DUR
Le duo instrumental n'est composé que des deux parties récitantes d'après les mêmes règles que la sonate , et l'on pourrait le considérer comme une sonate dialoguée. Il se divise en deux , trois ou quatre morceaux de caractères différents. Chacune des deux parties a tour à tour le caractère de partie principale, ou elle accompagne la mélodie ; elle se distingue par-là de ces solos qui ne sont accompagnés que de la Lasse fondamentale.
Ce fut seulement vers la fin du xvne siècle qu'une espèce de duos de chambre , très savants et fort travaillés , commença à être en faveur. Les premiers duos furent ceux de Bononcini, publiés à Bologne en 1691. Bientôt après , l'abbé Steffani, Clari, Haendel, Marcello, Gasparini, Lotti, Hasse, Durante, en composèrent d'autres, dont la plus grande partie mérita plutôt le nom ft études que de duos ; ceux de Durante eurent la préférence sur tous.
Les duos sérieux de Léo, de Vinci, de Pergolèse, étaient composés d'un mouvement lent, dialogué d'abord, ensuite à deux voix; puis venait, comme dans les airs du même temps, une seconde partie très courte , souvent d'un mouvement un peu plus vif; après quoi l'on recommençait la première partie tout entière. Par la suite Piccini, Paesiello et plusieurs autres donnèrent d'autres formes différentes au duo.
DUODECIMA = DOUZIÈME, s. f. —Intervalle de douze sons, ou la quinte de l'octave. Il conserve toujours le nom de quinte dans quelque distance qu'il se trouve ; ce n'est que dans le contrepoint double qu'il porte le nom de douzième , par la même raison que nous avons exposée à l'article dixième (Voy. Organo).
DURANTISTI = DURANTISTES. — A l'époque où Léo et Durante dirigaient à Naples, l'un le conservatoire de \a.Pietà, et l'autre ceux de Loreto et de SanV Onofrio , il s'était formé deux partis , celui des Dur autistes (Durantisti) , et celui des Leistes (Leisti). l'un contraire à l'autre sous le rap-
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port de la composition musicale. Les premiers étaient pour la modulation et l'effet , les seconds pour la richesse des accords. Le premier parti triompha.
DURO = DUR, adj. — On appelle ainsi tout ce qui blesse l'oreille par son âpreté. Il y a des voix dures et glapissantes, des instruments aigres et durs , des compositions dures. La dureté du bécarre lui fit donner autrefois le nom de b dur. Il y a des intervalles durs; et telles sont, en général, toutes les fausses relations; il y a aussi des accords durs, des transitions dures, etc. (Voy. les articles Canto duro, Canto b duro).
La dureté prodiguée révolte l'oreille et rend la musique désagréable ; mais ménagée avec art , elle fait l'effet du clair obscur et ajoute à l'expression.
DUTRA ou SCHWERAN , s. f. —Double flûte des paysans Russes, composée de deux roseaux d'inégale longueur, percés chacun de trois trous.
DUX. — Thème ou sujet d'une fugue (Voy. Fuga).
E. — Troisième note de la gamme diatonique , et cinquième de la gamme diatonico-chromatique, appelée dans le solfège mi; en Italie on la nomme aussi E la mi.
EBREI = HÉBREUX (notice historique sur la musique des). — 11 est tout à fait impossible d'avoir une idée juste de la musique tant vantée des anciens Hébreux. Les auteurs de l'antiquité, la Bible même n'en parlent que comme d'une musique magnifique, remplie d'expression, délicieuse et
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parfaite. Il faut donc , pour porter sur la musique hébraïque un jugement raisonnable, rassembler les notices qui la concernent et qui se trouvent dans les livres sacrés et dans quelques anciens auteurs.
