‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 21 sur 111 · AUX · texte numérisé non relu

AUX

s'observent plus que dans le plain-chanl; et soit qu'on place la finale au bas du diapason , ce qui rend le ton authentique , soit qu'on la place au milieu , ce qui le rend plagal ; pourvu qu'au surplus la modulation soit régulière , la musique moderne admet tous les chants comme authentiques également , en qucdque lieu du diapason où puisse tomber la finale. H y a dans les huit tons de l'église romaine quatre tons authentiques ; savoir , le premier , le troisième , le cinquième et le septième. ( Voy. Tons de l'église. )

%/v^^/v^^i/^/%'*/^i^'VV^^/v^^/vv^/V%'^'Vt'V^y^'^'v^'v>v^^/^'^'^^^'V*'\^Ti/^^^

jj. Cette majuscule, placée à la Icte d'une partie, marque la basse chantante, pour la distinguer de la basse continue, JB. C. Cette observation ne regarde que la musique ancienne.

B ou Col B , écrit sur une partition, indique que la partie où il se trouve doit marcher avec la basse , Col hasso.

B-FA-si. ( Voyez A.)

Baguettes. Ce sont deux petits morceaux de bois dur, tournés , de quinze pouces de longueur sur neuf lignes de diamètre par le bout qu'on tient à la main , d'où ils vont toujours en diminuant jusqu'à l'autre bout, qui a la l'orme d'une grosse olive. On se sert de ces baguettes pom* battre le tambour ; une seule , plus mince , suffit pour jouer du tambourin. Les haguettes de timbales , plus courtes et plus minces que celles du tambour, sont terminées par une espèce de champignon plat et arrondi par les bords. On a aussi de trèspetites haguettes pour jouer du timpanon.

Ballade, s. f. On entend par ballades y en Angleterre , des chansons ou espèces d'odes à plusieurs couplets ou strophes que l'on chante ordinairement, mais qui servent aussi quelquefois d'airs de danse , comme le» vaudevilles. îl v a de ces ballades Irès-ancienncs,

qui sont fameuses et méritent de l'être par leur simpKcité, la naïveté et le pittoresque des pensées; tcdle est la bail I de des deux enfans dans le bois [2Vie tivo children in tlie vood ),

Il est probable que ce mot vient de Ballet,

Ballet, s. m. Action tliéâtr^le qui se représente par la danse , guidée par la musique. Ce mot vient de l'italien hallatf^ , danser.

Le mot ballet désigne quatre différens genres de spectacles : savoir : le ballet, la comédie-ballet , Topèra-ballet , et le ballet d action ou ballet-pantomifne.

Dans le premier, la danse est une partie accessoire de l'action représentée : dans le second et le troisième, elle est partie principale ; la poésie et la musique vocale sont alors accessoires à leur tour : dans le quatrième enfin , la danse est tout ; et pour représenter une action , les hommes ne parlent pas , ils ne chantent pas ; ils jouent la pantomime et dansent.

Le Mariage Forcé , de Molière , était une comédieballet; V Europe Galante , un opéra-ballet. Ces deux genres ont été abandonnés depuis long -temps; on n'emploie plus sur nos théâtres lyriques que le ballet, partie accessoire de l'opéra , tel que celui que Ton exécute au premier acte de la f^estale , au deuxième acte de la Caravane ; et le ballet d'action ou ballet-pan" tomime, tels que Psyché , Paris, Flore et Z.épliyre, I^ina, la D insomanie , etc.

Deux célèbres danseurs furent , en Grèce, les inveu-

leurs des ballets , et les unirent à la tragédie et à la comédie,

Bathyle , d'Alexandrie , inventa ceux qui représentaient les actions gaies , et Pilade introduisit ceux qui représentaient les actions graves , touchantes et pathétiques.

Leurs danses étaient un tableau fidèle de tous les mouvemens du corps , et une invention ingénieuse , qui servait à les régler, comme la tragédie , en représentant les passions , ser\ait à rectifier les mouvemens de Fâme.

