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de chanteurs , de jongleurs et de ménestrels ou ménestriers, qui partageaient par égales parts les gains qu'ils pouvaient faire.
Les ménestrels ou m,énesiriers, succédèrent ensuite aux troubadours ; ils chantaient des romances et des chansons en s'accompagnant à l'unisson de la harpe, de la vielle, du rebec ou de la viole.
Nous appelons maintenant ménétriers , les musiciens qui jouent les airs de danse dans les bals.
Menuet, s. m. Air d'une danse de même nom, d'un mouvement modéré et à trois temps. Les menuets d'Exaudet, de Fischer, de Grétry, ont eu une grande vogue. Celui que Mozart a placé dans le premier finale de Don Juan, est d'un goût exquis et plein de franchise.
Le menuet ne se danse plus dans les bals , quelques pas de menuet y servent seulement de prélude et d'introduction à la gavotte. Le menuet était d'origine française , il se dansait à deux , et avait autant de grâce que de noblesse ; on aime à le retrouver dans le ballet de la Dansomanie,
Les compositeurs de l'ancienne école introduisaient des gavottes , des menuets, des allemandes , des gigues dans les sonates, les duos et autres pièces de musique instrumentale. Cet usage ne s'est conservé que pour le menuet. Les premiers menuets placés dans des quatuors, des sonates, des symphonies, durent naturellement avoir le mouvement et les formes du menuet dansé : on peut en faire la remarque dans les œuvres de Boc-
chérini. Les Allemands ont donne' à cette sorte de composition la prestesse et la vigueur qui la caractérisent maintenant. Sa mesure est toujours à trois temps , mais elle est, si rapide, que l'on ne peut en battre qu'un seul.
Le menuet de symphonie , de quatuor , de sonate , est ordinairement un morceau d'école , dont l'harmonie recherchée, et les effets singuliers, quelquefois même bizarres , contrastent avec l'amabilité gracieuse de l'andanté qui le suit ou le précède.
Le menuet se compose de deux parties , la première comprend trois reprises ; la seconde appelée trio , n'en a le plus souvent que deux. Toutes ces reprises se répètent la première fois. Au da capo , on va de suite jusqu'à la fin de la première partie , que l'on reprend toujours après le trio. Certains menuets ont une queue ou coda , et alors on les écrit tout au long pour éviter les méprises que des renvois trop multipliés pourraient causer.
Les menuets de Haydn , de Mozart , de Beethowen . sont admirables. ( V^oyez Coda , Trio. )
Merline, s. f. Orgue à cylindre, qui sert à silïïer les merles et les bouvreuils. Il est plus fort que celui que l'on emploie pour le serin , parce que la voix des bouvreuils et des merles est plus grave.
Messe , s. f. OEuvre de musique composé sur les paroles de certaines prières de la messe , savoir : le hyrie , \fi glorla, le credo,, le sanctus et VAgnus Dei.
5o MES.
Les llaliens se bornent quelquefois au kyrie et aii g/oria.
La Mes6e des Morts ou de Requiem diffère de la 3fesse solennelle par son introït requiem œternam , que l'on met en musique et qui précède immédiatement le kyrie , le graduel requiem œternam, etc. , la prose dies irœ , l'offertoire Domine Jesu Christe y remplacent le gloria et le credo. Viennent onsuite le sanctus eiVAgnus Dei qui sont suivis de lux œterna qui termine la Messe des Dlorts»
Les paroles de la Messe sont fort belles et très favorables à la musique ; elles présentent tous les caractères nobles et fournissent des contrastes dont un compositeur liabile sait tirer parti. Le kyrie est une prière affectueuse , le gloria s'ouvre par un début éclatant. Le CVerZo, majestueux d'abord, passe de l'expression d'un sentiment tendre à celle de la plus profonde tristesse. Les effets bruyants du Resurrexit contrastent avec l'abattement de la douleur , la trombe du jugement fait entendre ensuite ses accens terribles et solennels , et le discours musical a pour péroraison un finale brillant et rapide dans Vet vitam, qui est ordinairement traité en fugue. Le Sa?ictus et \ Agnus Dei sont deux prières , l'une a le caractère imposant et pompeux, l'autre est d'mie expression pleine de suavité. Voilà déjà beaucoup de musique , cependant les jours de grande fête , on ne laisse pas d'i^outer encore à la Messe un morceau d'offertoire : un O salutaris Hoslia^ et un Domine^ salvum, fac JRegem,
Cette espèce de Messe reçoit le nom de solennelle.
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La Messe des Morts n'offre pas moins de ressources au musicien ; mais sa couleur est trop uniforme en ce que les paroles en sont tristes d'un bout à l'autre , et que les morceaux communs aux deux espèces de Messe, tels que : le kyrie , le sanctus et VAgnus Dei doivent avoir aussi ce caractère de tristesse. Le Requiem de Jomelli , celui de Mozart , celui de Chérubini sont de ces productions sublimes qui se rencontrent rarement dans les fastes de l'art. Une belle Messe des Morts est le chef-d'œuvre du genre. Nous ne pouvons faire ici l'ënumération de toutes les belles Messes mises au jour par les maîtres des différentes écoles ; nous nous bornerons à citer parmi les Messes solennelles celle à trois voix de M, Chérubini , dont on a gravé la partition.
Une Messe est sans contredit l'œuvre le plus important et le plus difficile de la composition , celui qui peut le mieux assurer la réputation de son auteur; celui que le simple mélodiste ne saurait aborder sans s'exposer à devenir la risée des connaisseurs. A Téglise, on ne trouve point comme au théâtre des soutiens officieux, des accessoires qui font valoir le principal, des séductions qui fascinent les yeux , rendent l'oreille indulgente et assurent ainsi le facile succès d'un misérable, pastiche, d'uùe série de chansons triviales que l'on décore du nom d'opéra.
