‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 2 sur 111 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

et le voilà déclamant contre Tharmonie qu'il n'avait point ëtutliée. Jaloux de tout ce qui l'entourait , il a cherché à exalter le lourd plain-chant desGrecs et leurs misérables unissons, pour avoir l'occasion de dénigrer la musique moderne, et siu'tout les musiciens dont la réputation l'offusquait. Si un ouvrage doit être exempt de passion, certes c'est bien un Dictionnaire. Il me paraît absurde que vous médisiez de l'harmonie parce que vous ne la connaissez pas et que votre rival y excelle. Rousseau ne haïssait point l'harmonie , et je pourrais citer bien des endroits où la force de la vérité l'a entraîné à lui rendre un hommage éclatant : c'est Rameau qu'il détestait en elle. Tout ce qui sort de la plume d'un grand homme porte le cachet du génie : le Dictionnaire de Rousseau , malgré tous ses défauts, ne passera pas moins à la postérité. Le littérateur qui écrit sur la musique doit le consulter et se livrer à l'enthousiasme que plusieurs pages sublimes et ravissantes lui inspireront. Mais il faut être déjà passé maître , ferme sur la doctrine , et armé jusqu'aux dents de toutes les subtilités de l'école, pour le lire avec fruit, rejeter de séduisantes erreurs , et ne s'attacher qu'aux pensées ingénieuses et justes que l'on y rencontre de temps en temps.

Pour donner une idée du Dictionnaire.de

Twj PREFACE.

Musique de rEncyclopédie m(*thodictue , jd rapporterai ce que M. de Momigny en dit luimême aux pages i84 et 189 du second volume, qu'il a rédigé en partie.

ce Ce qu'il y a de fatigant , ce sont les cortl- « bats que je suis obligé de livrer sans cesse aux « doctrines contraires à la vérité que contient <c cet ouvrage , où les fausses idées de Rameau, (( les fausses idées de d'Alembert , de l'abbé (c Fey tou et de bien d'autres sont recueillies , (( et où l'on trouve tout ce que l'on professe ce DE PLUS FAUX, en dépit du jugement et de « l'expérience.

ce Je plains ceux qui ont eu la bonhomie de c( farcir leur esprit de pareilles sottises; ils sont c( bien moins avancés que ceux qui n'ont jamais « ouvert aucun livre de théorie. Comme le pace pier blanc, sur lequel rien n'est écrit encore, ce est plus propre à recevoir la vérité que celui ce (|ui est déjà barbouillé des expressions de « l'erreur, de même l'homme qui n'a nulle opiee nion encore est moins éloigné de se rendre à la ce vraie, que celui qui en a embrassé défausses. »

Cela n'est-il pas bien satisfaisant pour les souscripteurs de l'Encyclopédie? Sur de pareils aveux consignés dans l'ouvrage même, ne doiîôn pas s'empresser d'en faire l'acquisilion?

Tout en estimant les excellentes choses contenues dans les Dictionnaires de J>J. Rousseau

et de PEncyclopéJle, on doit convenir qtie ces ouvrages ne peuvent servir qu'aux maîtres, et qu'il serait dangereux de les confier à un élève sans expérience qui prendrait tout, bon et mauvais; et, comme il y a beaucoup plus de mauvais que de bon, lés probabilités ne seraient pas en sa faveur.

Le Dictionnaire que nous publions est composé principalement pour les personnes peu exercées dans la musique. 11 est le plus complet qui ait jamais paru. IXotre doctrine est celle que l'on suit dans toute l'Europe musicale ; la partie didactique en est puisée dans les ouvrages d'un mérite reconnu, et adoptés dans les écoles les plus illustres, tels que le Cours d'Harmonie de M. Catel, celui d'Albrechts-Berger, le Traité (T Accoilïimgnement de Fenaroli, etc., les Principes de Composition des Ecoles d'Italie, recueillis et publiés par M. Choron, les Méthodes du Conservatoire, le Traité de M. Perne, ceux de M. Fetis. Les Encyclopédies nous ont fourni la matière de plusieurs articles de goût. Parmi les termes gvécs, nous n'avons admis que ceux en usage dans notre musique. Tout ce qui ne se rapporte qu'à celle des anciens ou à celle des peuples modernes qui sont encore dans la barbarie, tels que les Chinois, les Egyptiens, les Persans, lès Turcs, les ÎVègres, a été rejeté comme inutile.

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