‹ Dictionnaire de musique moderne (volume 2)Chapitre 69 sur 111 · ECO · texte numérisé non relu

ECO

solide, et qui par là se répète et se renouvelle à Poreille. Ce mot vient du grec échos , son.

On appelle aussi éclio, le lieu où la répétition se fait

entendre.

Le nom ^écho se transporte en musique à ces sortes d'airs ou pièces dans lesquels , à l'imitation de Vécho , l'on répète une ou plusieurs fois certains passages, en diminuant chaque fois l'intensité du son. C'est sur l'orgue qu'on emploie le plus communément cette manière de jouer , à cause de la facilité qu'on a de faire des échos sur le positif. Les échos sont d'un grand effet dans la symphonie , et même dans la musique vocale. On peut en faire la remarque dans Zémire et Azor, Beniowshy, et le Charme de la Voix, On trouve dans ce dernier opéra un duo tout en échos,

ECLISSES, s. f. plur. Petites planches minces sur lesquelles reposent les tables des violons, des basses, des guitares , etc.

Ecole, s. f. Comme il y' a en peinture différentes écoles, il y en a aussi en architecture , en musique , et en général dans tous les beaux arts. En musique , par exemple, tous ceux qui ont suivi le style d\m grand maître, sont ou peuvent être regardés comme de l'ecole de ce maître. On désigne encore par le terme ^ école, la réunion de tous les maîtres d'un pays. Cet air est excellent; il a été adopté par Z'école. V école française , \ école italienne , Y école allemande.

Les musiciens illustres voyageant dans toute PEurope, les communications établies entre les virtuoses,

i>o8 ECO.

rechange continuel des œuvres qui , dans chaque pays, ont acquis de la célébrité , sont autant de raisons pour que la musique étende ses progrès partout dans des proportions égales : les découvertes ne sont plus des mystères que des maîtres jaloux ne révélaient qu'à regret à un petit nombre de disciples. Partout Tart est le même , et le terme de musique française ne s'applique plus maintenant qu'aux compositions qui ont vu le jour avant la venue de Gluck ( 1^74). Les trois écoles principales ont néanmoins conservé chacune un caractère particulier. Celle d'Allemagne se distingue par une harmonie savamment travaillée , unie à des chants pleins d'esprit et d'expression; celle d'Italie, par une mélodie toujours suave , une facture simple et pure : V école française a adopté un genre mixte, qui \ tient de la vigueur allemande et de la grâce italienne. L'expression dramatique y est généralement plus exacte et plus vraie que dans les deux autres. Malgré cette variété de styles , il paraît difficile qu'il puisse y avoir dorénavant une nouvelle révolution musicale en Europe. On suit partout les mêmes documens, et l'on peut remarquer seulement , dans les productions de chacune de ces écoles , des couleurs locales qui se rapportent au caractère et aux mœurs des habitans de chaque pays.

Un morceau d^école est une composition dans laquelle on s est attaché plus particulièrement aux effets de l'harmonie qu'aux grâces du chant. Il y a de /'école dans ce chœur. Ecole , dans ce sens , est synonyme de facture.

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Effet, s. m. Impression agréable et forte que produit une excellente musique sur l'oreille et l'esprit des e'coutans : ainsi le seul mot effet signifie, eu musique , un grand et bel effet. Et non-seulement on dira d'un ouvrage qu'il fait de ^ effet; mais on y distinguera, sous le nom de choses d'effet, toutes celles où la sensation produite paraît supérieure aux moyens employe's pour l'exciter.

