‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 54 sur 542 · BOIE — BOIELDIEU · texte numérisé non relu

BOIE — BOIELDIEU

dans l'orchestre de la cour de Bavière, où leur père était contrebassiste. Ils firent ensemble de longues tournées de concerts et parcoururent l'Autriche, la Pologne, la Russie, la Scandinavie et l'Angleterre (1810-1814), la France (1815), l'Italie (1820), etc. Anton B. se tixa en 1834 comme concertmeister à Hanovre où il mourut en 1852. Max B. devint en 1832 premier violoncelliste et concertmeister à Stuttgart; il y mourut le 28 févr. 1867. Tous deux ont publié des concertos et des morceaux pour leur instrument respectif, ainsi que de la musique de chambre. Tandis que Max l'emportait sur son frère comme virtuose, Anton était supérieur comme compositeur.

Boie, les frères John, né à Altona le 8 mars 1822, et Heinrich, né dans la même ville le 16 sept. 1825, violonistes, élèves de G. Muller, à Brunswick, vivent à Altona. John était autrefois très estimé dans les concerts de musique de chambre; Heinrich a composé entre autres plusieurs opéras.

Boïeldieu, 1. François-Adrien, né à Rouen le 15 déc. 1775, m. en son domaine de Jarcy, près Grosbois le 8 oct. 1834 ; iils d'un secrétaire de l'archevêque de Rouen, il devint enfant de chouir de l'église métropolitaine et reçut en même temps des leçons de musique de l'organiste Broche, qui le traitait si grossièrement et en faisait à tel point son domestique, que B s'échappa un beau jour et s'enfuit à Paris. Il fut recueilli dans la capitale par une dame Mollien qui s'occupa de lui pendant deux ans environ. B. rentra alors à Rouen et y lit représenter, à l'âge de dix-huit ans, son premier ouvrage, un petit opéra, La file coupable (1793), pour lequel son père avait fourni le livret. Un second opéra, Rosalie et Myrza, donné en 1795 remporta un certain succès et encouragea B. à retourner à Paris pour y tenter fortune. Il trouva alors un excellent accueil dans la maison Erard, où il lit la connaissance des plus grands maîtres de son art: Méhul, Cherubini, etc. G'est là aussi que le chanteur Garât lit entendre les premières romances de B. ; le succès fut grand et un éditeur se trouva sans peine. Deux opéras-comiques, Les deux lettres (Opéra-Comique, 1796) et La famille suisse (id. 1797) reçurent un excellent accueil du public, grâce à leurs mélodies fraîches et gracieuses. Mais c'est avec Zoraïme et Zulnare (1798) que B. remporta un succès définitif et montra le mieux toute l'étendue de son talent; plusieurs œuvrettes qui avaient précédé avaient du reste été froidement accueillies. Le Calife de Bagdad (1800) eut de nouveau un heureux sort et, à la même époque, l'auteur se lit connaître connue compositeur d'oeuvres instrumentales (sonates pour piano, un concerto, morceaux pour harpe). La carrière de B. est assez simple. Ge fut la pratique seule qui lui servit d'école de composition et il ne se soucia jamais beaucoup du contrepoint ou de la fugue. Il avait appris l'indispensable dans les leçons de Broche, avait su profiter de quelques conseils de Méhul et de Gherubini mais n'avait jamais été leur élève. Peut-être

même sa naïveté première, son invention frai che et naturelle n'en eussent-elles été qu'em barrassées. En 1802, B. épousa la danseus* CLOTiLDE-Auguste Mafleuroy, mais son chob ne fut guère heureux et pour éviter des querel les de ménage, il se résigna en 1803 déjà à ui voyage à St-Pétersbourg où il resta jusqu'ei 1810. B. fut nommé compositeur de la cour d Russie, mais aucun des opéras qu'il fit alors re présenter n'eut de succès durable ; par contr le premier ouvrage qu'il donna à Paris, aprè son retour, Jean de Paris (1812), fut une victoi re. En 1817, B. fut appelé à succéder à Méhu comme professeur de composition au Conser vatoire ; aussi, comme pour justifier ce choi aux yeux du monde, voua-t-il un soin tout spt cial (c'était du reste chez lui affaire de cor science) à la composition de son Chaperon roi ge. La première eut lieu en 1818 et fut pour l'ai teur un véritable triomphe. Après un long h tervalle (pendant lequel parurent seulemer deux ouvrages en collaboration avec Gherub ni, Kreutzer, Berton et Paer), vint enfin, en 182; La dame blanche qui couronne dignement l'eii semble des œuvres de B. Celui-ci ne donr plus qu'un seul opéra, Les deux Nuits (182CJ dont le succès d'estime s'adressait à l'autei de La dame blanche. B. le sentit si bien ld même qu'il renonça désormais au théâtre. Ut année après la mort de sa femme (1825), I épousa en secondes noces la cantatrice Philli sœur de Jeannette Phillis. Il résilia ses fonctioij au Conservatoire en 1829 et reçut une forte pej sion, mais qui fut sensiblement diminuée déj l'année suivante. Le roi lui servait bien u I pension extraordinaire, ainsi que le directe! de l'Opéra-Gomique, mais il les perdit tout! deux également en 1830, en sorte que les d<| nières années de sa vie ne furent pas exempt| de soucis et qu'il dut demander sa réintégiB tion au Conservatoire. La demande fut agrél mais B. mourut peu après d'une pharyngite I berculeuse. Ce fut aux Invalides qu'eut lieu, I grande pompe, la cérémonie funèbre au coill de laquelle on exécuta le Requiem de Che;|l bini. Les élèves les plus célèbres de B. s<| Fétis, Adam et Zimmermann.

Il faut ajouter aux ouvrages déjà nommés I suivants : Lheureuse nouvelle (1797), Mo\ breuil et Merville (ou Le pari, 1797), La dot Suzelte (1798), Les méprises espagnoles (17Î La prisonnière (avec Cherubini, 1799), Bénit sky (1800), Ma tante Aurore (1803), Le bai et la quittance (avec Méhul, Kreutzer, etc., 18< A St-Pétersbourg : Aline, reine de Golcoi (1804), La jeune femme colère, Amour et m tère (vaudeville), Abderhan, Calypso (ou T maque), Les voitures versées (vaudeville tra formé plus tard en opéra-comique pour Pai Un tour de soubrette (vaudeville), La do invisible, Rien de trop (ou Les deux m~ vents, vaudeville, 1810), des chœurs p Athalie. Enfin, à Paris, après 1810: Le n veau seigneur du village (1813), Bayard à . :i<'res(B.\ec Cherubini, Gatel et Niccolo Isou qui fut longtemps son rival), Les Béarnais

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