‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 6 sur 542 · ADAM DE FULDA · texte numérisé non relu

ADAM DE FULDA

ADLEH

<1'A., nous pouvons noter les opéras : Le fidèle berger, La rose de Péronne, Le roi d' Yvetot, Giralda, La poupée de Nuremberg, ainsi que les ballets : Gisèle, Le Corsaire, etc. Certes, aucune des œuvres d'A. ne saurait prétendre au titre de classique, mais la grâce rythmique et la richesse mélodique de plusieurs d'entre elles leur assurent une longue vie. A. Pougin a publié en 1877 une courte biographie d'A.; cf. aussi les « Derniers souvenirs d'un musicien » (notices autobiographiques, articles de journaux d'A. lui-même, 1857-1859, 2 vol.). — 3. Karl- Ferdinand, compositeur favori de chœurs d'hommes, né le 22 déc. 1806, m. le 28 déc. 1868, •à Leisnig (Saxe) où il était cantor.

Adam de Fulda, né en 1450, l'un des plus anciens compositeurs allemands, fort estimé par ses contemporains, auteur d'un traité théorique reproduit parGerberl dans le troisième volume des Scriptores.

Adam de la Haie (ou Halle), surnommé le Bossu d'Arras, né à Arras, vers 1240, m. à Naplesen 1287; poète et compositeur (trouvère) •de génie dont les œuvres, en grande partie conservées,ont été éditées par Coussemaker en 1872. (Œuvres complètes du trouvère A. de la H., etc.) La plus importante est le Jeu de Robin et de Marion, sorte d'opéra-comique dont le texte •et la musique sont entièrement conservés; puis viennent d'autres Jeux (Jeu d'Adam, Jeu du pèlerin), des rondeaux, des motets et des chansons. Les œuvres d'A. (Cf. Notice sur A. par Bottée de ïoulmon) sont d'une importance capitale pour l'histoire musicale de son temps.

Adamberger, Valentin (non pas Joseph), ténor illustre, né à Munich le 6 juil. 1743, m. à Vienne le 24 août 1804 ; élève de Valesi, remporta en Italie de vrais triomphes, sous le nom •d'Adamonti. A. chanta ensuite à Londres et fut engagé en 1780 à l'opéra impérial de Vienne, en 1789 comme chantre de la chapelle royale. Mozart écrivit pour lui le rôle de Belmonte et quelques airs de concert. Sa fille fut fiancée à Théod. Kœrner.

Adami de Bolsena, Andréa, né à Bolsena en 1663, m. à Borne le 22 juil. 1742, fut maître de la chapelle pontificale et écrivit un ouvrage, riche en données hisloriques de tous genres : Osservazioni per ben regolare il coro dei cantori délia Capella Pontifica (1711).

Adamonti, Cf. Adamberger.

Adams, Thomas, excellent organiste et compositeur d'œuvres pour son instrument, né à Londres le 5 sept. 1785, m. dans la même ville le 15 sept. 1858; ce fut lui qui dirigea, entre autres, les exécutions musicales sur l'apollonicon de Flight et Bobson. Parmi les œuvres qu'il publia, citons : des fugues pour orgue, des interludes, des variations (aussi pour piano), de petites œuvres chorales a cappella, etc.

Adcock, James, né à Eton (Bucks) en 1778, m. à Cambridge le 30 avr. 1860; fut enfant de chœur de la chapelle de St-George, à Windsor, puis à Eton, entré dans le clergé en 1797, il fit partie ensuite de plusieurs chapelles à- Cambridge, où il fut enfin nommé maître du chœur

du King's Collège. A. publia une méthode de chant et un certain nombre de glees de sa composition.

Addison, John, compositeur anglais, né vers 1770, m. à Londres le 30 janv. 1844, eut une vie agitée, comme contrebassiste, maître de chapelle (à Dublin), manufacturier dans la branche des cotons (Manchester), marchand de musique (avec Kelley, à Londres) et enfin compositeur, professeur de chant et de contrebasse. Sa femme (miss Willems) était une cantatrice d'opéra fort appréciée. Les Singspiele d'A. eurent un temps de vogue (1805-1818).

Addolorato (ital.) dolent, lamentable.