Une longue pratique peut apprendre à connaître sur le papier les choses ôi' effet; mais il n'y a que le génie qui les trouve. C'est le défaut des mauvais compositeurs et de tous les commençans , d'entasser parties sur parties , instrumens sur instrumens , pour trouver Veffet qui les fuit , et d'ouvrir, comme disait un ancien , une grande bouche pour souffler dans une petite flûte. Vous diriez, à voir leurs partitions si chargées , si hérissées , qu'ils vont vous surprendre par des effets prodigieux, et si vous êtes surpris en écoutant tout cela , c'est d'entendre une petite musique maigre , chétive , confuse , sans effet , et plus propre à étourdir les oreilles qu'à les remplir; au contraire, l'œil est quelquefois obligé de chercher sur les partitions des grands maîtres ces effets sublimes et ravissans que produit leur musique exécutée. C'est que les menus détails sont ignorés ou dédaignés du vrai génie; qu'il ne vous amuse point par des foules d'objets petits et puérils , mais qu'il vous émeut par de grands effets^ et que la force et la simplicité réunies forment toujours son caractère.

L'une des parties de la musique les plus mobiles , les I. i4

liio EFF.

plus susceptibles des vicissitudes du temps , c'est VeffcL Comme il n'est rien par lui-même, mais seulement par une impression faite sur les organes, il existe à diîTérens degrés , selon que ces organes ont plus ou moins de délicatesse et de culture , selon qu'ils ont été frappés plus ou moins habituellement par des émotions antérieures , et que l'exercice , ou, si l'on veut, l'expérience de l'oreille, a resserré ou aura étendu le cercle de ses sensations , et pour ainsi dire de ses besoins.

Le premier qui , ayant une sensation forte à faire naître après une sensation douce, non content de donner tout-à-coup à son harmonie une marche , une combinaison moins commune , moins prévue , fit tomber fortement sur le même accord tout son orchestre à la fois , produisit sans doute un effet prodigieux.

Le premier qui , pour prolonger une expression de terreur, fît bruire à sons répétés les notes les plus basses de tous les instrumens à cordes, dut faire frissonner son auditoire; et si quelqu'un entreprit alors de décrire cet effet d'orchestre , il put dire, sans trop d'exagf'ration, qu'en écoutant ces sons terribles, les cheveux dressaient àlatcte. Des sons doux, lents, soutenus, succédant à ces secousses violentes , produisirent une sorte d'enchantement , et cette alternative de douceur €t de force dut suflire long-temps à des auditeurs novices et sensibles.

Ces morceaux des premiers maîtres se sont conservés pour la plupart ; ils ne produisent pas aujourd'hui

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îe même effet. Les instrumeiis à vent , cLout on faisait alors peu d'usage , dont plusieurs même n'étaient pas connus , ont , à mesure qu'ils étaient introduits dans l'orchestre , fait connaître des effets nouveaux. Les trompettes , les trombones , les timbales , le beffroi , dont on a trop souvent abusé , sont , pour le compositeur, une source de grands effets tragiques et brillans.

Les effets sont relatifs à chaque modification du son ; ainsi l'on distinguera les effets d'intonation , les effets de rhythme , les effets d'intensité , les effets de timbre , les effets de caractère : à ces cinq espèces il faut ajouter encore ceux qui naissent de l'harmonie , ou de la réunion de plusieurs sons. Nous nommons effets simples ceux qui proviennent d'une seule de ces causes ; ffets composés ceux qui proviennent de deux ou plusieurs causes à la fois.

Les effets, dont l'analogue en peinture est désigné par le même terme , sont à la musique ce que les figures sont au discours oratoire : on doit donc donner les mêmes avis en ce qui concerne leur emploi. Le premier est de ne point les prodiguer, parce qu'ils ne tardent pas à produire la fatigue et le dégoût ; le second €st de les employer avec adresse, de manière qu'ils puissent être bien sentis , et de prendre garde à ce qu'ils ne se détruisent mutuellement ou ne produisent une véritable cacophonie : c'est ce qui ne manque jamais d'arriver quand on emploie en même temps deux effets du même genre , et surtout ceux de rhythme. Le conseil le plus sage que l'on puisse donner aux jeunes compositeurs, est d'atlendie, pour employer

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