‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 481 sur 542 · TESSITURE — THAYER · texte numérisé non relu

TESSITURE — THAYER

Tessiture, nom que l'on donne à l'ensemble les sons qui conviennent le mieux à une voix lonnée ; un chanteur interprétera d'autant nieuK un morceau que celui-ci sera mieux enfermé dans sa t. La t. varie non seulement elon les catégories de voix, mais aussi selon es individus. Par dérivation, on nomme égalenent tessiture l'ensemble des notes qui reiennent le plus fréquemment au cours d'un norceau, formant en quelque sorte le noyau onore autour duquel la mélodie se meut. Cf. ?aure, La voix et le chant (p. 25).

Testore, famille de luthiers italiens, formée lu père Garlo-Giuseppe (1690-1715) et de deux ils : Carlo- Antonio et Pietro- Antonio (1715- 745). Le père, élève de Grancino, dont il a mité les instruments, a fait d'excellents violonelles et contrebasses (la contrebasse préférée le Bottesini était de T.) ; les fils ont imité les iolons de Joseph Guarneri.

Testudo (lat.), chez les Romains, syn. de lyra; u xve au xviie s., syn. de luth.

Tétracorde, v. grecque [musique].

Teyber (Tayber), 1. Anton, né à Vienne le 8 ept. 1754, m. dans la même ville le 18 nov. 822 ; fut d'abord membre de la chapelle de la ,our,à Dresde, puis devint, en 1792, claveciniste le l'Opéra delà Cour, à Vienne, en même temps u'adjoint de Salieri et, en 1793, compositeur e la Chambre impériale et maître de musique e la famille de l'empereur. T. a écrit des moreaux de musique d'église, des œuvres pour liano, un mélodrame, un oratorio, des quauorspour instr. à archet, etc. — 2. Franz, frère lu précédent, né à Vienne le 15 nov. 1756, m. ans la même ville le 22 oct. 1810; dirigea 'abord la troupe théâtrale de Schikaneder, ans ses tournées dans l'Allemagne du sud et n Suisse, puis à Vienne. Peu avant sa mort, il vait été nommé organiste de la Cour impéiale (Vogler fait très grand cas de lui, comme rganiste). T. a écrit un certain nombre d'opéas et de vaudevilles (Alexander [1800], Der ïchlaf'trunk, Scheradin und Almanzor, Der Velegraph, Pfândung und Personalarrest,Der ïerstreute, Bas Spinnerkreuz am Wienerbere [1807], Die Dorf'deputierten, Uarragio di 3enevento, etc.), ainsi qu'un oratorio, des lieder, ela musique d'église, etc.

Thadewaldt, Hermann, fondateur et présient de 1' «Association générale des musiciens llemands» (1872), né à Bodenhagen, en Poméanie, le 8 avr. 1827 ; fut, de 1850 à 1851, maître e chapelle militaire, à Dùsseldorf, et, de 1853 . 1855, directeur de l'orchestre du casino de Meppe. Il dirigea, de 1857 à 1869, un orchestre onde par lui-même, à Berlin, et, en 1871, les oncerts du « Jardin zoologique ». Depuis la ondation de l'«Association » susmentionnée, T. ni consacre toutes ses forces.

Thalberg, Sigismund, l'un des plus célèbres 'ianistes,en même temps que brillant composi- ?ur pour son instrument, né à Genève le 7 janv. 812, m. à Naples le 27 avr. 1871 ; fils naturel

u prince Moritz Dietrichstein et de la baronne

on Wetzlar, fit son éducation à Vienne, sous la

direction de Sechter et de Hummel, mais affirma lui-même, plus tard, que son véritable maître de piano avait été le premier basson de l'Opéra de la Cour, à Vienne. T. était si avancé que, à l'âge de quinze ans, il fit sensation dans les cercles privés de la capitale. Il entreprit, en 1830, sa première tournée de concerts en Allemagne et se fit bientôt un nom ; il a écrit, à cette époque, son concerto de piano (op. 5). Ses premières compositions (op. 1 à 3, fantaisies sur des motifs d'«Euryanthe», sur un «Chant écossais » et sur des motifs du « Siège de Corinthe » ) avaient déjà paru en 1828. En 1835, T. fit la conquête du public de Paris, soutint avec honneur la lutte avec Liszt et, partout triomphant, traversa la Belgique, la Hollande, l'Angleterre et la Russie. En 1855, il parcourut le Brésil, en 1856, l'Amérique du Nord; puis, en 1858, il acheta une villa à Naples et y vécut quelques années dans la retraite. Mais, en 1862, nous le voyons reprendre ses tournées de concerts, partir pour Paris, pour Londres et, en 1863, de nouveau pour le Brésil. Il a passé à Naples les dernières années de sa vie. T. était le gendre de Lablache; sa fille, Zara T., est une cantatrice douée d'une belle voix. T. s'adonnait uniquement à la virtuosité et ne répondit pas ainsi aux espérances qu'avaient données ses premières compositions. Une spécialité de T. consiste en passages arpégés, répartis entre les deux mains, dételle manière qu'ils enlacent une mélodie ; il jeta de la poudre aux yeux avec cet effet brillant, jusqu'au jour où celui-ci fut connu de tout le monde. T. a publié : un concerto pour piano (mi bémol maj., op. 5), une grande sonate (op. 56), un divertissement (fa min., op. 7), deux caprices (op. 15 et 19), six nocturnes (op. 16, 21 et 28), Grande faniaisie (op. 22), douze études (op. 26), Scherzo (op. 31), Andanle (op. 32), La Cadence (op. 36, étude), romance et étude (op. 38), Thème original et élude (op. 45), Valses (op. 4 et 47), Décaméron musical (op. 57, études), Marche funèbre avec variations (op. 59), Apothéose (fantaisie sur la marche triomphale de Berlioz, op. 58) et un grand nombre de fantaisies sur des thèmes d'opéras de Mozart (« Don Juan »), Weber, Rossini, Meyerbeer, Bellini, Auber, Donizelti, etc., sur « God save the Queen » et «Rule Britannia », etc. Comme compositeur d'opéras, T. a fait fiasco à deux reprises (Florinda [Londres, 1851] et Cristina di Suezia [Vienne, 1855]).

