‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 68 sur 111 · DOM · texte numérisé non relu

DOM

DoM^iNANTE , S. f. C'est, des trois notes essentielles du ton , celle qui est une quinte au-dessus de la tonique. La tonique et la dominante déterminent le ton ; elles y sont chacune la fondamentale d'un accord particulier 5 au lieu que la mediante, qui constitue le mode , n'a point d'accord à elle , et fait seulement partie de celui de la tonique.

On a donné ce nom de dominante à la quinte A\h ton, attendu qu^elle domine toujours, et s'emploie dans une infinité d'accords qui n'admettent pas la tonique. Dans le chœur à^Armide y Jamais dans ces beaux lieux , la haute-contre fait entendre la domi^ nante d'un bout à l'autre. On trouve dans le finale à^Elisa , de M. Chérubini , un emploi bien ingénieux de la dominante; une cloche accordée marie sa note la à plusieurs modulations de ce superbe morceau.

Dominante. Dans le plain-chant , est la note que l'on rebat le plus souvent à quelque degré que l'on soit de la note finale.

Le premier ton du plaint-chant a sa dom.inante à la quinte de la finale ;

Le second , à la tierce mineure ;

Le troisième , à la sixte mineure ;

Le quatrième , à la quarte 5

Le cinquième , à la quinte ;

Le sixième, à la tierce majeure;

Le septième , à la quinte ;

Et le huitième , à la quarte.

C'est la diversité des dominantes qui, jointe aux

cordes mélodiques parcourues par la modulation depuis la finale du ton jusqu'à sa dominante , et vice veisâ, donne à chacun des huit tons du plain-chant le caractère de tonalité qui lui est propre. (/^. FINALE , MÉDIANTE, MÉDIATION.)

Donner du cor. {Voyez Jouer.)

DoQTTET, ou ToQUET, S. m. Nom que Ton donne à la quatrième partie de trompette d'une fanfare de cavalerie. On Tappede aussi Iromba seconda, ( f^, Toc- CATO, Trompette.)

Double , adj . Intervalles . doubles ou redoublés , sont tous ceux qui excèdent Fétendue de l'octave. En ce sens , la dixième est double de la tierce, et la douzième double de la quinte.

Double est encore un mot employé pour désigner les acteurs en sous-ordre , qui remplacent les premiers acteurs dans les rôles que ceux-ci quittent par maladie ou par air, ou lorsqu'un opéra est sur ses fins et qu'on en prépare un autre.

Double barre , s. m. Signe d'abbréviation qui marque la division des notes en doubles croches , comme la simple barre et la triple barre marquent leur division en croches simples ou en triples croches.

Double bémol. Le double bémol baisse d'un ton entier la note devant laquelle il est posé. On le figure par deux bémols b b placés Tun contre l'autre. ( F, BÉMOL.)

Double corde . s. f. Manière de jeu sur le violon ,

la viole, le violoncelle, etc. , lequel consiste à touclier deux cordes à la fois , faisant deux parties différentes . La ^Q\3\^.^-QÇixàjè proôiuii souvent beaucoup d'effet: il est difficile de jouer très-juste sur la double-corde.

Double coup de langue. Articulation très-brillante., pratiquée sur la flûte, la trompette et quelques autres instrumens. H consiste à frapper deux fois la note simple pour lui faire donner un double résultat. Le double coup de langue ne s'emploie que dans les traits d'une grande rapidité. On le marque par des points ronds, placés sur chaque note simple, ou en notant les passages en notes doubles et tels que l'instrument doit les rendre.

Double croche , s. f. Figure de note de musique qui ne vaut que le quart d'une noire , ou la moitié d'une croche. Il faut par conséquent seize doubles croches pour une ronde ou pour une mesure à quatre temps. Ce mot de double croche vient du double crochet que cette note porte à sa queue. (Fig, 5i.)

Double dièse. Le double dièse hausse d'un ton entier la note devant laquelle il est posé. On le figure par deux dièses placés l'un contre l'autre ##, par un dièse ordinaire entouré de quatre points ^ ou par une croix aussi entourée de quatre points. (/^. DiESE.)

Double fugue. La fugue n'a qu'un seul sujet ou en a plusieurs. Une fugue qui n'a qu'un seul sujet , est appelée simple fugue ou fugue ; celle qui en a davantage s'appelle double fugue.

Le chant par lequel la double fugue commence ^ est toujours le premier sujet, nommé simplement sujet; et tous les autres qui le suivent, sont autant de contre -sujets.