Les Romaiiis eurent aussi des ballets. On peut voir, dans le Traité du père Ménétrier, des détails trèsintéressans sur les grands ballets exécutés dans toutes les cours de TEurope avant l'invention du drame lyrique. Ballhasarini, italien , plus connu sous le nom de Be^ijoyeux , fut le premier qui apporta une certaine régularité dans les ballets composés pour les rois de France : cVst lui qui fit le fameux ballet comique de la Reine , pour les noces du duc de Joyeuse , et dont la dépense s'éleva à douze cent mille écus. Il paraît que ces ballets n'étaient dansés que par des hommes. Ce ne fut qu'en if»8i, à la représentation du Triomphe de V Amour, de Lul!i, que l'on introduisit des danseuses sur le théâtre de l'Opéra ; les rôies de femmes , dans les ballets, avaient été remplis jusqu'alors par des hommes travestis.

Noverre, et après lui MM. Gardel et Milon, ont porté le bal le f 'pantomime au dernier point de perfection 5 l'habileté de nos danseurs leur a donné les

moyens de tenter des effets extraordinaires et d'une nouveauté piquante.

L'exécution de la musique des ballets est confiée entièrement à l'orchestre. Placé au second rang dan« un opéra , le chant instrumental n'a plus de rival dans les ballets. Les belles symphonies de Haydn, les ouvertures, la musique dramatique, les concertos, les duos de violons , les sonates , les romances , les barcaroUes , toutes ces pièces diverses servent à la composition des ballets d'action, 11 en est dont la musique est absolument neuve : mais je donne la préférence aux premiers , en ce que les airs de situation ont une expression mémorative très-précieuse pour expliquer les énigmes du langage mimique ; et tous les autres étant choisis dans le riche répertoire des symphonistes et des compositeurs dramatiques, il y a à parier qu'on ne nous donnera que de l'excellent; tandis que celui qui crée la musique d'un ballet , fatigué par l'immensité de son œuvre , admet beaucoup de choses faibles ou communes, et garde quelquefois en portefeuille de beaux morceaux qu'il craindrait de sacrifier dans un tel ouvrage , les réservant pour un opéra où ils seront placés avec plus d'avantage. (^J^oyez AiR, Chant INSTRUMENTAL, PROVERBES MUSICAUX, RhYTHME.)

Barcaroli.e, s. f. Sorte de chanson en langue vénitienne que chantent les gondoliers à Venise. Quoique les airs des harcarolles soient faits pour le peuple , et souvent composés par les gondoliers mêmes , ils ont tant de mélodie et un accent si agréable, qu ii n'y

a pas de musicien dans toute l'Italie qui ne se pique d'en savoir et d'en chanter. L'entrée gratuite qu'ont les gondoliers à tous les théâtres , les met à portée de se former, sans frais , l'oreille et le goût ; de sorte qu'ils coDiposent et chantent leurs airs en gens qui, sans ignorer les finesses de la musique , ne veulent point altérer le genre simple et naturel de leurs barcarolles. Les paroles de ces chansons sont communément plus que naturelles, comme les conversations de ceux qui les chantent; mais ceux à qui les peintures fidèles des mœurs du peuple peuvent plaire , et qui aiment d'ailleurs le dialecte vénitien , s'en passionnent facilement , séduits par la beauté des airs 5 de sorte que plusieurs curieux en ont de très-amples recueils.

N'oublions pas de remarquer, à la gloire du Tasse ,. quie la plupart des gondoliers savent par cœur une grande partie de son poème de la Jérusalem délivrée , que plusieurs le savent tout entier, qu'ils passent les nuits d'été sur leurs barques à le chanter alternativement d'une barque à l'autre, que c'est assurément une belle harcarolle que le poème du Tasse , qu'Homère seul eut avant lui l'honneur d'être ainsi chanté, et que nul autre poème épique n'en a eu depuis un pareil.

Les chansons des gondoliers vénitiens ont tant d'agrément, que les compositeurs ont imaginé d'en placer dans leurs opéras, en leur donnant cependant un cadre plus étendu. A Venise, jeune fillette ^ de MichelyJnge ; Blondinette , joliette , à'AUne , sont des barcarolles: celle du i?o/ Théodore, à plusieurs voix , est d'un effet charmant : celle O pescator delV

Jidelln , après avoir obtenu un succès prodigieux , comme pièce fugitive, a ete arrangée en trio, et introduite dans l'opéra de la Séténade.

