WEBER
partir de 1787) ; comme tel, il menait naturellement une vie agitée et instable, en sorte que son fils courut le monde déjà de bonne heure. Ce dernier reçut les premières leçons de musique de son beau-frère, Fridolin (né en 1761, directeur de musique, chanteur, etc., au théâtre de son père, m. à un âge très avancé, à Hambourg, où il avait joué longtemps de l'alto dans l'orchestre), puis, spécialement pour le piano, de J.-P. Heuschkel, à Hildburghausen (1796), de Michael Haydn, à Salzbourg (1797, théorie) et, de 1798 à 1800, de l'organiste de la Cour J.-N.Kalcher (théorie) et de Yalesi (chant). Son op. 1 : 6 Fughetlen (dédié à M. Haydn) parut en 1798, l'op. 2 (Variations pour piano) en 1800. W. avait lithographie lui - même cette dernière œuvre. Il occupe, en effet, aussi dans l'histoire de la lithographie une place très importante, car il améliora sensiblement cet art, inventé peu auparavant parSenefelder,- le père s'en promettait de grands succès et alla s'établir, avec sa famille, en 1800, à Freiberg en/S., pour y pratiquer la lithographie en grand. Mais l'entreprise ne dura guère; en 1801 déjà, nous trouvons la famille à Salzbourg, où W. fut, pour la seconde fois, élève de M. Haydn, en 1802 à Hambourg et, en 1803, à Augsbourg et à Vienne. Dans cette dernière ville, après que Joseph Haydn eut décliné ces fonctions, ce fut l'abbé Vogler qui devint le maître de Weber et lui procura déjà, au bout d'une année, la place de chef d'orchestre au Théâtre municipal de Breslau (1804). W. échangea ce poste, en 1806, contre celui d'intendant de la musique du prince Eugène de Wurtemberg, à Karlsruhe (Silésie) et, lorsque celui-ci entra dans l'armée, partit avec son père pour Stuttgart, en qualité de secrétaire du prince Louis et de maître de musique de ses tilles. W. perdit cette place en 1810, à la suite d'une « étourderie » de son vieux père, qui les fit expulser tous deux de Wurtemberg. W. avait écrit à Stuttgart son premier opéra de quelque importance : Silvana, exécuté pour la première fois, en 1810, à Francforts/M.,avec un réel succès. Déjà auparavant, il s'était essayé dans le domaine de la composition scénique. en 1799, d'abord avec Die Macht der Liebe dont la partition disparut dans un incendie, en même temps que d'autres œuvres, avant d'avoir été entendu: puis vinrent, en 1800 : Das ~\Xaldmâdchen, représenté à Chemnitz, Vienne, Prague, St-Pétersbourg. (W. en utilisa le livret pour «Silvana»), en 1802: Peler Schmoll und seine Nachbarn (Augsbourg). RûbezahL commencé en 1804, à Breslau, ne fut pas achevé (l'ouverture, remaniée, parut plus tard comme ouverture du Beherrscher der (ieister). A la période de Stuttgart, succédèrent de nouvelles études que W. alla faire de Mannheim à Darmsladt, sous la direction de Vogler. W. se lia alors avec Meyerbeer, Gânsbacher et surtout avec Gottfried Weber (v. ce nom). Son opéra suivant fut un acte : Abu Hassan, représenté en 1811, à Munich; Silvana parut aussi, en 1812, à Berlin, avec succès. W. séjourna à cette époque à Munich, Leipzig,
Berlin et aux Cours de Gotha et de Weimai En 1813, il fut nommé chef d'orchestre di Théâtre national, à Prague, et remplit ces fonc lions d'une manière très distinguée, jusqu'ai jour où il reçut du roi de Saxe la mission d'or ganiser et de diriger l'«Opéra allemand » don la fondation était décidée, à Dresde (1816). W épousa, en 1817, la cantatrice Caroline Brandt La même année, il entra dans ses nouvelle fonctions et s'acquitta de sa tâche difficile d'un façon si remarquable que le nouvel institu d'art national ne tarda pas à jouir de la mêmi considération que l'Opéra italien, alors sous 1î direction de Morlacchi. Jusqu'à ce moment, W n'était pas devenu une célébrité populaire, biei que ses lieder, extraits de Leier und Schwert de Kôrner , publiés en 1814 , eussent rapide ment fait connaître son nom; mais cela change? tout à coup lorsque, pour la première fois, 1< Freischùtz fut représenté à Berlin, le 18 juii 1821. L'idée d'utiliser la légende allemand* comme sujet de libretto se révéla d'un grana effet ; et c'est par là tout d'abord que W. devin