L'histoire nous représente l'état des Hébreux sous différentes formes. D'abord ils vécurent errants pendant 500 ans dans la Palestine, dans l'Egypte et dans l'Arabie, depuis Abraham jusqu'à Moïse; ensuite ils vécurent sous un gouvernement démocratique depuis Moïse jusqu'à Saul, pendant encore 500 ans. Plus tard , leur état fut monarchique depuis Saiïl jusqu'à Sédécias. Ils ne formèrent d'abord qu'un peuple ; puis la Judée fut divisée en deux royaumes, celui d'Israël et celui de Juda, et elle conserva cette forme de gouvernement pendant 500 ans. Par la suite les Hébreux devinrent tributaires des Assyriens et des Egyptiens, furent conduits par les Chaldéens en captivité à Babylone, et enfin divisés et répandus sur toute la surface du% globe. Au milieu de tant de changements politiques, la période monarchique fut plus favorable à la musique, et sous les règnes de David et de Salomon , cet art fut plus cultivé chez les Hébreux que chez tous les autres peuples civilisés de l'antiquité. Examinons maintenant ce qu'était la musique hébraïque à ces différentes époques.
Moïse , ayant commencé son récit historique par la création du monde , a remonté jusqu'aux temps antérieurs à Abraham pour l'histoire des arts assignés aux Hébreux. Ce législateur appelle Jubal le père de ceux qui jouaient du kinor et de Yugab. Par ce nom il entend peut-être le premier ou le plus habile joueur ou l'inventeur de ces instruments; peut-être même le maître de ceux qui en jouaient. Chaque auteur ensuite a traduit à sa guise les mots kinor et ugab : les uns par harpe et orgue, les autres par cithare et orgue, d'autres par cithare et luth ; les Arabes par timpanon et cithare, les Français par violon et orgue , et les Hébreux modernes par violon
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et iifre , de sorte qu'on ne peut rien dire de précis sur la forme et sur la qualité de ces instruments.
Après ces renseignements fournis par Moïse sur l'invention de la musique et sur quelques instruments, on ne parle plus d'aucune exécution musicale dans la Bible. Voici cependant ce qui se passa plus de six siècles après le grand déluge, à l'occasion de la fuite de Jacob de la maison de Laban.
On Ut dans la Genèse (XXXI, 26, 27) : « Et Laban dit à » Jacob : « Pourquoi m'as-tu ravi les objets démon affection? » pourquoi m'as-tu enlevé mes filles et les as-tu emmenées » comme des prisonnières? pourquoi as-tu fui secrètement, » m'as-tu volé sans me rien dire ? je t'aurais accompagné avec » joie au son du tambourin et de la harpe» »
On peut présumer d'après ce passage (si toutefois la traduction des mots tof et kirior qu'on lit dans le texte hébreu, rendue par tambourin et harpe , est exacte) , qu'il y avait dans ces temps deux sortes d'instruments , l'un à cordes , l'autre de percussion. Le père Martini compte même d'après ce passage trois instruments, en mettant la voix au nombre
des instruments à vent « Je pense , dit il, que cela peut
» confirmer l'opinion qu'il existait trois sortes d'instru- » ments, ceux à vent, ceux à cordes et ceux de percussion , » et nous les avons suffisamment indiqués ci-dessus»)) (Histoire de la musique , T. I, p. 26.)
On ne peut cependant se faire une haute idée de la musique hébraïque au temps de Moïse, car ce législateur avait été élevé en Egypte, où la musique était fort peu cultivée, et les notions qu'il avait acquises étaient incomplètes. Depuis l'histoire de Laban et de Jacob jusqu'au passage de la mer Rouge, période de 248 ans environ, la Bible ne signale aucun fait important qui ait rapport à la musique. A cette occasion, Moïse et les enfants d'Israël chantèrent une hymne adressée à l'Être-suprême (exode XV). Mariam, la prophétesse, sœur d'Aaron, prit en main un tambourin (tof), et
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toutes les autres femmes, formant des chœurs de danse, la suivirent avec des tambourins (ibid. XX). Mariam chantait à leur tête , ce qui prouve l'admission des femmes dans les cérémonies religieuses, et l'existence d'une musique vocale avec accompagnement d'instruments et de danses. Nous trouvons encore la musique et la danse employées dans d'autres circonstances : par exemple , lorsque le peuple força, pendant l'absence de Moïse, Aaron son frère, d'élever un veau d'or à l'imitation du bœuf Apis, pour l'adorer; Moïse, de retour au camp, les trouva chantant et dansant devant cette idole.