Barcarolle , c'est-à-dire chanson de barque, de batelier. Ce mot , emprunté de l'italien , vient de harca , barque. La harcatolle s'écrit ordinairement à six-liuit, quelquefois à deux-quatre; son mouvement est plutôt gracieux que rapide.

Bardes, s. m. Hommes très - respectés cliez les Germains, les Gaulois , les Bre'ons et les Calédoniens; ils étaient à la lois poètes , musiciens et guerriers. Fingal et son fils Ossian sont regardés comme les plus fameux : ils vivaient vers Tan 260.

Fergus, barde ^ contemporain de Fingal et d'Ossian, fut aussi grand poète qu'eux. C'était surtout dans les combats que son génie brillait de tout son éclat , et qu'il exerçait tout son empire. A la bataille de Fiatry, Ossian ayant engagé un combat singulier, commençait à plier ; Fergus l'aperçut , et des hauteurs où il était placé, il lui adressa des chants qu'Ossian entenait, et qui lui rendirent le courage et la victoire.

Baroque , adj. Une musique baroque est celle dont l'harmonie est confuse, chargée de modulations et ce dissonnances, le chant dur et peu naturel, Tintonation diiTicile et le mouvement contraint.

Il y a bien de Tapparence que ce terme vient du mot grec baros , chose désagréable.

Barré, s. m. Le barré consiste à prendre, sur la guitare et dans la même touche , deux ou trois cordes

avec l'index de la main gauche. On l'appelle grand barré y lorsque , au lieu de deux ou trois cordes, on en prend cinq ou six. Le barré simplifie beaucoup le doigter , et donne ainsi les moyens d'exe'cuter avec facilité un grand nombre de passages scabreux.

Les Italiens l'appellent capo tasto.

Barré , G barré , sorte de mesure. ( Koyez G. )

Barres , s. f. pi. Traits tirés perpendiculairement à la fin de chaque mesure , sur les cinq lignes de la portée , pour séparer la mesure qui finit , de celle qui recommence. Ainsi les notes contenues entre deux barres forment toujours une mesure complète, égale, en valeur et en durée > à chacune des autres mesures comprises entre deux autres barre,^ , tant que le mouvement et la mesure ne changent pas.

Le principal usage des barres est de distinguer les mesures et d'en indiquer Xeftappèj lequel se fait toujours sur la note qui suit inunédiatement la barre. Elles servent aussi, dans les partitions, à montrer les mesures correspondantes dans leur portée; et pour rendre leur effet plus sensible , on les prolonge même sur les espaces blancs qui séparent les portées , en ex- <;eptant cependant ceux qui renferment les paroles du chant.

Il y a à peine deux cents ans que l'on s'est avisé de tirer des barres de mesure en mesure ; la marche d'un morceau de musique n'était réglée auparavant que par la seule valeur des notes.

5o BAR.

Les barres sont encore employées dans les abréviations.

Une barre courte , fortement marquée et inclinée de droite à gauche , sert à indiquer qu'une ronde , une blanche , une noire, doivent être divisées en autant de croches que leur valeur en représente. Pour une ronde barrée on articulera huit croches, quatre pour une blanche , deux pour une noire ; si la ronde porte deux barres^ on articulera seize doubles croches; trentedeux triples croches , soixante-quatre quadruples , si elle en porte trois ou quatre : on suivra la même progression à l'égard des valeurs moindres que la ronde. Les barres se placent au-dessus ou au-dessous des notes , selon que leur position l'exige 5 on barre les blanches, les noires et les croches au travers de leur queue. Les croches liées peuvent aussi être barrées , pour marquer une double , une triple articulation.

Une barre placée dans la mesure après un groupe de notes , indique qu'il faut répéter autant de fois ce même groupe qu'il y a de barres, (Fig. i.)