le père de l'«école romantique». Le Freischut (connu aussi et représenté en France sous h titre de Robin des Bois) avait été précédé pai Preciosa (drame avec intermèdes musicaux), I Copenhague, le 8 oct. 1820 et à Berlin, le U mars 1821. Un opéra comique, Die drei Pintos, est resté inachevé (terminé par le petit-fils de W., Karl von W. et, pour la partie musicale par G. Mahler ; représenté, en 1888, à Leipzig) W. écrivit par contre, sur la demande de la direction du «Kârntnerthor-Theater », de Vien ne, un grand opéra : Euryanthe, ouvrage dont Wagner s'est visiblement inspiré, dans nombre de détails aussi bien que dans la disposition de l'ensemble pour «Lohengrin». Cet opéra fut représenté pour la première fois, à Vienne, l€ 25 oct. 1823 ; le succès, très grand, fut malheureusement de courte durée, car Bossini régnait alors en maître à Vienne (Berlin donna cette œuvre le jour de Noël 1825; l'enthousiasme fut ici non seulement plus grand, mais encore plus durable). L'année suivante (1824), W. se vit obligé de faire une cure à Marienbad, pour ré tablir sa santé chancelante; il dut interrompre également tout travail en 1825 et abandonner pour un temps ÏObêron, que lui avait commandé le théâtre de Covent-Garden, à Londres. Il fit une nouvelle cure aux eaux d'Ems, mais il était déjà fort malade (phtisique), lorsqu'au printemps 1826 il partit pour Londres, afin d'y diriger l'ouvrage qu'il avait réussi à terminer : Oberon (12 avril 1826). Six semaines après, W. était incapable de plus rien faire et presque mourant. Il s'éteignit doucement, dans la première semaine de juin. Sa dépouille mortelle fut ensevelie, aux accents du « Requiem » de Mozart, dans la chapelle de Moorfield, mais fut transférée plus tard, en 1844, à Dresde (cf. R. Wagner). Une statue, due au ciseau de Rietschel, lui a été érigée à Dresde, en 1860. W. était un pianiste à la fois remarquable et original : il prenait avec aisance les accords exigeant une grande extension et ses œuvres
pour piano portent toutes l'empreinte de cette particularité technique. Ces œuvres sont : quatre sonates (ut maj., la j? maj., ré min., mi Imin.), une sonate à quatre mains, deux concertos (ut maj., mi y maj.), un Concertstiick, une polonaise (mi y maj., op. 21), un Rondo bril- \lant (op. 62), des Variations (op. 5,6,7,28,48,55). \U Invitation à La Valse («Aufforderung zum Tanz »), des Allemandes, des Ecossaises et [d'autres morceaux. Viennent ensuite : un quatuor avec piano (si y maj.), un trio (op. 63), six sonates progressives pour violon, des variations |pour piano et violon (op. 22), un duo concertant pour piano et clarinette (op. 48), deux concertos (op. 73, 74) et un concertino pour clarinette, <op. 26), des Variations pour clarinette et piano [<op. 33), un quintette pour clarinette et quatuor d'instr. à archet (op. 34), un concerto pour basson (op. 75), Andante et Rondo pour basson et orchestre (op. 35), un concertino pour cor j(op. 45). Puis, pour orchestre : deux symphonies, des ouvertures et une marche pour Turandot, la Jubelouverture (« Ouv. du jubilé », pour le 50e anniversaire du règne de Frédéric- Auguste Ier), et pour chant : Der erste Ton <pour déclamation, orchestre et chœur), Kampf und Sieg (cantate sur la bataille de Waterloo), -des chœurs pour voix d'hommes (op. 42 [Leier und Schwert], 53 et 63), Natur und Liebe pour ■deux sopranos, deux ténors et deux basses, •des quatuors pour chœurs mixtes (op. 16), des duos (op. 31), des Kinderlieder (op. 22), des hymnes (op. 36), deux Messes à quatre voix avec •orchestre, des scènes et airs : Misera me (op. ■50, «Athalie »), Non paventur (op. 51, « Inès de Castro »), Deh consola il suo affanno (op. 52) ; Signor,se padre sei (op. 53, pour ténor avec chœur), un grand air pour Lodoisca, de Cherubini (op. 56) et un grand nombre de lieder <op. 23, 25, 29, 30, 46, 47, 54, 64, 66, 71, 80). Un catalogue chronologique et thématique complet des œuvres de Weber a été publié par F.