‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 527 sur 542 · ENNA — ESTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

ENNA — ESTHÉTIQUE

Enna, Auguste, compositeur danois, né à akskov, dans l'île de Laaland, le 13 mai 1860; ,n grand-père était d'origine italienne. A part îelques leçons de violon et de théorie (1878- ;80), E. fut absolument autodidacte; violoniste édiocre, il s'engagea en 1880 dans un petit chestre de Bjœrneborg (Finlande), mais il ntra la même année encore à Copenhague, i ses parents étaient fixés depuis 1870. Il écri t alors une opérette : Une histoire de village eprésentée dans les petites villes de province), gagna péniblement sa vie comme pianiste de ils, puis, en 1883, comme chef d'orchestre une troupe de théâtre itinérante. E. composa dut son orchestre une dizaine d'ouvertures; a publié à partir de ce moment des lieder, 3S pièces pour piano, une Suite d'orchestre, ne Symphonie, etc. Enfin, il obtint la bourse e la fondation Anker et parcourut l'Allemagne i 1888-1889; c'est à la suite de ce voyage que . a attiré l'attention du monde musical par ne série d'ouvrages scéniques de valeur : Die lexe (Hehsen, Copenhague, 1892: en ail. àBern, 1893); Cleopatra (Copenhague, 1894); Au- %ssin et Nicolette (1896); Bas Mddchen mit en Streichholzern (1897), enfin Lamico (accepté ar les théâtres de Copenhague et d'Anvers). Epinette, correspondant français de Spineta ill. Spinett), cf. pia.no. Cette dénomination proiendrait, selon Adr. Biancheri (Conclusioni ic, 1608), d'un fabricant de pianos, Joli. Spietus, établi à Venise vers 1503.

Erdmannsdœrffer, a quitté en 1898 déjà, son oste de chef d'orchestre à la Cour, à Muich.

Ergo,EMiLE-ViGTOR, fervent admirateur et apôrezélé des doctrines harmoniques de Riemann, é à Selzaete (Flandre orientale) le 20 août 1853 ; nontra dès sa jeunesse de grandes dispositions our la musique, mais fut presque autodidacte usqu'à l'âge de vingt ans (violon, piano). En 872, il se fixa avec "ses parents à Terneuzen Hollande), où, peu après, s'éveilla en lui le ;oût des langues et de la philosophie ; enfin, n 1883, il se rendit à Anvers pour y suivre les ours de l'Ecole de musique dirigée par Peter Benoit (professeurs : Huybrechts, Blockx, Til- )orghs), et il s'y fixa définitivement. La lecture, ;n 1885, d'un ouvrage du Dr Cari Fuchs, Die Zukunft des musikalischen Vortrags, lui fit aire la connaissance des ouvrages théoriques le Riemann ; dès lors, il n'a pas cessé de lutter Dour la compréhension et la diffusion de ces héories nouvelles. Ses principales publications >ont : Eene inzrypende hervorming op muzieïaal gebied (1887; étude sur « Dynamik und ^gogik », de Riemann) ; Musiekdictaat (1890 ; seconde éd. en préparation) ; Le dualisme harmonique (1891),- une traduction néerlandaise lu Handbuch der Harmonielehre, de Rienann (1894); Leerboek voor het contrapunt Ire part. 1896; II" part. 1899: trad. franc, en préparation) ; Themaboek voor harmonische en zontrapuntische œfeningen (1897): Verhandeiing over deSequenzen (1898). De plus, E. collabore à plusieurs revues musicales (« Concilia »,

« Guide Musical». « Fédération artistique», « Weekblad voor Muziek » [y. le numéro jubilaire de l'activité de Riemann, 18 juil. 1898 >, et il a fait des conférences à Anvers, Bruxell Amsterdam, sur ses sujets de prédilection. E en portefeuille un certain nombre de compositions manuscrites.

Erk, p. 227, col. 2, 1. li. add. après - chants populaires»: vol. 1. 1856: continué e1 publié bar Fr.-M. Bœhme, 1893-189'..

