BEL J
poétiques qui traitent de leurs faiblesses, de leurs passions et de leurs actious immorales.
L'agréable et l'utile excitent en nous un intérêt sensuel , le vrai et le bon un intérêt intellectuel ; le plaisir qui vient du beau ne suppose ni l'un ni l'autre , d'une manière absolue ; mais bien un intérêt tout particulier qu'on peut appeler intérêt esthétique. Les deux premiers résultent de la matière, le troisième de la forme. Néanmoins un récit qui nous intéresse par son contenu peut être revêtu de belles formes , et , sous ce rapport aussi , produire un plaisir. Une autre distinction à faire entre l'intérêt qui naît de la matière et celui qui naît de la forme , c'est que le premier précède le plaisir et que le second le suit. Car le beau est intéressant parce qu'il plaît, mais l'agréable, l'utile, le vrai et le bon, plaisent parce qu'ils intéressent. D'où l'on peut conclure que le beau est toujours intéressant , mais que tout ce qui est intéressant n'est pas toujours beau.
Le beau peut n'avoir aucun but, comme un beau chant, un beau poëme , et il peut en avoir un, comme un beau palais , de beaux meubles.
Parmi les objets qui frappent nos sens extérieurs , on ne peut donner l'épithète de beau qu'à ceux qui parlent à la vue et à l'ouie , car nos autres sens extérieurs ne peuvent percevoir déplaisir qu'au moyen de l'impression matérielle; les choses qu'on voit et qu'on entend peuvent plaire par la forme seule, ce qui ne plaît pas par la forme ne peut être l'objet du plaisir esthétique.
Les objets qui s'adressent à notre sens intérieur sont composés de perceptions et des affections de l'ame qui en résultent. De là vient que pour que ces objets excitent un plaisir et un intérêt esthétiques, il faut qu'ils soient composés et exposés de manière à ce que la forme de la composition et de l'exposition éveille le plaisir en celui qui la perçoit.
Il y a par conséquent un beau extérieur et un beau in-