Nos prédécesseurs appelaient improprement crochets ces sortes de barres dont on se sert pour les abréviations. {Voyez AbbjÉviation.)

Bariton, s. m. C'est la seconde espèce de voix d'homme, en comptant du grave à l'aigu. Soit par goût ou par nécessité , les Français ont toujours préféré la voix de barilon à celle de basse. Les rôles d'Oreste, d'Agamemnon, de Sylvain, du Déserteur, d'Erasistrate , du Sénéchal de Jean de Paris , sont écrits

BAS. , 5i

pour le hariion. Cette voix tient le milieu entre la voix de basse, qui est plus grave, et le ténor, qui lui succède immédiatement à Paigu.

Le hariton se désigne aussi par les noms de concordant, seconde taille, bas-ténor et basse-taille. On devrait noter la partie de hariton sur la clef de fa troisième ligne, ainsi que cela se pratiquait autrefoismais on lui donne maintenant la clef de basse , et cet usage est trop généralement établi pour chercher à le détruire.

Le diapason du hariton commence au si héniol placé sur la seconde ligne, la clef étant celle àe fa quatrième ligne, et s'élève jusqu'au ^a hors des lignes.

Pellegrini, Martin , Lays ont des voix de hariton.

Ce mot est composé de deux mots grecs , harys , grave, et tonos^ ton.

On donne encore le nom de hariton à une espèce de basse de viole, montée de sept cordes à boyau, ayant sous le manche des cordes de laiton que Ton faisait résonner en les pinçant avec le pouce, tandis qu'on touchait les autres avec un archet. Haydn a composé beaucoup de musique pour cet instrument, dont l'usage s'est perdu depuis peu.

Bas, adj. En musique, signifie la même chose que grave, et ce terme est opposé à haut ou aigu. On dit que le ton est trop has, qu'on chante trop has, qu'il faut renforcer les sons dans le has. Bas signifie aussi quelquefois doucement, à demi- voix 3 et, en ce sens.

il est opposé k forl. On dit parler bas, chanter ou psalmodier à basse-Yo'ix,

Bas se dit encore , dans la subdivision des dessus y de celui des deux qui est au-dessous de l'autre. Un bas-dessuft.

Basse , s. f. Celle des quatre parties de la musique qui est au-dessous des autres , la plus basse de toutes , d'où lui vient le nom de basse,

La basse est la plus importante des parties; c'est sur elle que s'établit le corps de l'harmonie.

D y a plusieurs sortes de basse,

Basse fondamentale , est celle qui n'est formée que des sons fondamentaux de l'harmonie; de sorte qu'audessous de chaque accord elle fait entendre le vrai son fondamental , qui est le plus grave lorsque l'accord est divisé par tierces : toute autre disposition donnant des accords dérivés des fondamentaux.

Comme le système de la basse fondamentale que nous devons à Rameau est aujourd'hui universellement rejeté , nous ne ferons connaître ni les beautés iii les défauts de cette théorie qui a fait tant de bruit dans le monde musical , pendant le siècle dernier, et que tant de fanatiques preneurs ont exaltée en proclamant Rameau comme le fondateur de la science de l'harmonie , et comme celui qui avait enfin trouvé , dans la nature , le principe et le lien des règles éparses avant lui , etc. , etc. Si ces éloges ont été répétés par des académies entières et par des écrivains flu premier ordre , tels que d'Alembert , Rousseau , Condillac et autres, cela ne prouve absolument rien, sinon le dan-

ger qu'il Y a à parler de ce que l'on oe connaîl pas.

Basse continue^ ainsi appele'e parce qu'elle dure pendant toute la pièce. Nos prédécesseurs donuaient ce nom à la simple basse d'orchestre , pour la distinguer des récits de violoncelle et des basses figurées de diverses manières.

Basse contrainte, dont le sujet ou le chant, borné à un petit nombre de mesures , recommence sans cesse, tandis que les parties supérieures poursuivent leur chant et leur harmonie en les variant. Cette basse appartenait originairement aux couplets de chaconne ; mais on ne s'y asservit plus aujourd'hui.

