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On peut moduler sur la pédale , en la conside'rant tantôt comme tonique , et tantôt comme dominante.
La pédale sur la dominante reçoit toutes les marches consonnantes et dissonantes : elle doit commencer par le repos à la dominante , et finir par la cadence parfaite , ou par le repos à la dominante.
La pédale se fait à la partie la plus grave , et Iharmonie placée au-dessus doit s'en éloiguer le plus possible.
Cependant il est des cas où une pédale peut être transportée au milieu de l'harmonie , et même à l'aigu , pourvu que le son prolongé fasse partie de l'accord suivant.
Quand une pédale intérieure ou à l'aigu forme un intervalle de seconde ou de septième avec une des notes de l'accord, cette note ne doit pas se réunir au son de la pédale par Tunisson ni par l'octave , mais elle doit s'en séparer par un intervalle consonnant.
Nous indiquerous trois exemples des différentes pédates dans les œuvres, de M. Chérubini. Pédale à la basse dans VyJgnus Dei de sa messe à trois voix; pedale intérieure dans le début du finale desj Deux Journées; pédale à Vaigu dans le finale du premier acte à'Elisa : cette pédale est soutenue par la cloche et les cors. l
Ce mot de pédale vient de ce que, dans l'orgue, c'est la peWa/e qui tient la note prolongée, taudis que les deux mains font entendra des chants diversement figurés.
Percussion, s. f. Choc de la dissonance frappant
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sur le premier temps de la mesure. On distingue, dans l'emploi de la dissonance au temps fort, trois circonstances remarquables . savoir : la préparation , la percussion et la résolution.
Percussion (Instrumensde). (/^. Instrumens.)
Perdendo si , en se perdant. Quand ce mot est écrit sous un passage de musique , on doit l'exécuter en faisant succéder le pianissimo au piano avec une gradation insensible^ et laisser évaporer le son peu à peu , de manière à finir par n'être plus entendu ; car c'est là le véritable sens de ces mots : Perdendo si.
Perfidia, perfidie , signifie, en musique, une obstination à faire toujours la Tnôme cbose et à suivre le même dessein. Contrapunto perfidiato , fuga perfi-diata , sont des contrepoints et des fugues où l'on s'obstine à suivre le même dessein : telles sont les basses contraintes que Pon employait autrefois dans les cbaeonnes. On en peut voii' beaucoup d'exemples dans les Oocumenti jérmonici d'Angelo Berardi. Cela s'appelle aussi pertinacia , opiniâtreté , selon Zarlin.
P^RIÉLÈSE , s. f. , terme de plain-cbant. C'est l'interposition d'une ou de plusieurs notes dans l'intonation de certaines pièces de chant , pour en assurer la finale et avertir le chœur que c''est à lui de reprendre et poursuivre ce qui suit.
La périélèse s'appelle autrement , cadence ou petite neume^ et se fait de trois manières, savoir: i° par
PHR. i4i
circonvolution , 2" par intercidence ou diaptose , 3* ou par simple duplication. ( V^oyez ces mots. )
PÉRIODE , s. f. Phrase musicale composée de plusieurs membres dont la réunion forme un sens complet. La période carrée est proprement celle qui est composée de quatre membres ; mais on ne laisse pas d^appeler période carrée , toute période nombreuse et formée avec de bons élémens bien ajustés ensemble. Le solo de hautbois de l'ouverture de la Caravane est une h^Q période musicale. {Fig. 61.)
PÉRORAISON , s. f. Ce terme , emprunté de la rhétorique , signifie la conclusion d'un discours d'éloquence : on l'emploie dans le même sens à l'égard du discours musical, hes péroraisons de Mozart sont d'un effet ravissant ; celle de l'ouverture de la Flûte enchantée, de l'ouverture des Noces de Figaro, du premier finale de Don Juan y doivent être rangées parmi^ ce que l'art a produit de plus sublime en ce genre.