Adelboldus, évèque d'Utrecht, m. le 27 nov. 1027, auteur d'un traité théorique reproduit par Gerbert, dans le 1er vol. des Scriptores.

Adelburg, August (chevalier de), violoniste, né à Constantinople le lor nov. 1830, m. fou, à Vienne le 20 oct. 1873; était destiné à la carrière diplomatique, mais fut déjà de 1850 à 185 ï l'élève de Mayseder qui en fit un remarquable virtuose. Vers 1860, A. se faisait sur fout remarquer par la puissance du son qu'il tirait de son instrument]; il composa des sonates et des concertos pour violon, des quatuors à cordes, etc., ainsi que trois opéras : Zrinyi (1868, à Budapest), Wallenstein et Martinuzzi.

Adelung, v. Adlung.

Adgio, Ado, abrév. pour Adagio.

Adiaphone (le « non-désaccordable») un instrument, inventé par Fischer et Fritzsch de Leipzig, patenté en 1882 et présenté l'année suivante, avec succès, à l'assemblée de l'Association générale des musiciens allemands, à Leipzig ; sorte de piano dans lequel les cordes sont remplacées par des diapasons accordés. La sonorité éthérée, mais un peu vide de l'instrument a été récemment améliorée par l'adjonction, pour chaque note, d'un second diapason accordé à l'octave.

Adirato (ital.) emporté, colérique.

Adler, 1. Georg, compositeur hongrois, né à Bude en 1806, violoniste, pianiste et professeur de talent, publia une série d'œuvres de musique de chambre bien écrites, des variations pour piano, des lieder et des chœurs. — 2. Vincent, pianiste célèbre et compositeur, né à Baab en Hongrie le 3 avr. 1826, m. à Genève le 4 janv. 1871; étudia le piano à Budapest avec son beau-frère Fr. Erkel, puis, à Vienne, l'harmonie et la composition. A. fit de nombreuses tournées de concerts, vécut longtemps à Paris où il se lia avec Wagner, Bûlow, Ernst, Lalo, puis alla se fixer à Genève où il fut, pendant six années, professeur au Conservatoire. Il composa entre autres d'excellentes études pour piano et une quantité de morceaux de salon écrits avee goût. — 3. Georges, fils du précédent, né à Paris le 22 nov. 1863, étudia le piano à Genève, puis à Francfort s/M. (B. Both, Baff, H. de Bûlow) où il est actuellement professeur, an Conservatoire BafT. — 4. Guioo, né à Eibenschùtz (Moravie) le 1er nov. 1855, fils d'un médecin après la mort duquel (1856) la jeune mère alla habiter Tglau. En 1864, A. entra au gymnase

ADLGASSER — AFFRETÏANDO

académique de Vienne, dont il dirigea pendant quelque temps le chœur d'élèves, et au Conservatoire où il eut Bruckner et Dessoff comme professeurs. Sorti couronné du Conservatoire, m 1874, A. entra à l'université et fonda avec F. Mottl et K. Wolf la Société académique wagnérienne, qui se développa rapidement. En 1878, il prit le grade de Dr. juris, en 1880 celui de Dr. phil. (dissertation : Die historischen Grundklassen der christlich abendlàndischen Musik bis 1600, parue dans YAUg. M. Z. 1880, nos 44-47) et se présenta en 1881 comme privatdocent à l'université de Vienne (Discours d'ouverture : Studie znr Geschichte der Harmonie, paru dans le Bulletin de l'Acad. des sciences [classe de philosophie et d'histoire], Vienne Ï881, aussi tiré à part). A. fut délégué au congrès liturgique international de 1882, à Arezzo, et en donna un compte -rendu détaillé; en 1884, il fondait avec Chrysander et Spitta la Vierteljahresschrift fur Musihwissenschaft et en rédigeait la première année; en 1885 enfin, il était nommé professeur des sciences musicales à l'Université allemande de Prague. Le discours d'ouverture d'A. est une monographie sur le faux-bourdon (v. ce mot) et le traité de Guilelmus Monachus; il formule cette thèse, fort bien conçue, que le contrepoint et l'harmonie sont nés indépendamment l'un de l'autre et se sont pendant longtemps développés d'une manière parallèle. A. recul en 18931e titre de professeur ordinaire ; il édite depuis plusieurs années les œuvres musicales des empereurs Ferdinand HT, Léopold Ier et Joseph Ier d'Autriche.