Erlanger. C.\MiLLE,né en 1863, entra au < kmservatoire de Paris à l'âge de dix-sept ans. et y fit des études de piano et de composition ((i. Mathias, E. Durand, Taudou, Bazille, L. Delibes). Il obtint, en 1888, le premier grand prix dr Rome et sa cantate, VellèdaAwl exécutée à l'Institut et aux Concerts Colonne. De sis trois années de séjour à la Villa Médicix. E.a rapporté: un opéra en deux actes, Eliane, et une légende dramatique en trois actes, Sainte-Julien l'Hospitalier (d'après le conte de Flaubert), dont des fragments importants ont été donnés au Conservatoire (1894) et aux Concerts de l'Opéra (1895). Notons en outre : Kermaria (Opéra-< !oniique, 8 févr. 1897), Barhokéba (drame lyrique en préparation, avec Cat. Mendès), une Sérénade carnavalesque, pour orchestre. Six poèmes russes (trad. en vers français par Cat. Mendès), d'autres mélodies vocales cl des pièces pour piano.

Ernst. 4. Alfred, fils de Heinrich-Wilhelm E. (2), né à Périgueux le 9 avr. 1800. ni. à Paris le 15 mai 1898 ; musicographe distingué, l'un des noms les plus en vue de la littérature wagnérienne en France. Les principaux ouvrages d'E. sont : L'œuvre dramatique d'Hector Berlioz (1884), Richard Wagner et le drame <■<>,<temporain (1887), L'art de R. Wagner. I. L'œuvre poétique (1893; la IIe part.: L'œuvre ,,!>>*)cale est restée inachevée), Elude sur • Tannhàuser » de R. Wagner (1895, en collaboration avec E. Poirée), puis la traduction française en prose rythmée et adaptée à la musique des « Maîtres Chanteurs de Nuremberg - e1 de 1' «Anneau du Niebelung ». De [tins. E. a fourni a diverses revues des études importantes (celles, entre autres, sur Le motif de l' • Epée dans la Walhyrie et sur le Motif du • Héros dans l'œuvre de Wagner, dans la > EUyista musicale italiana », 1894, I et IV): il a l'ait la chronique musicale de la « Revue encyclopédique », etc etc.

Escudier,p. 228, col. 2, 1. 1. après 1844, lisez: deux tomes en un vol. — Unecinquième éd. du Dictionnaire a paru en 1872. En outre, Léo* E. a publié : Mes souvenirs. — Les virtuoses (1868).

Esthétique. L'e. s/tosicalb n'esl pas autre chose que la théorie spéculative de la musique, par opposition soit à la théorie musicale proprement dite, calculée en vue de la pratique (théorie d'harmonie, contrepoint, théorie de la composition), soit à la théorie scientifique des phénomènes sonores el des sensations auditives (acoustique et physiologie >U- l'ouïe). L'e. n cale est donc une branche de l'esthétique gêné-

ETOUFFOIR — FERRABOSGO

raie ou philosophie de l'art ; elle se propose comme but I'étude de l'essence spécifique des impressions musicales artistiques. Autrement dit, elle s'efforce : 1° de trouver en quoi consiste la puissance élémentaire des phénomènes mélodiques, dynamiques et agogiques sur notre âme (musique comme expression, comme communication , comme volonté ) ; 2° de définir le reau musical, c.-à-d. de déterminer les lois d'ordonnance et d'unité qui fixent les contours et la forme précise de l'œuvre musicale (harmonie et rythmique) et dont les rapports réjouissent l'esprit qui les contemple (musique comme représentation); enfin, 3° d'apprécier la faculté que peut avoir la musique, soit seule, soit avec l'aide d'autres arts, d'éveiller des associations d'idées déterminées, de caractériser, d'illustrer, de représenter, autrement dit de faire passer les phénomènes de sensation de l'âme du compositeur, de l'exécutant ou de l'auditeur dans celle d'un objet représenté (musique comme volonté représentée). Cf. à ce sujet : Riemann, Wie horen wir

Musik ? (1888). Quelques philosophes et hom mes de lettres français s'occupent actuellemen des problèmes d'e. musicale (Gombarieu, Gri ,veau, Dauriac, Fierens-Gevaert, etc.), mais c'es en Allemagne qu'ont été posées les bases soli des d'une e. musicale future, par Schopen hauer, Lotze, Fechner, Hanslick, G. Enge Helmholtz, Stumpff, Hostinsky, Fr. von Hau segger, Arthur Seidl, R. Louis, etc. (cf. les ar biographiques). V. aussi les essais de W.Wol (Musik- Aesthetik, 1896), C.-R. Hennig (Die Aes thetik der Tonkunst, 1897), Dr R. Louis (De, Widerspruck in der Musik etc., 1893, et Zu Musikaesthetik [dans l'Ail. Musikzeitung] , 1897) etc.