Si l'on excepte le tambourin de Mariam, les Hébreux ne connurent pas d'autre instrument que la trompette pendant tout le règne de leur législateur. Il paraît que Moïse , trop occupé d'autres objets importants, ne put prendre un soin particulier de la musique, dont l'usage d'ailleurs n'était réclamé que par la religion ou par l'art militaire. De là, la trompette du jubilé, les deux trompettes d'argent pour rassembler le peuple et faire lever les tentes ; la fête des trompettes au mois de septembre (c'est-à-dire le mois de tisra , qui est le septième dans le calendrier hébraïque) , les trompettes du bélier, employées très long -temps après le siège de Jéricho, étaient peut-être moins des instruments de musique que des signaux militaires, destinés à régler la marche des assaillants et à épouvanter l'ennemi.
Après la mort de Moïse et de Josué , c'est-à-dire sous les juges, les Israélites furent souvent inquiétés par leurs voisins, de sorte que, pendant l'espace de quatre siècles, il n'est pas question de musique; on parle seulement d'un cantique ou hymne exécuté par la prophétesse Débora et Baruk {Juges, V). On doit remarquer que cet hymne contient des transpositions et des répétitions propres à faire croire que dès ce temps-là le chant n'était plus syllabique, mais que déjà il existait une espèce de mélodie plus étendue. Près d'un siècle
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après cet événement, nous trouvons une nouvelle preuve que les femmes hébraïques s'occupaient fréquemment de musique, et que souvent même elles en faisaient en public. Qui ne connaît pas la fin tragique de la malheureuse fille de Jephté , accourue au son des tambourins et suivie par des danses au devant de son père, dont elle venait d'apprendre la victoire sur les Ammonites.
Depuis cette époque jusqu'au couronnement de Saiïl (1090 ans avant J.-G. ) la Bible ne fait plus mention d'aucune espèce de musique, ni même d'instruments de musique, à l'exception d'une trompette employée dans les expéditions militaires. Samuel, prophète et dernier juge d'Israël, se rendit célèbre avant le couronnement de Saul. Il fonda des écoles ou collèges de prophètes , dans lesquelles on enseignait spécialement la littérature hébraïque qui se limitait alors à la poésie et à la musique. On trouve dans la Bible de nombreux exemples de la connaissance de la musique jointe au talent de prophétiser. Ceux qui prédisaient l'avenir, non seulement faisaient accompagner leurs voix par des instruments, mais ils puisaient souvent des inspirations dans la musique même (Paraiclij)., lib. I, chap. XXV). Quant à ces collèges de prophètes, il y en avait dans plusieurs pays : à Najoth, à Rama, à Béthel, à Jéricho, à Gilgal et à Jérusalem. Sous le règne de Saiil , nous voyons l'influence de la musique sur son talent prophétique (Sam. , liv. I, chap. X, 5, 6) et sur la mélancolie de son caractère (ibid., chap. XVI, 14, 23) ; ce qui prouve que les peuples de l'antiquité en général, et surtout les Hébreux, avaient une haute idée de l'influence de la musique sur l'organisme humain.
