‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 88 sur 542 · COL — COLONNE · texte numérisé non relu

COL — COLONNE

mismate, aussi tut-il nommé plus tard conservateur du cabinet de numismatique de la Bibliothèque nationale. En plus de ses opéras et de quelques petites œuvres, C. a publié des ouvrages de théorie musicale élémentaire et s'est fait connaître comme critique, en collaborant à divers journaux spéciaux. — 2. Léonce, né à Paris le 1:2 févr. 1829, élève de Leborne au Conservatoire, obtint le grand prix de Rome en 1851 el accepta ensuite un poste de violoniste au Théâtre italien. Il est l'auteur de plusieurs opérettes et a publié une Ecole du musicien très complète et détaillée. — 3. Jules, né à Marseille le 2 nov. 1830, élève de Zimmermann, Marmontel, Benoist et Halévy au Conservatoire de Paris. Ses parents étaient fortunés, il jugea convenable de se retirer du concours pour le prix de Rome; mais il fut nommé professeur suppléant, puis en 1870 professeur ordinaire d'une classe d'ensemble vocal au Conservatoire de Paris. Malgré des tentatives réitérées, C. ne réussit jamais au théâtre; ses nombreuses œuvres de musique d'église (Messes, etc.), ses symphonies, ouvertures, etc. ainsi que des cantates paraissent du reste supérieures à ses œuvres scéniques. — 4. Karl- Hubert, né à Laurenzberg, près Aix-la-Chapelle, le 18 oct. 1851; ordonné prêtre en 1875, tut élèi e de l'Ecole de musique religieuse d'Aixla-( lliapelle, puis de celle de Ratisbonne où il fut nommé, en 1876, vicaire de l'ancienne Chapelle et maître à l'Ecole de musique. De 1879 à 1887, G. fut maître de chapelle du dôme de Bamberg; il est actuellement maître de chapelle et vicaire du dôme de Cologne et professeur au Conservatoire de cette ville. C. est membre de la commission des rapporteurs pour l'élaboration du catalogue du * Caecilienverein »; il a écrit plusieurs Messes, des motets et un Te Deu m.

Col', (ital), c.-à-d. con il, « avec le ».

Colachon (ital. Calascione, Colascione), instr. à cordes analogue à la mandoline et joué, comme elle, au moyen d'un médiateur. Son usage est surtout répandu dans le Sud de l'Italie.

Colasse, Pascal, contemporain et élève de laillv. né à Reims vers 1640, m. à Paris en déc. 1709; fit partie comme enfant du chœur de L'église St-Paul, â Paris, et reçut des leooxis il.' Lully qui lui confiait l'exécution, d'après La lusse chiffrée, des parties d'accompagnement de 8es «.pénis, c. reçut en 1683 un [uatre postes de maître de musique et en L096 celui de maître de musique de la chambre • lu roi. Louis XIV lui accorda plus tard un privilège, pour ia fondation d'une entreprise théâtrale à Lille, niais L'immeuble et toutes les installations devinrent la proie des flammes. !••• i"i lui fit donner des dommages-intérêts 'f l"i rendit su place de maître do musique: mais <:. fut pris d'une idée ftxe, la recherche de La pierre philosophais se ruina entièrement et mourut dans un élut voisin de la folie, l'n seul de sea opéras, Les noces de Thètys et de Pelée, remporta un su.vès réel; il ;i écrit

aussi un grand nombre d'œuvres vocales religieuses et profanes.

Colin (Colinus, Colonaeus, connu aussi sous le sobriquet de Chamault), Pierre-Gilbert y chantre de la chapelle de François Ier, à Paris (1532-1536), puis maître de chapelle de la cathédrale d'Autun, fut un des meilleurs contrapontistes français. On a conservé de lui, en impressions originales (jusqu'en 1567) de nombreuses Messes et chansons et quelques motets.

Coll' (ital.), avant une voyelle pour colla (contr. pour con la), « avec la », ou collo (contr. pour con lo), « avec le » ; coll' arco, v. arco.

Colla (ital.), c.-à-d. con la, « avec la » ; c. parte,. « avec la partie principale » indication que l'on place dans les parties d'accompagnement, lorsque le mouvement et l'expression doivent être réglés d'après la partie principale (v. battuta).

