‹ Dictionnaire de musique (volume 2)Chapitre 335 sur 364 · TUO · texte numérisé non relu

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TUONO MINORE = TON MINEUR. — (Voy. l'art, précédent).

TUONO RELATIVO = TON RELATIF. — C'est celui qui a quelque analogie plus ou moins éloignée avec le ton principal. Les relatifs les plus rapprochés des tons majeurs sont ceux de la quinte et de la quarte majeures, de la sixte et de la tierce mineures. Ceux des tons mineurs sont la tierce et la sixte majeures, la quinte et la quarte mineures.

TURCHIA = TURQUIE (aperçus sur la musique en). — D'après de récentes observations faites dans ces contrées par de savants voyageurs , il résulte que les Turcs aiment beaucoup la musique, sans cependant lui donner une valeur d'art. Aujourd'hui il est de bon ton à Constantinople de trouver du plaisir à la musique, et de savoir jouer de quelque instrument. Les Turcs bien élevés chantent peu, et les hommes du peuple au contraire beaucoup ; et si aux yeux des premiers c'est chose déshonorante de chanter en public pour de l'argent, ils aiment néanmoins à se faire entendre dans des cercles intimes et dans leurs harem. C'est à tort que Guy croit que les Turcs n'ont aucune théorie musicale. Il est vrai que la plupart apprennent à chanter et à jouer par le seul secours de l'oreille, et que les plus exercés improvisent à leur gré. Toutefois ils ont des signes réguliers pour noter les sons, un rhythme régulier dans leur mélodie; leur chant a une juste intonation, et leur exécution une mesure convenable. Pour noter leurs sons ils se servent de nombres, comme les anciens , et leurs chansons populaires les plus répandues sont notées de cette façon.

La musique turque , comme celle de toutes les nations qui ignorent l'art véritable , ne sort pas des deux extrêmes ; car elle est ou très douce , ou bien excessivement heurtée et bruyante , et elle peut être parfaitement comparée à la fameuse musique des montagnards écossais. L'amour et la guerre, voilà les éternels textes des chansons turques, et

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leurs harmonies dépassent rarement l'accord de dominante, ou celui du mode relatif en mineur, et vice versa. Les chants d'amour et les chants militaires sont toujours dans le mineur, caractère propre des nations qui ne connaissent pas l'art musical.

C'est du reste une chose digne d'observation que les Turcs, particulièrement les plus habiles , ne se contentent pas d'exprimer dans leurs mélodies les sentiments tendres au moyen de nos tons entiers et de nos demi-tons , mais qu'ils y font entrer même les quarts de tons, et en font une bonne application. Cependant ils ont peu d'instruments susceptibles d'une telle division en quarts de ton, et le tambur, instrument avec un fort long manche, armé de huit cordes métalliques, et joué avec un plectre en écaille de tortue, manque en quelque partie de cette faculté.

Les Turcs expriment leurs plaintes amoureuses sur la guitare ou sur le psaltérion , ou encore par le secours du chant accompagné du psaltérion. S'ils ne parviennent à s'affranchir de l'amour, c'est le désespoir qui s'empare d'eux, et alors la chanson et la musique prennent un caractère farouche et tout à fait semblable à la musique militaire. La chanson populaire est toujours d'une couleur militaire et pleine des puissantes explosions de désespoir d'un amour malheureux. De là vient qu'exécutée par un homme sans éducation (et cette classe en Orient goûte plus en général le désespoir que les plaintes), elle ressemble plutôt à de grands cris qu'à un chant animé.

Les officiers les plus considérables regardent comme une chose convenable et en même temps de luxe, d'être entourés de nombreux musiciens. Les principaux instruments militaires sont le hautbois, les cimbales, de petits tambours de tous genres, le gros tambour, les octavins, le triangle, etc. Ils se servent rarement de clarinette et de Basson. L'effet de ces divers instruments est très fort; c'est plutôt un bruit rhylh-

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