Sous le règne de David (1058 ans avant J.-C. ) la musique hébraïque devint encore plus florissante, et ce roi rendit pour ainsi dire Jérusalem le centre du culte divin. On fit la première et la seconde translation de l'arche toujours au son d'un grand nombre d'instruments (Sam., liv. II, chap. VI,
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5-14). On lit en outre dans les chapitres XV, XVI, XXIII du premier livre des Chroniques, une description exacte de l'ordre avec lequel David a composé son chœur musical. Chenanja était le maître de chant. Hema , Asaph et Ethan ( ou Jédéthun) étaient les premiers maîtres de chapelle. Chacun d'eux avait sous lui vingt-quatre maîtres de chapelle secondaires ; et le nombre des chanteurs et des exécutants était de quatre mitie, parmi lesquels on comptait deux cent quatrevingt-huit musiciens très distingués [Ihid, chap. XXIII, 5 et chap. XV, 7). On ne sait pas, du reste, positivement si ce chœur musical, au moins quant aux chanteurs, n'était composé que de lévites, ou si les femmes et les enfants en faisaient partie. La musique hébraïque, qui avait été très cultivée sous le règne de David, parvint à un degré de magnificence sans égal sous celui de Salomon, qu'on peut appeler le siècle d'Auguste des Hébreux. La construction du temple fut la première entreprise remarquable de ce prince , qui , pour la consécration de ce monument, fit fabriquer un nombre prodigieux d'instruments . Joseph compte dans cette cérémonie quarante mille harpes, autant de sistres d'or, deux cent mille trompettes d'argent et deux cent mille chanteurs; en tout quatre cent quatre-vingt mille musiciens. Salomon est le premier roi de l'antiquité qui ait eu, outre sa nombreuse musique du temple, une chapelle particulière qui n'avait rien de commun avec les lévites , comme on le voit au chapitre II, 8, de son Ecciêsiaste. Salomon fut aussi poète, et il composa, à l'occasion de son mariage avec la fille du roi d'Egypte, Vaphres, le bel épithalame connu sous le nom de Cantique des Cantiques. Plusieurs Pères de l'Église sont d'avis que ce morceau de poésie fut exécuté en musique ; et cela paraît assez probable, d'abord parce que Salomon avait, comme il est dit, sa propre chapelle très capable de l'exécuter, et, en second lieu, parce que cet épithalame est vraiment dramatique et appartient au genre pastoral.
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Aussitôt après la mort de Salomon , son royaume fut divisé en deux, celui de Juda et celui d'Israël. Depuis cette époque jusqu'à Sédécias, on ne voit dans la Bible aucune circonstance où la musique ait été employée et qui puisse faire juger de ses progrès. Loin de là , plusieurs passages qui ont trait à cet art , surtout dans les prophètes , prouvent même le contraire. Enfin Nabuchodonosor, ayant conquis et détruit la ville de Jérusalem, environ 600 ans avant J.-C. , emmena Sédécias et la plus grande partie de son peuple à Babylone. Cette captivité porta le dernier coup aux Hébreux, qui, pendant soixante-dix ans, oublièrentleurs chants et leurs cérémonies, Ce douloureux oubli est exprimé d'une manière bien touchante dans le psaume 187 : Super flumina Babyionis, etc. Redevenus possesseurs de leur ville, mais aussitôt retombés en captivité une seconde fois, de nouveau libres , puis, successivement vaincus par les Egyptiens, les Perses et les Romains, les malheureux Hébreux n'eurent plus ni le pouvoir ni le loisir de s'occuper de la culture des arts.
Les Hébreux faisaient usage de la musique , non seulement dans les cérémonies religieuses, mais encore dans les banquets, dans les funérailles et à la fête de la Récolte instituée par Moïse, comme le prouvent quelques passages de l'ancien Testament qui s'y rapportent. Plusieurs auteurs croient que David composa les psaumes 8 , 80 , 83 , pour être chantés pendant les vendanges. Les lévites étaient aussi chargés du soin important d'animer les combattants dans les batailles, d'épouvanter l'ennemi par le son de leurs voix et de leurs trompettes , afin de décider plus tôt la victoire. Telle était la tâche des Bardes chez les anciens Gaulois, les Germains et les Bretons.
Chez les Hébreux, le nombre des instruments, si toutefois
on peut s'en rapporter au Tatmud, surpassait de beaucoup
le nombre des nôtres. Dans l'ouvrage intitulé Sciltc hatjlù-
borh)i , on fait monter ce nombre , du temps de David et de