Collard, célèbre fabrique de pianos de Londres, au début Longmann et Broderip (1767),. reprise en 1798 par Muzio Clementi (v. ce nom) qui prit F.-W. C. comme associé et lui abandonna la direction de la maison quelques années déjà avant sa mort. Le chef actuel est Charles Lukey C.

Collins, Isaak, excellent violoniste anglais, né en 1797, m. à Londres en 1871. Ses fils, tous deux musiciens sont: Viotti C. (violoniste) et George C. (violoncelliste).

Collo (ital.), c.-à-d. con lo (y. coll').

Colonna, Giovanni-Paolo, né à Bologne en 1640, m. dans la même ville le 28 nov. 1695 ; l'un des fondateurs et à diverses reprises président de F « Accademia filarmonica », maître de chapelle de « San-Petronio » à Bologne, fut un des plus illustres compositeurs de musique d'église au xviie s. On a conservé un très grand nombre de ses œuvres : 3 livres de psaumes à huit voix, avec orgue (1681, 1686, 1694) ; Motetti a voce sola con 2 violini e bassetto di viola (1691); des motets à deux et à trois voix (1698)'; des litanies et des antiennes à huit voix (1682) ; des Messes à huit voix (1684); des Messes, psaumes, etc. à huit voix (1685); des completoria et des séquences à huit voix (1687); des lamentations à huit voix (1689); Messe e salmi concertati, de trois à cinq voix (1691) ; des psaumes de vêpres de trois à cinq voix, avec accompagnement instrumental (1694); neuf oratorios (1677-1690). Trois opéras du même auteur furent exécutés à Bologne entre 1672 et 1692. Une quantité d'autres œuvres sont conservées en manuscrit (Vienne, Bologne).

Colonne, Edouard (de son vrai prénom Judas),. né à Bordeaux le 23 juil. 1838, élève au Conservatoire de Paris, de Girard et Sausay (violon), Elwart et A. Thomas (composition), chef d'orchestre de talent. Après avoir été pendant quelques années premier violon à l'Opéra, C. fonda en 1873 le Concert National, qui se transforma plus tard en Association artistique et dont les concerts eurent lieu au théâtre de l'Odéon, puis à celui du Châtelet (d'où leur nom de Concerts du Châtelet). Il s'est fait remarquer surtout par des exécutions complètes des grandes œuvres de Berlioz {Requiem ; Roméo et Juliette; Dam-

COLOPHANE — GOMMER

nation de Faust; L'enfance du Christ; Le siège de Troie). G. était chef d'orchestre des concerts officiels de l'Exposition internationale de 1878 ; il fut en outre, en 1892, premier chef d'orchestre de l'Opéra, où il monta Salammbô, Samson et JDalila et la Walkyrie. En plus de ses concerts à Paris (497 concerts en vingt ans [1874-1894], avec 957 œuvres de 163 compositeurs français et étrangers), G. a été appelé à diriger des concerts à Lisbonne (1881-1882), Strasbourg (1895), Bordeaux (1895), et en Russie où il alla à sept reprises différentes (1890-1891, 1894, 1895, 1896).

Colophane (ail. Kolophonium ou Geigenharz), résine très dure qui tire son nom de la ville de Golophon (Asie mineure) dont le territoire en fournissait une grande quantité; résidu de la térébenthine après extraction de l'huile de térébenthine. On s'en sert pour enduire les crins de cheval dont sont formées les mèches des archets d'instr. à cordes.

Color (lat., couleur), terme collectif, servant à désigner, dans la musique proportionnelle, les notes dont la couleur diffère de celle que l'on emploie généralement. On comprend donc sous ce nom, par opposition à la note noire ordinairement employée, aussi bien la note rouge (notula rubra) que la note blanche (notula atba, dealbata, cavata), en usage toutes deux dans le courant du xive s. Plus tard même, au xve s., ce terme identique s'appliqua à la note noire (notula nigra, denigrata), par opposition à la blanche dont l'usage était devenu général. A l'origine, le c. (couleur rouge) tenait lieu d'indication de mesure, c.-à-d. de changement de pro- Dortion (v. ce mot) ; lorsque la proportion parfaite était indiquée au début du morceau, les notes rouges devaient être interprétées comme de proportion imparfaite, et vice-versa. Toutefois on abandonna bientôt cette dernière interprétation et le c. ne fut plus considéré que comme signe de proportion imparfaite, exclusivement. C'est pour cette raison que, au xrve s. a note blanche, au xve et au xvie s. la note noire indiquant toujours la proportion imparfaite. L'usage du c. fut complètement abandonné dès le début du xvne s. Cf. hemiole.

