ALBANI
les répétitions de texte, ni le travail thématique ; dans la seconde, au contraire, la partie de chant est plus essentiellement mélodique, mais elle est soutenue par des harmonies plus riches et par les raffinements d'un habile contrepoint ; la seconde partie est suivie du da capo, c.-à-d. de la répétition textuelle, ou quelque peu ornementée par le chanteur, de la première partie. Un des éléments constitutifs du « grand air » est. encore la ritournelle instrumentale, qui sert d'introduction et contient la mélodie principale. La virtuosité des chanteurs, augmentant à mesure qu'augmentaient les exigences, prit une importance telle, dans l'opéra italien, que lecompositnir devait avant tout songer à écrire pour le chanteur des morceaux à etret; ainsi le grand a. se transforma en air à fioritures ou air de bravoure. L'a. da capo apparut déjà dans le courant du xvne s. (v. Scarlatti, 1), et se maintint jusque vers la fin du xviiic s.; hors d'usage aujourd'hui, il a fait place à une forme d'à. plus libre et plus variée. En tant que peu dramatique, le da capo est abandonné, la ritournelle n'apparaît plus qu'à titre d'exception, la structure thématique est soumise aux exigences du texte, en sorte <|iie l'a. prend parfois la forme du rondo, ou celle d'un allegro encadré de deux mouvements lents, ou d'autres encore. — Au point de vue esthétique, l'a. correspond, dans le. drame musical (opéra), à une suspension momentanée de l'action, pour le plus grand développement de l'élément lyrique; Wagner et ses partisans regardent ce principe comme non justifié et contraire au style dramatique, tandis qu'un autre parti, nombreux, considère précisément l'a. comme la plus belle manifestation de la musique dramatique. Ce sont des questions de principe, au sujet desquelles il ne saurait y avoir entente ; il n'est guère possible ((ne de prendre parti pour l'un ou l'autre côté. L'a. de bravoure, créé pour le virtuose exclusivement, est certainement une œuvre nulle au point de vue esthétique ; il y a cependant quelque différence entre celui-ci et le grand a. de Fidelio. différence suffisante pour que celui qui méprise l'un admire l'autre.
Aireton, Edward, célèbre luthier anglais de la seconde moitié du xvine s., à Londres, m. en 1807, à l'âge (le 80 ans: copia avec succès les violons et violoncelles des Amati.
Aïs (ail.) = la dieze; \isrs = la double-dièze.
Ajahli Keman, instrument turc à archet et muni (l'un pied, un peu plus petit que le violoncelle.
Ajolla, v. Layolle.
Akeroyde, Samuel, compositeur anglais fécond et très populaire à la tin du xvn° s. ; on trouve des compositions de lui dans nombre d'anthologies musicales anglaises de ce temps, par ex., dans le troisième recueil de mélodies d'I it'ey ( L685), dans le Théâtre of music (1685- 1687). Cornes amoris (1687-1092), Thésaurus rnusicus (1688-96), etc.
Al (ilal.), contracl., pour a il (jusqu'à), parex. crescendo al forte.
Ala, Giovanni-Battista, organiste de l'église
des Servîtes à Monza, au début du xvne s.; on publia de lui des chansons et madrigaux (1617, 1625), Concerti ecclesiastici (1616 à 1628, 4 livres) ; le Pratum musicum de 1634 contient aussi des motets de sa composition. A. doit être mort fort jeune (32 ans), en 1612 déjà, d'après Gerberl.
Alabiev, Alexandre, né à Moscou le 30 août 1802, m. en cette ville, en 1852 ; compositeur russe dont les mélodies jouirent, d'une grande popularité (Le Rossignol « Salawei »).
Alard, 1. Delphin, violoniste, né à Bayonne le 8 mars 1815, m. à Paris le 22 févr.' 1888, élève (Habeneck), et, de 1843 à 1875, professeur de violon, au Conservatoire de Paris, où il succédait à Baillot. A. fut un des plus célèbres violonistes français et un excellent pédagogue (Sarasate est son élève) ; son jeu était extraordinairement dégagé et brillant. H a publié un grand nombre de compositions pour son instrument (fantaisies sur des thèmes d'opéras ou des thèmes originaux, concertos, études, duos pour piano et violon, etc.), ainsi qu'une excellente Ecole du violon qui eut les honneurs de la traduction en espagnol, en italien et en allemand. — 2. César, excellent violoncelliste, né à Gosselies (Belgique), le 4 mai 1837, élève de Servais.
Alary, Giulio-Eugenio-Arano, né à Mantoue en 1814, m. à Paris le 17 avr. 1891, élève du. Conservatoire de Milan où il fut aussi pendant quelques années flûtiste au théâtre de la Scala. En 1833, il se rendit à Paris pour se vouer au professorat et sut s'y créer un certain renom comme compositeur d'œuvres superficielles, au goût du jour. A. est aussi l'auteur de neuf opéras et d'un oratorio : La Rédemption (1850).
Alayrac, v. Dalayrac.
Albanese, né à Albano, dans l'Apulie, en 1729, m. à Paris en 1800; premier chantre (castrat) des Concerts spirituels, de 1752 à 1762, fut1 un des compositeurs de romances les plus courus de son temps.
Albani, 1. Mathias, nom de deux excellents luthiers (père et fils) ; le premier, né à Bozen en 1621, fut élève de Steiner et mourut à Bozen même, en 1673. Quant au fils, il travailla pendant quelques années auprès des maîtres de son art, à Crémone, puis s'établit à Rome ; ses instruments, datés des années 1702 à 1709 sont estimés presque à l'égal des Amati. — 2. Marie- Louise-Cécile Lajeunesse (nom de théâtre : A.), : célèbre cantatrice dramatique, née à Chambly près Montréal, en 1850, chanta pour la première fois en public à l'église d'Albany (st. New- York), fit ensuite ses études chez Duprez, à Paris, ot chez Lamperti, puis débuta en 1870, à Messine, dans \siSomnanbideet fut engagée pendant quelque temps à la Pergola dej Florence. Entrée en 1872 dans la troupe d'opéra | italien de Londres (Covent-Garden), elle a continué jusqu'à ce jour, malgré ses tournées à Paris, St-Pétersbourg, en Amérique, etc., à en être l'une des principales étoiles. A. chante du reste fort bien aussi les parties d'oratorios (soprano,
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