Basse ( voix de) . C'est la voix d'homme la plus basse f son diapason commence au second ^à grave du piano j. et s'élève jusqu'au ré hors des lignes. Cette voix n'a qu'un seul registre , celui de poitrine. Les compositeurs français, après l'avoir long-temps négligée, on pourrait dire méconnue , commencent à écrire pour cette voix. OEdipe, Duntalmo, Tamerlan, Fonboni, AesJrtistes par occasion, Rodrigo, de V Hôtellerie portugaise ^ sont de beaux rôles de basse. C'est en lisant les partitions allemandes et italiennes que Ton pourra se faire une idée des effets ravissans que l'on obtient en employant avec art cette voix de basse , la plus riche de toutes. Les voix de Dérivis, Porto, Levasseur, sont des voix de basse.

Basse, instrument. {Voy. Contre -Basse, Violoncelle.)

Basses. On désigne de cette manière la réunion des

instruraens qni, dans un orchestre, jouent la partfe de la basse , comme la contre-basse , le violoncelle , le basson , le trombone. On peut se servir du même terme s'il s'agit d'un orchestre militaire , quoiqu'il n'ait pour basses que des bassons , des trombones et des serpens.

Basse-ContKE , nom que Ton donnait autrefois en France à la voix de basse , attendu qu'elle chantait contre la basse-taille ou concordant, seule voix grave admise à l'Opéra pour les rôles de récit. On réservait la hasse-contre pour les chœurs. Ce n'est que depuis peu de temps que nos compositeurs ont écrit des rôles pour ce genre de voix dont les Allemands et les Italiens ont toujours tiré un si grand parti.

Ceux qui veulent établir une différence entre la voix de basse et celle de basse -contre , ont tort, et sont égarés par une erreur de mots provenant de ce que l'on confond mal à propos la basse avec le bas-ténor ou basse-taille. Le diapason de la voix de basse commence Siufa , qui est le deuxième j^ j;rave du piano : cette note et le sol qui le suit immédiatement, abondent dans la musique destinée à la basse. Dans le premier finale du Dlai^iage secret et certaines compositions allemandes , on fait descendre cette voix jusqu'au mi, au re, et même à Viit, qui est le premier ut grave du piano et du violoncelle. Je ne pense pas qu'il soit possible d'établir un diapason vocal au-dessous de ce point.

Ba8set-IIorn. ( Voyez Copv de Basset. )

Fasse-Taille, s. f. Blendes personnes confondent la basse-taille avec la basse. Cette erreur vient de ce que les rôles écrits pour ces deux sortes^ de voix sont cliantés , en France , par les mêmes acteurs. Comme nous n'avons presque pas de rôles de basse dans nos opéras, les chanteurs dont les moyens seraient disposés , par la nature et l'art , à remplir convenablement cette partie , sont obligés d'avoir recours à ceux écrits pour des voix plus aiguës , et forcent leur organe pour atteindre aux tons élevés de la basse - taille : ils ne donnent par conséquent que le rebut de leur voix , et négligent sa quinte grave dont on aurait pu tirer un grand parti.

Je citerai Thévénard, Cailleau, Lays, Martin, comme ayant possédé des voix de basse-taille de la plus grande beauté. [ p^ofez Bakiton , Taille.)

Bassiste , s» de t. g. Musicien qui joue de la coutrcbasse ou du violoncelle.

Basso , ou Col basso. ( Voyez B. )

Basson, s. m. Instrument de musique i\ veut i;t à anche, qui, dans la famille du hautbois, tient le même rang que le violoncelle dans celle du violon. Le diapason du basson est de trois octaves , à partir du premier si b grave du piano 5 il commence par conséquent un ton plus bas que celui du violoncelle. Le basson loue dans tous les tons. Ses tons favoris sont : ut, fa y si b , nii b , et leurs relatifs mineurs.

Les compositeurs italiens , après avoir fait entendre

le basson dans un cliant suivi ou dans un solo d'apparat , le renvoient à la partie de basse qu'il suit avec fidélité. Nous avons adopté la manière de l'école allemande , en considérant cet instrument comme devant figurer dans les masses intermédiaires , et se joindre à la viole plutôt que de porter un secours , souvent inutile , à la partie grave , lui réservant ce renfort pour les unissons , les marches travaillées , les entrées de fugue et tous les passages où la basse , placée en première ligne, doit se faire jour à travers le trémolo des violons et les tenues des instrumens à vent. Les contrebasses et les violoncelles suffisent pour les grosses notes de la simple basse.