Adlgasser, Antox-Cajetan, né à Inzell près Traunstein (Bavière) le 3 avr. 1728, élève d'Eberlin, à Salzbourg, m. en cette ville le 21 déc. 1777, comme premier organiste de la cathédrale (depuis 1851). Ses œuvres de musique d'église étaient très appréciées et furent encore exécutées à Salzbourg, longtemps après la mort de leur auteur.

Adlung (Adelung), Jakob, né à Bindersleben près Erfurt le Mjanv. 1699, m. leSjuil. 17C.-2: étudia la philologie et la théologie à Erfurt, puis à Iéna, travaillant la musique, à côté de cela, avec une ardeur telle qu'il put être nommé organiste de la ville (1727), et professeur de gymnase (1741) à Erfurt, où il déployait une vive activité comme maître de musique. A. nous a laissé trois œuvres importantes pour l'histoire de la musique : Anleitung zur musikalischen Gelahrtheit (1758, 2me éd. en 1783, par les soins de J.-A. lliller); Musica mechanica organoedi (17G8) et Musikalisches Siebengestirn 1 1768, toutes deux éditées par L. Albrecht).

Adolfati, Andréa, né à Venise en 1711, ni. vers 17C>(», élève de (ialuppi, fut maître de chapelleâ Venise (S. Maria délia Salute) et, à partir • le 1760 environ, à Gènes (dell' Annunziazione). A. lit représenter 5 opéras et composa une quantité de musique d'église.

Adrastos, philosophe péripatétieicn, vers 330 av. J.-C, élève d'AristOte, écrivit un traité musical (A'p/uowx£v /3//3à<oc Tpixjqm n'est malheu-

reusement conservé qu'en extraits, dans Y Harmonie de Manuel Bryennius.

Adriansen (Hadrianius), Emmanuel, exquis virtuose sur le luth, au xvie s., né à Anvers, publia en 1592 un Pratum musicum, etc.y collection d'œuvres de Cyprien de Rore, Orlandus Lassus, Jachet van Berchem, Hubert Waelrant et autres, arrangées et mises en tablature pour le luth (préludes, fantaisies, madrigaux, motets, chansons, danses).

Adrien (propr. Andrien), Martin-Joseph, dit La Neuville ou A. l'aîné, né à Liège le 26 mai 1767, basse de l'Opéra de Paris de 1785 à 1804r puis répétiteur au même théâtre, m. le 19 nov. 1822, comme professeur au Conservatoire; auteur de Y Hymne à la liberté composé pour célébrer la retraite des Prussiens (1792) et de Y Hymne aux Martyrs de la liberté.

Aegidius 1. A. Zamorensis (Jean), moine franciscain espagnol de Zamora, vers 1270, auteur d'un traité de théorie musicale reproduit par Gerbert (Scriptores, vol. III). — 2. A. de Murino, théoricien du xve s. dont le traité de musique proportionnelle a été reproduit par Coussemaker (Scriptores, vol. ILI).

Aérophone, cf. Harmonium.

Aerts. 1. Egide, flûtiste virtuose, né à Boom près Anvers le 1er mars 1822, entra à l'âge de douze ans au Conservatoire de Bruxelles et excitait en 1837 déjà l'admiration de tout Paris. A. fut nommé, en 1847, professeur de flûte au Conservatoire de Bruxelles, mais mourut poitrinaire, dans la force de l'âge, le 9 juin 1853. Ses compositions (symphonies, concertos de flûte, etc.) ne sont pas gravées. — 2. Félix, né à St-Trond le 4 mai 1827, élève du Conservatoire de Bruxelles (C. Hanssen), fut engagé pendant quelque temps comme violoniste à Bruxelles, puis comme chef d'orchestre à Tournay, séjourna ensuite à Paris et se voua à renseignement depuis 1822, à Nivelles. A. a publié deux dissertations sur le plain-chant, un recueil de chants d'école, des litanies, une théorie élémentaire de la musique, ainsi que toute une série de fantaisies pour orchestre, de variations pour violon, etc.

