‹ Dictionnaire de musique moderneChapitre 38 sur 119 · PAR. 1Î · texte numérisé non relu

PAR. 1Î

quatuor de violons , fondement de l'oçchestre , embrasse étroitement les parties vocales , et présente au bas de la page , dans le lieu le plus rapproché de l'œil , les objets du plus grand intérêt. Les parties des flûtes , dont les notes s'élèvent toujours au-dessus des lignes, ne sauraient être mieux placées qu'en tête de la parti-^ tion ; les autres instrumens à vent leur succèdent dans l'ordre de leurs diapasons : les timbales et les autres instrumens de percussion , qui viennent les réunir aux violons , sont précisément ceux dont les parties , peu chargées et souvent vides , laissent un intervalle qui sépare , en quelque sorte , le groupe des instrumens à cordes de celui des instrumens à vent.

En écrivant une partition , et même en la gravant , il est essentiel de faire usage des abréviations pour la notation de la musique, afin de ne pas attirer inutilement l'œil sur diverses parties qui marchent à l'unisson. Il est fort inutile d'écrire tout au long la partie de second violon , si elle reproduit exactement à l'unisson ou à l'octave, les périodes dont l'exécution est confiée au premier.

La diversité des clefs est un moyen excellent pour donner de la clarté à une partition» Les clefs ^ut signalent le basson et la viole; les clefs de sol sans dièses ni bémols , indiquent sur-le-champ les parties des cors et des trompettes. Les voix se trouvent classées selon leurs diapasons , et l'œil ne les confond jamais , grâce à la physionomie particulière de chaque clef, Ceux qui ont voulu réduire le nombre des clefs , ne songeaient point sans doute aux difficultés que Tu-

jiiformité de ces signes aurait fait naître. Donner k même figure à vingt parties diverses, c'est le moyen de n'en distinguer aucune. Parmi les diiférens projets mis en avant par les novateurs, celui de supprimer cinq ou six des sept clefs adoptées , doit être regardé comme le plus extravagant.

La partition réunit en faisceau les forces vocales et instrumentales , tout est classé avec ordre , et chaque partie suit parallèlement celles qui concertent avec elle. Le chef d'orchestre embrasse tout d'un coup d'œil, et s'attache particulièrement aux voix et aux instrumens qui récitent. Sans ce précieux secours , on ne peut exécuter la musique de théâtre, les sympho-nies , les messes , les cantates , les oratorios. La partition est le contrôle qui fait connaître les fautes du copiste ou de l'exécutant , décèle les coupables , et motive les corrections ou les réprimandes.

On réunit quelquefois les parties principales à celle du premier violon , quand c'est un violoniste qui di*rige l'orchestre.

Pour la commodité des exécutans , on note la basse en partition avec les parties vocales. Les deux parties d'un duo chantant s'écrivent en partition dans chaque partie séparée ; et dans les parties d'orchestre on a soin, pour les récitatifs, de noter toujours la partie vocale en partition avec celle de l'instrument , afin que , dans ces alternatives de récitatif et de symphonie mesurée, l'exécutant attaque avec précision les traits qui lui sont confiés.

La partition d'un morceau destiné à un orchestre'

militaire, présente un aspect singulier; il Êiut être très-exercé pour la lire couramment , à cause du système d'accord qui est différent pour la plupart des instrumens qui doivent Texécuter , par exemple :

Dans une marche en mi b ,

Les flûtes jouent en ré majeur deux # à la clef.

La petite clarinette joue en iit, rien à la clef.

Les grandes clarinettes jouent en^a , un b à la clef.

Les trompettes et les cors jouent en ut.

Les bassons et les trombones jouent en mi b , trois b à la clef.

C'est par la lecture des partitions des grands maîtres , qu'un jeune compositeur doit terminer ses études musicales ; elles lui apprendront tout ce que l'on ne peut enseigner à l'école , et lui formeront le style et le goût. Quelle jouissance que cette lecture, pour celui qui parvient peu à peu à la saisir ! et quel plaisir plu^ grand pour celui qui est tellement familiarisé avec cette opération , qu'elle est plus facile pour lui , qu'il ne l'est aux musiciens ordinaires de lire une seule partie 5 car, non-seulement alors on embrasse toute la partition d'un coup d'œil , mais on en sent tellement les effets , qu'aucune exécution ne peut être aussi parfaite que le sentiment intime qu'on s'en procure.

