‹ Dictionnaire de musiqueChapitre 11 sur 72 · XV · texte numérisé non relu

XV

^4 rvK

d'accords j il faut donc plusieurs voix ; le chant qui appartient à chacune de ces voix s'appelle pa/r/e, et la collection de toutes les parties d'un même ouvrage écrites l'une audessous de l'autre s'appelle partition. (Voyez

Px^RTITION. )

Comme un accord complet est composé de quatre sons , il y a aussi dans la musique quatre parties principales , dont la plus aiguë s'appelle dessus , et se chante par des voix de femmes, d'enfants , ou de musici; les trois autres sont, la haute-contre ^ la taille et la basse, qui toutes appartiennent à des voix d'hommes On peut voir ( Planche F , Jig. 6 ) l'étendue de voix de chacune de ces parties , et la clef qui lui appartient. Les notes hlanches montrent les sons pleins où chaque partie peut arriver tant en haut qu'en bas; et les croches qui suivent montrent les sons où la voix commenceroit à se forcer, et qu'elle ne doit former qu'en passant. Les voix italiennes excèdent presque toujours cette étendue dans le haut, surtout les dessus ; mais la voix devient alors une espèce de fausset , et, avec quelque art que ce défaut se déguise, c'en est certainement un.

Quelqu'une ou chacune de ce?> parties se subdivise , quand on compose à plus de quatre parties. ( Voyez Dessus , Taille , Basse. )

Dans la première invention du contre-point, il n'eut d'abord que àeux parties , dont l'une s'appeloit ténor , et l'autre discaut ; ensuite on

en ajouta une troisième qui prit le nom de tripliiin ; et enfin une quatrième, qu'on appela quelquefois quadruphun^eX. plus communément ma te tus. Ces parties se confoncloient et enjamhoient très-fréquemment les unes sur les autres ; ce n'est que peu-à-peu qu'en s' étendant à l'aigu et au grave , elles ont pris , avec des diapasons plus séparés et plus fixes, les noms qu'elles ont aujourd'hui.

Il y a aussi des parties instrumentales. Il y a même des instrumens , comme l'orgue , le clavecin, la viole , qui peuvent faire plusieurs parties à la fois. On divise aussi la musique instrumentale en quatre />arr/e^, qui répondent à celles de la musique vocale , et qui s'appellent dessus y quinte, taille et basse ; mais ordinairement le dessus se sépare en deux , et la quinte s'unit avec la taille sous le nom commun de viole. On trouvera aussi ( Planche F , figure 7 ) les clefs et l'étendue des quatre />arties instrumentales : mais il faut remarquer que la plupart des instrumens n'ont pas dans le haut des bornes précises , et qu'on les peut faire démancher autant qu'on veut^ aux dépens des oreilles des auditeurs, au lieu que dans le bas, ils ont un terme fixe qu'ils ne sauroient passer : ce terme est à la note que j'ai marquée , mais je n'ai marqué dans le haut que celle ou l'on peut atteindre sans démancher.

Il y a des parties qui ne doivent être chantées que par une seule voix, ou jouées que par

un seul instrument. , et celles-là s'appellent parties récitantes. D'autres parties s'exécutent par plusieurs personnes chantant ou jouant à l'unisson, et on les appelle ^«/Y/e?^ conccrtaates OH parties de chœur.

On appelle encore partie le papier de musique sur lequel est écrite la partie séparée de chaque musicien : quelquefois plusieurs chantent ou jouent sur le même papier; mais quand ils ont chacun le leur, comme cela se pratique ordinairement dans les grandes musiques , alors, quoique en ce sens chaque concertant ait sa partie , ce n'est pas à dire dans l'autre sens qu'il y ait autant àe parties que de concertants , attendu que la même partie est souvent doublée, triplée et multipliée à proportion du nombre total des exécutants.

Paktitioit , s. yi Collection de toutes les parties d'une pièce de musique, où Ton voit, par la réunion des portées correspondantes , l'harmonie qu'elles forment entre elles. On écrit pour cela toutes les parties portée à portée, l'une au-dessous de l'autre, avec la clef qui convient à chacune, commençant par les plus aiguës, et plaçant la basse au-dessous du tout; on les arrange, comme j'ai dit au mot Copiste , de manière que chaque mesure d'une portée soit placée perpendiculairement au-dessus et au-dessous delà mesure correspondante des autres pai ties^ et enfermée dans les mornes barres prolongées de l' une à l' autre, afin que l'on

puisse voir d'un coup d'oeil tout ce qui doit s'entendre à la fois.

Comme dans cette disposition une seule li- <^ne de musique comprend autant de portées qu'il y a de parties, on embrasse toutes ces portées par un trait de plume qu'on appelle accolade, et qui se tire à la marge au eomniencement de cette ligne ainsi composée; puis on recommence , pour une nouvelle ligne, à tracer une nouvelle accolade qu'on remplit de la suite des mêmes portées écrites dans le même ordre.

Ainsi, quand on veut suivre une partie, après avoir parcouru la portée jusqu'au bout, on ne passe pas à celle qui est immédiatement au-dessous ; mais on regarde quel rang la portée que l'on quitte occupe dans sou accolade; on va cbercber dans l'accolade qui suit la portée correspondante, et l'on y trouve la suite de la même partie.

Uusage des partitions est indispensable pour composer. Il faut aussi que celui qui conduit un concert ait la paitition sous les yeux pour voir si chacun suit sa partie , et remettre ceux qui peuvent manquer : elle est même utile à l'accompagnateur pour bien suivre l'harmonie ; mais quant aux autres musiciens , ou donne ordinairement à chacun sa partie séparée , étant inutile pour lui de voir celle qu'il n'exécute pas.

11 y a pourtant quelques cas où l'on joint

y s PA.K

dans une partie séparée d'autres parties en partition partielle, pour la commodité des exécutants : 1° dans les parties vocales on note ordinairemeut la basse -continue en parftV/o/z avec chaque partie récitante , soit pour éviter au chanteur la peine de compter ses pauses en suivant la basse , soit pour qu'il se puisse accompagner lui-même en répétant ou récitant sa partie; a° les deux parties d'un duo chantant se notent en partition dans chaque partie séparée, afin que chaque chanteur, ayant sous les yeux tout le dialogue, en saisisse mieux l'esprit, et s'accorde plus aisément avec sa contre-partie ; 3** dans les parties instrumentales, on a soin, pour les récitatifs obligés, de noter toujours la partie chantante en partition avec celle de l'instrument , afin que, dans ces alternatives de chant non mesuré et de symphonie mesurée , le sym phoniste prenne juste le temps des ritournelles saus enjamber et sans retarder.

Partitio^v est encore, chez les facteurs d'orgue et de clavecin , une règle pour accorder l'instrument , en commençant par une corde ou un tuyau de chaque touche dans l'étendue d'une octave ou un peu plus, prise vers le 7niheu du clavier; et sur cette octave on partition l'on accorde après tout le reste. Voici comment on s'y prend pour ftunner Xb. partition.

Sur un son donné par un instrument dont je parlerai au mot ton , l'on accorde à l'unis-

Page 1