AEVIA ou Aevia, aeuia est une abréviation fréquente du mot alléluia (les consonnes supprimées), dans les anciennes notations du chant grégorien.

Affetto (ital.), mouvement de l'âme ; con a.r affetluoso, avec âme, très expressif.

Affilar (ou filar) il tuono (ital) signifie, dans la méthode de chant italienne, la tenue égale d'un son de longue durée, à peu près synonyme de metter la voce, messa di voce (v. ce mot), si ce n'est cependant que la der? nière de ces expressions sous-entend un crescendo puis un diminuendo, pendant la durée du son.

Affilard, Mtciiel d', chantre (ténor) de la chapelle de Louis XIV, de 1683 à 1708, édita une méthode de lecture à vue (Principes très faciles, etc., 1691, 1705, 1710 et 1717).

Afflitto (ital.), affligé, abattu.

Affrettando(ital.),en accélérant, syn. destrinyendo ; affrettato, accéléré, syn. de phlmosso.

AFRANIO

AGRELL

Afranio degli Albonesi, chanoine de Ferrare,né à la fin du xve s. à Pavie, l'inventeur du basson.

Afzelius, Arvid- Auguste, né le 6 mai 1785, m. le 25 sept. 1871, à Enkœping, en S aède, où il était pasteur ; a publié deux recueils de chansons populaires suédoises (avec les mélodies) : Svenska folkvisor (1814-1816, 3 vol.; 2« éd. 1846) et Afsked of svenska folksharpan (1848).

Agazzari, Agostino, né à Sienne le 2 déc. 1578; m. dans la même ville le 10 avr. 1640 ; d'abord musicien au service de l'empereur Mathias,'puis pendant quelque temps, maître de chapelle du collège allemand, de l'église d'Apolline , et plus tard du Séminaire romain, à Rome, où il entra en relations avec Viadana dont il adopta les innovations ; en 1630, il fut appelé aux fonctions de maître de chapelle de la cathédrale de Sienne. A. était un des compositeurs les plus appréciés, ses œuvres furent réimprimées en Allemagne et en Hollande (madrigaux, motets, psaumes et autres œuvres religieuses dont plusieurs à 8 voix) ; il est un des premiers qui donnèrent des indications pour la réalisation pratique des basses chiffrées, dans la préface de son troisième livre de motets (1605).

Agelaos de Tégée fut le premier vainqueur dans l'agon musical des jeux pythiens (559 av. J.-C, 8me pythiade) ; il doit s'être présenté le premier, comme virtuose de la citharistique.

Agilita (ital.), agilité, mobilité.

Agitato (ital.), agité.

Agnelli, Salvatore, né à Païenne en 1817 fit ses études au Conservatoire deNaples, sous la direction de Furno, Zingarelli et Donizetti ; il débuta par une série * d'opéras, pour des théâtres italiens (Naples et Païenne) mais s'établit en 1846 à Marseille où il vit encore et où il fit représenter : La Jacquerie (1849), Léonore de Médicis (1855), Les deux avares (1860) et plusieurs ballets. Il écrivit en outre un Miserere, an Stabat mater, une cantate (Apothéose de Napoléon I", exécutée en 1856, dans le jardin des Tuileries, par trois orchestres), ainsi que trois opéras (Cromwell, Stefania, Sforza) encore manuscrits.

Agnesi, 1. Maria-Theresia d', excellente pianiste, née à. Milan en 1724, m. vers 1870, composa un grand nombre d'œuvres pour piano et quatre opéras : (Sofonisbe, Ciro in Armenia, Nitocri et Insubria- Consolata). — 2. Louis- Ferdinand-Léopold Agniioz, dit Luigi A., né à Erpent (Namur) le 17 juil. 1833, m. à Londres, le 2 févr. 1875, excellent chanteur (basse), élève du Conservatoire de Bruxelles, fut pendant un certain temps maître de chapelle de l'église de Ste-Catherine et directeur de plusieurs sociétés bruxelloises. Le peu de succès de son opéra Harmold le Normand (1858) l'engagea à se vouer au chant et, après de nouvelles études auprès de Duprez, à Paris, il entreprit des tournées de concerts, puis séjourna pendant les dernières années de sa vie à Londres, où il avait la réputation d'un excellent interprète de Hsendel. On pourrait encore citer parmi ses œuvres, des lieder, des motets, etc.

