COR — CORDES
en ré, et sans corps de rechange (v. ce mot). Hampel, de Dresde, découvrit en 1760 les sons bouchés et adapta au c. le système de tons de rechange de la trompette ; vers la même époque, Haltenhof introduisit à son tour une petite coulisse pour ajuster le diapason (Stimmzug). Le premier virtuose sur le c. fut un Parisien nommé Rodolphe (1765). C'est à Bluhmel et Stôlzl, fabricants d'instruments en Silésie, que l'on doit la construction des premiers c. chromatiques à pistons (1815).— On aime beaucoup le c. comme instrument solo, mais les cornistes virtuoses faisant des tournées de concerts sont de nos jours très rares; par contre les œuvres symphoniques ou scéniques contiennent souvent de longs soli pour cet instrument. Les plus célèbres cornistes virtuoses, anciens et modernes, sont : Rodolphe, Mares, Stich (Punto), Lebrun, Domnich, Duvernoy, J.-K. Wagner, Araon, Belloli, Kern, Stôlzel, Artôt, Meifred, Gallay, Dauprat, la famille Schunke, Lindner, Oumbert, Ghaussier, etc. Domnich, Duvernoy, Dauprat et Gumbert (v. les biographies) ont publié d'excellentes méthodes pour le c. La littérature de cet instrument, pas particulièrement riche, comprend entre autres : trois concertos de Mozart et un quadruple concerto (op. 86, pour quatre cors) de Schumann. — 2. G. de basset <all. Bassethorn ; ital. corno di bassetto), instr. à vent en bois, actuellement hors d'usage, sorte de clarinette-alto en fa ayant cependant quatre demi-tons de plus dans le grave que les clarinettes (v. ce mot). Son étendue réelle est la suivante : fa1 à ut5 (ce qui est noté [en clef de sol] : ut* à sol''). Le c. de b. était recourbé ou replié, à cause de sa grande longueur ; cependant le corps de l'instr. était généralement droit, tandis que l'embouchure était fixée au tuyau à angle droit et le petit pavillon de cuivre recourbé dans le sens opposé à l'embouchure. Mozart emploie dans l'orchestre de son Requien deux c. de b., et la partition de Titus contient des soli pour ce même instr. ; Mendelssohn encore a écrit deux morceaux pour clarinette et c. de b. Le timbre en est, comme celui de la clarinette-basse, surtout dans le grave, sombre et doux à la fois.— 3. G. anglais (ail. Englisch Horn; ital. corno inglese), nom que l'on donne à un modèle de lautbois grave, un hautbois-alto (en fa), perfectionnement de Yoboe di caccia très répandu aux xvne et xvme s. Cf. Hautbois. — 4. G. de nuit (Nachthorn, Nachtschall, Pastorita), jeu d'orgue bouché, dont le timbre offre généralement une certaine analogie avec celui de la flûte creuse. Son usage tend à disparaître ; il est le plus souvent de 2' et 4', pins rarement de 8'.
Corbett, William, violoniste anglais, membre de l'orchestre royal (Queen's band), vécut de 1711 à 1740 en Italie (Rome), donnant des ïoncerts dans les principales villes de la péninsule et collectionnant des œuvres et des instruments de musique. De retour à Londres, il reorit sa place dans l'orchestre et mourut en 1748. Il légua au « Gresham Collège » sa collecion d'instruments avec un capital dont les inérêts devaient servir à rétribuer le conserva-
teur du musée ainsi formé. C. a écrit et publié quelques œuvres de musique instrumentale, pour le violon principalement.
Corda (ital.), corde ; una c. (sur une corde) indique dans la musique de piano l'usage de la pédale douce (pédale de transposition, v. ce mot) ; due corde (avec deux cordes), autrement dit la pédale à moitié abaissée ; tre corde ou tutte le corde (trois cordes ou toutes les cordes), sans la pédale douce.
Gordans, Bartolomeo, né à Venise en 1700, m. à Udine le 14 mai 1757, compositeur des plus féconds, entra fort jeune dans l'ordre des Franciscains qu'il put cependant quitter plus tard, grâce à une dispense du pape. C. fit représenter toute une série d'opéras à Venise, mais le succès fut si médiocre que l'auteur accepta en 1735 le poste de maître de chapelle de la cathédrale d' Udine. Il écrivit alors un nombre inouï d'œuvres de musique d'église, et, quoique G. lui-même ait cédé une quantité de ses manuscrits à un artificier pour la confection de fusées, il nous reste plus de 60 Messes et de 100 psaumes, dont une partie pour double-chœur, et d'innombrables motets.
Gordella, Giacomo, fécond compositeur italien, né à Naples le 25 juil. 1786, m. dans la même ville le 8 août 1846 ; élève de Fenaroli et Paesiello, chef d'orchestre de théâtre, second directeur de la chapelle de la cour et professeur de conservatoire, à Naples. Il a écrit pour sa ville natale 17 opéras, quelques cantates et beaucoup de musique d'église.
Corder, Frederick, compositeur anglais de talent, né à Londres le 26 janv. 1852, entra d'abord dans le commerce, puis devint élève de « R. Academy of Music », reçut le prix de la fondation Mendelssohn et continua ses études musicales sous la direction de Ferd. Hiller, à Cologne. A son retour en Angleterre, il fut nommé chef de l'orchestre de Y « Aquarium », à Brighton, dont il créa la renommée. 11 faut citer parmi ses œuvres : Une tempête dans une tasse de thé (opérette : 1882) ; Nordisa (opéra en 3 actes ; 1887) ; Prospero (ouverture ; 1885) ; La fiancée de Triermain (cantate; 1886); Llèpèe d'Arganlyr (cantate; Leeds, 1889) ; The minstrels curse (ballade déclamée avec orchestre: 1888) ; Suite roumaine (1887) ; Danses roumaines pour piano et violon (1883). etc.
Cordes. On a coutume d'appeler simplement c. ou instr. à c. tous les instr. dans lesquels le son est produit par la vibration de c. tendues, et plus spécialement (mais à tort,) le groupe de ces instr. qui fait partie de l'orchestre, le quatuor à archets. Cf. instruments. Les c. de nos instr. sont ou des c. de boyau, fabriquées surtout avec des boyaux tordus d'agneau, ou des c. de métal (autrefois en laiton, en cuivre ou aussi en fer forgé, de nos jours presque exclusivement en fonte d'acier). Ces deux espèces de cordes peuvent être artificiellement alourdies pour donner des sons graves, sans avoir la longueur que nécessiterait réellement la production de ces sons, elles sont alors dites : c. filées; on enroule, pour cela autour des c. de métal un fil de cui-