Quoique le caractère du basson soit tendre et mélancolique , ses accens , pleins de vigueur et de senr» timent, servent à exprimer les grandes passions dans l'agitato , invitent au recueillement , inspirent une douce piété s'ils accompagnent des chants religieux. Si le basson ne saurait être très-brillant , il s'unit du moins parfaitement aux instrumens qui ont cette qualité ; et , lorsque les violons suspendent leur discours pour laisser le champ libre aux flûtes , aux clarinettes , aux cors , c'est lui qui sert de base à leur harmonie écLitante. Instrument universel, il module un solo avec autant de grâce que de suavité , et porte ensuite sa voix sur tous les points où elle peut servir utilement , soit pour remplir les vides qui existent entre les parties intermédiaires , soit pour lier un accompagnement oli renforcer un staccato. Possédant le timbre qui s'accorde le mieux avec tous les diapasons , il double suc-

BAT. Sj

cessivement la basse , la viole , la clarinette , la flûle; il suit la marche rapide des violons ou la paisible lenteur des cors. Ses pédales ronflantes , ses notes du médium fournissent à l'accompagnement , et sa dernière octave donne une mélodie aussi pure que sonore. Gluck , Haydn , Mozart ont eu pour lui une telle affection , qu'ils semblent ne se décider qu'avec peine à l'exclure du plus petit fragment de leurs compositions.

Comme la voix du basson a peu d'éclat , on ne la distingue pas toujours dans les masses ; mais les bienfaits qu'elle répand, l'harmonie qu'elle y introduit, n'existent pas moins , et l'on doit lui en savoir d'autant plus de gré , qu'on les attribue quelquefois à d'autres instriunens. Telle la violette , cachée sous l'herbe , parfume la prairie et ne se montre point parmi les fleurs qui Tembellissent.

On se sert de la clef de fa quatrième ligne , et de la clef d'w^ quatrième ligne, pour la musique de basson.

Le nom de basson vient de ce que cet instrument donne des sons bas. Les Italiens l'ont a^^elé fagotto , à cause de la ressemblance que ses trois pièees, réunies ou démontées , ont avec un fagot,

BassOxV (Jeu de ) , est un jeu d'anches qui , dans l'orgue, complète le jeu de hautbois et lui sert de basse. Liejeu de bassoji a une étendue de deux octaves.

Bassoniste, s. de t. g. Musicien qui joue du basson.

Bataille , s. f. On donne ce nom à une sorte de composition instrumentale dans laquelle le musicicD

croit imiter, avec des sons , le bruit de guerre et le? divers résultats d'uire bataille.

L'expression musicale , riche en images et en effets y a ses bornes qu'il faut bien se garder de passer. Toute tentative j en ce genre , ne sert qu'à montrer l'impuissance de l'art et la sottise de l'aitiste. L'un imagine de peindre un orage , l'autre le lever de l'aurore , l'autre une noce villageoise; enfin , il y en a qui poussent leur ridicule présomption jusqu'à tenter Pimitation d'une bataille. Que produisent-ils? du bruit, et rien que du bruit. L'expression instrumentale est trop vague. Il n'y a que les paroles ou la représentation muette des objets qui puissent donner à la musique cette clarté qui lui manque, et rectifier les fausses interprétations de l'esprit sur les sensations que l'on veut faire éprouver à l'âme.

L'auteur d'une bataille n'a pas cette ressource ; c'est vainement qu'il couvre sa partition grotesque de burlesques explications. Les écoutans n'ont pas sous les yeux un livret qui les aide à débrouiller ce chaos infernal, cet amas indigeste de lieux communs triviaux ^ dont l'effet assourdissant ne peut être comparé qu'au vacarme que (ont les paysans pour arrêter leurs abeilles fugitives.

