‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 84 sur 542 · CHROMATIQUE · texte numérisé non relu

CHROMATIQUE

CHRYSANTHU DE MADYTE

grand c.

Il va de soi que cette distinction perd toute valeur pratique par suite de l'identification enharmonique de ré et ré (par l'intermédiaire du la); mais les formules acoustiques restent les équivalents de diverses conceptions harmoniques, que détermine non pas la hauteur absolue des sons mais l'enchaînement des harmonies. — 2. Nom d'une association qui s'est donné pour tâche de réformer notre système musical en supprimant l'échelle fondamentale (v. ce mot), pour prendre comme base la division de l'octave en douze parties égales ( système chromatique tempéré). Les partisans de ce système exigent, par exemple, que les touches inférieures et supérieures du piano alternent d'une manière continue et qu'en outre chaque touche supérieure soit pourvue d'un nom spécial, non dérivé de celui d'une touche inférieure (cf. Vincent 2, Hahn 2, Sachs 2 et Loquin). Le mouvement provoqué par cette association s'accentua pendant un certain temps, au moment de la construction des premiers claviers chromatiques de P. von Jankô.

Chromatique. 1. Gamme g., l'échelle des douze demi-tons du système tempéré. Cette échelle est notée de diverses manières, suivant la tonalité dans laquelle on la rencontre et suivant l'harmonie qu'on lui suppose comme base. Si l'échelle diatonique doit être considérée comme composée d'un accord majeur ou mineur avec des notes de passage (v. gamme) et si le choix de ces notes de passage, surtout de la tierce à la quinte et de la quinte à l'octave, peut varier selon le ton dans lequel paraît l'accord, il va de soi que la gamme c. devra être considérée de même, puisqu'elle n'est qu'une sorte de remplissage de la gamme diatonique au moyen de sons intermédiaires chromatiques. La gamme c.

ascendante emploie généralement les sons haussés, la gamme c. descendante les sons baissés. Il est utile de remarquer à ce sujet que quelques compositeurs anciens (Mozart) aiment à remplacer dans la gamme c. ascendante, la seconde, la quinte et la sixte augmentées par la tierce, la sixte et la septième mineures enharmoniques; le sens des harmonies en est souvent très obscurci. — 2. Sons chromatiques (altérés). Nom que l'on ne donne, dans un accord, qu'aux sons qui peuvent être considérés comme simples élévations ou abaissements d'une des notes de l'harmonie primitive (fondamentale, tierce, quinte de l'accord maj. ou min.), par ex. : sol $ étant la quinte haussée d'un demi-ton de ut, mi, sol; la y étant la tonique abaissée d'un demiton de la, ut, mi; et tout aussi bien sol dans l'ace, d'ut # maj., la dans celui de ré j? maj., etc. Cf. altérés (accords). — 3. Genre c. des Grecs, v. grecque (musique); à propos du c. au xvie s., cf. Vicentino et Gesualdo. — 4. Instruments c. Instruments qui disposent d'une échelle chro-

matique complète, autrement dit sur lesquels on peut donner les douze demi-tons que comprend l'octave du système tempéré. On emploie ce terme surtout pour les instr. à vent en cuivre, munis de pistons (autrefois -de clefs), par opposition aux instr. naturels, qui ne disposent que de l'échelle des harmoniques du son réel le plus grave de leur tuyau. Cf. cor, trompette, cornet, etc.

Chronomètre (grec, « qui mesure le temps »), V. métronome.

Chronos protos (grec, « le premier temps », c.-à-d. la plus petite unité de temps), nom que l'on donne, dans la métrique antique, à la durée de la simple brève.

Chrotta, l'un des plus anciens, sinon le plus ancien des instr. européens à archet, déjà mentionné par Venantius Fortunatus (609), dans le distique suivant: « Romanusque lyra plaudat tibi, Barbarus harpa, Graecus achilliaca, chrotta Britanna canil ». Ne pas confondre c. avec rotta (v. ce mot). V. crouth.