Partition, s. f. Est encore chez les facteurs d'orgues et de pianos, une règle pour accorder l'instrument, en coromençant par une corde ou tuyau de chaque touche, dans l'étendue d'une onzième prise vers le milieu du clavier, et sur cette onzième on partition

i5o PAS.

Ton accorde . après , tout le reste. Voici comment il ^lut s'y prendre pour former la partition.

Après avoir accorde sur le diapason le quatrième la du piano , compté du grave à l'aigu, vous descendez à Vut, qui se trouve immédiatement au-dessous , et vous mettez cette note en rapport avec ce la sa sixte majeure. Vous partez ensuite de Vut^ sur lequel vous accordez le 6'o/, quinte aiguë de cet ut. Du sol vous descendez sur le ré , quarte du même sol. De ré vous montez au la , quinte aiguë du même ré. Du la vous descendez sur le jni, quarte de ce la , et ainsi de suite, mi si , si fa i^,fa^ut^,ut^ sol # ( /a b ) , /a b mi b , 7ni b si b y si h fa \:^ ^ fa ut [\ ', après avoir accordé cet utj vous le faites sonner avec son octave basse qui est votre point de départ : s'il est parfliitement d'accord avec elle , la partition est bonne , et vous accordez le reste du clavier par octaves en montant et en descendant.

On voit cpiela. partition n'est qu'une suite de quintes, auxquelles les quartes intermédiaires servent de point d'appui. Si Ton faisait toutes ces quintes justes, il y aurait surabondance , et les octaves seraient trop élevées ; il faut donc y remédier par le tempérament , en affaiblissant tant soit peu les trois ou quatre premières quintes, et l'on obtiendra un bon accord. ( P^oj. Tempérament.)

Pas de deux, danse exécutée par deux danseurs. C'est le duo de la danse. Le pas russe est un pas de deux.

PAS. i5i

Pas de hache. On donne ce nom à une danse fortement caractérisée, à cette espèce de pyrrhique moderne , qui est exécutée par une troupe de soldats , de Scythes, de Sauvages, de Cyclopes ou de Bacchantes, armés de toutes pièces ou couverts de peaux de bètes , et tenant des haches , des massues ou des thyrses à la main. Les airs des pas de hache sont rbythmés avec force et d'im caractère fier, martial ou sauvage; on les accompagne d'instrumens de percussion , tels que timbales, tambours, cymbales, triangle, tambours de basque , dont les frappemens rhythmiques^ les vibrations argentines , donnent Téclat le plus brillant à ces compositions.

Les danses des soldats romains dans la Vestale, celles des Scythes dans Iphigénie en Tau ride ^ l'entrée des Africains dans Sémiramis , la bacchanale des Danaïdes, sont àespas de hache.

Pas de trois , danse exécutée par trois danseurs. C'est le trio de la danse. La gavotte è^Armide est un pas de trois y dansé par un homme et deux femmes.

Pas double. [Voyez Marche.)

Pas-redoublé ( /^oj^s Marche.)

Pas seul, danse exécutée par un seul danseur. C'est le solo de la danse. ^ " ,

Passacaille , s. f. Espèce de chaconne , dont le chant était plus tendre et le mouvement plus lent que dans les chaconnes ordinaires. Cet air de danse, que

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l'on retrouve encore dans les opéras de Gluck , n'est plus en usage.

Passage, s. m. Ornement que l'on ajoute à mi trait de chant. On appelle encore ainsi chaque portion d'un morceau qui présente un sens. On dit : Ce passage est Joli, ce trait est charmant. Trait eX. passage y ont une sorte de synonymie en ce cas.

Maintenant qu'on a généralement plus d'inspiration et de goût qu'autrefois , parce qu'on est plus et mieux exercé, les instrumentistes et les chanteurs qui ont du mérite , brodent ordinairement les passages qui se répètent pour éviter les redites et la monotonie, et faire connaître leur imagination et leur goût.

Passage (Notes de) les notes de passage sont ainsi appelées, attendu qu'en remplissant les intervalles qui se trouvent entre des notes qui procèdent par degrés disjoints, elles servent de point d'appui, de liaison pour passer plus aisément de l'une à l'autre. Elles donneat les moyens de varier la mélodie par des suites de notes , des roulades composées alternativement des notes de l'accord , et de celles qui les séparent. De là vient que cette roulade ou tout autre trait de chant , est désigné par le nom de passage.