Ou ne doit pas confondre la péroraison , qui est une partie essentielle du discours musical, avec le coup de fouet ^ qui ne se compose que d'un dernier trait dans lequel le musicien réunit les effets les plus rapides, les plus forts et les plus éclatans, pour terminer son air, son ouverture , son finale , d'une manière brillante. (Ployez Coup de fouet.)
Phrase^ s. f. Suite de chant ou d'harmonie qui forme sans interruption un sens plus ou moins achevé.
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et qui se termine sur un repos par une cadence plus ou moins parfaite.
Il y a deux espèces de phrases musicales. En mélodie, là phrase est constituée par le chant, c'est-à-dire par une suite de sons tellement disposés , soit par rapport au ton , soit par rapport au mouvement , qu'ils fassent un tout bien lié, lequel aille se résoudre sur une corde essentielle du mode où l'on est.
Dans l'harmonie, \a phrase est une suite régulière d'accords tous liés entre eux par des dissonances , laquelle se résout sur une cadence : et selon l'espèce de cette cadence, selon que le sens est plus ou moins achevé , le repos est aussi plus ou moins parfait.
C'est dans Tinvention des phrases musicales , dans leurs proportions , dans leur entrelacement , que consistent les véritables beautés de la musique. Un compositeur qui ponctue et phrase bien , est un homme d'esprit ,; un chanteur qui sent , marque bien ses phrases et leur accent , est un homme de goût : mais celui qui ne sait voir et rendre que les notes , les tons , les temps , les intervalles , sans entrer dans le sens des phrases , quelque^ sur, quelque exact d'ailleurs qu'il puisse être, n'est qu'un croque-note.
Pour écrire correctement on n'est pas obligé de carrer toutes les périodes et toutes les phrases ; il suffit de donner une coupe régulière aux motifs principaux , sans s'attacher à mettre trop de symétrie dans les incises ou les passages qui les lient ensemble.
La phrase de huit mesures ayant un repos à la quatrième , est regardée comme la plus parfaite : elle est
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d'un usage universel. Celle de six a de la véhémence dans les mouvemens rapides : celles de dix , de neuf, de sept 5 de cinq , peuvent être tolérées : il est fort aisé de les corriger, en retranchant ou en ajoutant une ou deux mesures. Supprimez la première mesure de r allégro de l'ouverture de Pierre-le-Grand , \a phrase deviendra régulière de vicieuse quelle est. C'est par un semblable artifice que M. Spontiui a su ajuster deux motifs de la Vestale, et leur donner, au moyen d'un bis , les développemens que l'oreille et le goût réclamaient. (Fig* 6q.)
PhrA-SER, V. a. C'est , dans l'exécution de la musique , présenter la période musicale avec élégance et noblesse , l'orner de tous les agrémens inspirés par le goût et prescrits par l'école qu'elle peut admettre , et la conduire avec art depuis son début jusqu'à sa conclusion , sans rien négliger de ce qui peut contribuer à son effet.
Piano , doux. C'est l'opposé deforle, fort. Ce mot a été adopté dans notre langue^, ainsi que son diminutif/? «a ^w«/7iO;, très-doux. Piano se marque par P., et pianissimo par PP,
Piano, s. m. Instrument de musique à cordes et à clavier , qui a succédé au clavecin. Dans le clavecin et l'épinette, les cordes étaient pincées par un bec de plume ou de cuir; dans le piano , c'est un marteau mis en jeu par la touche et divers échappeniens , qui vient les attaquer. La corde pincée donnait des sons trop
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Uniformes , tandis que le marteau est aux ordres de celui qui sait 1^ maîtriser , et que le son acquiert plus ou moins d'intensité, selon que la corde est frappée avec plus ou moins de vigueur. Dès le moment de son invention , le piano remporta une victoire complette sur le clavecin qui disparut tout- à-fait de l'horizon musical. Le nouvel instrument donnant des moyens d'expression jusqu'alors inconnus dans les instrumens à clavier , et modiûant ses sons du piano au forte par degrés imperceptibles , reçut d'abord le nom de piano-forte^ ou forte -piano ^ comme exprimant les deux qualités qui le distinguaient. On l'appelle aujourd'hui tout simplement piano.