Chrysander, Friedrich, né à Lùbtheen (Mecklembourg) le 8 juil. 1826, étudia la philosophie et prit son doctorat à Rostock. Après avoir changé fréquemment de domicile et avoir vécu entre autres assez longtemps en Angleterre, G. s'est fixé définitivement à Bergedorf, près Hambourg. Il compte au nombre des musicographes allemands les plus méritants. Sa biographie encore inachevée de Haendel (1858- 1860, jusqu'à la fin de la première moitié du vol. m) est un ouvrage écrit avec un zèle véritable, une grande science historique et une sincère vénération pour le maître; la période la plus importante de la vie de Hsendel, celle qui vit naître les grands oratorios, n'a pas encore été abordée par l'auteur. G. est l'un des fondateurs de la]« Société Hamdel » de Leipzig; il s'occupe de la rédaction, voire même de la gravure de l'édition monumentale des œuvres de Haendel, que publie cette association. En 1863 et en 1867, parurent sous le nom de C. deux Jahr bûcher fur musikalische Wissenschaft, contenant de précieuses contributions de divers auteurs (entre autres le Locheimer Liederbuch et ÏArs organisant de Paumann, édités par F.-W. Arnold). De 1868 à 1871 et de nouveau en 1875 jusqu'au moment où elle cessa de paraître (fin 1882), G. rédigea Y Allgemeine musikalische Zeitung, qui contient de nombreux et intéressants articles de lui, entre autres une esquisse de l'histoire de la typographie musicale (1879), des recherches sur l'Opéra de Hambourg sous la direction de Keiser, Kusser, etc, (1878-1879). Tl publie depuis 1885 avecSpitta (m. en 1894) et G. Adler un périodique du plus haut intérêt: Vierteljahresschrift fur Musikwissenschaf't (Leipzig, Breitkopf et Ha>rtel). Deux brochures : Ueber die Molltonart in Volksgesàngen et Ueber das Oratorium ont paru en 1853. Enfin G. a publié une édition des œuvres pour piano de J.-S. Bach (1856) et les Denkmâler der Tonkunst (oratorios de Carissimi ; sonates et concertos de Gorelli [Joachim]; pièces de clavecin de Gouperin [Brahms], etc.).

Chrysanthe de Madyte, archevêque de Du-

1 iï

CHUTE — ers

razzo (Dyrrachium), eu Albanie, «'lait auparavant (1815) professeur de chant d'église à Gons- Lantinople, l'un de ceux qui ont simplifié la notation liturgique de L'église byzantine, par la suppression d'une quantité de signes superflus. Il est l'auteur d'un traité intitulé: Introduction à la théorie et à I" pratique de la musique ecclésiastique, etc. (Elvotyoryti 1831; rédigé en

majeure partie par Anaslase Tbamvris), dont une seconde édition parut en 1832, sous le titre: Grande théorie de I" musique composée par

('. <l> M . etc. ((èictçtiTtKcv uéyx ). Bourgault-

Ducoudray a traduit en français, en collaboration avec E. Burnouf, un Abréf/é de la théorie de In nti<s></)(<' byzantine, «le Ghrysanthe (v. Bourgault-Ducoudray, Etudes sûr lu musique ecclésiastique </rec</>ir. etc.).

Chute, ornement (v. ce mot) vieilli qui s'est transformé eu appoggiature Longue notée en petites notes: les anciens compositeurs français pour le clavecin indiquaient la c. au moyen d'un petit crochet placé avant la note <* (d'Anglebert 1689, ainsi que Rameau) ou par ' un trait incliné : ^*. I .a seconde supérieure qui précédait alors la note réelle prenait généralement à celle-ci la moitié de sa valeur. Cf. port

DK VOIX.

Chwatal. 1. I'i;an/-X.vver, né à Rumbourg (Bohême) 1»' 19 juin 1808, m. aux bains d'Elmen Le '2'» juin 187'.): se tendit en 1822 à Mersebourg comme maître de musique, et partit de là pour Nfagdebourg, eu 1835. Il a écrit un grand nombre d'oeuvres pour piano, surtout des morceaux de salon et plusieurs ouvrages d'enseignement, parmi lesquels deux méthodes de piano; des quatuors pour voix d'hommes, etc. — 2. Joseph, Erère du précédent, né à Rumbourg le 12 janv. 1811, constructeur d'orgues à Mersebourg (G. et tils). a apporté quelques petites mais notables améliorations dans la mécanique de l'orgue.

Ciacona (itah), v. chagonne.