Je suppose que les notes de la mélodie soient ut mi sol si I? , elles marchent par degrés disjoints ,• mais en les liant chacune avec la note de l'échelle qui la suit immédiatement, on passera de l'une à l'autre d'une manière agréable à l'oreille , et l'on formera lejjassage ut ré ml fa sol la si b.

PAS. i35

Les notes de passage s'emploient au temps faible de la mesure , ou à la partie faible du temps.

Elles sont étrangères aux accords sur lesquels elles ne font que glisser, sans s'identifier avec eux.

Elles servent à remplir le vide d'un intervalle de tierce , de quarte , de quinte , etc.

Elles doivent toujours avoir une marche diatonique, c'est-à-dire qu'elles doivent marcher par degrés conjoints , soit en montant , soit en descendant.

La règle qui défend de faire deux quartes , deux quintes , ou deux octaves, de suite , est applicable aux notes de passage , comme si elles faisaient partie de l'harmonie. {Fig, 35. )

Passepied , s. m. Air d'une danse de même nom, dont la mesure était à trois temps. Cet air n'est plus en usage.

Pastiche, s. m. {^Foyez Centon.)

Pastorale , s. f. , opéra champêtre dont les personnages sont des bergers , et dont la musique doit être assortie à la simpUcité de goût et de moeiu-s qu'on leur suppose. Lia pastorale ne sera pas indigne de nos premiers théâtres lyriques, si l'on sait l'écrire avec une élégante simplicité ; composer unepastorale , dans le style des airs champêtres que l'on admire dans Don Juan , n'^est pas chose facile. Toutes nos opérettes seraient reléguées dans la poudre des bibliothèques, si L'on voulait se persuader une fois pour toutes , que la niaiserie n'est pas la naïveté; et si l'on avait assez de juge-

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ment et de goût pour ne pas appeler simple ce qui est pauvre, et familier ce qui est ignoble, plat et trivial.

Une pastorale est aussi un morceau de musique instrumentale, dont le chant imite celui des bergers^ en a la douceur, la tendresse , le naturel , et nous rappelle les effets de leurs iustrumens rustiques , tels que la musette , le chalumeau, le hautbois.

Le troisième concerto de piano de Steibelt est terminé par une pastorale dont le sujet est une danse villageoise interrompue par un orage. Ce morceau plein d'esprit et de verve a eu le plus grand succès. L'ouverture de Joconde débute par une pastorale d'une naïveté charmante.

Pathétique, adj. Genre de musique dramatique et théâtrale , qui tend à peindre et à émouvoir les grandes passions , et plus particulièrement la douleur et la tristesse.

Pate a régler , s. f. On appelle ainsi un petit instrument de cuivre , composé de cinq petites rainures également espacées , attachées à un manche commun , par lesquelles on trace à la fois sur le papier , et le long d'une règle , cinq lignes parallèles qui forment une portée.

On a des pâtes à deux , à quatre , à six , à dix portées; il y en a même qui en contiennent seize et vingt et servent ainsi à régler une page entière d'un seul coup.

Les graveurs se servent d'une pate de fer pour régler les planches d'étain 5 ils l'appellent tire-ligne»

PAV. 255

Brossard donne le nom de rostrum à lai pâte.

Pause , s. f. Lilervalîe de temps qui , dans Textcution , doit se passer en silence par la partie où la paitse est marquée.

Le nom de pause peut s'appliquer à des silenees de différentes diuées , mais communément il s'entend d'une mesure pleine. Cette pause se marque par un trait très court mais fortement marqué, qui longe la quatrième ligne de la portée et dont l'épaisseur prend la moitié de Pespace compris entre cette ligne et celle qui est immédiatement au-dessous. Quand on a plusieurs pauses à marquer on barre la mesure avec un trait horizontal ou incliné de droite à gauche et l'on met au-dessus et en chiflres le nombredes pauses à compter.

A l'égard de la demi-pause, qui vaut une blanche ou la moitié d'une mesme à quatre temps , elle se marque comme la joawise entière, avec cette différence que \^p>ause tient à la quatrième ligne par le haut, et que la demi-pause tient à la troisième par le bas.

11 faut remarquer que la pause vaut toujours une mesure juste, dans quelque mesure qu'on soit : au lieu que la demi-pause a une valeur fixe et invariable : de sorte que, dans toute mesure qui vaut plus ou moins d'une ronde ou de deux blanches, on ne doit point se servir de la demi-pause pour marquer une demi-mesure^ mais des autres silences qui en expriment la juste valeur. {Fig. ôi.)

