‹ Dictionnaire de musique; (volume 3)Chapitre 91 sur 183 · ROM 2S · texte numérisé non relu

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reUgieines et les jeux soéniqnes étaient aocompagnés de la musique. Après la défaite d'Aiitiochiis*ie-Graiid,roide Syrie» on Introduisit à Borne les psaitriœ et les satmtudstriœ, c'est-à-dire des femmes qui chantaient et jouaient des instniments à cordes dans les fêtes et pendant les repas. Il parait qu'avant Tintroduction de ces femmes les Romains n'a?aient ftiit aucun usage des instruments à corde, et que ce n'est qu'à cette époque, c'est-à-dire 186 ans avant Jésus-Christ, que leur mudque prit un nouvel accroissement. On peut donc conchire qu'à partir de la fondation de Rome jusqu'à cette époque , les progrès des Romains dans l'art musical ont été d'une faible importance. Nous avons vu que les Egyptiens , les Hébreux et les Grecs eurent bientôt trois espèces d'instruments de musique; mais les Romains, qui n'inventèrent même pas leurs Instruments^ et les reçurent des peuples étrangers, surtout des Etrusques et des l^dliens, ont eu besoin d'un laps de temps de cinq siècles pour arriver à pouvoir accompagner leurs chants d'instruments à cordes.

Sous le consulat de Manlius , le vainqueur des Gaulois , on attira à Rome, de toutes les parties du monde , une mulQtude de musiciens, surtout de la Grèce, pour célébrer avec plus d'éclat l'entrée triomphale de ce guerrier et contribuer aux jeux publics.

Suétone rend compte d'une fête publique, célébrée sous l'empire de Jules-César, et dit qu'il se trouvait alors à Rome de dix à douze mille chanteurs, chanteuses et instrumen- Ustes. Après l'assassinat de cet empereur, lorsque son corps fut brûlé solennellement, tous les musiciens jetèrent leurs instruments dans les flammes pour témoigner de leur tristesse pour cet événement malheureux.

Auguste ne se montra pas moins favorable à la musique. Cet empereur organisa d'Innombrables spectacles qu'il regardait comme le meilleur moyen de distraire le peuple et de le tenir soumis à l'obéissance ; il ordonna en outre que

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toutes les comédies et tons les concerts devaient être autorisés par de certains édiles nommés à cet effet , avast qu'il fût permis de les livrer au public. C'est de son temps qu'on commença à témoigner sa satisfoction ou son mécontentement par des battements de mains ou par des sifflets. Cet empereur récompensait richement les artistes distingués , et il était toujours le premier à manifester son approbation par des applaudissements.

Après sa mort^ la musique commença à décboir. Sa décadence fut encore plus complète, lorsque Tibère, à cause d'un meurtre commis en plein thédtre, bannit non seulement les acteurs et les musiciens , mais encore un grand nombre de spectateurs, et rendit Rome aussi triste qu'elle était joyeuse au temps d'Auguste. Tibère n'était pourtant pas ennemi de la musique, car il s'en occupait d'une manière toute particulière dans l'Ile Gaprée.

Galigula rappela à Rome les musiciens avec les acteurs^ en les comblant de bienfaits. Enorgueilli de sa belle voix, ce tyran avait la manie de vouloir se faire passer pour Apollon; il poussa même ce caprice jusqu'à se faire dorer la barbe, à l'occasion d'une grande fôte, pour rendre ainsi plus frappante sa ressemblance avec le dieu de la musique. Claude protégea lui aussi la musique ; cependant il sentit un plus grand penchant pour les combats des gladiateurs que pour l'art musical.

Parmi tous les empereurs romains, aucun ne fut aussi passionné pour la musique que Néron, qui monta sur le trône 60 ans après la naissance de Jésus-Christ II avait une l>elle voix et chantait assez bien pour un chanteur de cette époque ; il jouait de la harpe et de la lyre de manière à pouvoir disputer les prix pubHcs.

Néron débuta à Naples. Il entra dans cette ville sous le costume d'Apollon, suivi d'une foule des plus célèbres musiciens venus avec lui sur des milliers de chars. Au

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moment d'entrer en scène^ nn fort tremblement de terre se fit sentir; mais Néron continua à chanter avec une imperturbable fermeté, malgré la ftiite d'une partie des auditeurs. Malbeurensement pour le genre humain le théâtre ne s'écroula qu'après la représentation. Ce tyran fut si satisfait des applaudissements qu'il reçut à Naples, qu'U eut toujours une prédilection particulière pour cette viUe. Bientôt les musiciens accoururent de toutes les contrées pour l'entendre et pour juger par eux-mêmes des talents de l'empereur.

n en retint cinq mille qui, dès ce moment, restèrent attachés à son service. Il leur donna un costume uniforme, et leur apprit de quelle manière il entendait être applaudL

A son retour de Naples, le peuple romain était si impatient de le voir monter sur le théâtre , qu'il le pria un jour dans une des rues de Rome où Néron passait, de lui (aire entendre sa voix divine. Des applaudissements vifs et prolongés furent le prix de cette complaisance inouïe. Dès ce moment , le maître du monde n'eut plus de difficulté à se mettre au rang des histrions, et à accepter sa part des rétributions publiques destinées à payer leur talent, regardant comme une chose précieuse tout ce qui lui venait de la musique.

Encouragé par ces succès , Néron se transforma pour ainsi dire en musicien ambulant , parcourut la Grèce chantant et Jouant de la lyre, déâant les meilleurs musiciens dans chaque ville où il arrivait, et comme on le pense bien remportant toujours la victoire , non par la supériorité de ses talents , mais en gagnant ses juges et souvent ses rivaux eux-mêmes. Il concourut aussi aux jeux olympiques^ et par l'emploi des mêmes moyens il fut couronné plusieurs fois; et pour qu'il ne restât plus aucun monument d'autres vainqueurs avant lui, il donna l'ordre d'abattre et de détruire leurs statues. Pendant son séjour en Grèce Néron envoyait au sénat romain les rapports de ses triomphes musicaux , et traitait en général sa foHe comme une affaire d'une hante importance et de

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