Si le piano ne peut se montrer avec avantage dans une vaste enceinte , et au milieu d'une foule d'instrumens , il prend bien sa revanche dans les salons où il forme à lui seul une harmonie complette. Soit qu'une main brillante exécute les sonates de Clementi ou de Mozart, ou qu'un habile accompagnateur soutienne la mélodie de la voix. Si le violon est le souverain des orchestres , le piano est le trésor de l'harmoniste et du chanteur. A la ville , à la campagne surtout , que de soirées dérobées à l'ennui et embellies des charmes de la musique ! On chercherait envain à former un quatuor : le piano est là , c'est le point de ralliement : deux ou trois voix exercées , une partition de Gluck , de Mozart ou de Cimarosa , et voilà tout de suite un concert délicieux.
11 y a près de soixante-dix ans que le premier piano a été construit en Saxe, par un facteur d'orgue*
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nommé Sîlbermann ; cet instrument existe encore à Strasbourg chez le petit-fils de l'inventeur. Les Français et les Anglais ont conside'rahlement perfectionné le piano,
La musique de piano s'écrit à deux parties , comme celle de harpe. On emploie la clef de sol pour la première partie , et celle Aq fa, quatrième ligne , pour la seconde.
L'étendue du piano est maintenant de six octaves ; on donne à cet instrument la forme d'un carré long, ou d'un triangle rectangle. Cette dernière était celle des clavecins: elle est sans contredit la plus pittoresque et la plus favorable pour l'effet de l'instrument , et la position du pianiste, ( Voyez Clavier , Pédale , Transpositeur. )
Pianiste , s. des 2 g. Musicien qui joue du piano.
Pièce, s. f. Ouvrage de musique instrumentale d'une certaine étendue, composé de plusieurs morceaux , formant un ensemble et un tout fait pour être exécuté de suite. Une symphonie est \xnç^ pièce ^ une «onate est une pièce. Ce mot ne s'applique guère qu'à des compositions destinées à l'orchestre ou à l'orgue , au piano , à la harpe. U orgue est d'un effet merveilleux quand il accompagne les psaumes et les cantiques, mais la pièce d^orgue est souvent froide. Ce pianiste est excellent accojnpagnateur , mais il n'est pas assez fort pour Jouer la pièce.
Pincer , v. a. C'est employer les doigts , au lieu de 2, 10
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l'arcliet, pour faire sonner les cordes des instrumens qui n'ont ni louches ni archet, et dont on ne joue qu'en les pinçant; tels sont la harpe et la guitare : mais on pince aussi quelquefois ceux où l'on se sert ordinairement de l'archet, comme le violon et le violoncelle; et cette manière de jouer s'indique par le mot pizzicato^ {J^oyez jouer.)
Piqué, Ée, adj. ^oiGs piquées sont des suites de noies montant ou descendant , ou rebattues sur le même degré , sur chacune desquelles on met un point allongé pour indiquer qu'elles doivent être marquées égales par des coups de langue ou d'archet secs et détachés. (Fig. i5.)
Piu, adv. Plus. Più presto ^ plus vite, più lento ^ plus lent , più stretto^ plus serré.
Piu TOSTO , adv. Plutôt. Andantino piîi tosto allegretto. Andantino ou plutôt allégretto marque un mouvement intermédiaire qui tient plus de l'allégretto que de Tandantino.
Pizzicato. Ce mot qui signifie /;i«c<?, avertit qu'il ÏbmX, pincer les cordes du violon ou du violoncelle, de la viole ou de la contre-basse au lieu de les faire résonner avec l'archet. Ces mots col arco ou simplement arco marquent le lieu où l'on doit se servir de l'archet.
L'accompagnement de la romance du Page dans les JSoces de Figaro est tout en pizzicato , ce qui imite ^parfaitement le jeu de la guitare.