Agniez, cf. Agnesi 2.

Agnus Dei (lat.). « Agneau de Dieu », cf. Messe.

Agobardus, archevêque de Lyon, m. en 1840, en Saintonge ; auteur de trois traités musicaux : De divina psalmodia, De ecclesiœ officiis et De correctione Antiphonarii (reproduit dans la Bibl. Pair. XIV).

Agoge est le terme grec correspondant au mot tempo. A. rythmique, v. Agogtque.

Agogique, ensemble des légères modifications de tempo que nécessite l'exécution vivante d'une œuvre (appelées aussi rubalo ou tempo rubato). L'auteur de ce dictionnaire a, le premier, cherché à donner une théorie systématique du jeu expressif (Musikalische Dynamik und Agoyih, 1884). En général, l'agogique marche parallèlement avec la dynamique, c.-à-d. qu'une légère accélération de mouvement s'allie au crescendo, que les notes essentielles sont un peu prolongées et que les terminaisons féminines, moins prolongées, tendent à rétablir la durée normale (diminuendo) ; cette remarque s'applique surtout sur un espace restreint, tandis que, fréquemment, dans les passages plus développés, l'élargissement agogique, le ralentissement de l'allure s'imposent pour augmenter l'effet de la progression. — Accent a., nom donné par H. liiemann, dans ses éditions, à la légère prolongation de durée qu'exige le signe ^ placé au-dessus d'une note; ce signe doit indiquer d'une manière certaine la note essentielle du motif, lorsque le rythme se trouve en désaccord avec la mesure; on s'en sert, du reste, surtout pour les retards et il facilite de la sorte l'interprétation claire de la phrase.

Agon (grec), syn. de lutte ; l'a. musical formait une partie essentielle des «jeux » de l'ancienne Grèce, particulièrement des jeux pythiens.

Agostini, 1. Lunovico, né à Ferrare en 1534, m. dans la même ville le 20 sept. 1590, était maître de chapelle de la cathédrale et d'Alphonse II d'Esté ; il a écrit des madrigaux, des messes, des motets, des vêpres etc., qui furent imprimés les uns à Venise (Gardano), les autres à Ancône (Landrini). — 2. Paolo, né à Vallerano en 1593, élève et beau-fils de Bern. Nardini, m. en 1629, alors qu'il était directeur de la chapelle pontificale ; excellent contrapuntiste, écrivit un grand nombre d'œuvres de musique d'église (jusqu'à 48 voix) qui sont, en partie, conservées dans les bibliothèques de Rome, 2 livres de psaumes (1619), 2 livres de magnificats et d'antiennes (1620), et 5 livres de Messes furent imprimés. — 3. Pietro-Simone, né à Rome en 1650, fut maître de la chapelle du duc de Parme ; un opéra de sa composition fut exécuté à Venise : Il ratto délie Sabine.

Agrell, Johann, né à Lœth le 1er févr. 1701, m. à Nuremberg le 19 janv. 1769 ; de 1723 à 1746, musicien de la cour (violoniste) à Cassel, d'où il sut se faire une réputation aussi comme pianiste virtuose, fut nommé chef d'orchestre à Nuremberg, en 1746. Un certain nombre d'œuvres, non sans valeur, (symphonies

AliKKMENTS

AGUIAKI

concertos, sonates) ont. été gravées à Nuremberg; d'autres sont restées manuscrites.

Agréments, ternie vieilli, presque hors d'usage, désigne plus spécialement les ornements (v. ce mot) de courte durée.