S'il est nécessaire après les prennères entrées de 1» simple fugue fixées sur le nombre des parties que le sujet et sa réponse se rapprochent pour produire de la diversité , la double fugue demande que les difFérens sujets dont elle est composée , se présentent tour-àtour moyennant le renversement des parties , tantôt en bas , tantôt en haut , ou dans les parties du milieu. L'une et Tautre de ces choses exigent une connaissance parfaite du contrepoint double , au moyen duquel on apprend à renverser les sujets , et qui met en état de présenter sous différentes faces le sujet et sa réponse , après avoir .trouvé le moyen de les rapprocher l'un de l'autre.

Double note. Lorsque, dans une partie instrumentale , on trouve deux rondes dans une mesure à deux ou à quatre temps simple , ou deux notes quelconques , placées sur le même degré , cela signifie :

1° Si c'est une partie d'instrumens à vent, que le mêmeson doit être attaqué et soutenu à Punisson par le premier et le second hautbois , la première et la seconde flûte , le premier et le second cor , etc. , selon les instrumens auxquels on a destiné cette partie.

2° Si la partie est écrite pour un instrument à corde» et à manche , l'exécutant doublera la note qu'il prendra sur une corde à vide et sur la corde voisine infé-

rieure , en plaçant le doigt au lieu marqué pour donner l'unisson. Il est inutile de dire que cet unisson ne peut pas être obtenu pour la corde la plus grave de rinstrument; sur le violon, par exemple, si la musique porte un double ré ; le violoniste attaquera en même temps le ré à vide et le ré produit par la quatrième corde sol, sur laquelle il aura posé le quatrième doigt.

Double octave, s. f. Intervalle composé de deux octaves , qu'on appelle autrement quinzième,

La Double octave est en raison doublée de l'octave simple, et c'est le seul intervalle qui ne change pas de nom en se composant avec lui-même.

Double queue. La note qui porte une double queue doit être attaquée et soutenue en même temps par les deux instrumens à vent qui jouent sur la même partie , tels que les bassons , les trompettes; ou exécutée en double corde, s'il s'agit d'un instrument à cordes et à manche. {Voyez A DEUX, DOUBLE note. )

Double trille. Trille que l'on exécute sur le piano , le violon et le violoncelle , en trillant en même temps deux notes placées à l'intervalle de tierce ou de sixte.

Le Double trille est d'une exécution très-difEcile.

Double triple. Nom de la triple de blanches , ou de la mesm-e à trois pour deux , laquelle se bat à trois temps et contient une blanche pour chaque temps.

Cette mesure n'est en usage que dans la musique d'église et les solfèges.

Doubler. Pour prendre la place ou pour tenir la place. Les premiers acteurs sont doublés par les seconds, et ceux-ci par les troisièmes : en sorte que quelque accident qui arrive, Topera peut toujours être repre'senté tant bien que mal.

Doubles mains. Mécanisme aussi simple qu'ingénieux . que l'on adapte aux nouvelles orgues à un clavier , et au moyen duquel en baissant une touche on fait baisser en même temps celle de l'octave en dessus. Comme l'action de la double main est réciproque , si l'on fait parler la touche de l'octave haute , la touche qui lui correspond au grave parlera aussi. Le clavier de l'orgue est divisé en deux parts égales qui ont chacune leur mécanisme particulier , de manière que dans quelle position que les mains de l'organiste se trouvent tout le clavier est occupé; sont-elles réunies au centre , les octaves extrêmes se font entendre ; sont-elles écartées , les mécanismes agissent sur le milieu. Les doubles mains sont à la disposition de l'organiste au moyen d'un registre : il s'en sert au besoin pour renforcer les effets.

DouBLETTE. Jeu d'orgue compris parmi les jeux de mutations. 11 est d'étain et somie l'octave du prestant.

Ce jeu n'est que d'une octave et reprend par conséquent d'octave en octave.

D0UZIÈ31E. s. f. Intervalle de onze degrés con-

DUO. 2o5

joints; c'est-à-dire de douze sons diatoniques en comptant les deux extrêmes : c'est l'octave de la quinte.

Toute corde sonore, rend avec le son principal, celui de la douzième^ plutôt que celui de la quinte , parce que cette douzième est produite par une aliquote de la corde entière , qui est le tiers ; au lieu que les deux tiers , qui donneraient la quinte , ne sont pas une aliquote de cette même corde.

Dramatique, adj. Cette ëpitliète se donne à la musique imitative , propre aux pièces de théâtre qui se chantent, comme les opéras.

Duo, s. m. Composition musicale à deux parties obligées.

Le Duo vocal est presque toujours accompagné par l'orchestre ou un instrument tel que le piano, la harpe, la guitare.

