OCT
C simple , ou un O tronqué à droite ou à gauche, C ou 0.
Le temps parfait se marquoit quelquefois par un O simple , quelquefois par un O pointé en dedans de cette manière O, ou par un O barré ainsi, <&. (Voyez Tehips. )
Obligé, adj. On appelle /J^rf/e obligée celle qui récite quelquefois, celle qu'on ne sauroit retrancher sans gâter l'harmonie ou le chant; ce qui la distingue des parties de remplissage , qui ne sont ajoutées que pour une plus grande perfection d'harmonie , mais par le retranchement desquelles la pièce n'est point mutilée. Ceux qui sont aux parties de remplissage peuvent s'arrêter quand ils veulent, et la musique n'en va pas moins ; mais celui qui est chargé d'une partie obligée ne peut la quitter un moment sans faire manquer l'exécution.
Brossard dit qn obligé se prend aussi pour contraint ou assujetti. Je ne sache pas que ce mot ait aujourd'hui un pareil sens en musique. (Voyez CoJVïRAiJVT. )
OcTACORDE, s. m. Instrument ou système de musique composé de huit sons ou de sept degrés. Uoctacorde, ou la lyre de Pythagore , comprenoit les huit sons exprimés par ces lettres £. F. O, a.'\zz.\' c. d. e. , c'est-à-dire
deux tétracordes disjoints.
Octave, s. f. La première des consonnances dans l'ordre de leur génération. Ij octave
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est la plus parfaite des consonnances; elle est , après l'unisson , celui de tous les accords dont le rapport est le plus simple : l'unisson est en raison d'égalité , c'est-à-dire comme i est à i : Voctai'e est en raison double , c'est-à-dire comme I est à 2 ; les harmoniques des deux sons dansl'unet dans l'autre s'accordent tous sans exception, ce qui n'a lieu dans aucun autre intervalle. Enfin , ces deux accords ont tant de conformité qu'ils se confondent souvent dans la mélodie, et que, dans l'harmonie même, on les prend presque indifféremment l'un pour l'autre.
Cet intervalle s'appelle octave, parce que, pour marcher diatoniquement d'un de ces termes à l'autre, il faut passer par sept degrés, et faire entendre huit sons différents.
Voici les propriétés qui distinguent si singulièrement V octave de tous les autres intervalles.
I. U octave renferme entre ses bornes tous les sons primitifs et originaux; ainsi, après avoir établi un système ou une suite de sons dans l'étendue d'une octave, si l'on veut prolonger cette suite, il faut nécessairement reprendre le même ordre dans une seconde octave par une série semblable , et de même pour une troisième et pour une quatrième octave, où l'on ne trouvera jamais aucun son qui ne soit la réplique de quelqu'un des premiers. Une telle série est appelée échelle de musique dans.
3o OCT
sa première octave, et réplique dans toutes les autres. (Voyez Échelle, Réplique.) C'est en vertu de cette propriété de Voctave qu'elle a été appelée diapason par les Grecs. (Voyez
DlAPA-SON.)
II. JJ octave embrasse encore toutes les consonnances et toutes leurs différences, c'est-àdire tous les intervalles simples tant consonnants que dissonants, et par conséquent toute l'hannonie. Etablissons toutes les consonnances sur un même son fondamental, nous aurons la table suivante ,
I30 loo 96 90 80 75 72 60
120 120 120 120 120 120 120 120 qui revient à celle-ci,
6* 5* 4* 3* 8 5 2* où l'on trouve toutes les consonnances dans cet ordre : la tierce mineure , la tierce majeure, la quarte, la quinie, la sixte mineure, la sixte majeure, et enfin Voctave.Vax cette table, on voit queles consonnances simples sont toutes contenues entre l'octave et l'unisson; elles peuvent même être entendues toutes à la fois dans l'étendue d'une octave^ sans mélange de dissonances. Frappez à la fo's ces quatre sons ut mi sol ut , en montant du premier ut à son octae ; Us formeront entre eux toutes les consonnances , excepté la sixte majeure , qui est composée , et
OCT 3l
ne formeront nul autre intervalle. Prenez deux de ces mêmes sons comme il vous plaira, l'intervalle en sera toujours consonnant. C'est de cette union de toutes les consonnances que l'accord qui les produit s'appelle accord parfait. JJoctave, donnant toutes les consonnances, donne par conséquent aussi toutes leurs différences , et par elles tous les intervalles simples de notre système musical, lesquels ne sont que ces différences mêmes. La différence de la tierce majeure à la tierce mineure donne le semi-ton mineur; la différence de la tierce majeure à la quarte donne le semi-ton majeur; la différence de la quarte à la quinte donne le ton majeur, et la différence de la quinte à la sixte majeure donne le ton mineur. Or, le semi-ton mineur^ le semi-ton majeur, le ton mineur, et le ton majeur, sont les seuls éléments de tous les intervalles de notre musique.