Pavane, s, f. Air d'une danse ancienne du même

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nom,, laquelle depuis long-temps n'est plus en usage. Ce nom de pavane lui fut donne parce que les figurans faisaient , en se regardant, une espèce de roue à la manière des paons. L'homme se servait , pour cette roue , de sa cape et de son épée qu'il gardait dans cette danse; et c'est par allusion à la vanité' de cette attitude qu'on a fait le verbe réciproque , se pavaner.

Pavillon, s. m. C'est la partie évasée en forme d'entonnoir qui termine certains instrumens à vent , tels que le cor, la trompette, le trombone, le hautbois , la clarinette.

Pavillon chinois. Instrument de musique de percussion. C'est , dans sa forme , une espèce de chapeau de laiton, terminé en pointe, et garni de plusieurs rangs de clochettes. Le pavillon chinois est fixé sur une tige de fer au moyen d'une coulisse. Celui qui veut en jouer le tient d'une main par cette tige , et lui donne avec l'autre un mouvement de rotation sur lui-même ; ou bien il le secoue fortement en cadence , de manière que toutes les clochettes frappent ensemble sur le temps fort de la mesure.

Le pavillon chinois nous vient de la Chine. On l'emploie avec succès dans la musique militaire.

PÉDALE , s. f. On appelle ainsi chaque touche <îu clavier des pieds que l'orgue contient. On dit le cla-^ vier des pédales; ce clavier se compose d'une ou de deux octaves.

On nomme aussi pédales les Jeux qui répondent 4

PED. i57

ce clavier. Pédale de bombarde , pédales de huit, de seize pieds.

Pédales se dit aussi des petits leviers qui font mouvoir la mécanique de la harpe et de ceux qui servent à modifier le son du piano. Ces divers leviers ont été nommés pédales , parce que ce sont les pieds qui les font agir.

Dans la harpe , les pédales figurent à côté de la cuvette. Il y en a quatre à droite pour le pied droit , et trois à gauche pour le pied gauche. Les crans pratiqués autour de la cuvette servent à fixer les pédales quand on veut les accrocher.

U y a des harpes qui ont une quatrième pédale pour le pied gauche , laquelle sert à ouvrir de petites portes ou volets placés en dedans et le long du dos de l'instrument : on l'appelle pédale de la soupape. Les harpes ouvertes par derrière, sans volets, n'ont pas de pédale de cette espèce.

Une pédale fait mouvoir tous les sabots qui appartiennent aux mêmes octaves : ainsi la pédale du la augmente d'un demi-ton tous les la qui sont sur la harpe ; ainsi des autres.

Accrocher la pédale, c'est la fixer dans un des crans de la cuvette, afin que la note à laquelle elle correspond soit augmentée d'un demi-ton pendant un certain temps, et même pendant l'exécution de tout le morceau. \

Les pédales du piano sont au nombre de quatre. On les désigne de la manière suivante , savoir :

La première à gauche se nomme sourdine y attendu

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qu elle produit l'effet d'une sourdine. En pressant cette pédale on imite , sur le piano , le son du luth ou de la harpe.

La seconde lève les e'touffoirs , et fournit le moyen de prolonger les sons.

La troisième fait avancer des languettes de peau de bufïle entre les cordes et les marteaux; et, par ce moyen , rend les sons plus doux et plus flatteurs : c'est ce tjiii a fnit donner à cette pédale le nom de céleste , et à ses résultats celui de Jeu céleste,

La quatrième porte auprès des cordes une réglette couverte d'un papier ou d'un morceau d'étoffe, laquelle vibrant contre les cordes , fait que l'on imite sur le piano le jeu du basson.

La cinquième enfin , qui ne se rencontre que trèsrarement, met en jeu un tambour de basque et des clochettes; on Vapi^eWc pédale de la musique mili^

taire*

PÉDALE , est un son prolongé à la basse , sur lequel on fait passer des accords qui lui sont étrangers , mais qui , de temps en temps , doivent contenir la note prolongée, sans quoi l'effet de la. pédale serait désagréable.

La pédale se fait sur la tonique et sur la dominante.

La pédale de tonique reçoit plus particulièrement Taccord de 7^ dominante , de 7*^ de sensible et de 7^ diminuée , par la raison que tous ces accords faisant leur résolution sur la tonique , le son de la pédale se trouve souvent faire partie de l'harmonie.

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