Cifra, Antonio, né dans les Etats de l'Eglise en 1575, m. à Lorette en 1638; élève de Palestrina et de Xanini, tut d'abord maître de chapelle du Collège allemand à Rome, puis à Loi' Ile. lai 1620 il fut nommé maître de chapelle de St-Jean-de-Latran, mais entra, en 1622, au service de l'archiduc Charles d'Autriche; il rentra, en 1629, à Lorette. C. tut un des meilleurs compositeurs de L'école <\>- Home; toute une Série d'œuvres imprimées ont été conservées et nous ru fourni88en! une preuve évidente :

cinq Livres de Messes ; sept livres de motets, de deux a quatre voii (avec basse d'orgue); des motets à douze \<ux; des psaumes : des scherzi et .les airs a\ec cembalo ou chitarrone; des madrigaux, ricercari, canzoni, (\mcerti ecclesiastici, etc.; le tout conservé dans des imprimés de 1600a* 1688

Cimarosa, Dombnigo, né a A versa (Naples) le M déc 1"/'»'.», m. a Venise 1,- H j:inv< IgQl ; tils d'un maçon, devenu lot orphelin, fréquenta île des pauvres des Minorités, à Naples. I..' père Polcano, organiste de ia congrégation Minorités, découvrit le talent musical de l'enfant; Il donna les premières leçons à c.,

puis le iit entrer, en 1761, au Conservatoire Santa Maria di Loreto, où il eut successivement pour maîtres : Manna, Sacchini, Fenaroli et Piccini. En 1772, il fit ses débuts dans la composition scénique en donnant au théâtre de * Fiorentini », à Naples, Le Stravaganze del conte; quoique Paësiello fut alors à l'apogée de sa gloire, G. parvint rapidement à se créer un nom à côté de lui. Les œuvres se succédèrent, dès lors, avec une rapidité inouïe. Il écrivit, en 1779, pour Rome, L'Ilaliana in Londra, et vécut, pendant un certain temps, tantôt à Naples, tantôt à Pvome, composant toujours ses opéras, suivant la mode d'alors, dans la localité où ils devaient être exécutés. En 1781, il donna un opéra dans chacune des villes de Rome, Venise, Turin et Vicence, et continua de même pendant nombre d'années. De brillantes propositions l'engagèrent à se rendre, en 1789, à St-Pétersbourg, où auparavant déjà (1776 à 1785), Paësiello avait écrit pour l'Opéra italien de nombreuses nouveautés. Il choisit la route de Florence et de Vienne, et fut accueilli partout sur son passage avec les plus grands honneurs. Il ne put cependant supporter longtemps le climat de la Russie et se dirigea, en 1792 déjà, de nouveau vers le sud, s'arrètant d'abord à Vienne où on l'eût volontiers retenu pour toujours. C'est là que C. a écrit son ouvrage le plus célèbre, Il Matrimonio segreto, dont le succès non seulement dépassa celui de tous ses autres opéras, mais était considéré comme sans précédent. C. avait composé jusqu'alors près de 70 opéras, en moins de vingt années. « Le Mariage secret » fut aussi joué à Naples (1793), où il eut soixante-sept représentations; il fut suivi de plusieurs autres ouvrages parmi lesquels il faut mentionner surtout Astuzie féminité (1794). C. prit part à la révolution de 1798 à Naples, il fut fait prisonnier, puis condamné à mort ; mais il fut gracié et mis en liberté par le roi Ferdinand. Il s'embarqua pour Venise, dans l'intention de retourner en Russie, mais il tomba malade et mourut à Venise, empoisonné, disait-on. L'opinion publique accusait le gouvernement de meurtre, et il fallut, pour dissiper les bruits malveillants que l'on avait répandu, une déclaration officielle du médecin privé de Pie VII, qui résidait à Venise, déclaration constatant la mort naturelle (abcès intestinaux) de C. — C. a composé non seulement plus de 80 opéras, mais plusieurs Messes (2 requiems), oratorios (Judith, Le Triomphe de la religion), cantates, et 105 morceaux de chant détachés, écrits pour la cour de Russie. Il Matrimonio segreto apparaît, aujourd'hui encore, de temps à autre au répertoire des meilleures scènes ; la musique en est, selon nos idées actuelles, simple, mais très fraîche et pleine d'humour. Un excellent buste de C, exécuté par Canova, sur l'ordre du cardinal Consalvi, a été placé au Panthéon, à Rome, entre ceux de Sacchini et de Paësiello.

Cinelli (ital.), syn. de piatti = cymbales.

Cis (ail.), = ut $; cisis == ut X .

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