‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 155 sur 364 · GUE · texte numérisé non relu

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mômes mutations que dans l'ancienne solmisation ou dans l'ancien grec toc, t» t», t-.

Les Grecs modernes ont huit modes ou genres d'octaves , dont quatre sont principaux ( Kvpioi tixoi ) , et quatre plagaux [Trx&yioL hkoi). Le premier s'appelle dorien, le second lydien, le troisième phrygien, le quatrième mixo-lydien, le cinquième hypo-dorien, le sixième hypo-lydien , le septième hypo -phrygien, et le huitième hypo-mixo-lydien. Les modes sont aussi distingués par des nombres, comme npoToç, Jevrepoç, TpiToç, TerapTOf, etc., chacun d'eux a un signe qui lui est propre. Il y a en outre des modes qu'on appelle w^o/ pseoi (moyens) , et plusieurs autres choses qui rendent leur musique aussi prolixe qu'obscure , et qui prouvent sa ressemblance avec celle des anciens Grecs.

Les Grecs modernes avouent du reste eux-mêmes qu'ils ont entièrement perdu le rhythme. La mesure dont ils font usage actuellement résulte plutôt de la mélodie, et elle est déterminée par la combinaison artificielle de signes très bizarres. Ils ont vingt-huit mesures différentes, dont plusieurs contiennent des sons d'une durée longue, brève et moyenne. La combinaison de ces trois espèces de pieds musicaux est très singulière, et tout à l'ait incompréhensible pour nos oreilles.

La musique des Grecs modernes manque également d'harmonie ; si divers musiciens chantent ou jouent ensemble, c'est toujours à l'unisson ou à loctave.

Tout ce que nous venons de rapporter jusqu'ici est extrait en partie du code grec qui se trouve à Milan dans la bibliothèque Ambroisienne, sous la lettre O, numéro 123. L'ouvrage intitulé : Ciassicat and topographical tour throug Grèce, by Edward Dodwelt Esq., Vol, II, in-4°, London, 1819, en parlant de la musique des Grecs modernes contient ce qui suit :

La musique de la nouvelle Grèce est extrêmement gros-

sière. On attribue généralement des effets merveilleux à la musique des anciens Grecs; mais la cause n'était autre probablement que l'irritabilité naturelle du peuple. Le son plaintif de la lyre, le fifre criard, le monotone tambour, et même l'inharmonieux monocorde slave, produisent le plus grand effet sur l'organisation impressionable des Grecs modernes , qui chantent presque toujours en dansant comme aux temps d'Homère. Si un grec moderne commence à chanter, les assistants ne peuvent s'empêcher de l'accompagner, eux aussi, avec leur chant, ce qui produit un vacarme vraiment ennuyeux. Et c'est par de semblables chants, que dans la nouvelle Grèce un voyageur est fêté pendant toute la journée par la société dans laquelle il se trouve. Ces chants roulent ordinairement sur des sujets d'amour, et sont remplis souvent d'exagérations ridicules, comme : « Quand le ciel serait de papier et la mer pleine d'encre, ils ne suffiraient pas pour décrire les souffrances d'un amant qui a laissé son cœur à Athènes. »

Na, Wave o Gvpa,yo<; zApTil KC,A >? ^cLXcf.aaa, fie&ltrJM Alcl va, ypcLtoers tovç ctovov* fj.oy a,y.Qf/.i èi'j e<p9a.ive.

Les Grecs modernes et les Turcs n'admirent et ne comprennent d'autre musique que celle qui leur est propre. La seule mélodie étrangère qu'ils chantent et qu'ils disent être aussi belle que la leur, est l'air de Malborough, qui fut introduit à Constantinople par les Francs, et qui est maintenant chanté dans les principales villes de la Grèce.

Les Grecs modernes préfèrent les instruments de musique bruyants aux instruments mélodieux. Voici ceux qui sont actuellement en usage dans l'Attique : 1° la tyre, quia la forme et la grandeur de la mandoline ; elle est montée de trois cordes et se joue avec un archet comme le violon. 2° Le iutfi, dont on se sert particulièrement dans les îles, est plus grand que la lyre et se joue avec un petit canon de plume; sa conslruc-

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tion est semblable à celle de la guitare , et le nom qu'on lui donne aujourd'hui est celui de AayouTov. 3° La cornemuse, qui est très répandue et s'appelle EjcÀorÇaffimw*. [\° La tamboura, qui a la même grandeur que la mandoline, mais avec une touche plus longue ; elle est montée de deux cordes de métal, et les Turcs l'appellent rebab. Il est possible que cet instrument soit la <?ep^/^| d'Homère. 5° Le monochorde, monté d'une seule corde, et qui est rare. 6° Un fifre long dont on use dans la musique militaire des Turcs, et qui s'appelle KetpetfjLovffcL ou Çovpvaç. Le son de cet instrument est fort et perçant. Il y a en outre un autre fifre long qu'on nomme d v&K&pn, et un plus petit appelé (pAoy/spa.

Les bergers d'Athènes se servent d'un petit fifre, pcovcLvx&t, dont ils tirent des sons très doux.

Les pasteurs et les paysans aiment la flûte à pan, qui est ordinairement composée de douze roseaux, et appelée par les Grecs modernes zvp/y|, nvptyya, , et par les Turcs mèith.

Cet instrument consistait anciennement dans sept ou neuf flûtes d'inégale grandeur, ainsi que nous le voyons dans Théocrite, qui l'appelle Eweaq »vw,

GREGORIANO. = GRÉGORIEN, adj. — ( Voyez Canto gregoriano).

G RÉ SOL. — ( Voyez l'art. A ).

GROS FA. — Nom des notes blanches carrées qui se trouvent dans l'ancienne musique d'église.

GROTTA ARMONICA = GROTTE HARMONIEUSE. — Cette œuvre gigantesque et merveilleuse de la nature, qu'on appelle aussi Caverne ou grotte de Fingai, se trouve dans l'île de Staffa, située à l'occident de l'Ecosse. Cette caverne n'est pas formée de masses informes, mais de groupes de colonnes et de pilastres réguliers, parfaitement proportionnés , et tels qu'un architecte ne pourrait jamais les faire exécuter après les avoir dessinés. Tout le rocher est composé de

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