Thallon, Robert, né à Liverpool le 18 mars 1852; arriva encore enfant en Amérique (1854), étudia la musique, de 1864 à 1876, à Stutl Leipzig, Paris et Florence, et vit depuis lors à Brooklyn (New-York) où il est très estimé, comme organiste et maître de musique.

Thayer, 1. Alexandre- Wheelock, «'cri vain américain, né à South Natick, près Boston, le 22 oct. 1817, m. à Trieste le 15 juil. 1897 : étudia à Cambridge (Boston), puis fut assistant a la Bibliothèque de l'Université de cette ville, on il conçut le plan d'écrire une vaste biographie <!<■ Beethoven, plan qu'il a réalisé presque entier d'une manière remarquable. Dans ce but, T.

THEILE

parcourut l'Allemagne de 1849 à 1851, de 1854 à 1856, puis en 1858, et l'occasion de continuer ses études se présenta naturellement à lui, lorsqu'en 1860 il fut appelé à l'ambassade américaine, à Vienne. En 1865, T. accepta le poste de consul américain à Trieste, poste qu'il occupa presque jusqu'à sa mort. Le fruit de son travail : Ludwig van BeetJiovens Leben, n'a encore paru qu'en une traduction allemande , faite d'après le manuscrit original, par H. Deiters (1865, 1872, 1878, 3 vol. ; le vol. IV reste inachevé, mais la matière en est classée et sera, sans doute, publiée par H. Deiters); auparavant déjà avait paru un Chronologisches Verzeichnis der Werke L. van Beethovens (1865)) et l'on possède encore de T. une étude détachée : Ein kritischer Beitrag zur Beethoven - Litteratur (1877). T. a pris en Beethoven l'«homme», comme objet tout spécial de son grand ouvrage et il a fourni de lui un portrait vivant et vrai, comme il n'en existait aucun jusqu'alors. Pour ce travail, T. put utiliser entre autres des notes que 0. Jahn avait collectionnées pour une biographie de Beethoven projetée.— 2. Eugène, né à Mendon (Massachusetts) le 11 déc. 1838, m. à Burlington le 27 juin 1889 ; organiste estimé, ainsi que compositeur.

Theile, JoHANN,le «Père des contrapontistes » comme l'appelaient ses contemporains, né à Naumburg le 29 juil. 1646, m. dans la même ville le 24 juin 1724; après avoir achevé son instruction secondaire, il partit pour Halle et, peu après, pour Leipzig, où il se procura des moyens d'existence en donnant des leçons de musique et en tenant une partie de gambe à l'orchestre. Il travailla encore quelque temps, sous la direction de Heinrich Schûtz, à Weissenfels, puis s'établit à Stettin, comme maître de musique. En 1673, T. devint maître de chapelle du duc d'Holstein, à Gottorp, mais les troubles de la guerre ayant chassé la Cour, il dut aller à Hambourg, où il reçut la commande fort honorable d'écrire deux « Singspiele » pour l'ouverture de l'Opéra de Hambourg, en 1678 : Adayn und Eva, oder der erschaffene, gef aliène • und wieder aufgerichtete Mensch, et Orontes. En 1685, il succéda à Rosenmuller, en qualité de maître de chapelle delà Gourde Brunswick, à Wolfenbùttel, mais échangea peu après ce poste contre un poste analogue, à Mersebourg; il se retira dans sa ville natale après la mort du duc Christian II de Saxe-Mersebourg. Nikolaus liasse fut un des élèves de Theile. Les œuvres que l'on a conservées de lui sont :une «Passion» en allemand (Lubeck, 1673), Noviter inventum opus musicalis compositionis 4 et 5 vocum jiropleno choro (vingt Messes, dans le style de Palestrina) et Opus secundum, novœ sonatœ rarissimœ artis et suavitatis (pièces instrumentales, de deux à cinq parties, avec des morceaux fugues en double contrepoint). Un « oratorio de Noël », de T., a été exécuté à Hambourg, en 1681, mais non gravé.

Thème, nom que l'on donne à une pensée musicale qui ne forme pas un tout absolument parfait, mais qui est suffisamment développée

Page 1