Le mode hypo^dien, comme do, ré, mi, fa, sot, ia, ri, do
4. Le mode hypo-mioDo^ydien, comme ré, mi, fa, soi, ia, ri, do, ré.
h. Le mode hypo-éolien, comme mi, fa, soi, ia, ri, do, ré, mi.
6. Le mode hypo-ionien, comme sol, ia, ri, do, ré, mi, fa, sol.
Saint Ambroise, archevêque de Milan, introduisit dans l'église, après la deuxième moitié du quatrième siècle, l'emploi des premiers quatre modes authentiques grecs; saint Grégoire , voulant perfectionner le plaint-chant, introduisit
aussi les quatre premiers modes appelés ptagauœ , et c'est ce que l'on nomma les huit tans ecdéHastiqttes.
La musique moderne n'a conservé des modes antiques que Vianien et Véotien, desquels sont nés nos deux modes actuels; tous les autres furent abandonnés en conséquence du perfectionnement introduit dans notre harmonie et dans notre système musical Et en effets malgré le mérite Incomparable attribué à ces modes antiques^ tant vantés par leurs admirateurs qui les préfèrent à nos deux modes majeur et mineur ^ les morceaux où ils sont employés ne produisent pas à nos oreilles des sensations fort suaves.
n est vrai que les partisans de la musique antique assurent que cela provient de ce que nous avons l'ouïe gâtée par l'habitude de n'entendre jamais que nos deux misérables modes. Cependant nous avons encore quelques cantilènes grecques très gracieuses que Bach et Yogler ont arrangées pour plusieurs voix ; mais leur caractère grec est détruit par l'adjonction de cette harmonie.
Pour ne pas confondre les gammes plagales avec la plus grande partie des authentiques auxquelles elles paraissent ressembler au premier abords il faut remarquer que , dans les premières^ la tonique se trouve placée sur la quarte et non sur le premier degré. Ainsi 5 par exemple , dans la gamme hypo-dorienne, le ia est la première note qui forme une quarte relativement à la première note de la gamme dorienne^ mais la tonique se trouve sur le quatrième degré appelé ré, puisqu'un chant écrit selon le mode plagal n'est jamais terminé par le premier degré de la gamme^ mais par le quatrième. Il résulte de ce que nous venons de dire que^ pour reconnaître facilement quand le mode est plagal^ il faut faire autant d'attenUon à l'extension générale des sons qu'à la note finale. Prenons pour exemple un ancien choral hypo-dorien (Fig« 100)^ par lequel on voit que l'extension de cette mélodie embrasse une octave {4a ia), et qu'elle
parcourt toute la gamme hypo-doriemie ; la preuve la pins certaine que cette mélodie est dans le mode hypo-dorien, c'est qu'elle commence par la et finit par ré, c'est-à-dire par le quatrième son de cette gamme. Pour montrer d'une manière plus plausible encore la différence qui existe entre le mode dorien et le mode bypo-dorien , prenons, un autre choral (Fig. 101). £n comparant ce chant ^ qui embrasse ausd toute l'octave du mode dorien ré-ré, avec le premier, on reconnaît facilement que celui-ci, appartenant au mode plagal, se trouve une quinte au dessous et parcourt plus souvent les sons graves que les sons aigus ; et que le deuxième, qui appartient au mode authentique, fait entendre plus fréquemment que l'autre les sons du médium et les sons aigus.
Toutefois, comme on pourrait facilement confondre le mode hypo-dorien avec l'éolien , il est bon de remarquer qu'un choral composé d'après ce dernier mode et en ^ mineur , se termine par ia; tandis qu'un choral écrit d'après le premier mode et en ré mineur, finit par ré. De même on ne pourra confondre le mode hypo-éolien avec le phrygien, par la raison que le premier a pour principal son ia, sur lequel il se termine, et que l'autre finit par mi, qui en est la note principale.
Il est utile, pour mieux comprendre ce que nous avons dit sur cette matière , de jeter les yeux sur la fig. 102 , où l'on trouve le ton principal, sa quinte et son octave dans chaque mode authentique ; et sa quarte, ainsi que le ton principal, avec sa quinte et son octave, dans chaque modeplagaL Le chiffre 1 désigne le ton principal , 5 la quinte, 8 l'octave, à la quarte naturelle. Ce tableau peut aussi servir aux personnes qui veulent composer et improviser des fugues d'après les modes antiques, car ils devront observer la règle qui veut que le thème soit en mode authentique, et la réponse en mode plagal.
Gomme les chants choraux, écrits d'après l'extension primitive des modes antiques, ne sont pas exécutables pour toutes
sortes de chanteurs et d'instnunentistes , on peut » en les transposant^ les mettre à la portée des uns et des autres. Le Mode antique 5 par cette transposition, ne perd rien du caractère qui lui estpropre, lorsqu'on a soin de conserver aux demi-tons leur place ordinaire. Ainsi , par exemple, le mode dorien peut être écrit en ut avec deux bémols à la dé, ou en mi avec deux dièses à la dé; le mode hypo-dorien en ré avec un bémol à la clé, on en tni avec un dièse à la dé , et ainsi des autres.
MODO SOMIGLIANT£ = MOD£ RELATIF. — ( V. Fart précédent).
MOOULARE = MODULER. — C'est parcourir les cordes d'un ton ou de plusieurs , l'un après l'autre, en les employant mélodiquement ou barmoniquement, ainsi qu'il arrive dans les préludes; ou d'une manière plus régulière, comme dans les morceaux de dlfiérents caractères.
Moduler, c'est proprement faire usage d'une modulation ou de plusieurs successivement; car deux modulations ne peuvent exister à la fois, quelque soit le nombre des parties, parce que Tunité de ton ou de modulation est la première chose que l'on doit conserver avec soin (V. l'art suivant).
M0D13LAZI0NE = MODULATION , s. f. — Signifie en général la manière de traiter un mode ; mais aujourd'hui on entend aussi par cette expression l'art de faire passer successivement l'harmonie et le chant dans des modes dilférents, avec grâce et précision.
On module sans changer de ton et de Mode lorsqu'on parcourt toutes les notes de la gamme en ramenant souvent, mais sans trop d'uniformité, les trois sons principaux : la dominante, la tonique et la sous -dominante.
On module dans des tons et des modes différents lorsqu'on fait passer l'harmonie et la mélodie d'un ton et d'un mode dans un autre ton et un autre mode , par le moyen d'altérations.
Le cerde des modulation» serait assez resserré s'il était