Agricola, 1. Alexander, l'un des plus remarquables compositeurs du xve s., était, d'après les dernières recherches (van der Straelen), d'origine allemande. A. fut, jusqu'au 10 juin 1 174, chantre de la chapelle ducale de Milan, séjourna ensuite avec sa famille dans l'Italie méridionale, entra en 1500, à Bruxelles, comme chapelain et chantre, au service de Philippe le Bel avec La suite duquel il se rendit, en 15.05, en Espagne où il mourut, probablement en 150G, à l'âge de 60 ans (il serait donc né en 1446). Sa réputation de compositeur était telle que Pefcrucci donne de lui, dans ses trois plus anciennes impressions (1501 à 1503), 31 lieder et motets, et imprima en 1504 tout un volume de ses M.eases(Missœ Alexandri Agricoles : Le Serviteur, Je me demande, Malheur me bat, Primi toni, Secundi toni). On peut encore juger de la célébrité d'A. par le t'ait qu'il n'était souvent appelé que « Alexander ». — 2. Martin, né à Sorau en 1486, ni. à Magdebourg le 10 janv. 1556; écrivain musical important du XVIe s., dont les écrits sont, avec ceux de Seb. Virdung, la source principale de renseignements pour l'histoire des instruments de l'époque. A. fut autodidacte, à partir de 1510 maître de musique à Magdebourg et nommé, en 1524, cantor de l'école luthérienne; il vécut toute sa vie dans mit' position assez précaire. Ses œuvres principales sonl : Musica figuralis deudsch; Von den Proportionibus (toutes deux sans date, mais réunies et réimprimées en 1532); Musica instrumentalis deudsch (1528, 1529 et 1532, l'œuvre la plus importante); Rudimenta musices (1539, 2me édit. 154:], sous le titre de Quœstiones vulgariores in musicam) ; Duo libri musices (1501, réunion des Rudimenta et de De proportionibus); Scholia in musicam planam Wenceslai de Nova Domo (1540). Il publia aussi quelques cahiers de compositions (Eiu kurz deudsch Musica. 15S8 ; Musica choralis deudsch, 1533; Deutsche Musica und Gesangbilchlein, 1540; Ein Sa/if/bûc/dein aller Sonntags-Evangelien, 1541J, ainsi que la Musica g etutscht de Virdung, avec les mêmes planches, niais mise en vers. Contrairement à L'usage du temps. A. se sert dans sa Musica instrumentai de la notation proportionnelle, an lieu de la tablature allemande. — 3. Johann, né à Nuremberg vers 1570, professeur au gymnase des Augustins, à Erfurt, publia de 1601 à 1011 une quantité de compositions religieuses (motets, cantiques, etc.) — 4. Wolfano-Christoph, publia en 1651, à \V u iv. bourg et à Cologne, deux recueils : Fasci-

culus mUStCalis <!^ Messes) et. FascicuhlS va-

riarum cnntionum (motets). — 5. Georq-Ludwm, né à Grossfurra prés de Sondershausen le, 25 ocl. 1648, l'ut en L670 maître de chapelle à Gotha où il mourut, le 20 févr. 1676;

il fit éditer à Mulhouse plusieurs cahiers de sonates et préludes, des danses pour instru-

ments à archet, quelques chants de repentance et des madrigaux. — 6. Johann-Friedrich, né à Dobitschen près d'Altenbourg le 4 janv. 1720, m. à Berlin le 12 nov. (suivant Forkel), ou le 1er déc. (suivant L. Schneider) 1774; étudia le droit à Leipzig, fut en même temps élève de J.-S. Bach, puis de Quanz, à Berlin (1741) ; dix ans plus tard, il fut nommé compositeur de musique de la cour (1751) et succéda à Graun, en 1759, comme directeur de la chapelle royale. Aucune des œuvres d'A., théâtrale ni religieuse, ne fut gravée ; mais ses écrits polémiques contre Marpurg (sous le pseudonyme d'Olibrio) lui assignent une place dans la littérature musicale, de même (pie sa traduction de Y Ecole de chant de Tosi, sa collaboration à la Musica mechanica organoedi d'Adlung et, d'après Fétis, à la Théorie der schonen Kunste, de Sulzer. Sa femme, Emilia, née Molteni, (née à Modène en 1722, m. à Berlin en 1780) était une cantatrice très estimée et fit pendant longtemps partie de la troupe d'opéra italien de Berlin.

