L'appel forcé
Le <on de haiiUi a été placé par Haydn dans son oratorio
des Quatre Saisons^ et par Mëhut dans la symphonie du Jeutie HtnrL
TUONI ECCLESIASTICI = TONS D'ÉGLÎSË. — Dans le IV* siècle de l'ère chrétienne saint Âmbroise> archevêque de Milan» donna an plain-chant de l'Église occidentale une forme régulière en le limitant aux quatre modes dorien, phrygien , lydien et mixo-lydien. Vers la fin du vi* siècle, saint Grégoire y sjouta les modes hypo-dorien, hypo-plirygien, hypo^lydien et hypo-miio-lydien. A partir de cette époque ces huit modes des anciens furent appelés l^huUtansd'égiise, attendu qu'on les adopta pour le chant admis dans toutes les églises. De ces huit tons on en compte quatre cmthentùfuesoxi principaux » et quatre piagaux ou collatéraux (V. Fart. Modo). Dans leur ordre les tons authentiques sont les V, 3% 5* et 7% et les piagaux sont les 2% Zi% 6* et 8* tons. Voici de quôlle manière on les distingue les uns des autres :
Lorsque dans le chant d'un ton on trouve l'octave divisée harmoniquement , et qu'on module à la quinte sur la note fondamentale, appelée en musiqae la première du ton, et que le degré le plus bas qu'on rencontre ne descend pas au delà de cette note fondamentale , ce ton s'appelle alors authentique. Mais si l'octave se trouve divisée arithmétiquement, et que par cette raison le chant, dès le commencement ou après quelques notes, descende de trois degrés ou d'une quarte plus bas que la note principale du ton , on l'appellera alors ton plagal.
Le disceinement des tonâ authentiques ou piagaux est donc indispensable à celui qui donne le ton du chœur ; car si le chant est dans un ton authentique , il doit prendre la note principale du ton dans le bas; et si le ton est plagal il doit la prendre dans le médium de la voix. Faute de cette observation on expose les voix à se forcer et à n'être pas^ entendues.
A tous ces tons réglés de la sorte , il est d'autres tons correspondants que l'on pratique sur l'orgue. En les coa-
sidérant relatt?ement an tonde la mosiqae, ces tons n« peuvent se rapporter qu'à un ton majeur ou mineur. Lea 1*', 2% 3* et A* tons sont considérés comme se rapportant an mode mineur^ et les 5% 6% T et 8* tons comme se rapportant au mode ms^enr; c'est pourquoi, à proprement parler, il n'y a que deux tons authentiques et deux tons plagaux dans le mode majeur de la musique, et autant dans le mode mi< neur* Relativement au ton de la musique on distingue le dernier des tons mineurs, c'est-à-dire le quatrième, et le dernier des tons majeurs , c'est-à-dire le huitième, comme ceux qui ont en outre une cadence diflérente.
Voici les tons de la musique qui servent aux huit tons d'église:
!•' ton , ré mifiç^i^
S* ton, sol mineur.
S* ton, ia mineur.
4* ion, 4a mineur, finissant sur la quinte avec une cadence arithmétique.
. 5* ion, utmajeur.
6* ion, fa majeur,
T Xon, ré mdijeur.
8* ton, sot majeur; en pratiquant la modulation sur la quarte il sert au huitième ton.
Les tons d'église ne sont cependant pas toujours entonnés de la même manière ; mais on peut les transposer pour la commodité des voix, et alors on les. appelle um$ trofisposéê. Ces transpositions ne doivent pas dépasser les limites, des cordes diatoniques qui y correspondent , et peuvent se £aire à la quarte supérieure ou à la quinte inférieure.
L'intonation des psaun^es pour chaque ton ecclésiastique se pratique, dans le chant roi^ain, de la manière suivantes
J^ premier 'commence sur la tierce de la note fondamentale du ton, et monte d'un degré, comme fa, sot, ia.
Le second et le troisième commencent an degré auHiessQus.
de la note fondamentale, passent à cette note en montant d'un degré , et montent ensuite d'un saut à la tierce, comme fa, êoly ^{7 pour le second ton, et 90I, ia, do pour le troisième*
Le quatrième commence par la quatrième note relativement à celle sur laquelle se termine la cadence arithmétique de ce ton ; il monte d'un degré, puis retourne à sa note primitive, comme ia, soi, ia.
Le cinquième commence par la note fondamentale du ton, et monte d'un saut à la tierce et à la quinte, comme do, mi, soi»
Le sixième commence par la note du ton et monte par degrés sur la tierce , comme fa,soi, ia, ainsi que pour le premier ton, et ce n'est que par la suite du chant et surtout par la finale que le sixième se distingue du premier.
Le septième commence par la quarte au-dessus de la note da ton, descend d'un demi-ton, retourne ensuite au son primitif, et monte d'un degré , comme soi, fa, sot , ia.
Le huitième, enfin, commence par la note du ton en montant d'un degré, et passe ensuite d'un saut à la quarte, comme soi, fa, do, ainsi que cela se pratique au commencement du troisième ton, et dans un endroit du second. Ces tons se distinguent entre eux par la suite du chant et par la finale.
Voilà quelles sont les intonations ordinaires par lesquelles commencent les psaumes; quant à leur intonation intermédiaire ou finale, non seulement elle est différente dans les différents tons , mais encore elle varie dans chacun d'eux en particulier, selon qne cette intonation est fériale ou solennelle , etc. Le second et le huitième tons admettent 'dans^ l'intonation solennelle une note de plus, même dès le commencement du chant; c'est-à-dire, au lieu d'entonner ^> la , 4o, on entonne soi, ia, soi, do.
Pour tout ce qui a rapport au chant des messes, dans le
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rite romain , c*est-à-(lire pour répondre au Kyrie , au Gioria, etc. , c'est à l'organiste à donner l'intonation avant le premier Kyrie; c'est pourquoi il lui faut distinguer la messe qu'il doit jouer, si elle est du simpie, du sentidouble, du double majeur, du double mineur, de la Vierge des Anges ^ etc., afin de pouvoir, dans les différentes circonstances, accompagner de l'orgue la messe d'après la règle suivante :
Messe du simple. Le Kyrie est joué dans le huitième ton qu'on exécute ordinairement d'une manière régulière, c'està-dire en sol majeur. Les Gloria et Sanctus dans le second ton, ou en sol mineur, et la cadence pour les Agnus Dei dans le premier ton, ou en ré mineur.
Messe de semir^ouble. Kyrie dans le huitième ton, Gloria dans le premier, Sanctus et Agnus Dei dans le cinquième^
Messe du double majeur, Kyrie dans le quatrième ton , Gloria dans le huitième, Sanctus dans le premier, les Agnus Dei dans le cinquième.
Messe du double mineur, Kyrie dans le premier ton , Gloria dans le quatrième, Sanctus dans le huitième, qu'on transpose généralement une note plus bas, c'està-dire au fa, et la cadence ponr les A gntts Dei dans le chiquième ton , mais transposé une quinte plus haut, et correspondant par-là au ton musical de fa majeur.
Messe de la Vierge, Kyrie dans le second ton , Gloria dans le septième ton, qu'on lélève ordinairement d'une note ou d'une tierce mineure , Sanctus et Agnus Dei dans le cinquième ton, élevé au moins d'une tierce mineure.
Messe des Anges. On joue tout dans le cinquième ton, plus élevé d'un degré ou môme d'une tierce mineure, c'est* à-dire en ré majeur ou en mi \^ également majeur.
£n France on distingue en outre les messes des solennels mineurs, des sole/iinels et annuels majeurs et la messe de Dumont,