‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 332 sur 364 · TUO · texte numérisé non relu

TUO

des Quatre Saisons, et par Méhul dans la symphonie du Jeune Henri.

TUONI ECCLESIASTIGI = TONS D'ÉGLISE. — Dans le ive siècle de l'ère chrétienne saint Ambroise, archevêque de Milan, donna au plain-chantdel'Église occidentale une forme régulière en le limitant aux quatre modes dorien, phrygien, lydien et mixo-lydien. Vers la fin du vie siècle, saint Grégoire y ajouta les modes hypo-dorien, hypo-phrygien, hypo-lydien et hypo-mixo -lydien. A partir de cette époque ces huit modes des anciens furent appelés les huit tons d'église , attendu qu'on les adopta pour le chant admis dans toutes les églises. De ces huit tons on en compte quatre authentiques ou principaux, et quatre ptagaux ou collatéraux (V. l'art. Modo). Dans leur ordre les tons authentiques sont les 1er, 3% 5e et 7% et les plagaux sont les 2e, 4e, 6e et 8e tons. Voici de quelle manière on les distingue les uns des autres :

Lorsque dans le chant d'un ton on trouve l'octave divisée harmoniquement , et qu'on module à la quinte sur la note fondamentale, appelée en musique la première du ton, et que le degré le plus bas qu'on rencontre ne descend pas au delà de cette note fondamentale , ce ton s'appelle alors authentique. Mais si l'octave se trouve divisée arithmétiquement, et que par cette raison le chant, dès ie commencement ou après quelques notes, descende de trois degrés ou d'une quarte plus bas que la note principale du ton , on l'appellera alors ton plagal.

Le discernement des tons authentiques ou plagaux est donc indispensable à celui qui donne le ton du chœur ; car si le chant est dans un ton authentique , il doit prendre la note principale du ton dans le bas ; et si le ton est plagal il doit la prendre dans le médium de la voix. Faute de cette observation on expose les voix à se forcer et à n'être pas entendues.

A tous ces tons réglés de la sorte , il est d'autres tons correspondants que l'on pratique sur l'orgue. En les con-

376 ï(jO

sidérant relativement au ton de la musique , ces tons ne peuvent se rapporter qu'à un ton majeur ou mineur. Les 1°", 2% 3e et 4° tons sont considérés comme se rapportant au mode mineur, et les 5% G% T et 8e tons comme se rapportant au mode majeur; c'est pourquoi , à proprement parler, il n'y a que deux tons authentiques et deux tons plagaux dans le mode majeur de la musique, et autant dans le mode mineur. Relativement au ton de la musique on distingue le dernier des tons mineurs, c'est-à-dire le quatrième, et le dernier des tons majeurs , c'est-à-dire le huitième, comme ceux qui ont en outre une cadence différente.

Voici les tons de la musique qui servent aux huit tons d'église :

1" ton , ré mineur.

2* ton , soi mineur.

V ton, la mineur.

If ton , la mineur, finissant sur la quinte avec une cadence arithmétique.

5* ton, ut majeur.

6' ton , fa majeur.

1* ton , ré majeur.

8' ton, soi majeur; en pratiquant la modulation sur la quarte il sert au huitième ton.

Les tons d'église ne sont cependant pas toujours entonnés de la même manière; mais on peut les transposer pour la commodité des voix, et alors on les appelle tons transposés. Ces transpositions ne doivent pas dépasser les limites des cordes diatoniques qui y correspondent , et peuvent se faire à la quarte supérieure ou à la quinte inférieure.

L'intonation des psaumes pour chaque ton ecclésiastique se pratique , dans le chant romain , de la manière suivante :

Le premier commence sur la tierce de la note fondamentale du ton, et monte d'un degré, comme fa, soi, la.

Le second et le troisième commencent un degré au-dessous

Page 1