‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 115 sur 183 · TA · texte numérisé non relu

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La typographie de la musique pu les caractères mobiles ne s'introduisit à Paris qu'en 1589. Ce M un imprimeur, nommé Pierre Attaignant, qui en fit les premiers essais dans des recueils de motets et de chansons françaises à plusieurs voix.

Nicolas Dnchemin et Adrien Leroy, successeurs de Pierre Attaiguant, imprimeurs de musique à Paris, perfectionnèrent les types et donnèrent aux ouvrages qui sortirent de leurs presses une forme agréable, sans pouvoir toutefois améliorer le principe de leur combinaison typographique.

Ces types de Nicolas Duchemin et de Leroy furent généralement adoptés en France, en Allemagne et dans les Pays- Bas. Ce sont ces mêmes caractères dont se sont servis Kugstehi à Augsbourg, Georges Rhaw à Yittemberg, Hlleman Susato à Anvers, et Rodolphe Wyssenbach à Zurich.

La famille de Ballard, qui vint ensuite, se servit d'abord des mêmes caractères. Cette famille, qui Jouit seule du privilège d'imprimer en France de la musique, se perpétua de génération en génération pendant deux siècles et demi.

Dans le xvi* siècle> un seul typographe fit une innovation complète dans le système de la notation imprimée, c'est Robert Granjon, qui le premier imagina d'arrondir en partie les notes au lieu de leur donner la fbrme du losange> comme on l'avait fait jusqu'à lui, et qui supprima toutes les ligatures et les signes de proportions qui rendaient alors la musique fort difficile à lire et à exécuter.

Au commencement du xvn* siècle des caractères de musique, faits à l'imitation de ceux de Nicolas Duchemin, furent gravés en Allemagne.

Un changement considérable s'étant opéré dans le système de la notation musicale vers le milieu du xviT siècle, il fallut songer à graver de nouveaux types: ce que firent en effet les Ballard ; mais leurs nouveaux caractères furent très inférieurs aux anciens sous le rapport de la netteté et de Télégance des formes. Les interruptions multipliées des lignes 4e la portée TomiL 20

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devinrent d'ailleurs pins sensibles dans l'impression. La forme de losange donnée aux notes par les anciens imprimeurs était conforme à la manière d'écrire la musique depuis le xn* siècle ; mais cette forme avait fait place aux caractères ronds dans la musique manuscrite; néanmoins les Ballard conservèrent les anciens losanges dans leurs nouveaux types, ce qui donna un aspect suranné aux ouvrages qu'ils imprimèrent, et hâta l'adoption de la gravure pour toute espèce de musique. Toutefois , pendant qu'on s'obstinait en France fl conserver ces vieilles formes , on en adoptait de meilleures en Allemagne et en Angleterre. Le fV4ioU Baok ofpsaims de Jlion Playford, publié à Londres par William Pearson au commencement du xtih* siècle, est imprimé en notes rondes, dont les types sont aussi gravés avec des fragments de la portée.

Les premiers essais de la musique gravée furent faits à Rome pour la publication d'un recueil de pièces d'orgue de Frescobaldi, le plus habile organiste de son temps. Les planches étaient gravées sur cuivre, au burin, procédé fort lent et fort cher; plus tard on substitua les planches d'étain à celles de cuivre, et l'on finit par imaginer des poinçons avec lesquels les notes furent frappées d'un seul coup, ce qui rendit le procédé de la gravure plus prompt, moins coûteux et plus satisfaisant que tout autre dans ses résultats; c'est presque le seul en usage aujourd'hui dans toute l'Europe; cependant, depuis quelques années, la litogr^phie est généralement employée avec succès.

Quels que fussent les avantages de la gravure pour la publication de la musique, ce mode d'impression ne pouvait s'appliquer aux livres qui traitent de cet art; de là Tobligation dé se servir pour ceux-ci des anciens types devenus plus désagréables à l'œil par la comparaison de la gravure. Enfin, fireitkopf , imprimeur célèbre de Leipsick, vint au secours des écrivains par l'invention et la gravure de nouveaux carac-

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