A la chapelle du Roi , on n'exécute des messes régulières , qui sont toujours des grand' messes , que les principales fêtes de l'année. Les simples dimanches tt fêtes, pendant la messe basse que le prêtre célèbre , on
Si MES.
se borne à chanter un ou plusieurs morceaux de musique sacrée, tels que motets, hymnes, fragmens de messes , etc.
On remarquera sans doute que dans les Messes anciennes le gloria débute par ces mots; et in terra pax, et le Credo par ceux-ci : Patrem omnipotentem. Cela vient de ce que , autrefois , les chanteurs attendaient pour commencer , que le prêtre eût dit ces mots : Gloria in excelsis Deo , et Credo in unum Deiun , comme cela se pratique dans les Messes en plainchant où le chœur répond au célébrant. Cet usage n'existe plus relativement à la musique , et le Gloria et le Credo s'ouvrent maintenant par leur début ordinaire; ce qui vaut beaucoup mieux pour l'effet.
Mesto , adjectif italien qui signifie triste. Adagio mesto y adagio d'un caractère triste.
Mesure , s. f. Division de la durée ou du temps en plusieurs parties égales, assez longues pour que l'oreille en puisse saisir et subdiviser la quantité , et assez courtes pour que Tidée de Tune ne s'efface pas avant le retour de l'autre , et qu'on en sente l'égalité.
Chacune de ces parties égales s'appelle aussi 7^7esare : elles se subdivisent en d'autre parties aliquotes qu'on appelle te?nps , et qui se marquent par des mouvemens égaux de la main ou du pied.
La durée égale de chaque temps ou de chaque mesure est remplie par plusieurs notes qui passent plus ou moins vite , en proportion de leur nombre , et
auxquelles ou donne diverses figures pour marquer leurs différentes durées.
Les anciens ont connu la mesure ; mais elle tomba <lans l'oubli, quoique l'intonation fût toujours cultivée, lorsqu'après l'invasion des Barbares , les lan gués changèrent de caractère, et perdirent leur harmonie. Les premiers qui donnèrent aux notes quelques règles de <juantité, s'attachèrent plus aux valeurs ou durées relatives de ces notes, qu'à la mesure même ou au caractère du mouvement. Dans la suite , les rapports en valeurs d'une de ces notes à l'autre dépendirent du temps , de la prolation , du mode. Par le mode on déterminait le rapport de la maxime à la longue , ou de la longue à la brève , ou de la brève à la demi-brève; €t par la prolation , celui de la brève à la demi-brève, ou de la demi-brève à la minime.
En général toutes ces différentes modifications peuvent se rapporter à la mesure double ou à la mesure triple, c'est-à-dire à la division de chaque valeur entière , en deux ou en trois temps égaux.
Cette manière d'exprimer le temps ou la mesure des notes changea entièrement durant le cours du tlernier sièck. Dès qu'où eut pris l'habitude de renfermer chaque mesure entre deux barres, il fallut nécessairement proscrire toutes les espèces de notes qpi renfermaient plusieurs mesures* La mesure en devint plus claire , les partitions mieux ordonnées , et l'exécution plus facile ; ce qui était fort nécessaire pom* compenser les difficultés que la musique acquérait en devenant chaque jour plus composée. Beaucoup d'ex-
cellens musiciens seraient embarrassés d'exécuter maintenant bien en mesure , des trios d'Orlando et dé Claudin , compositeurs du temps de Henri IIL
Juscpie-là 5 la raiison triple avait passé pour la plus parfaite ; mais la double prit enfin l'ascendant et le C ou la mesure à quatre temps fut prise pour la base de toutes les autres. Or, la mesure à quatre tetnps se résout en 77165 i/re à deux temps. Ainsi, c'est proprement à la mesure double qu'on fait rapporter toutes les autres , du moins quant aux valeurs dés nptes et aux signes des mesures.
Au lieu des maximes , longues , brèves ou demibrèves etc. , on substitua les rondes , blanches , noires, croches, doubles et triples croches etc. , qui toutes furent prises en division sous-double; de sorte que, chaque espèce de notes valait précisément la moitié de la précédente. Cette division paraîtrait insuffisante pour la mesure triple si l'on n'avait imaginé le /7o/«^ qui , placé à droite de la note , l'augmente de la moitié de sa valeur, et la rend, par conséquent , susceptible d'être divisée en raison sous-triple. En effet, la blanche simple et la blanche pointée donnent toutes les divisions correspondantes à la raison sous-double et à la raison sous-triple.
Quoi qu'il n'y ait dans notre musique que deux mesures, on y fait tant de divisions, qu'on en peut compter de treize espèces àxynX, voici les signes.
De toutes ces mesures ^ il y en a trois qu'on appelle simples , parce qu'elles n'ont qu'un seul chiffre ou signe 2 , 3 et 4. Toutes les autres qu'on appelle composées , tirent leur dénomination et leurs signes de la m.esute à quatre temps, ou de la ronde qui la remplit : en voici la règle :
Le chiffre inférieur marque un nombre de notes de yaleur égale , faisant ensemble la durée d'une ronde ou d'une mesure a quatre temps.
Le chiffre supérieur montre combien il faut de ces mêmes notes pour remplir chaque mesure de l'air qu'on va noter.
Par cette règle , on voit qu'il faut trois noires pour
remplir une m,esure au signe / et six croches pour
6 5, une au signe p<. /, c'est-à-dii-e trois fois la quatrième