1865) et Joachim (1866), fit partie, pendant peu de temps, en 1866, de la chapelle de la Cour, à Schwerin. Depuis 1870, S. est membre de l'orchestre de la Cour, à Berlin ; il a reçu, en 1885, le titre de virtuose de la chambre, en 1887 celui de concertmeister royal. Il est, en outre, professeur au Conservatoire Scharwenka - Klindworth.
Stumpf, Johann -Christian, célèbre bassoniste, vivait, à Paris, vers 1785, plus tard à Altona, et fut, de 1798 jusqu'à sa mort (1801), répétiteur au Théâtre municipal de Francforts/M. Il a publié des entr'actes pour orchestre, des morceaux pour clarinettes, cors et bassons, un concerto de flûte, quatre concertos de basson, un quatuor pour trio d'archets et basson , des duos de clarinettes, des sonates de violon avec violoncelle, des duos de violoncelles, etc.
Stumpff, Karl, né à Wiesentheid (Basse- Franeonie) le 21 avr. 1848 ; fils d'un docteur en médecine, étudia, de 1865 à 1870, à Wurzbourg et à Gôttingue, d'abord le droit, . plus tard les sciences naturelles, la philosophie et la théologie. Il fit son doctorat à Gôttingue et s'y lit agréer, en 1870, comme privai docent de philosophie. Il fut appelé ensuite comme professeur ordinaire, en 1873, à Wurzbourg; en 1879, à Prague; en 1884. à Halle; en 1889, à Munich, et finalement à Berlin. S. fut, dès sa jeunesse, un zélé musicien et fut plusieurs fois sur le point de s'adonner complètement à l'art ; c'est à ce penchant que nous devons une œuvre remarquable : Tonpsychologie (vol. I et II, 1883