Le Duo instrumental n'est composé que des deux parties récitantes.

Les mêmes sentimens , les mêmes situations qui , dans rOpéra , amènent l'air, donnent lieu aux duos, aux trios, aux quatuors, etc. Ce sont des tableaux à plusieurs personnages conçus d'après les mêmes principes et les divers plans, les détails de Tàir , les images mêmes qu'il nous représente , conviennent parfaitement à tous ces morceaux qui, avec un cadre plus étendu, ne sont , pour ainsi dire , que des airs à plusieurs voix. La seule différence que l'on y remarque , c'est que le concours des interlocuteurs animant le discours musi-

2o4 DUP.

cal, le compositeur ne se trouve point obligé de recourir si souvent au chant instrumental, aux traits d'orchestre , pour faire reposer le chanteur et lui donner le temps de prendre haleine.

Un chant large divise d'abord en solos d'une certaine étendue, et suivi d'un dialogue plus serré qui amène un ensemble mélodieux et brillant , ou véhément et passionné ; telle est la coupe la plus ordinaire des duos. Ceux d'Iphigénie en Jlulide , Ne doutez jamais de ma flam.m,e; d' Arm,ide , Armide, vous m,' allez quitter ; dans le style tragique, ceux de Sylvain, de Ma tante Aurore , de Françoise de Faix , dans l'Opéra comique, sont disposés de cette manière*

Quelques duos sont tout en dialogue , d'autres débutent par l'ensemble , d'autres sont dessinés en rondeaux. Nous renvoyons le lecteur à notre ouvrage qui a pour titre de l'Opéra en France; il y trouvera des développemens sur le duo, que nous n'avons pas pu reproduire dans cet article , et un catalogue de tous les beaux duos de chant que nous possédons.

Le duo instrumental est composé d'après les mêmes règles que la sonate; il se divise en deux, trois ou quatre morceaux de difFérens caractères , et l'on pourrait le considérer comme une sonate dialoguée. Le violon et la flûte sont les instrumens pour lesquels on compose le plus de duos. Ceux de Viotti, pour le violon , jouissent toujours de leur haute réputation 5 les duos de flûte de Berbiguier sont fort estimés.

Duplication, s. f. Terme de plain- chant. L'in-

DUR. 2o5

tonation par duplication se fait par une sorte de périélèse , en doublant la pénultième note du mot qui termine l'intonation 5 ce qui n'a lieu que lorsque cette pénultième note est immédiatement au-dessous de la dernière. Alors la duplication sert à la marquer davantage, en manière de note sensible.

Dur, adj. On appelle ainsi tout ce qui blesse l'oreille par son âpreté. H y a des voix dures et glapissantes, des instrumens aigres et durs, des compositions dures. La dureté du bécarre lui fit donner autrefois le nom de B dur. H y a des intervalles durs dans la mélodie; tel est le progrès diatonique des trois tons , soit en montant , soit en descendant ; et telles sont, en général, toutes les fausses relations. U y a dans rharmonie des accords durs; tels sont la seconde majeure , la quinte augmentée , et en général toutes les dissonances majeures. La dureté prodiguée révolte l'oreille et rend une musique désagréable; mais, ménagée avec art, elle sert au clair obscur et ajoute à l'expression.

2o6 ECH.

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XÎi. E SI MI. ( iTojez A.)

Echelle, s. f. C'est le nom qu'on a donné à la succession diatonique des sept notes, ut, ré, mi, fa, sol y la i si, de la gamme notée , parce que ces notes se trouvent rangées en manière d'échelons sur les portées de notre musique.

Cette énumération de tous les sons diatoniques de notre système , rangés par ordre , que nous appelons échelle y les Grecs, dans le leur, l'appelaient diagramma, diagramme, c'est-à-dire par lettres , attendu qu'ils représentaient leurs diverses échelles de sons par les lettres de leur alphabet. Ils avaient plusieurs diagrammes ; le plus usité dans la pratique était le tétracorde , parce qu'en effet cette échelle n'était composée que de quatre sons 5 et , pour former de plus grands diagrammes , ils ajoutaient plusieurs tétracordes l'un à l'autre , et répétaient ainsi ces quatre sons de tétracorde en tétracorde, comme nous le faisons d'octave en octave. (/^. Diagramme , Tétracorde. )

ECHELETTE , PaTOUILLE , ClAQUEBOIS , OU RÉ- GALE. Instrument composé de différentes lames dé bois dur qui répondent aux différens tons de la gamme , et qu'on touche avec une petite boule d'i- ^ oire attachée à une petite baguette.

Eciio, s. m. Son renvoyé ou réfléchi par un corps

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