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qu'on chante constamment faux, lorsqu'on ne distingue point les intonations fausses des intonations justes, ou lorsqu'on n'est point sensi])le à la précision de la mesure, qu'on la bat inégale ou à contre-temps. Ainsi , le mot oreille se prend toujours pour la finesse de la sensation ou pour le jugement du sens ; dans cette acception, le inot oreille ne se prend jamais qu'au singulier et avec l'article partitif, Avoir de l'oreille ; Il a peu d'oreille.

Okgakiquk, adj. pris suhst. au féminin. C'étoit, cîiez les Grecs, cette partie de la musique qui s'exécutoit sur les instruments ; et cette partie avoit ses caractères , ses notes particulières, comme on le voit dans les tables deBaccliius et d'Ahpius. ( Voyez IMusique, Notes. )

Organiser le chant, v. a. C'étoit, dans le commencement de l'invention du contre-point, insérer quelques tierces dans une suite de plainchant à l'unisson, de sorte, par exemple, qu'une partie du choeur chantant ces quatre notes litre si ut, l'autre partie chantoit en même temps ces quatre-ci ut re re ut. Il paroit, par les exemples cités par l'abbé Le Beuf et par d'autres, que \ organisation ne se pratiquoit guère que sur la note sensible à l'approche de la finale ; d'où il suit qu'on n'organisait presque jamais que par une tierce mineure. Pour im accord si facile et si peu varié , les chantres qui organisaient ne laissoient pas d'être payés plus cher que les autres.

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A l'égard de Vorganum triphnn , oxi quachu~ phun, qui s'appeloit aussi triplum ou quadruplitm tout simplement, ce n'étoit autre chose que le même chant des parties organisantes entonné par des hautes-contre à l'octave des basses, et par des dessus à l'octave des tailles.

Orthien, adj. Le nome orthien dans la musique grecque étoit un nome dactylique , inventé , selon les uns , par l'ancien Olympus le Phrygien , et, selon d'autres , par le Mysi^n. C'est sur ce nome orthien, disent Hérodote et Aulu-Gelle, que chantoit Arion quand il se prêt ipita dans la mer.

Ouverture, j./. Pièce de symphonie qu'on s'efforce de rendre éclatante , imposante , harmonieuse, et qui sert de début aux opéras et autres drames lyriques d'une certaine étendue.

Les ouvertures des opéra françois sont presque toutes calquées sur celles de Lulli. Elles sont composées d'un morceau traînant appelé grave, qu'on joue ordinairement deux fois, et d'uneVeprise sautillante appelée gaie, laquelle est communément fuguée : plusieurs de ces reprises rentrent encore dans le grave en finissant.

Il a été un temps où les ouvertures françoises servoient de modèle dans toute l'Europe. Il n'y a pas soixante ans qu'on faisoit venir en Italie des ouvertures de France pour mettre à la tète des opéra : j'ai vu même plusieurs anciens opéra italiens notés avec une ouverture

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de LuUi à la tête. C'est de qnoi les Italiens ntconviennent pas, anjourd'hui que tout a si fort changé ; mais le fait ne laisse pas d'être trèscertain.

La musique instrumentale ayant fait un progrès étonnant depuis une quarantaine d'années , les vieilles ouvertures , faites pour des symphonistes qui savoient peu tirer parti de leurs instruments, ont bientôt été laissées aujQ François, et l'on s'est d'abord contenté d'en garder à peu près la disposition. Les Italiens n'ont pas même tardé de s'affranchir de cette gêne, et ils distribuent aujourd'hui leurs ouvertures d'une autre manière : ils débutent par un morceau saillant et vif , à deux ou quatre temps ; puis ils donnent un aiidante à demijeu, dans lequel ils tâchent de déployer toutes les grâces du beau chant, et ils finissent par un brillant «//«"^'o, ordinairement à trois temps.

La raison qu'ils donnent de cette distribution est que, dans un spectacle nombreux où les spectateurs font beaucoup de bruit , il faut d'abord les porter au silence et fixer leur attention par un début éclatant qui les frappe. Ils disent que le grave de nos ouvertures n'est entendu ni écouté de personne , et que notre premier coup d'archet, que nous vantons avec tant d'emphase , moins bruyant que l'accord des instruments qui le précède , et avec lequel il se confond , est plus propre à préparer l'auditeur à l'ennui qu'à l'attention. Ils ajou,-.

ient qu'après avoir rendu le spectateur attentif, il convient de l'intéresser avec moins de bruit par un chant agréable et flatteur , qui le dispose à l'attendrissement qu'on tâchera bientôt de lui inspirer; et de terminer enfin Voiivermre par un morceau d'un antre caractère , qui , tranchant avec le commencement du drame, marque, en finissant avec bruit , le silence que l'acteur arrivé sur la scène exige du spectateur.

Notre vieille routine à' oiu>ertures a fait naître en France une plaisante idée. Plusieurs se sont imaginé qu'il y avoit une telle convenance entre la forme des ouvertures de LuUi et un opéra quelconque, qu'on ne sauroit la changer sans rompre l'accord de tout; de sorte que, d'un début de symphonie qui seroit dans un autre goût , tel, par exemple , qu'une ouverture italienne, ils diront avec mépris que c'est une sonate et non pas une ouverture : comme si toute ouverture n'étoit pas une sonate !

Je sais bien qu'il seroit à désirer qu'il y eût un rapport propre et sensible entre le caractère d'une ouverture et celui de l'ouvrage (ju'elle annonce; mais, au lieu de dire que toutes les ouvertures doivent être jetées au même moule , cela dit précisément le contraire. D'ailleurs , si nos musiciens manquent si souvent de saisir le vrai rapport de la musique aux paroles dans chaque morceau , comment saisiront-ils les rapports plus éloignés et plus fins

entre l'ordonnance d'une ouverture et celle du corps entier de l'ouvrage? Quelques musiciens se sont imaginé bien saisir ces rapports en rassembUmt d'avance dans Voucerture tous les caractères exprimés dans la pièce, comme s'ils vouloient exprimer deux fois la même action ^ et que ce qui est à venir fût déjà passé. Ce n'est pas cela; Vouverture la mieux entendue est celle qui dispose tellement les cœurs des spectateurs qu'ils s'ouvrent sans effort à l'intérêt qu'on veut leur donner dès le commencement de la pièce : voilà le véritable effet que doit produire une bonne ouverture ^ voilà le plan sur lequel il la faut traiter.

OUVEKTURE DU LIVRE, A l'oUVERTURE DU

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