-W Jàhns : K. M. v. W. in seinen Werken (1871) ; le même auteur a donné, en outre , une esquisse biographique : K. M. v. W. (1873), et sa collection d'œuvres de Weber, unique en son genre, a «té acquise par la Bibliothèque royale de Berlin. Les écrits de Weber lui-même (comptes rendus de concerts, notices dramatiques et musicales, etc.) ont été publiés par Th. Hell : Hinterl assené Schriften von K.-M. v. Weber <1828, 3 vol., mauvaise édition). Une biographie détaillée du maître est due à la plume de son fils, Max-Maria v. W. : K. M. v. W.; ein Lebensbild (1866-1868, 3 vol.: contient aussi les écrits de W.); son petit-fils Karl a publié: Reiseèriefe Weber' s an seine Gattin Caroline (1886). €f. aussi Reissmann : K. M. v. W. (1882). — 6. Edmundvon, demi-frère du précédent, né à Hildesheim en 1766, élève de Joseph Haydn, à Vienne, était, selon l'expression de son frère,« ein braver Komponist und routinierterMusikdirektor ». Il remplit les fonctions de directeur de musique à Gassel. Berne, Lubeck, Danzig, Kœnigsberg, Cologne, etc., et mourut à Wiïrzbourg, en 1828. — 7. Ernst-Hf.ixrich, célèbre physio-
WEBER gg-;
logiste, né à Wittenberg le 24 juin 1795, fils du célèbre théologien Michael W.,m. àLeipzig.ou il était professeur de physiologie, le26 janv. 1* publié entre autres : De aure et audilu hominis et animalium (1820) et DieWellenlehre (1825), ce dernier ouvrage en collaboration avec son frère Wilhelm-Eduard, le célèbre physicien ( né < Wittembergle 24oct. 1804. m. à Gœttingue le 29 juin 1891, professeur à Gœttingue depuis 1831, avec une interruption de 1837 à 1849 par suite de sa destitution, à cause de la célèbre protestation contre l'abolition de la constitution). Celuici a encore publié sur l'acoustique une série de travaux qui ont paru soit dans la «C;ecilia», de Gottfried Weber, soit dans les << Annalen », de Schweizer et Poggendorf.— 8. Franz, organiste, né à Cologne le 26 août 1805, élève de B. Klein, à Berlin, devint, en 1838, organiste du Dôme et directeur de la « Société chorale d'hommes » à Cologne, reçut, en 1875, le titre de « professeur », m. le 18 sept. 1876 ; a publié le psaume lvii, à quatre voix, ainsi qu'un certain nombre de chœurs. — 9. Karl - Heinrigh (Eduardowitch), maître de musique de mérite, né à Frankenberg, près Chemnitz, le 9 août 1834, ville d'où son père, qui était musicien de la ville, transféra son domicile, en 1839, à Riga. W. fut, de 1846 à 1849, élève du Conservatoire de Leipzig, de 1866 à 1870 maître suppléant au Conservatoire de Moscou, de 1867 à 1877. inspecteur de musique à l'Institution « Ste-Marie i de cette ville. Il est, depuis 1877, directeur de la « Société impériale russe de musique », àSaratow (institution de concerts et Ecole de musique). W. a publié une méthode de piano en langue russe et un arrangement des études de A. Schmitt (op. 16). De plus, il a écrit : Court exposé de l'état actuel de la culture musicale en Russie (1885, en russe).— 10. Georg-Viktor, né à Ober-Erlenbach (Hesse supérieure) le 25 févr. 1838, lit ses études musicales sous la direction de Schrems, à Ratisbonne, fut ordonné prêtre en 1863 et devint, trois ans plus tard, maître de chapelle du dôme de Mayence. W. connaît à fond l'art de la construction des orgues : il est, en outre, connaisseur éclair»'- du choral grégorien et de la musique en Btyle palestinien, ainsi qu'excellent maître de chapelle. W. fait exécuter parle chœur du dôme, qu'il ;i fort bien stylé, presque exclusivement «1.- la musique a cappella des xvp et xvr siècles. Il ;• reçu du grand-duc de Hesse, en 1884, la grande médaille d'or pour les arts et les sciences. W. a écrit plusieurs Messes, des motets et des psaumes, ainsi que : Manuale r,i„i>'s siastici juxla ritum S. Rom. ea L878),
Orqelbuch zum Mainzer Diôcesan-Ges.r,!:,/»"-/, (1880), Ueber SpracJigesang (1888), Ueber Orgeldispositionen (ItiQO). Il esl aussi collaborateur du «Gregorius-Blatt», de Bôckeler, et il a fourni plusieurs articles au ■ Gsscilieu-Kalender»,deHaberl. — 11. Gustav, aé à Munchenbuchsee, en Suisse, le 30 oct 1845^ où son père (auteur d'une « Méthode de chanl ». en quatre volumes) était maître de musique au Béminair» d'instituteurs, m. à Zurich le 12 juin !**<
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