Colour organ,nom queW.Remingtonadonné à l'instrument dont il se sert (Londres,1895)pour Droduire soit une gamme (juxtaposition), soit une harmonie (mélange) de couleurs. Les faisceaux lumineux, jetés successivement ou simultanément sur un écran, sont régis par un clavier analogue à celui d'un orgue ou d'un piano. L'idée de l'harmonie des couleurs (à laquelle W. Remington donne le nom de colour music) avait été émise déjà par Newton et reprise fréquemment soit en théorie, soit en pratique. V. Gastel.

Colyns, Jean-Baptiste, né à Bruxelles le 85 nov. 1834, élève de Wery (violon), est depuis 1863 professeur de violon au Conservatoire de Bruxelles et simultanément, depuis 1888, à 'Ecole de musique d'Anvers.

Corne (ital. « comme »); c. sopra ( « comme olus haut »), en manière d'abréviation pour les

passages qui reparaissent deux ou plusieurs fois.

Cornes (lat.), syn. de « réponse » (v. fugue).

Comettant, Oscar, né à Bordeaux le 18 avr. 1819, élève d'Elwart et Carafa au Conservatoire de Paris, vécut de 1852 à 1855 en Amérique et dès lors à Paris où son activité d'écrivain le fit bien plus remarquer que ses nombreuses compositions (chœurs pour voix d'hommes; fantaisies et études pour piano ; quelques œuvres vocales religieuses). C. est feuilletoniste musical du Siècle et collaborateur de toute une série d'autres journaux et revues musicales. Il a en outre publié: Histoire d'un inventeur au XIXe s.; Adolphe Sax (1860) ; Portefeuille d'un musicien; Musique et musiciens (1862) ; La musique, les musiciens et les instruments de musique chez les différents peuples du monde (1869; ouvrage basé sur l'Exposition de 1867, à Paris) ; etc.

Comma, nom que l'on donne à la différence qui résulte de la comparaison des rapports mathématiques de deux sons à peu près égaux. On distingue: 1. Le c. pythagoréen, 531441. 524288, dont l'intervalle de six tons entiers,

dans le rapport 9: 8, dépasse l'octave ^ : ^ ■ —

2. Le c. didymique ou syntonique, 80 : 81, différence du petit ton entier au grand ton entier:

à --7T- Pour plus de détails sur l'importance

du c, du schisma, etc., v. la table des rapports des sons, au mot rapports.

Commer, Franz, né à Cologne le 23 janv. 1813, m. à Berlin le 17 août 1887 ; fut d'abord élève de Jos. Leibl et Bernh. Klein à Cologne où il remplissait en 1828 déjà les doubles fonctions d'organiste de l'église des Carmélites et de chantre de la chapelle du Dôme. En 1832, il se rendit à Berlin et fit de nouvelles études sous la direction de Rungenhagen, A.-B. Marx et A.-W. Bach. La mission qu'il reçut de classer la bibliothèque de l'Institut royal de musique religieuse, le poussa à faire des études historiques dont le fruit fut la publication de plusieurs recueils d' œuvres anciennes : Collectio operum musicorum Batavorum saeculi XVI (12 vol.); Musica sacra xvi, xvn saeculorum (26 vol.); Collection décompositions pour l'orgue des XVIe, XV IIe, XVIIIe siècles (6 livrais.); Cantica sacra (xviexvme s., 2 vol.). A côté des travaux de révision et de rédaction que nécessitaient ses nombreuses publications, C. était « regens chori » de l'église catholique Ste-Hedwige, professeur de chant à 1' « Elisabethschule », à l'école de chant scénique, au gymnase français, etc. Il fonda en 1844, avec H. Kùster et Th. Kullak, Y « association des artistes musiciens de Berlin », fut nommé la même année « Kgl. Musikdirector » puis, en 1845, membre de l'Académie, « professeur » et enfin membre du sénat de l'Académie des Beaux- Arts. G. a écrit lui-même des Messes, des cantates, des œuvres chorales et de la musique pour les Grenouilles d'Aristophane et Y Electre de Sophocle. Il a été aussi président de la Société d'histoire musicale (Gesellschaft fur Musik fors chung).

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