Je veux supposer qu'un orchestre colossal , avec des gammes et des pétarades , des arpèges et des fanfares , des fusées et des roulemens, imite en quelque façon le bruit d'une bataille. L'explosion de l'artillerie , les cris des soldats , les plaintes des mourans , le cliquetis des armes , les trompettes , les cornets , les tambours ,

les pieds des chevaux , cela fait un mélange affreux , épouvantable. Mais comme tout marche en même temps , ce bruit est toujours le mieme. Pour se piquer d'une certaine fidélité, le musicien abusera- 1- il de la patience de ses auditeurs en prolongeant le fracas de ses machines sonores ? Où trouver des contrastes , lorsque Textrême fortissimo atteint à peine aux premiers degrés de l'imitation ? Gomment porter la moindre variété dans un tableau si uniforme? Gomment? — Par les moyens les plus simples et les plus naturels. Il impose silence aux combattaus , aux tambours , aux trompettes, aux canons même, pour que les cris plaintifs et les sanglots des blessés arrivent jusqu'à nous; et quand ces malheureux ont assez gémi , on reprend les armes pour se battre avec une nouvelle ardeur , jusqu'à ce que la fanfare de la Caravane vienne proclamer la victoire.

Un organiste , fort des moyens extraordinaires de son instrument, peut tenter des effets gigantesques. Vogel , exécutant la prise de la Bastille , faisait souvent illusion. Le tonnerre de l'orgue de Saint-Sulpice lutterait avec une batterie de campagne. Mais qu'un pianiste , en se précipitant sur son clavier, croie me iàire entendie le canon ; et , ce qui est encore plus risible , qu'un joueur de guitare me dise gravement, en pinçant de pitoyables amphigouris , c'est un combat , c'est une tempête i et, passant ensuite à la démonstration , m'explique des détails que mon esprit obtus n'a pu saisir, c'est le comble de l'absurdité. Cç serait

6o BAT.

s'abaisser au niveau de ces inepties , que de les combattre par le raisonnement.

On nous a donné successivement les batailles de Prague , de Jemmapes , de Marengo , d'Austerlitz , de Waterloo, etc. , etc. , lesquelles ont été réduites ensuite pour piano^ pour deux flûtes, et même pour deux flageolets. Tous ces œuvres singuliers ont été achetés par la foule ignorante. Ne doit-on pas compter sur le succès d'une spéculation fondée sur la sottise ?

Bâton , s. m. sorte de barre épaisse qui traverse perpendiculairement une ou plusieurs lignes de la portée , et qui , selon le nombre des lignes qu'il embrasse , exprime une plus grande ou moindre quantité de mesures qu'il faut passer en silence.

Ces hâtons ne 'sont plus en usage , et l'on marque le nombre des pauses avec des chifïres posés au-dessus de la portée.

Bâton de mesure , est un hâton fort court , ou même un rouleau de papier dont le chef d'orchestre se sert , dans les grandes réunions musicales , pour régler le mouvement , et marquer la mesure et les temps.

Rousseau, dans ses écrits sur l'ancienne musique française, a dirigé particulièrement ses traits satiriques sur la manière d'exécuter adoptée à l'Académie royale. Il appelle le chef d'orchestre le bûcheron , à cause des coups redoublés qu'il frappait sur le pupitre avec un gros hâlon de bois bien dur. Malgré la réforme que

BAT. 6i

notre musique dramatique a subie, ce bâton existe toujours, mais avec des dimensions moindres , et celui qui le tient en main se contente de le promener dans l'espace , pour marquer les premiers temps de la mesure. Dès que le mouvement est bien senti et l'impulsion donnée , il abandonne les chanteurs et l'orchestre, jusqu'au moment où l'on aura de nouveau besoin de son secours pour hâter ou retarder la marche du discours musical.

Le bruit du bâton tombant à coups e'gaux sur le pupitre, de'truisait l'illusion et contrariait l'amateur attentif. Ce vice d'exe'cution était inhérent aux compositions françaises du temps de Rousseau. L'orchestre suivait les chanteurs à la piste sans observer ni rhythrae ni mesure; et, lorsqu'il se rencontrait quelque morceau d'une marche régulière, les symphonistes et les chanteurs étaient si surpris de se voir assujétis à la mesure, que leur chef ne pouvait les retenir dans le bon chemin qu'en leur marquant chaque pas.