Agthe, 1. Karl-Christian, né à Hettstaedt (Mansfeld), en 1762, m. à Ballenstedt le 27 nov. 1797, était alors organiste de la cour du prince de Bernbourg ; écrivit cinq opéras, un ballet el quelques compositions chorales de petites dimensions. — 2. Wilhelm-Joseph-Albrecht, fils du précédent, né à Ballenstedt en 1790, fut successivement maître de musique et membre de l'orchestre du Gewandhaus à Leipzig (1810), maître de musique à Dresde (1823), puis à Posen (1820) où il eut Théod. Kullak comme élève, à Breslau (1830) où il s'était réfugié lors des troubles politiques, et enfin à Berlin (1832) où il dirigea jusqu'en 1845 un nouvel institut de musique. A. a fait éditer un certain nombre d'oeuvres de tendances sérieuses, pour piano. — 3. Friedrich-Wilhelm, né à Sangerhausen en 1794, élève de Muller et de Riemann à Weimar et de Weinlig à Dresde, fut cantor à la « Kreuzschule » de cette dernière ville (1822-1828), et mourut, le 19 août 1830, à Sonnenstein prés Pirna, où des accès de folie l'avaient fait interner en 1828 déjà.

Aguado, Dionisio, célèbre virtuose sur la guitare, né à Madrid le 8 avr. 1784, m. le 20 déc. 1849 ; publia en 1825 une méthode de guitare qui eut les honneurs de trois éditions espagnoles et d'une française (1827), ainsi que diverses œuvres pour son instrument (études, rondos, etc.).

AguiarijLucuKziA, cantatrice douée d'une voix, phénoménale, née à Ferrare en 1743, m. le 18 mai 1783 ; connue sous le nom de La Bastar? délia (elle était fille naturelle d'un grand sa gneur qui avait confié son éducation à l'abbé Lambertini). Elle excita l'enthousiasme, non seulement de l'Italie (Florence, Milan, etc.l niais de tout Londres, en 1775, puis se retirade la scène en 1780, et épousa, à Parme, le chef d'orchestre Colla dont elle aimait particulièrement à chanter les œuvres. A. était remarquable surtout par l'étendue incroyable de sa voix : elle chantait jusqu'à l'ut6 et trillait encore sur le fa5.

AGUILKRA — AIH

Aguilera de Heredia, Sébastian, ecclésiastique et maître de chapelle à Saragosse, au commencement du xvrr3 s.; publia en 1618 une collection de magniflcats, chantés encore de nos jours à Saragosse.

Ahle, 1. Joh.-Budolf, né à Mulhouse, en Thuringe, le 24 déc. 1625, m. dans la môme ville, le 8 juil. 1673; cantor de l'église de St-André à Ga^ttingue, en 1654 organiste de l'église de St-Blaise à Mulhouse, en 1656, membre du conseil et même, cinq ans plus tard, bourgmestre de la ville. Ses œuvres principales sont les suivantes : Geistliche Bialoge (chants À plusieurs voix, 1648) Jhiiringischer Lustgarten (1657) et Geistliche Fest-und Communionandachten ; déplus, deux ouvrages théoriques : Compendium pro tonellis (1648; 2me éd. en 1673, sous le titre : Brevis et perspicua introductio im artem musicam ; 3me et 4mo éd. en 1690 et 1704, sous le titre : Kurze doch deutliche Anleitung, etc.). et De progressionibus consonantium. — 2. Joh.-Georg, fils et élève du précédent, né en 1650, m. le 1er déc. 1706, à Mulhouse ; succéda à son père comme organiste, devint aussi plus tard conseiller et reçut •de l'empereur Léopold Ier la couronne de poète (Poêla laureatus). A peu près l'égal de son père, A. écrivit toute une série d'œuvres de musique d'église fort estimées, mais qui furent en grande partie détruites par un incendie; ses Musicalische Frùhlings-Sommer-H.erbst-und Wintet yesprdche (1695-1701) s'ont une sorte de traité de composition en quatre parties. Citons encore son Instrumentalische Friihlingsmusik (1695- 1696) et Anmutige zehn vierstimmige Viol-di- Gamba-Spiele (1681).

Ahlstrôm, A.-J.-N., né en Suède en 1762, organiste de St-Jacob, à Stockholm, et accompagnateur de la cour, publia des sonates pour piano, des sonates pour violon (1783-1786), rédigea deux ans plus tard un journal de musique : Musikalisk Tidsfœrdrife et édita un recueil de danses et de chansons populaires suédoises. — 2. Johann-Niklas, peut-être le fils du précédent, né à Wisby, en Suède, le 5 juin 1805, m. à Stockholm le 14 mai 1857; auteur d'opéras, de lioder, etc.