III. Tout son, consonnant avec un des termes de Voctaue, consonne aussi avec l'autre , par conséquent tout son qui dissonne avec l'un dissonne avec l'autre.
IV. Enlin, Voctave a encore cette propriété , la plus singulière de toutes , de pouvoir être ajoutée à elle-même, triplée, et multipliée à volonté, sans changer de nature, et sans que le produit cesse d'être une consonnance.
Cette multiplication de Voctai'c, de même que sa division, est cependant bornée à notre égard par la capacité de l'organe auditif; et
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un intervalle de huit octaves excède déjà cette capacité. (Voyez Etendue.) Les octaves mêmes perdent quelque chose de leur harmonie en se multipliant; et, passé une certaine mesure, tous les intervalles deviennent pour l'oreille moins faciles à saisir : une double octave commence déjà d'être moins agréable qu'une octave simple; une triple qu^une double; enfin , à la cinquième octave ^ l'extrême distance des sons ôte à la consonnance presque tout son agrément.
C'est de Voctave qu'on tire la génération ordonnée de tous les intervalles, par des divisions et subdivisions harmoniques. Divisez harmoniquement \ octave 3. 6. par le nombre 4- » vous aurez d'un côté la quarte 3. 4- 6t de l'autre la quinte 4' 6.
Divisez de même la quinte lo. i5. harmoniquement par le nombre 12, vous aurez la tierce mineure 10. 12. et la tierce majeure 12. i5 ; enfin divisez la tierce majeure 72. 90. encore harmoniquement par le nombre 80. , vous aurez le ton mineur 72. 80. ou 9, 10. , et le ton majeur 80. 90. ou 8. 9., etc.
Il faut remarquer que ces divisions harmojîiques donnent toujours deux intervalles inégaux, dont le moindre est au grave et le grand à l'aigu. Que si l'on fait les mêmes divisions selon la proportion arithmétique , on aura le moindre intervalle à l'aigu et le plus grand au grave. Ainsi VocCavc 2. 4- partagée arithméti-
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queinent donnera d'abord la quinte 2. 3. au grave, puis la quarte 3. 4- à l'aigu. La quinte 4. 6. donnera premièrement la tierce majeure 4. 5., puis la tierce mineure 5. 6. , et ainsi des autres. On auroit les mêmes rapports en seus contraires si, au lieu de les prendre, comme je fais ici par les vibrations, on les prenoit parles longueurs des cordes. Ces connoissances, au reste, sont peu utiles en elles-mêmes, mais elles sont nécessaires pour entendre les vieuxauteurs.
Le système complet et rigoureux de Voctave est composé de trois tons majeurs , deux tons mineurs, et deux semi-tons majeurs. Le système tempéré est de cinq tons égaux et deux semi-tons formant entre eux autant de degrés diatoniques sur les sept sons de la gamme jusqu'à l'octave du premier. Mais comme chaque ton peut se partager en deux semi-tons , la même octave se divise aussi chromatiquement en douze intervalles d'un semi-ton chacun , dont les sept précédents gardent leur nom, et les cinq autres prennent chacun le nom du son diatonique le plus voisin , au-dessous par dièse et au-dessus par bémol. (Voyez Echelle.)
Je ne parle point ici des octaves diminuées ou superflues , parce que cet intervalle ne s'altère guère dans la mélodie, et jamais dans l'harmonie.
Il est défendu^ en composition, de faire deux octaves de suite, entre différentes parties, sur-