Etouffoir, petit mécanisme qui, dans le pianc arrête les vibrations, au moyen d'un bois feutr tombant sur la corde au moment où l'instru mentiste lâche la touche. La pédale de droite s pour but de lever simultanément tous les é., d telle manière que la sonorité continue, alor; même que la touche s'est relevée.

Fahrbach, 4. est mort le 16 févr. 1894.

Fa-la, nom que l'on donnait en Italie, aux xvie et xviie s., à certains chants à plusieurs voix, composés en style populaire. Quel que soit leur développement, ils n'étaient écrits que sur deux ou trois syllabes sans aucune signification, telles fa-la. C'est à ce même genre d'œuvrettes que les Allemands donnent le nom de Trœllerliedchen.

Falcon, est née à Paris le 28 janv. 1812.

Faminzin, m. à Saint-Pétersbourg le 24 juin

Fantaisie, dénomination adoptée pour certains morceaux de musique instrumentale (ou chorale !) qui ne revêtent aucune forme spéciale et sont, au contraire, libres de toute attache avec les formes traditionnelles. C'est ainsi qu'un grand nombre de pièces de musique instrumentale primitive (de Neusidler, G. Gabrieli, etc.) portaient le nom de Fantasia, sans qu'il fût possible de les distinguer, au point de vue delà l'orme, des Priamel (Prœambulum), Ricercar, Sonata, Toccata, etc. Le caractère commun à toutes ces formes consistait en ceci que la pensée musicale y était développée en imitations libres ou fuguées, sans être soumise, comme plus tard dans la fugue à la quinte, à un schème déterminé et fixe. Lorsque la fugue eut revêtu une forme consistante et bien déterminée, le terme de f. prit un sens directement opposé à celui de fugue (cf. J.-S. Rach, « Fantaisie et fugue en la min. ») ; d'autre part, la f. se distinguait aussi de la sonate, par le fait qu'elle n'é-

tait point soumise aux lois d'une œuvre cyclique (cf. Mozart, « Fantaisie et sonate en ut min. ») Lorsque la sonate secoua le formalisme stéréo type extérieur (trois ou quatre mouvements) e intérieur (dans le premier allegro) qui la carac térisait tout d'abord, elle se rapprocha de noui veau de la f. (cf. Reethoven, Sonata quasi une fantasia, op. 27, 1 et II ; les op. 78 et 90, ainsi que les cinq dernières sonates, auraient parfaitement pu porterie même sous-titre). On donnt enfin souvent, de nos jours, le nom de f. à des potpourris de mélodies d'opéras, de chansons populaires, etc , mais il serait préférable de 1( réserver pour les « paraphrases » de mélodies détachées.

Farrenc, add. : auteur d'un Traite des abréviations (signes d'agrément et ornements des xviie et xviiie s.).

Fauré, add.: F. est professeur de composition au Conservatoire depuis 1896.

Felchner, m. à Giessen le 11 mai 1896.

Ferrabosco. Remplacez l'article entier par les lignes suivantes, résultant de recherches récentes : 1. Domenico, maître de chapelle de St-Pétrone, à Rologne (1548) et, dès 1550, mem-. bre de la Chapelle pontificale. Il est l'auteur d'un livre de madrigaux (Venise, 1542), d'un motet : Usque qiw Domine (1544), et de madrigaux détachés, dont quelques-uns devinrent populaires et parurent dans diverses anthologies. — 2. Mattia, natif de Rologne, mais au. service de l'archiduc Charles d'Autriche, a publié un livre de* « canzonette » à quatre voix

Page 1