Ahna, v. De Ahna.

Aibl, Joseph, importante maison d'édition musicale à Munich (fondée un 1824) ; propriétaire actuel, Ed. Spitzwcg (depuis 1836), et ses fils Kugen et Otto.

Aiblinger, Joh.-Kaspar, né à Wasserbourg sur l'Inn le 23 févr. 1779, m. à Munich le 6 mai 1867; fit ses études musicales à Munich, puis en 1802 auprès de S. Mayr, à Bergame, vécut de 1803 à 1811 à Vicence, fut nommé second chef d'orchestre du vice-roi, à Milan, en 1819, séjourna ensuite à Venise où il fonda la société YOdéon, et remplit, à partir de 1825, les fonctions de second chef à l'opéra de Munich. En 1833, nous le retrouvons à Bergame. On vante beaucoup la musique d'église d'A., (Messes, litanies, requiem s, psaumes, offertoires, -te.) ; par contre, le succès ne lui sourit point au théâtre, ni avec l'opéra Rodrigue et Chimène

(Munich 1821), ni avec les ballets Bianca et / Titani (tous deux à Milan, 1819).

Aichinger, Greoor, né (à Augsbourg?) vers 1565, m. en cette ville le 21 janv. 1628, comme vicaire du chœur du dôme et chanoine de Ste-Gertrude ; il a écrit un grand nombre de compositions religieuses : trois livres de Sacra? cantiones (1590 à Augsbourg et à Venise, 1595 à Venise et 1597 à Nuremberg), Iricinia, Bivinœ laudes, Ghirlanda di canzonette spiritali, etc.

Aigner, Engelbert, né à Vienne le 23 févr. 1798, m. après 1851, fut pendant un certain temps directeur de ballet à l'opéra impérial de Vienne (1835 à 1837), fonda en 1839 une grande fabrique de machines qu'il abandonna en 1842, et vécut sans emploi à Vienne. A. écrivit plusieurs opéras-comiques et vaudevilles pour le théâtre de Kârntnerthor, à Vienne (1826 à 1829), puis des Messes, un requiem, des chœurs pour voix d'hommes, un quintette avec flûte, etc.

Aimo, v. Haym 2.

Air (ital. aria; allem. Arie), était autrefois, dans son acception la plus générale, synonyme de mélodie instrumentale ou vocale et servait à désigner de petits morceaux, certaines danses même, dont l'essence était particulièrement mélodique. Aujourd'hui le mot a. est plus spécialement réservé aux morceaux d'une certaine étendue pour une voix, avec accompagnement d'orchestre, que ce morceau soit un fragment d'opéra, de cantate, d'oratorio ou bien écrit isolément et destiné au concert (a. de concert). L'a. de concert se distingue de la ballade, qui, parfois, a un accompagnement orchestral, par le fait qu'il est lyrique, qu'il exprime des sentiments à la première personne, tandis que la ballade est narrative (épique-lyrique); l'expression peut s'élever jusqu'au dramatique le plus intense, lorsque le texte passe de la simple description ou réflexion à l'interpellation. C'est pourquoi il existe des a. qui sont de vrais monologues mis en musique, tandis que d'autres sont comme des fragments d'un ensemble plus important. Les a. d'église (aria da chiesa), forment un groupe à part, consistant en prières, en méditations pieuses qui peuvent exprimer, du reste, les états d'âme les plus divers (humiliation, angoisse, reconnaissance, joie, plainte, etc.). L'a. ne diffère du lied que par les plus grandes proportions de chacune de ses parties et surtout par le fait tout extérieur que le lied n'est accompagné que par un seul instrument ou un très petit nombre d'instruments. Les a. de petites dimensions, qui ont beaucoup d'analogie avec le lied, et dans lesquels l'accompagnement d'orchestre est remplacé par le piano (comme c'est le cas dans les salons), prennent le nom de cavatine, d'arietle ou même de lied (couplet, chanson). — L'a. s'est élevé au rang d'une forme musicale de haute importance, sous le nom de grand a. ou a. da capo, composée de deux parties principales, contrastant entre elles par le fond, comme par la forme. La première partie donne au chanteur l'occasion de déployer toute sa virtuosité, ne redoute ni

AIRETON

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