Quoique l'Académie royale de musique obéisse au bâton de mesure comme autrefois , les sarcasmes de Rousseau ne lui sont pas plus applicables, que ceux ^qu'il a lancés contre la musique française ne le seraient aux œuvres de Gluck et de Méhul. On ne doit pas considérer le bâton, mais la manière dont il est employé. Lorsqu'il s'agit de faire mouvoir les grandes masses, qu'un chœur de chant doit partir du dehors ,^ ou qu'une foule de danseurs attend dans la coulisse l'instant de s'élancer sur la scène, il faut nécessairement donner le signal du déprt 5 le bâton de mesure se fait

entenclre alors. Ce si§^al, que les acteurs saisissent subtilement , est peu sensible pour les auditeurs , distraits par la pompe du spectacle. D'ailleurs Forcbestrc donne , pour Pordinaire , des sons plus éclatans dans ces occasions , ils couvrent le bruit désagréable du Z>aton , et lorsque le maître de musique se borne au seul geste, il n'est aperçu que de ceux qui doivent le voir. Le virtuose qui , à la manière des Italiens , conduit son orcbestre avec le violon , n'est-il pas obligé de frapper aussi de temps en temps sur le pupitre avec l'archet pour éveiller l'attention des symphonistes , au début de l'air ou du chœur qui succèdent au récitatif ou au dialogue parlé ?

L'orchestre de l'Opéra-Comique , et ceux de la plupart des théâtres de province , sont dirigés avec l'archet. Le maître de musique se place ordinairement au centre , en face du théâtre , et quelquefois à l'extrémité de l'orchestre, laissant le théâtre à sa gauche. Lahoussaye avait disposé l'orchestre de Feydeau de cette manière , que M. Grasset a adoptée pour celui de l'Opéra Italien.

Batterie, s. f. Manière de frapper et répéter successivement , sur diverses cordes d'un instrument , îes divers sons qui composent un accord , et de passer ainsi d'accord en accord par un même mouvement de notes. On distingue la batterie de l'arpège, en ce que celui-ci ne contient que les notes d'un même accord; tandis que la batterie en contient de plusieurs accords, et qu'elle emploie même des notes de passage qui ne sont pas dans l'harmonie. (Fi^. 8.)

Battre la mesure. C'est en marquer les temps par des mouvemens, de la main ou du pied, qui en règlent la durée, et par lesquels toutes les mesures semblables sont rendues parfaitement égales , en valeur chronique ou en temps , dans l'exécution.

Il y a des mesures qui ne se battent qu'à un temps ( i ) , d'autres à deux , à trois ou à quatre , ce qui est le plus grand nombre de temps marqués que puisse renfermer une mesure : encore une mesure à quatre temps peutelle toujours se résoudre en deux mesures à deux temps. Dans toutes ces différentes mesures , le temps frappé est toujours sur la note qui suit la barre immédiatement; le temps levé est toujours celui qui la précède.

Le degré de lenteur ou de vitesse qu'on donne à la mesure dépend de plusieurs choses : i'» de la valeur des notes qui composent la mesure 5 2° du mouvement indiqué par le mot qu'on trouve à la tête de l'air ; lento, andante^ allegro , presto , etc. : tous ces mots indiquent autant de modifications dans le mouvement d'une même sorte de mesure : 3° enfin , du caractère de l'air même qui , s'il est bien fait , en fera certainement sentir le vrai mouvement.

Les Français ne battent pas la mesute comme les Italiens. Ceux-ci, dans la mesure à quatre temps, frappent successivement les deux premiers temps et lèvent les deux autres ; ils frappent aussi les deux premiers

(1) Il n'existe point de mesure à un temps; mais, comme dans le presto à trois temps on ne peut en marquer qu'un, la mesure des menuets de symphonie ne se bal re'dJement qu'à un temps, quoiqu'elle en ait trois.

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